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Question-réponse

ProcÚs civil : comment agir seul devant le tribunal ?

Vérifié le 12/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Lorsque l'avocat n'est pas obligatoire, vous pouvez vous défendre seul, en étant demandeur ou défendeur. Vous devez respecter des rÚgles de procédure durant tout le procÚs au tribunal. Nous vous présentons les informations à connaßtre.

Il est possible d'engager seul une procĂ©dure judiciaire (en Ă©tant le demandeur) ou de se dĂ©fendre seul (en Ă©tant le dĂ©fendeur) dans les cas oĂč l'avocat n'est pas obligatoire. Par exemple, pour un litige entre propriĂ©taire et locataire.

La procédure doit concerner un litige :

  • entre 2 particuliers
  • ou entre un particulier et un professionnel (par exemple, un commerçant, un artisan...).

 Attention :

Lorsque la valeur du litige ne peut pas ĂȘtre chiffrĂ©e, l'avocat est obligatoire.

Une tentative de conciliation, de mĂ©diation ou de procĂ©dure participative est obligatoire avant de saisir la justice pour les litiges dont la valeur est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  5 000 €.

Cette tentative est aussi obligatoire pour les domaines suivants :

Cette tentative n'est pas obligatoire dans les cas suivants :

  • Une des parties demande l’homologation d'un accord, par exemple, l'homologation d'une convention parentale.
  • Un motif lĂ©gitime empĂȘche cette tentative (par exemple, le conciliateur est indisponible durant 3 mois et ne peut organiser la premiĂšre rĂ©union dans ce dĂ©lai de 3 mois).
  • Le juge ou l'autoritĂ© administrative doit faire elle-mĂȘme une tentative de conciliation. Par exemple, l'obligation de saisir la commission de recours amiable de la Caf avant tout procĂšs.
  • Le crĂ©ancier a engagĂ© une procĂ©dure simplifiĂ©e de recouvrement des petites crĂ©ances qui a Ă©chouĂ©.
  • Un recours prĂ©alable obligatoire est dĂ©jĂ  prĂ©vu dans la procĂ©dure (par exemple, pour un litige avec la sĂ©curitĂ© sociale, un recours gracieux doit se faire Ă  la commission mĂ©dicale de recours amiable avant de saisir la justice).

La tentative de conciliation peut avoir lieu Ă  tout moment de la procĂ©dure, mĂȘme si le tribunal est dĂ©jĂ  saisi de l’affaire.

Au cours de la procédure, le juge peut aussi obliger les parties à rencontrer un conciliateur de justice.

Le tribunal de proximitĂ© et le tribunal judiciaire peuvent ĂȘtre saisis par requĂȘte, requĂȘte conjointe ou assignation.

La requĂȘte peut ĂȘtre utilisĂ©e lorsque le montant des demandes n'excĂšde pas 5 000 € ou dans certaines matiĂšres fixĂ©es par la loi ou le rĂšglement (par exemple en matiĂšre de tutelle ou d'autoritĂ© parentale).

Quand toutes les parties sont d'accord pour faire trancher le litige par le tribunal, le tribunal est saisi par une requĂȘte conjointe.

Lorsque le montant du litige est compris entre 5 000 € et 10 000 €, le tribunal judiciaire est saisi par assignation.

Pour dĂ©terminer la valeur du litige, il faut prendre en compte le montant total des demandes (remboursement de la valeur d'un bien, dommages-intĂ©rĂȘts ...).

  À savoir

Pour obtenir en urgence des mesures provisoires (par exemple, une expertise), avant le procĂšs principal appelĂ© procĂšs au fond, une procĂ©dure en rĂ©fĂ©rĂ© peut ĂȘtre engagĂ©e.

Il existe différents formulaires à compléter selon le type de litige (familial, locatif, mise sous protection judiciaire...).

La requĂȘte peut aussi ĂȘtre Ă©crite sur papier libre.

