L'exécution forcée nécessite une notification préalable de la décision au débiteur.
Le crĂ©ancier doit ĂȘtre en possession d'une copie exĂ©cutoire de la dĂ©cision et la remettre Ă un commissaire de justice afin qu'il procĂšde Ă l'exĂ©cution forcĂ©e.
Notification de la décision
Notification par le greffe ou signification
Dans certaines procédures, le greffe notifie la décision aux parties. C'est le cas, par exemple, en matiÚre prud'homale, en matiÚre de sécurité sociale ou de fixation de pension alimentaire.
La notification par le greffe se fait par lettre recommandée avec demande d'avis de réception (LRAR).
Quand la notification n'est pas effectuée par le greffe ou en cas d'échec de la notification par le greffe (LRAR non distribuée ou non réclamée), les parties doivent procéder par voie de signification.
En savoir plus sur les conséquences de l'absence de notification ou de signification
Exécution sur présentation de la minute
Le juge peut exceptionnellement permettre l'exĂ©cution de la dĂ©cision au seul vu de la minute, si cela est nĂ©cessaire. Cela concerne notamment les ordonnances de rĂ©fĂ©rĂ© ou ordonnances sur requĂȘte.
Dans ce cas, un original de la décision de justice est remis au bénéficiaire et la présentation de l'original à l'adversaire vaut notification.
Délivrance de la copie exécutoire de la décision
La copie exécutoire est une copie certifiée conforme sur laquelle est apposée la formule exécutoire. Sans cette copie, l'exécution forcée est impossible.
Chaque partie peut obtenir la copie exécutoire gratuitement auprÚs du greffe du tribunal qui a rendu la décision.
Il est possible d'obtenir une seconde copie exécutoire pour un motif légitime (par exemple, perte du document, plusieurs débiteurs).
Ă savoir
Si la décision est notifiée par le greffe, la copie exécutoire doit mentionner les dates de cette notification.
Intervention du commissaire de justice
L'intervention d'un commissaire de justice est obligatoire.
Il a le monopole de l'exécution forcée des décisions exécutoires.
Attention :
Faire soi-mĂȘme une exĂ©cution forcĂ©e est interdit et parfois sĂ©vĂšrement sanctionnĂ©. Par exemple, un propriĂ©taire qui expulse lui-mĂȘme un locataire risque jusqu'Ă 3 ans de prison et 30 000 ⏠d'amende.
Le commissaire de justice a une compĂ©tence territoriale dĂ©limitĂ©e pour procĂ©der Ă une exĂ©cution forcĂ©e. Il faut choisir un commissaire de justice qui exerce dans le ressort de la cour d'appel du domicile du dĂ©biteur. Par exemple, un commissaire de justice de Lille ne peut pas faire une exĂ©cution forcĂ©e auprĂšs dâun dĂ©biteur domiciliĂ© Ă Marseille.
Le commissaire de justice peut récupérer l'argent que le débiteur doit en faisant saisir et vendre ses biens ou en pratiquant une saisie sur compte bancaire ou une saisie sur salaire.
C'est aussi le commissaire de justice qui procĂšde aux expulsions locatives.
En cas de revenus insuffisants pour payer un commissaire de justice pour signifier et exécuter une décision, il est possible de bénéficier de l'aide juridictionnelle.
Savoir qui paye le commissaire de justice