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Fiche pratique

Saisie sur salaire (ou "saisie des rémunérations")

Vérifié le 01/04/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

La saisie sur rĂ©munĂ©ration (ou saisie sur salaire) consiste Ă  prĂ©lever une partie du salaire d'un salariĂ©, quel que soit son contrat de travail, pour rembourser sa dette. Le salariĂ© ne reçoit plus qu'une partie de son salaire. Mais la somme versĂ©e au salariĂ© ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure au montant du solde bancaire insaisissable (SBI). Nous vous expliquons.

Pour engager une saisie sur salaire, le créancier doit respecter les conditions suivantes :

  • Avoir un titre exĂ©cutoire constatant une crĂ©ance liquide (montant chiffrĂ© et non contestĂ© par le dĂ©biteur) et exigible (paiement arrivĂ©e Ă  Ă©chĂ©ance)
  • Charger un commissaire de justice de dĂ©livrer un commandement de payer au dĂ©biteur. Le commissaire de justice a l'obligation d'inscrire le commandement de payer le registre numĂ©rique des saisies de rĂ©munĂ©rations, le jour de sa signification au dĂ©biteur ou le 1er jour ouvrable suivant.

  À savoir

Le créancier voulant obtenir le versement d'une pension alimentaire impayée peut recourir à la saisie sur salaire. Mais il peut préférer engager une procédure de paiement direct (procédure pour récupérer les impayés survenus à partir de la demande et jusqu'à 6 mois avant la demande).

Le commandement de payer indique au débiteur qu'il se trouve désormais dans la situation suivante :

  • Il a l'obligation de payer la dette dans le dĂ©lai d'un mois.
  • Il a la possibilitĂ© Ă©ventuelle de rechercher un accord avec le crĂ©ancier par l'intermĂ©diaire du commissaire de justice.
  • Il a la possibilitĂ© de contester le commandement de payer devant le juge de l'exĂ©cution.

D'autres informations doivent obligatoirement figurer sur le commandement de payer, sinon il n'est pas valable.

ConnaĂźtre les informations obligatoires sur le commandement de payer

La suite de la procédure varie selon le choix fait par le débiteur qui a reçu le commandement de payer, mais la poursuite de la saisie reste à l'initiative du créancier.

AprÚs avoir reçu le commandement de payer, le débiteur peut :

  • Payer sa dette dans le dĂ©lai d'un mois qui suit la signification du commandement de payer
  • Ou demander qu'un accord soit conclu avec le crĂ©ancier sur le montant et les modalitĂ©s de paiement de la dette,
  • Ou contester le commandement de payer devant le juge de l'exĂ©cution. Si le dĂ©biteur fait cette dĂ©marche dans le dĂ©lai mois qui suit la signification du commandement de payer, la contestation a pour effet de suspendre la procĂ©dure de saisie sur salaire, dans l'attente de la dĂ©cision du juge. Avoir un avocat est obligatoire dĂšs que le montant de l’impayĂ© atteint 10 000 €.

Demande du débiteur au commissaire de justice

AprÚs avoir reçu le commandement de payer, le débiteur peut choisir de rechercher un accord avec le créancier sur le montant et les modalités de paiement de la dette.

Le débiteur doit l'indiquer au commissaire de justice, par courrier ou par e-mail (courrier électronique). Il doit y joindre toutes les informations qu'il estime utiles pour informer le commissaire de justice de ses revenus et de ses charges.

Intervention du commissaire de justice

AprÚs avoir reçu la demande du débiteur, le commissaire de justice peut, s'il l'estime nécessaire, interroger le créancier et le débiteur.

S'il y a lieu, il propose au débiteur et au créancier une proposition d'accord sur le montant et les modalités de paiement de la dette.

Résultat de la tentative d'accord

  • Si le crĂ©ancier et le dĂ©biteur acceptent l'accord proposĂ© par le commissaire de justice, le commissaire de justice rĂ©dige un procĂšs-verbal d'accord.

    Le commissaire de justice doit ensuite envoyer une copie du procÚs-verbal d'accord au créancier et au débiteur.