Les copies des documents justificatifs doivent ĂȘtre jointes Ă  la requĂȘte (facture, contrat, devis, preuve de la tentative de conciliation...) .

Le dossier complet doit ĂȘtre envoyĂ© au tribunal en plusieurs exemplaires. Par exemple, si le dossier comprend un demandeur et un dĂ©fendeur, 2 exemplaires sont nĂ©cessaires et si le dossier comprend un demandeur et 2 dĂ©fendeurs, 3 exemplaires sont nĂ©cessaires.

C'est le greffier qui se charge d’envoyer les copies de la requĂȘte et des justificatifs aux autres parties.

 Attention :

La requĂȘte doit ĂȘtre transmise avec un timbre fiscal de 50 €, sauf si un demandeur est bĂ©nĂ©ficiaire de l’aide juridictionnelle.

La requĂȘte doit comprendre les Ă©lĂ©ments suivants :

  • IdentitĂ© complĂšte des parties
  • Tribunal saisi
  • Objet et montant de la demande (dommages et intĂ©rĂȘts, remise d'un bien, annulation d'un contrat...)
  • Motifs du litige
  • DĂ©marches faites pour une tentative de rĂ©solution amiable du litige ou la justification de la dispense de cette tentative
  • Liste des piĂšces justificatives
  • Date et signature du demandeur qui engage la procĂ©dure.

  À savoir

Il est possible de demander une somme correspondant aux frais engagés pour la procédure (frais de déplacement, timbre, photocopies...).

Savoir comment se fait la procédure civile sans audience

Lorsque toutes les parties sont d'accord pour faire juger le litige par le tribunal, la requĂȘte conjointe peut ĂȘtre utilisĂ©e.

Les parties peuvent demander au juge de valider les points d’accord et de prendre une dĂ©cision sur les points litigieux.

En cas de requĂȘte conjointe, il y a 2 demandeurs et non pas un demandeur et un dĂ©fendeur.

La requĂȘte conjointe est Ă©crite sur papier libre et dĂ©taille la demande commune faite au tribunal.

Un seul Ă©crit doit ĂȘtre rĂ©digĂ©, quel que soit le nombre de parties.

Cet écrit doit contenir les éléments suivants :

  • Noms, prĂ©noms, profession, domicile, nationalitĂ©, date et lieu de naissance des parties
  • Objet et montant de la demande
  • Tribunal devant lequel est dĂ©posĂ©e la demande.

Les demandeurs doivent prĂ©ciser les points d’accord et de dĂ©saccord, donner leurs explications et joindre les justificatifs utiles.

La requĂȘte est signĂ©e par tous les demandeurs. Elle doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e ou envoyĂ©e au greffe du tribunal de proximitĂ© ou du tribunal judiciaire.

 Attention :

La requĂȘte doit ĂȘtre transmise avec un timbre fiscal de 50 €, sauf si un demandeur est bĂ©nĂ©ficiaire de l’aide juridictionnelle.

Savoir comment se fait la procédure civile sans audience

Lorsque le montant du litige est supĂ©rieur Ă  5 000 € et jusqu’à 10 000 €, le tribunal judiciaire est saisi par assignation. Elle est remise au dĂ©fendeur par un commissaire de justice.

L'assignation doit comporter des mentions obligatoires :

  • DĂ©signation du tribunal compĂ©tent
  • Lieu, jour et heure de l'audience (informations que le demandeur doit obtenir auprĂšs du tribunal)
  • Objet et montant de la demande (dommages et intĂ©rĂȘts, remise d'un bien, annulation d'un contrat...)
  • IdentitĂ© complĂšte des parties
  • Motifs du litige
  • Somme correspondant aux frais engagĂ©s pour la procĂ©dure (frais de dĂ©placement, photocopies, frais d’intervention du commissaire de justice...)
  • Liste des documents justificatifs
  • DĂ©tail des dĂ©marches entreprises pour une rĂ©solution amiable du litige ou la justification de la dispense d'une telle tentative
  • ConsĂ©quences en cas de non comparution de l'adversaire.

