Fiche pratique
Accord amiable pour éviter un procÚs civil
Vérifié le 01/09/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice
Pour Ă©viter un procĂšs, les personnes quâun diffĂ©rend oppose peuvent tenter de le rĂ©soudre de façon amiable avec lâaide dâun juge, dâun conciliateur de justice, dâun mĂ©diateur ou dâavocats dans le cadre dâune procĂ©dure participative.
Avant de saisir la justice, il est possible de trouver un accord à l'amiable quelque soit le différend qui oppose les parties.
Une solution amiable peut ĂȘtre trouvĂ©e par exemple dans les situations suivantes :
- Litige entre un propriétaire et un locataire
- Litige avec un commerçant
- Trouble anormal du voisinage
- ProblĂšmes de construction
- Litige entre salarié et employeur
- Conflits familiaux
- Litige entre le syndicat des copropriétaires et le syndic ou entre copropriétaires.
Attention :
Un accord à l'amiable ne peut pas avoir lieu dans les matiÚres concernant l'état civil (nom, filiation...).
Une tentative de conciliation, de mĂ©diation ou de procĂ©dure participative est obligatoire avant de saisir la justice pour les litiges dont les demandes ne dĂ©passent pas 5 000 âŹ.
Elle est également obligatoire pour les litiges suivants :
- Bornage
- Certaines servitudes (droit de passage, conduite d'eau, égout...)
- Distances des plantations ou leur élagage (arbres et haies)
- Respect des distances pour certaines constructions (par exemple pour la construction ou l'installation d'une clĂŽture)
- Curage des fossés et canaux servant à l'irrigation des propriétés
- Trouble anormal de voisinage.
Attention :
La demande en justice est déclarée irrecevable si cette obligation n'est pas respectée.
Les parties sont dispensées de l'obligation de tenter une conciliation, une médiation ou une procédure participative avant toute demande en justice dans les cas suivants :
- Une des parties demande lâhomologation d'un accord, c'est-Ă -dire sa validation par un juge.
- Un motif lĂ©gitime l'en empĂȘche (par exemple, le conciliateur est indisponible et ne peut organiser la conciliation que dans un dĂ©lai supĂ©rieur Ă 3 mois).
- Le juge ou l'autoritĂ© administrative doit procĂ©der lui-mĂȘme Ă une tentative de conciliation prĂ©alable. Par exemple, l'obligation de saisir la commission de recours amiable de la Caf avant tout procĂšs.
- Un créancier a engagé une procédure simplifiée de recouvrement des petites créances qui n'a pas donné de résultat.
- Un recours prĂ©alable obligatoire est dĂ©jĂ prĂ©vu dans la procĂ©dure. Par exemple, pour un litige avec la sĂ©curitĂ© sociale, la commission mĂ©dicale de recours amiable doit obligatoirement ĂȘtre saisie d'un recours gracieux.
Ă savoir
En cas d'urgence, les parties sont dispensées d'accord amiable avant un procÚs si elles justifient de l'impossibilité de trouver un accord (par exemple, fuite d'eau, absence de chauffage).
L'accord amiable n'est possible que si toutes les parties sont d'accord pour trouver un arrangement pour éviter un procÚs.
L'accord peut porter sur une indemnisation, des travaux Ă effectuer, un bien Ă livrer...
Pour trouver cet accord, il est possible de faire appel à un conciliateur de justice, un médiateur, un avocat ou un juge.
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Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole qui guide les parties dans leur recherche d'accord amiable.
Il permet de renouer le dialogue avec les parties et les aide Ă trouver une solution au litige qui les oppose.
Le conciliateur peut ĂȘtre saisi par tout moyen (tĂ©lĂ©phone, mail, courrier...)
OĂč sâadresser ?
Il convoque les parties et indique les lieu, jour et heure de la conciliation.
Les parties peuvent se faire accompagner par :
- un avocat,
- leur époux, leur concubin ou leur partenaire de Pacs,
- un parent (pĂšre, mĂšre, beaux-parents, gendre, belle-fille, frĂšre, sĆur, neveu, niĂšce...).
Il peut proposer une solution au litige, mais en aucun cas il ne peut imposer une solution.
Il ne peut à aucun moment donner des consultations juridiques ou défendre l'une des parties contre une autre.
Avec lâaccord des parties, il peut entendre toute personne utile Ă la conciliation, se rendre sur les lieux du litige ou s'adjoindre un autre conciliateur.
En cas de conciliation, mĂȘme partielle, un constat d'accord est signĂ© par les parties et le conciliateur de justice.
Un exemplaire est remis à chaque partie et un exemplaire est déposée au greffe du tribunal judiciaire.
Les parties ou l'une d'elles, avec l'accord des autres parties, peuvent prĂ©senter une requĂȘte en homologation de constat dâaccord au juge compĂ©tent.
Les parties peuvent demande lâapposition de la formule exĂ©cutoire sur lâacte constatant lâaccord auquel elles sont parvenues lors de la conciliation. La demande est faite par Ă©crit en double exemplaire adressĂ©e au greffe de la juridiction compĂ©tente du domicile du demandeur.