    Si le débiteur n'applique pas l'accord conclu, le créancier peut reprendre la procédure de saisie sur salaire. Pour cela, il lui faut déclencher la saisie sur salaire, au moyen de la désignation d'un commissaire de justice répartiteur, puis ensuite de la signification par le commissaire de justice d'un procÚs-verbal de saisie à l'entreprise qui emploie le débiteur.

     Attention :

    Le procĂšs-verbal de saisie ne doit pas ĂȘtre signifiĂ© Ă  l'employeur plus de 3 mois aprĂšs la signification du commandement de payer, sinon le commandement de payer n'est plus valable. Mais ce dĂ©lai est augmentĂ© du temps de suspension de la procĂ©dure de saisie sur salaire liĂ© Ă  la tentative d'accord, lorsqu'un procĂšs-verbal d'accord est conclu dans le dĂ©lai de 3 mois.

  • Le crĂ©ancier peut reprendre la procĂ©dure de saisie sur salaire. Pour cela, il lui faut dĂ©clencher la saisie sur salaire, au moyen de la dĂ©signation d'un commissaire de justice rĂ©partiteur, puis ensuite de la signification par le commissaire de justice d'un procĂšs-verbal de saisie Ă  l'entreprise qui emploie le dĂ©biteur. Si le dĂ©biteur travaille en intĂ©rim, le procĂšs-verbal de saisie est envoyĂ© Ă  l'entreprise de travail temporaire.

     Attention :

    Le procĂšs-verbal de saisie ne doit pas ĂȘtre signifiĂ© Ă  l'employeur plus de 3 mois aprĂšs la signification du commandement de payer au dĂ©biteur, sinon le commandement de payer n'est plus valable. Mais ce dĂ©lai est augmentĂ© du temps de suspension de la procĂ©dure de saisie sur salaire liĂ©e Ă  la tentative d'accord, lorsqu'un procĂšs-verbal d'accord est conclu dans le dĂ©lai de 3 mois.

Il est possible de contester le commandement de payer, notamment pour vice de forme, c'est-à-dire lorsqu'au moins 1 des informations devant y figurer est manquante.

ConnaĂźtre les informations obligatoires sur le commandement de payer

Le commandement de payer peut ĂȘtre contestĂ© devant le juge de l'exĂ©cution, qu'il faut saisir par assignation.

Cette dĂ©marche doit ĂȘtre notifiĂ©e le jour mĂȘme ou le 1er jour ouvrable suivant au commissaire de justice qui a signifiĂ© le commandement de payer, sinon le juge de l'exĂ©cution sera obligĂ© de considĂ©rer la contestation comme irrecevable.

  À savoir

Avoir un avocat est obligatoire dĂšs que le montant de l’impayĂ© atteint 10 000 €.

Le juge compĂ©tent est le juge de l'exĂ©cution du lieu oĂč habite le dĂ©biteur. Mais s'il habite Ă  l'Ă©tranger ou s'il n'a pas de domicile connu, le juge compĂ©tent est le juge de l'exĂ©cution du lieu de domiciliation de l'entreprise qui emploie le dĂ©biteur.

Lorsqu'une contestation est faite dans le mois qui suit la signification du commandement de payer, cette démarche a pour effet de suspendre la procédure de saisie sur salaire, dans l'attente de la décision du juge.

Il est possible de faire appel de la dĂ©cision rendue par le juge de l’exĂ©cution. En cas d'appel, un sursis Ă  l'exĂ©cution des dĂ©cisions prises par le juge de l'exĂ©cution peut ĂȘtre demandĂ© au 1er prĂ©sident de la cour d'appel. Cette demande doit ĂȘtre faite par assignation en rĂ©fĂ©rĂ© dĂ©livrĂ©e Ă  la partie adverse (selon le cas, le dĂ©biteur ou le crĂ©ancier).

Un mois aprĂšs la signification du commandement de payer au dĂ©biteur, lorsque le dĂ©biteur n'a pas demandĂ© de rechercher un accord, ou lorsque la recherche d'un accord a Ă©chouĂ©, le crĂ©ancier peut poursuivre la procĂ©dure de saisie sur salaire. Cette procĂ©dure se compose de plusieurs Ă©tapes, qui doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es l'une aprĂšs l'autre :

Demander la désignation d'un « commissaire de justice répartiteur »

Le créancier doit tout d'abord demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un commissaire de justice répartiteur.