L'assignation constitue les conclusions du demandeur, c'est-Ă -dire ses demandes et ses arguments.

Elle peut ĂȘtre rĂ©digĂ©e par le demandeur au procĂšs, par un avocat ou un commissaire de justice.

ModĂšle de document
ModÚle d'assignation sans représentation obligatoire

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Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

 Attention :

L’assignation doit ĂȘtre transmise avec un timbre fiscal de 50 €, sauf si un demandeur est bĂ©nĂ©ficiaire de l’aide juridictionnelle.

Lorsque l'assignation est rĂ©digĂ©e, le demandeur doit obtenir du tribunal la date et l’heure d'audience ainsi que la salle dans laquelle les parties doivent se prĂ©senter. Ces informations doivent ĂȘtre indiquĂ©es dans l'assignation.

Le demandeur doit donner cette assignation à un commissaire de justice pour qu'il la remette au défendeur.

Le commissaire de justice remet un procĂšs verbal de signification au demandeur ainsi qu'un second original de l'assignation. Ce dernier document doit ĂȘtre remis au tribunal, au moins 15 jours avant la date d'audience, pour que l’affaire soit enregistrĂ©e.

Si la date d'audience a Ă©tĂ© communiquĂ©e par voie Ă©lectronique, l'assignation doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans le dĂ©lai de 2 mois Ă  compter de cette communication.

Le non respect des dĂ©lais entraĂźne la caducitĂ© de l'assignation, ce qui signifie qu'une nouvelle assignation doit ĂȘtre faite.

Savoir comment se fait la procédure civile sans audience

Date d'audience

Si le tribunal a Ă©tĂ© saisi par requĂȘte, les parties reçoivent une convocation envoyĂ©e par le greffier du tribunal qui indique la date, l'heure et la salle d'audience.

Si le tribunal a été saisi par assignation, elle est remise au défendeur par un commissaire de justice, la date, l'heure et la salle d'audience y sont indiquées.

  À savoir

Une assignation peut ĂȘtre nĂ©cessaire si la convocation envoyĂ©e en LRAR n’a pas Ă©tĂ© remise au dĂ©fendeur (absence au moment oĂč le facteur se prĂ©sente Ă  domicile, dĂ©mĂ©nagement...). Le tribunal informe le demandeur de l’obligation de faire une assignation qui doit ĂȘtre remise au dĂ©fendeur, par un commissaire de justice.

Constitution du dossier

Lorsque le défendeur doit faire une argumentation contraire à celle du demandeur, il doit fournir des preuves, par tous moyens.

Le défendeur peut aussi faire des demandes, appelées demandes incidentes (par exemple, demander un délai de paiement, une expertise...).

Il doit constituer un dossier comprenant toutes les preuves justificatives pour prouver ses demandes (facture, contrat, courrier, expertise...). Il peut aussi joindre des attestations de témoins.

Un modÚle est disponible en ligne :

Formulaire
ModÚle d'attestation de témoin

Cerfa n° 11527*03

AccĂ©der au formulaire  

MinistÚre chargé de la justice

Le dĂ©fendeur doit respecter le principe du contradictoire : il doit communiquer toutes ses piĂšces, ses arguments et ses demandes au demandeur ou Ă  l’avocat s'il est reprĂ©sentĂ© par lui.

Les documents (appelĂ©s piĂšces) doivent aussi ĂȘtre transmis au tribunal avant l'audience ou au plus tard le jour de l'audience.

 Attention :

Si les piĂšces sont communiquĂ©es trop tard Ă  l'adversaire, il peut demander le renvoi du dossier Ă  une autre date d’audience. Le juge peut aussi refuser de prendre en compte ces piĂšces.