En cas d'échec de la conciliation, le conciliateur remet aux parties une attestation indiquant que les parties ont tenté une conciliation qui a échoué. Les parties peuvent saisir une juridiction judiciaire pour régler leur litige.
Ă savoir
Sauf accord contraire des parties, tout ce qui est dit, écrit ou fait au cours de la conciliation est confidentiel.
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Il est possible de saisir le tribunal d'une demande aux seules fins de conciliation.
Le juge peut dĂ©cider de mener lui-mĂȘme la conciliation ou de la dĂ©lĂ©guer Ă un conciliateur.
Les parties sont avisées par le greffe qu'elles doivent se présenter à une audience de conciliation ou qu'elles doivent prendre contact avec le conciliateur désigné par le juge.
Si les parties parviennent Ă une conciliation, elles peuvent demander Ă un juge d'homologuer le constat d'accord.
Les parties ou l'une d'elles, avec l'accord des autres parties, prĂ©sentent alors une requĂȘte en homologation au juge compĂ©tent.
En cas d'échec de la conciliation, le greffier ou le conciliateur remet aux parties une attestation indiquant que les parties ont tenté une conciliation qui a échoué.
Les parties peuvent saisir une juridiction judiciaire pour régler leur litige.
Ă savoir
La prescription et les dĂ©lais pour agir sont interrompus par lâenregistrement de la requĂȘte au tribunal.
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Le médiateur est un professionnel chargé de trouver une solution amiable dans un litige qui oppose les parties.
Il doit justifier d'une formation ou d'une expérience à la pratique de la médiation en rapport avec la nature du différend.
Il existe différents médiateurs.
Le médiateur civil permet de trouver une solution pour des litiges civils de la vie quotidienne comme les conflits de voisinage, les impayés de loyer.
Pour certains litiges, les médiateurs sont plus spécialisés comme :
- le médiateur familial pour les conflits familiaux (autorité parentale, droit de visite et/ou d'hébergement...),
- le médiateur de l'énergie pour les litiges avec les entreprises du secteur de l'énergie,
- les médiateurs pour les litiges de consommation (voyage, assurance, loisirs...),
- les médiateurs d'un centre de médiation du notariat (succession, droit immobilier...).
Le médiateur est choisi par les parties.
Il peut se rendre sur les lieux et entendre toute personne utile Ă la mĂ©diation avec lâaccord des parties.
Il peut sâadjoindre, avec lâaccord des parties, le concours dâun autre mĂ©diateur du ressort de la cour dâappel.
Le médiateur reçoit les parties ensemble ou séparément.
Elles peuvent se faire assister par un avocat si elles le souhaitent.
Si les parties ne parviennent pas à un accord le médiateur peut proposer une solution pour régler le litige.
Si aucun accord n'est trouvé, les parties peuvent saisir une juridiction judiciaire pour régler leur litige.
Ă savoir
Les constatations et dĂ©clarations recueillies par le mĂ©diateur ne peuvent pas ĂȘtre produites au cours de la procĂ©dure, ni dans toute autre instance. Elles peuvent uniquement ĂȘtre produites si les parties en sont dâaccord.
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Les parties s'engagent Ă trouver conjointement une solution amiable Ă leur litige.
Les parties doivent obligatoirement ĂȘtre assistĂ©es par un avocat.
OĂč sâadresser ?
Les parties concluent une convention de procédure participative.
Cette convention doit ĂȘtre Ă©crite et mentionner les Ă©lĂ©ments suivants :
- Date Ă laquelle elle est conclue
- IdentitĂ© des parties : sâil sâagit de personnes physiques, leurs noms, prĂ©noms, profession, domicile, nationalitĂ©, date et lieu de naissance. Sâil sâagit de personnes morales, leur forme, leur dĂ©nomination, leur siĂšge social et lâorgane qui les reprĂ©sente lĂ©galement.
- Identité des avocats
- Date de fin de la convention
- Objet du différend
- PiÚces et informations nécessaires à la résolution du différend contresignées par les avocats
- Modalités de communication des demandes, des piÚces et informations entre les parties
- Répartition des frais entre les parties.
Au cours de la procĂ©dure, les parties peuvent dâun commun accord avoir recours Ă une expertise ou un technicien. Elles peuvent Ă©galement faire appel Ă un conciliateur ou Ă un mĂ©diateur.
Le recours Ă un juge nâest pas possible tant que la procĂ©dure participative conclue est en cours sauf en cas dâinexĂ©cution de celle-ci.
En cas de ressources insuffisantes des parties, lâaide juridictionnelle peut ĂȘtre accordĂ©e pour la procĂ©dure participative. La demande doit ĂȘtre faite avant lâintroduction de lâinstance.
Si les parties parviennent à un accord sur tout ou partie du litige qui les oppose, elles doivent le formaliser par écrit.
Les parties peuvent demander dâhomologuer leur accord. Elles adressent une requĂȘte au juge accompagnĂ©e de la convention de procĂ©dure participative ainsi que lâaccord Ă©crit. Lâaccord homologuĂ© a force exĂ©cutoire et permet l'exĂ©cution forcĂ©e.