Selon les cas, le commissaire de justice rĂ©partiteur dĂ©signĂ© peut ĂȘtre :

  • Soit le commissaire de justice saisissant, c'est-Ă -dire le commissaire de justice qui a dĂ©livrĂ© le commandement de payer,
  • Soit un autre commissaire de justice.

Le commissaire de justice répartiteur sera chargé de recevoir les paiements de l'employeur du débiteur, de les reverser au créancier saisissant et de répartir les sommes versées lorsque plusieurs créanciers se sont faits connaßtre.

  À savoir

Le débiteur et son employeur sont informés de l'identité et des coordonnées du commissaire de justice répartiteur. Ces informations sont également inscrites sur le registre numérique des saisies des rémunérations.

Faire signifier un « procÚs-verbal de saisie »

Le créancier doit charger le commissaire de justice saisissant de signifier à l'employeur du débiteur un procÚs verbal de saisie. Si le débiteur travaille en intérim, le procÚs-verbal de saisie est envoyé à l'entreprise de travail temporaire.

Connaütre le contenu obligatoire d’un procùs-verbal de saisie

Le procĂšs-verbal de saisie doit ĂȘtre accompagnĂ© d'un certificat Ă©tabli par le commissaire de justice saisissant. Ce certificat atteste que le dĂ©biteur n'a pas engagĂ© de contestation durant le dĂ©lai d'un mois qui a suivi la signification du commandement de payer.

Le commissaire de justice doit respecter les délais suivants :

  • Signifier le procĂšs-verbal de saisie Ă  l'employeur dans un dĂ©lai de 3 mois aprĂšs la signification du commandement de payer, sinon le commandement de payer n'est plus valable. Mais ce dĂ©lai est augmentĂ© du temps de suspension de la procĂ©dure de saisie sur salaire liĂ©e Ă  la tentative d'accord, lorsqu'un procĂšs-verbal d'accord est conclu dans le dĂ©lai de 3 mois.
  • Inscrire le procĂšs-verbal de saisie sur le registre numĂ©rique des saisies des rĂ©munĂ©rations, le jour de sa signification ou le 1er jour ouvrable suivant, sinon il n'est pas valable.
  • Notifier l'acte de saisie au dĂ©biteur dans un dĂ©lai de 8 jours aprĂšs la signification du procĂšs-verbal de saisie, sinon l'acte de saisie n'est pas valable. L'acte de saisie est un document qui doit obligatoirement indiquer le tribunal devant lequel il peut ĂȘtre contestĂ©, et prĂ©ciser que si le dĂ©biteur change d'employeur, la saisie pourra ĂȘtre poursuivie auprĂšs de ce nouvel employeur, sans qu'un nouveau commandement de payer prĂ©alable soit nĂ©cessaire.

À tout moment, le dĂ©biteur peut contester la procĂ©dure de saisie sur salaire.

Pour cela, il doit saisir par assignation le juge de l'exécution de son lieu d'habitation. S'il habite à l'étranger ou n'a pas de domicile connu, le juge compétent est le juge de l'exécution du lieu de domiciliation de l'entreprise qui l'emploie.

Avoir un avocat est obligatoire dĂšs que le montant de l’impayĂ© atteint 10 000 €.

Le juge de l'exĂ©cution pourra autoriser la saisie pour la fraction non contestĂ©e de la dette. Cette dĂ©cision n'a pas besoin d'ĂȘtre notifiĂ©e, elle est directement exĂ©cutoire. Mais il est possible de faire appel de la dĂ©cision du juge.

En cas d'appel, il est possible de demander un sursis Ă  l'exĂ©cution au 1er prĂ©sident de la cour d'appel. Cette demande doit ĂȘtre faite par assignation en rĂ©fĂ©rĂ© dĂ©livrĂ©e Ă  la partie adverse (c'est-Ă -dire le crĂ©ancier ou le dĂ©biteur). S'il y a lieu, il faut informer l'employeur de cette demande.