Présence, assistance ou représentation des parties

Le rÎle d'audience est affiché devant la porte de la salle d'audience. Ce document est la liste des affaires appelées à l'audience. Il permet de vérifier que l'affaire qui concerne les parties se déroule bien dans cette salle.

Les parties peuvent ĂȘtre prĂ©sentes en personne Ă  l'audience, Ă©ventuellement assistĂ©es par un avocat.

Les parties peuvent ĂȘtre dispensĂ©es d'audience si elles en ont fait la demande au juge.

Les parties peuvent ĂȘtre absentes Ă  l'audience, mais reprĂ©sentĂ©es par un avocat ou par un tiers muni d'un pouvoir de reprĂ©sentation.

Si une partie souhaite ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e Ă  l'audience par une autre personne, elle doit lui donner un pouvoir spĂ©cial.

Ce pouvoir est un document écrit qui permet à la personne désignée (mandataire) de se présenter à l'audience et de prendre la parole à la place et au nom de la partie concernée (mandant).

La personne dĂ©signĂ©e par le pouvoir doit ĂȘtre majeure. Elle doit se prĂ©senter Ă  l'audience avec le pouvoir et les copies de sa piĂšce d'identitĂ© et de celle du mandant.

L’une des personnes suivantes peut ĂȘtre dĂ©signĂ©e sur le pouvoir :

  • Époux ou Ă©pouse, concubin ou concubine, partenaire de Pacs
  • PĂšre ou mĂšre
  • Enfant
  • FrĂšre ou sƓur
  • Neveu ou niĂšce
  • Tante ou oncle
  • Personne attachĂ©e Ă  son service personnel ou Ă  son entreprise (par exemple, le juriste de l'entreprise ou un employĂ© de maison).

Si la partie se prĂ©sente Ă  l'audience, ces mĂȘmes personnes sont autorisĂ©es Ă  l'assister Ă  la place d'un avocat.

Le modÚle suivant permet de rédiger un pouvoir :

ModĂšle de document
ModÚle de pouvoir de représentation en justice

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Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

Demande de renvoi de l’affaire à l’audience

Une demande de renvoi de l'affaire peut ĂȘtre faite au juge (par exemple, dĂ©lai trop court pour prĂ©parer sa dĂ©fense, demande d'aide juridictionnelle en cours de traitement, hospitalisation...).

Cette demande doit ĂȘtre justifiĂ©e par des documents.

Le juge peut accepter la demande de renvoi s'il estime que le motif est lĂ©gitime. Dans ce cas, le juge fixe la date de la prochaine date d’audience.

Il peut aussi refuser cette demande. Dans ce cas, l'affaire est traitĂ©e le jour de l’audience.

En cas de renvoi de l’affaire, une partie peut demander au juge Ă  ĂȘtre dispensĂ©e de se prĂ©senter Ă  la prochaine audience.

Déroulement de l'audience

Les dossiers sont appelĂ©s par le juge, selon l’ordre indiquĂ© sur le rĂŽle d’audience.

Les parties doivent manifester leur présence lorsque leur affaire est appelée.

La procédure est orale.

Le juge donne la parole au demandeur. Il peut lui poser des questions. Il peut aussi lui demander d’expliquer son litige et ses arguments.

Le juge donne ensuite la parole au défendeur qui explique sa défense et ses éventuelles demandes.

Le juge peut demander à l'une ou l'autre des parties des précisions.

Le greffier prend des notes de ce qui est dit par les parties.

Le juge mÚne les débats et décide du temps de parole du demandeur et du défendeur.

Une partie ne peut prendre la parole que si le juge l’autorise.

Une fois que les parties se sont exprimĂ©es, le juge peut renvoyer l’affaire Ă  une autre date d’audience si les dĂ©bats ne sont pas terminĂ©s.

Le juge peut dĂ©cider que l’affaire est prĂȘte Ă  ĂȘtre jugĂ©e et clĂŽture les dĂ©bats.