Les parties, ou lâune dâelle, peuvent Ă©galement demander que lâaccord quâelles ont signĂ© avec leurs avocats soit revĂȘtu de la formule exĂ©cutoire.
La demande est formée par écrit, en double exemplaire, auprÚs du greffe de la juridiction du domicile du demandeur compétente pour connaßtre du contentieux de la matiÚre dont relÚve l'accord.
Le greffier n'appose la formule exécutoire qu'aprÚs avoir vérifié sa compétence et la nature de l'acte.
Si les parties ne parviennent pas Ă trouver un accord, le juge peut ĂȘtre saisi par l'une des parties ou par requĂȘte conjointe des parties pour trancher le litige.
Les parties sont alors dispensées de conciliation ou de médiation préalable.
Attention :
Lorsque quâune instance est en cours et que les parties ont recours Ă la conciliation, Ă la mĂ©diation ou Ă la procĂ©dure participative, le dĂ©lai de prescription est suspendu. La prescription recommence courir Ă partir de la fin de la mĂ©diation, de la conciliation ou du terme de la procĂ©dure participative pour une durĂ©e qui ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă 6 mois.
La procĂ©dure amiable a pour but dâarriver Ă un accord entre les parties.
Cet accord peut ĂȘtre formalisĂ© par Ă©crit.
Les parties peuvent demander au juge d'homologuer le constat d'accord. Les parties ou l'une d'elles avec l'accord des autres parties, prĂ©sentent alors une requĂȘte en homologation au juge compĂ©tent.
Les parties peuvent Ă©galement demander lâapposition de la formule exĂ©cutoire sur lâacte constatant lâaccord signĂ© par les parties et leurs avocats. La demande est faite par Ă©crit en double exemplaire adressĂ©e au greffe de la juridiction compĂ©tente du domicile du demandeur.
En cas dâĂ©chec de la procĂ©dure amiable, les parties peuvent saisir le tribunal de leur litige.
La juridiction compétente dépend des sommes en jeu dans le litige.
- Pour un litige infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 10 000 âŹ, c'est le tribunal de proximitĂ© ou le tribunal judiciaire.
- Pour un litige supĂ©rieur Ă 10 000 âŹ, c'est le tribunal judiciaire.
OĂč sâadresser ?
Les constatations et dĂ©clarations recueillies par le conciliateur ou le mĂ©diateur au cours de la conciliation ou la mĂ©diationne peuvent pas ĂȘtre produites au cours de la procĂ©dure. Elles peuvent uniquement ĂȘtre produites si les parties en sont dâaccord.
Sauf accord contraire des parties, les constatations et dĂ©clarations recueillies par le conciliateur ou le mĂ©diateur au cours de la conciliation ou la mĂ©diation ne peuvent pas ĂȘtre produites au cours dâune procĂ©dure.
Le coût dépend de l'intervention du tiers :
- La conciliation est gratuite.
- La médiation de la consommation est totalement gratuite pour le consommateur, le coût de celle-ci est à la charge du professionnel.
- La médiation concernant les litiges civils ou familiaux est payante. Le médiateur est rémunéré par le versement d'honoraires.
- La procédure participative est payante (honoraires des avocats).
Ă savoir
Lâaide juridictionnelle peut ĂȘtre accordĂ©e pour une procĂ©dure participative.
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Code de procédure civile : articles 1528 à 1529
Dispositions générales de résolution amiable des différends
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Code de procédure civile : article 1530
Définition : conciliation et médiation
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Code de procédure civile : article 1530-1
Conciliation menée par le juge ou le conciliateur
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Code de procédure civile : article 1530-2
Médiation
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Code de procédure civile : article 1536
Résolution amiable du conflit
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Code de procédure civile : article 1545
Homologation par requĂȘte
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Code de procédure civile : article 1546
Apposition de la formule exécutoire
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Code de procédure civile : article 1528-3
Confidentialité des échanges
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Décret n°78-381 du 20 mars 1978 relatif aux conciliateurs de justice
Le conciliateur de justice :rÎle, nomination, gratuité
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Code de procédure civile : article 750-1
Obligation de conciliation litige infĂ©rieur Ă 5000 âŹ
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Code civil : articles 2044 Ă 2052
Négociation entre les parties
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Code civil : articles 2062 à 2068
Signature d'une convention de procédure participative
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Suspension de la prescription
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Code de la consommation : articles L 611-1 à 616-3
Médiation litiges de la consommation
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Code de la consommation : articles R612-1 à R612-5
Procédé de médiation des litiges de consommation
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Code de la consommation : articles R616-1 à R616-2
Information et assistance du consommateur à la médiation
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Loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : article 10
Aide juridictionnelle pour une procédure participative
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Demande d'aide juridictionnelle (formulaire)
Formulaire
Questions ? Réponses !
Et aussi
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Justice
Pour en savoir plus
-
La conciliation, une autre solution que le procĂšs pour mettre fin au conflit
MinistÚre chargé de la justice
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Le recouvrement amiable des créances
Institut national de la consommation (INC)