Un autre créancier peut se joindre à la saisie sur salaire en cours, s'il respecte les conditions suivantes :

  • Avoir un titre exĂ©cutoire constatant une crĂ©ance liquide (montant chiffrĂ© et non contestĂ© par le dĂ©biteur) et exigible (paiement arrivĂ©e Ă  Ă©chĂ©ance).
  • Charger un commissaire de justice de dĂ©livrer un commandement de payer au dĂ©biteur. Le commissaire de justice a l'obligation d'inscrire le commandement de payer le registre numĂ©rique des saisies de rĂ©munĂ©rations, le jour de sa signification au dĂ©biteur, ou le 1er jour ouvrable suivant.

Un mois aprĂšs la signification du commandement de payer, l’autre crĂ©ancier doit indiquer son souhait de se joindre Ă  la procĂ©dure en cours. Pour cela, il doit charger un commissaire de justice :

  • De signifier un acte d'intervention au 1er crĂ©ancier, ou, si le commissaire de justice rĂ©partiteur a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©signĂ©, de lui signifier un acte d'intervention.
  • De notifier l'acte d'intervention au dĂ©biteur dans les 8 jours qui suivent la signification,
  • De l'inscrire au registre numĂ©rique des saisies sur rĂ©munĂ©rations le jour de la signification ou le 1er jour ouvrable suivant. C'est Ă  partir de ce jour de l'inscription que les sommes versĂ©es par l'employeur du dĂ©biteur seront rĂ©parties en tenant compte du nouveau crĂ©ancier concernĂ©.

Pour ĂȘtre valable, l'acte d'intervention doit contenir les informations suivantes :

  • Les nom, prĂ©noms et domicile du dĂ©biteur,
  • Le titre exĂ©cutoire
  • Le dĂ©compte distinct des sommes rĂ©clamĂ©es en principal (somme initialement due), des frais et des intĂ©rĂȘts Ă©chus, et le taux des intĂ©rĂȘts.

Lorsqu’un procĂšs-verbal de saisie est signifiĂ© Ă  une entreprise, elle doit fournir au crĂ©ancier les informations suivantes :

  • La situation du dĂ©biteur dans l'entreprise (en CDD par exemple), s'il lui verse une somme Ă  titre de rĂ©munĂ©rations, et le montant de la somme qui doit lui ĂȘtre versĂ©e le mois suivant la signification du procĂšs-verbal de saisie.
  • Les cessions, saisies, SATD ou les paiements directs des pensions alimentaires en cours d'exĂ©cution concernant le dĂ©biteur.

Connaütre le contenu obligatoire d’un procùs-verbal de saisie

  À savoir

L'entreprise qui, sans motif lĂ©gitime, ne fait pas cette dĂ©claration, ou fait une dĂ©claration mensongĂšre, peut ĂȘtre condamnĂ©e Ă  payer une amende civile de 10 000 € maximum et Ă  payer des dommages et intĂ©rĂȘts. Pour cela, le crĂ©ancier doit en faire la demande au au juge de l'exĂ©cution.

Au plus tard dans les 15 jours aprÚs la signification du procÚs-verbal de saisie, l'entreprise doit fournir au commissaire de justice répartiteur les informations suivantes :

  • La situation du dĂ©biteur dans l'entreprise (en CDD par exemple), s'il lui verse une somme Ă  titre de rĂ©munĂ©rations, et le montant de la somme qui doit lui ĂȘtre versĂ©e le mois suivant la signification du procĂšs-verbal de saisie.
  • Les cessions, les saisies, les SATD, ou les paiements directs des pensions alimentaires en cours d'exĂ©cution concernant le dĂ©biteur.

Chaque mois, l'entreprise doit verser au commissaire de justice rĂ©partiteur les retenues faites sur le salaire du dĂ©biteur. Ces retenues doivent ĂȘtre faites dans les limites des sommes disponibles.

  À savoir

Si l'entreprise ne fait pas ces versements, elle peut ĂȘtre condamnĂ©e par le juge Ă  payer les retenues qui auraient dĂ» ĂȘtre faites sur le salaire du dĂ©biteur.

En cas d'événement qui suspend la saisie ou y met fin, l'entreprise doit en informer le commissaire de justice répartiteur, dans les 8 jours.

 Ă€ noter

Ce n'est qu'aprÚs la mainlevée de la saisie que l'entreprise peut engager un recours contre le débiteur.

La plupart du temps, le montant du revenu saisissable se calcule à partir du cumul des salaires nets perçus au cours des 12 mois précédant le procÚs-verbal de saisie.