Le juge donne la date du délibéré, c'est-à-dire la date à laquelle le jugement est prononcé.

A partir de ce moment, les parties ne peuvent plus donner d’autres arguments pour dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts, ni faire d’autres demandes.

Le jour du dĂ©libĂ©rĂ©, les parties n'ont pas l'obligation d'ĂȘtre prĂ©sentes.

Le jugement est mis Ă  disposition au greffe, c'est-Ă -dire que les parties peuvent le consulter au greffe sur prĂ©sentation d'une piĂšce d'identitĂ©. Aucune copie ne peut ĂȘtre donnĂ©e Ă  ce moment, c’est une simple consultation de la dĂ©cision.

Le juge peut décider de rendre le jugement à une autre date que celle prévue au départ (prorogation). Un avis est adressé par tout moyen aux parties qui indique la nouvelle date ainsi que les motifs de ce report.

Jugement

Le jugement indique les informations suivantes :

  • Tribunal qui l'a rendu
  • Noms des juges et du greffier
  • Date du prononcĂ©
  • Nom, prĂ©noms ou dĂ©nomination des parties ainsi que leur domicile ou siĂšge social
  • Nom des avocats ou de toute personne ayant reprĂ©sentĂ© ou assistĂ© les parties.

Le jugement expose les éléments suivants :

  • Litige
  • Demandes et arguments de chaque partie
  • Discussion sur les demandes et arguments
  • Motivation de la dĂ©cision et raisonnement du juge
  • Dispositif.

Le jugement peut ĂȘtre Ă©tabli sur support papier ou Ă©lectronique.

Il est signé par le juge et le greffier.

Une requĂȘte en rectification d'erreur matĂ©rielle peut ĂȘtre faite si une erreur a Ă©tĂ© faite sur le jugement (par exemple, nom mal orthographiĂ©, date inexacte...).

Une requĂȘte en omission de statuer peut ĂȘtre faite si le juge n'a pas rĂ©pondu Ă  une demande d’une partie (par exemple, le montant d'une indemnisation demandĂ©e...). Cette demande doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e dans le dĂ©lai d'un an aprĂšs que la dĂ©cision soit passĂ©e en force de chose jugĂ©e.

Lorsque le jugement n’est pas assez clair ou prĂ©cis, une requĂȘte en interprĂ©tation peut ĂȘtre faite pour que le juge apporte des prĂ©cisions. Le juge est saisi par requĂȘte de l'une des parties ou par requĂȘte conjointe, seulement si aucun appel de cette dĂ©cision n’a Ă©tĂ© fait.

Notification ou signification de la décision

Une fois la dĂ©cision rendue, elle doit ĂȘtre portĂ©e Ă  la connaissance des parties, de maniĂšre officielle.

La dĂ©cision peut ĂȘtre notifiĂ©e par le greffe par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (LRAR).

Si ce n'est pas le cas, la dĂ©cision doit ĂȘtre signifiĂ©e par un commissaire de justice par la partie qui a un intĂ©rĂȘt Ă  la faire exĂ©cuter (gĂ©nĂ©ralement celle qui a gagnĂ© le procĂšs).

 Attention :

Le courrier du tribunal qui accompagne le jugement indique la façon dont la dĂ©cision doit ĂȘtre portĂ©e Ă  la connaissance des parties.

La signification ou la notification permet de faire commencer le délai de recours contre la décision.

Le délai de recours se calcule à compter d'une des dates suivantes :

  • Date de remise de la lettre recommandĂ©e
  • Date de remise de la signification Ă  la partie ou Ă  la personne prĂ©sente au domicile du destinataire par le commissaire de justice
  • Date de l'avis de passage du commissaire de justice au cas oĂč il n'y a personne au domicile.

Recours

La voie de recours dépend de la qualification du jugement indiquée dans le dispositif. Le jugement est rendu en premier ressort ou en dernier ressort.

L'appel est possible quand la décision est rendue en premier ressort.