 Ă€ noter

Lorsque le salarié reçoit des salaires de plusieurs employeurs, le revenu saisissable est calculé sur l'ensemble de ces sommes.

Mais le revenu saisissable se compose également des sommes suivantes :

  • Allocations complĂ©mentaires servies en cas de rĂ©duction d'horaire (chĂŽmage, partiel, passage temporaire Ă  mi-temps)
  • Allocation de retour Ă  l'emploi (ARE)
  • Allocation de solidaritĂ© aux personnes ĂągĂ©es (Aspa)
  • IndemnitĂ©s chĂŽmage (allocations, aides ainsi que toute autre prestation versĂ©es par France Travail - anciennement PĂŽle emploi -)
  • IndemnitĂ© de dĂ©part volontaire Ă  la retraite
  • IndemnitĂ©s journaliĂšres de maladie, de maternitĂ© et d'accident du travail
  • Pensions et rentes viagĂšres d'invaliditĂ©
  • Pensions de retraite et pensions de rĂ©version.

Par ailleurs, les prestations familiales peuvent ĂȘtre saisies seulement dans certains cas et pour le paiement de certaines crĂ©ances seulement.

En revanche, certaines sommes ne font pas partie du revenu saisissable :

Le montant maximum de la saisie sur salaire varie, selon que cette saisie sert à rembourser un impayé de pension alimentaire, ou une autre dette :

  • Le revenu saisissable peut ĂȘtre saisi dans sa totalitĂ©, Ă  l'exception du solde bancaire insaisissable (SBI).

    Le SBI correspond Ă  la somme minimum qui doit ĂȘtre laissĂ©e au dĂ©biteur.

    Cette somme est au minimum Ă©gale Ă  651,69 €.

     Attention :

    La nature et le montant de la somme saisie doivent ĂȘtre mentionnĂ©s sur la fiche de paie, sous peine de sanctions Ă  l'encontre de l'employeur.

  • Calcul du montant maximum de la saisie

    Seule une fraction du revenu saisissable peut ĂȘtre retenue par l'employeur.

    Cette part saisissable est déterminée par un barÚme défini pour un débiteur vivant seul.

    Montant maximum de la saisie pour chaque tranche de ressources mensuelles saisissables

    Total des ressources mensuelles saisissables

    Part saisissable

    Montant maximum de la saisie

    (montant cumulé)

    1re tranche

    Jusqu'à 373,33 €

    1/20e

    18,67 €

    2e tranche

    Au-delà de 373,33 € et jusqu'à 727,50 €

    1/10e

    54,08 €

    3e tranche

    Au-delà de 727,50 € et jusqu'à 1 083,33 €

    1/5e

    125,25 €

    4e tranche

    Au-delà de 1 083,33 € et jusqu'à 1 435,83 €

    1/4

    213,37 €

    5e tranche

    Au-delà de 1 435,83 € et jusqu'à 1 789,17 €

    1/3

    331,15 €

    6e tranche

    Au delà de 1 789,17 € et jusqu'à 2 150,83 €

    2/3

    572,26 €

    7e tranche

    Au-delà de 2 150,83 €

    100 %

    572,26 €

    + la totalitĂ© des sommes au-delĂ  de 2 150,83 €

    Exemple

    • Pour le dĂ©biteur dont le total des ressources mensuelles saisissables est de 1 500 €, le montant de la saisie peut aller jusqu'Ă  331,15 € - ((1 789,17 € - 1 500 €) x 1/3) = 234,76 € par mois.
    • Pour le dĂ©biteur dont le total des ressources mensuelles saisissables est de 2 500 €, le montant de la saisie peut aller jusqu'Ă  572,26 € + (2 500 - 2 150,83 €) =921,43 € par mois.

    Le montant des tranches sont majorĂ©s, pour chaque personne Ă  la charge du dĂ©biteur, de 145,00 €.

    Les personnes à la charge du débiteur sont, sur présentation de justificatifs, les suivantes :

    • Époux, partenaire de Pacs ou concubin dont les ressources sont infĂ©rieures Ă  651,69 €
    • Enfants Ă  charge (qui vivent avec lui ou pour lesquels il paie une pension alimentaire)
    • Ascendant dont les ressources sont infĂ©rieures Ă  651,69 € et qui vit avec lui ou pour lequel il paie une pension alimentaire.

      À savoir

    Il est obligatoire de laisser Ă  la disposition du dĂ©biteur le solde bancaire insaisissable (SBI), c'est-Ă -dire au moins 651,69 €.

    Estimation du montant de la saisie

    Il est possible d'estimer le montant maximum saisissable en utilisant un simulateur :

    Simulateur
    Estimer le montant de la saisie sur salaire (ou saisie sur rémunérations)

    AccĂ©der au simulateur  

    MinistÚre chargé de la justice

     Attention :

    La nature et le montant de la somme saisie doivent ĂȘtre mentionnĂ©s sur la fiche de paie, sous peine de sanctions Ă  l'encontre de l'employeur.

Les rĂšgles sont diffĂ©rentes selon qu’il y a un seul ou plusieurs crĂ©anciers concernĂ©s par la saisie sur salaire :

  • Chaque mois, le commissaire de justice rĂ©partiteur versement au crĂ©ancier les sommes qu’il a reçues de l'employeur.

  • Comment sont rĂ©parties les sommes saisies ?

    Tout d’abord, le commissaire de justice rĂ©partiteur doit notifier un projet de rĂ©partition Ă  chaque crĂ©ancier qui a inscrit un procĂšs-verbal de saisie ou un acte d'intervention sur le registre numĂ©rique des saisies des rĂ©munĂ©rations.

    Ce projet de rĂ©partition doit comporter un dĂ©compte dĂ©taillĂ© des frais de rĂ©partition. Ce document indique notamment que chaque crĂ©ancier peut en demander la vĂ©rification par le greffe du tribunal. Cette indication doit ĂȘtre mentionnĂ©e de façon bien visible (« en caractĂšre trĂšs apparents »).

    Pour ĂȘtre valable, le projet de rĂ©partition doit indiquer que chaque crĂ©ancier a un dĂ©lai de 8 jours pour adresser ses remarques au commissaire de justice rĂ©partiteur.

    À l’issue de ce dĂ©lai, le commissaire de justice rĂ©partiteur Ă©tablit un Ă©tat de rĂ©partition. Cet Ă©tat de rĂ©partition est notifiĂ© aux crĂ©anciers et au dĂ©biteur.

    Le dĂ©biteur ou chaque crĂ©ancier peut contester l’état de rĂ©partition devant le juge de l’exĂ©cution, Ă  la condition de le faire dans un dĂ©lai de 8 jours. S’il le fait, il doit en avertir le commissaire de justice rĂ©partiteur le jour mĂȘme ou le 1er jour ouvrable suivant, par lettre recommandĂ©e avec accusĂ©e de rĂ©ception.

      À savoir

    Dans l’attente de la dĂ©cision du juge de l’exĂ©cution, les sommes saisies et reçues par le commissaire de justice rĂ©partiteur sont conservĂ©es (ou consignĂ©es) Ă  la Caisse des dĂ©pĂŽts et consignations.

    À quel moment sont versĂ©es les sommes saisies ?

    Au moins 1 fois toutes les 6 semaines, le commissaire de justice répartiteur réverse aux créanciers les sommes reçues de l'employeur.

    Il rĂ©partit le montant total reçu entre les crĂ©anciers conformĂ©ment Ă  l’état de rĂ©partition.

    Chaque crĂ©ancier reçoit un montant proportionnel au montant de sa crĂ©ance (dette initiale, frais et intĂ©rĂȘts).

    Chaque paiement est accompagnĂ© d’un dĂ©compte dĂ©taillĂ© des frais de rĂ©partition. Ce document indique notamment que chaque crĂ©ancier peut demander la vĂ©rification de ce dĂ©compte au greffe du tribunal. Cette indication doit ĂȘtre mentionnĂ©e de façon bien visible (« en caractĂšre trĂšs apparents »).

La mainlevée de la saisie, qui marque la fin de la saisie sur salaire, peut intervenir :

  • Soit lorsque le commissaire de justice rĂ©partiteur constate que la dette est remboursĂ©e,
  • Soit sur dĂ©cision du juge de l'exĂ©cution,
  • Soit sur accord de l'ensemble des crĂ©anciers concernĂ©s.