Si la décision est rendue en dernier ressort, le recours est le pourvoi en cassation.

Si le jugement a été rendu par défaut, c'est-à-dire en l'absence du défendeur parce qu'il n'a pas eu connaissance de la date de l'audience, celui-ci peut faire opposition.

  À savoir

Le type de recours qui peut ĂȘtre exercĂ© est indiquĂ© dans l’acte de signification du commissaire de justice ou dans la notification du greffe.

Exécution de la décision

La dĂ©cision du juge est exĂ©cutoire par provision, c'est-Ă -dire immĂ©diatement, mĂȘme en cas de recours, sauf si la loi ou le juge en dĂ©cide autrement.

La partie qui obtient gain de cause devant le tribunal peut demander à son adversaire de payer les sommes ou d'exécuter les obligations auxquelles il a été condamné.

  À savoir

En cas d'appel, la partie, qui perd le procÚs, peut demander au 1er président de la cour d'appel la suspension de l'exécution provisoire. Elle doit justifier d'un motif sérieux (par exemple, perte d'emploi) et prouver que l'exécution entrainerait des conséquences excessives pour elle (par exemple, mise en difficulté financiÚre).

L'exécution peut se faire à l'amiable en prenant contact avec l'adversaire ou son avocat.

Si l'exécution amiable est impossible, la partie qui a gagné le procÚs peut faire intervenir un commissaire de justice pour une exécution forcée de la décision.

L'exécution forcée peut se faire avec une saisie de somme d'argent sur le compte en banque ou sur le salaire, une saisie de biens (voiture, télévision...).

Le commissaire de justice peut demander une avance (provision) à son client avant de faire une exécution forcée.

La partie condamnée aux dépens doit payer les frais de la procédure.

 Attention :

La dĂ©cision de justice (appelĂ©e titre exĂ©cutoire) peut ĂȘtre exĂ©cutĂ©e pendant un dĂ©lai de 10 ans. Tous les actes d'exĂ©cution forcĂ©e du commissaire de justice (par exemple, une saisie partielle de la somme qui doit ĂȘtre payĂ©e) font aussi dĂ©marrer un nouveau dĂ©lai de 10 ans pour l’exĂ©cution du titre exĂ©cutoire. Ce dernier reste valable tant qu'un acte d’exĂ©cution forcĂ©e interrompt la prescription et que la somme totale n’est pas payĂ©e. En pratique, le titre exĂ©cutoire peut ĂȘtre mis Ă  exĂ©cution forcĂ©e pendant un dĂ©lai supĂ©rieur Ă  10 ans, par un commissaire de justice.

Pour pouvoir exécuter la décision, une simple copie certifiée conforme n'est pas suffisante.

Il est nĂ©cessaire d’avoir une copie exĂ©cutoire avec une formule exĂ©cutoire (ou clause exĂ©cutoire) pour qu’un commissaire de justice fasse l'exĂ©cution forcĂ©e de la dĂ©cision. La demande de copie exĂ©cutoire se fait au tribunal qui a rendu la dĂ©cision.

Le demandeur ou le défendeur peuvent saisir, lors de l'exécution de la décision, le juge de l'exécution. Il peut échelonner les paiements ou suspendre l'exécution, par exemple.

Le demandeur doit rĂ©gler un timbre fiscal de 50 € pour faire une demande en justice, sauf s’il est bĂ©nĂ©ficiaire de l’aide juridictionnelle.

Les frais d'un commissaire de justice sont Ă  la charge du demandeur, sauf s’il lui est accordĂ© le bĂ©nĂ©fice de l’aide juridictionnelle (AJ) totale ou partielle.

Si une partie souhaite ĂȘtre assistĂ©e ou reprĂ©sentĂ©e par un avocat, elle doit le payer en totalitĂ© sauf si elle bĂ©nĂ©fice de l’aide juridictionnelle totale ou partielle.