En cas de mainlevée, le commissaire de justice répartiteur doit réaliser les actions suivantes :

  • Informer l'entreprise qui emploie le dĂ©biteur dans les 8 jours,
  • Radier le procĂšs-verbal de saisie et les actes d'intervention inscrits sur le registre numĂ©rique des saisies des rĂ©munĂ©rations.

À partir du 1er juillet 2025, certaines des rĂšgles de la procĂ©dure de saisie sur salaire changent.

Selon l’étape en cours Ă  cette date (l’employeur applique dĂ©jĂ  les retenues sur le salaire du dĂ©biteur, le juge a autorisĂ©e la saisie sur salaire, la requĂȘte vient d’ĂȘtre dĂ©posĂ©e devant le juge), les modalitĂ©s de poursuite de la procĂ©dure de saisie sur salaire varient :

À partir du 1er juillet 2025, l’entreprise doit cesser tout versement au greffe du tribunal. Tout versement fait au greffe du tribunal aprĂšs cette date est rejetĂ©.

  À savoir

Les sommes versĂ©es par l’employeur jusqu'au 30 juin 2025 sont rĂ©parties, avant le 1er octobre 2025, entre les crĂ©anciers concernĂ©s par le greffe du tribunal.

À partir du 1er juillet 2025, la procĂ©dure de saisie sur salaire est transmise par le greffe du tribunal au commissaire de justice du crĂ©ancier.

Cette transmission prend la forme d'un procÚs-verbal contenant les informations suivantes :

  • Nom, prĂ©noms et domicile du crĂ©ancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siĂšge social)
  • Nom, prĂ©noms et domicile du dĂ©biteur
  • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le dĂ©biteur
  • Montant pour lequel la saisie a Ă©tĂ© autorisĂ©e
  • Montant des sommes qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©parties entre les crĂ©anciers
  • S’il y a lieu, montant des sommes perçues avant le 1er juillet 2025 et qui n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©parties.

À partir de la transmission de la procĂ©dure de saisie sur salaire au commissaire de justice du crĂ©ancier, le crĂ©ancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volontĂ© de poursuivre la procĂ©dure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le registre numĂ©rique des saisies des rĂ©munĂ©rations.

Si le créancier a confirmé sa volonté de poursuivre la procédure de saisie sur salaire, la saisie sur salaire se poursuit conformément aux rÚgles des saisies sur salaire engagées à partir du 1er juillet 2025, notamment :

  • Le crĂ©ancier doit demander Ă  la chambre nationale des commissaires de justice de dĂ©signer un commissaire de justice rĂ©partiteur.
  • Le commissaire de justice doit transmettre le procĂšs-verbal au commissaire de justice rĂ©partiteur.
  • L’entreprise se verra signifier un procĂšs-verbal de saisie, et elle devra dĂ©sormais verser les retenues faites sur le salaire du dĂ©biteur au commissaire de justice rĂ©partiteur.

Lorsque le juge a autorisĂ© la saisie sur salaire, et dĂšs que ce jugement ne peut plus faire l’objet d’un recours (car le dĂ©lai de recours est expirĂ© ou parce qu’il n’est plus possible de faire de recours), la procĂ©dure de saisie sur salaire est transmise par le greffe du tribunal au commissaire de justice du crĂ©ancier.

Cette transmission prend la forme d'un procÚs-verbal contenant les informations suivantes :

  • Nom, prĂ©noms et domicile du crĂ©ancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siĂšge social)
  • Nom, prĂ©noms et domicile du dĂ©biteur
  • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le dĂ©biteur
  • Montant pour lequel la saisie a Ă©tĂ© autorisĂ©e.

Le commissaire de justice doit ensuite transmettre ce procÚs-verbal au commissaire de justice répartiteur.

À partir de la transmission de la procĂ©dure de saisie sur salaire, le crĂ©ancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volontĂ© de poursuivre la procĂ©dure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le registre numĂ©rique des saisies des rĂ©munĂ©rations.

Ensuite, le créancier doit demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un commissaire de justice répartiteur, et le commissaire de justice doit ensuite transmettre le procÚs-verbal au commissaire de justice répartiteur.

Le procédure de saisie sur salaire se poursuit alors conformément aux rÚgles applicables aux saisies sur salaire engagées à partir du 1er juillet 2025.

  À savoir

Les rĂšgles portant sur le calcul du montant de la saisie et aux types de revenus saisissables restent les mĂȘmes.

Rappel sur l'étape qui consiste à faire appel au juge

1. Conditions Ă  respecter avant de dĂ©poser une requĂȘte

Le créancier doit obligatoirement avoir un titre exécutoire constatant une créance liquide (montant chiffré et non contesté par le débiteur) et exigible (paiement arrivée à échéance).

Le créancier voulant obtenir le versement d'une pension alimentaire impayée peut recourir à cette procédure. Toutefois, il peut préférer engager une procédure de paiement direct (procédure pour récupérer les impayés survenus à partir de la demande et jusqu'à 6 mois avant la demande).

2. Faire appel au juge

Le juge compétent est le juge de l'exécution du tribunal judiciaire dont dépend le domicile du débiteur.

Si le débiteur réside à l'étranger ou n'a pas de domicile connu, il s'agit du juge de l'exécution du tribunal judiciaire dont dépend le domicile de l'employeur du débiteur.

Le crĂ©ancier peut lui-mĂȘme saisir juge de l'exĂ©cution, ou faire appel Ă  un avocat, ou Ă  un huissier de justice (Ă  prĂ©sent appelĂ© commissaire de justice) ou notaire du ressort du tribunal compĂ©tent, ou Ă  toute autre personne qui a une procuration.

Pour saisir le juge de l'exĂ©cution, il faut dĂ©poser ou envoyer par courrier au secrĂ©tariat-greffe du tribunal une requĂȘte, accompagnĂ©e d'une copie du titre exĂ©cutoire.

La requĂȘte peut ĂȘtre rĂ©digĂ©e sur papier libre ou ĂȘtre faite avec le formulaire cerfa n°15708.

La requĂȘte doit obligatoirement mentionner les informations suivantes :

  • Nom, prĂ©noms, profession, domicile, nationalitĂ©, date et lieu de naissance du crĂ©ancier
  • Nom et domicile de la personne contre laquelle la demande est formĂ©e, ou, s'il s'agit d'une personne morale, sa dĂ©nomination et son siĂšge social
  • Objet de la demande
  • Nom et adresse de l'employeur du dĂ©biteur
  • DĂ©compte distinct des sommes rĂ©clamĂ©es en principal (c'est-Ă -dire le montant initialement dĂ»), des frais et intĂ©rĂȘts Ă©chus et l'indication du taux des intĂ©rĂȘts
  • Indications concernant le versement des sommes saisies.

Comment se déroule la tentative de conciliation devant le juge ?

1. Convocation Ă  l'audience

Le créancier et le débiteur sont convoqués au moins 15 jours avant la date de l'audience de conciliation.

  À savoir

Lors de l'audience, il est possible de se faire représenter, notamment par un avocat (démarche payante).

2. Durant l'audience

Le juge de l'exécution tente de mettre d'accord le créancier et le débiteur, notamment en accordant des délais de paiement ou en prévoyant un remboursement par paiements partiels.

Si le débiteur ne comparaßt pas, le juge peut ordonner la saisie, à moins qu'il estime qu'une nouvelle convocation est nécessaire.

À la fin de l'audience

L'audience se conclut de façon différente, selon qu'un accord a ou non été trouvé entre le créancier et le débiteur :

  • Un procĂšs verbal de conciliation est rĂ©digĂ©. Il est signĂ© par le crĂ©ancier et le dĂ©biteur. La saisie sur salaire n'a pas lieu.

     Attention :

    Si le débiteur ne respecte pas les engagements qu'il a pris lors de l'audience, le créancier peut reprendre la procédure de saisie sur salaire.

  • 2 issues sont possibles, selon que le dĂ©biteur a ou non contestĂ© la procĂ©dure durant l'audience :

    • Un procĂšs-verbal de non-conciliation est rĂ©digĂ©. Il indique le montant de la crĂ©ance pour laquelle la saisie pourra ĂȘtre effectuĂ©e.

      Le greffe du tribunal transmet la procédure de saisie sur salaire au commissaire de justice du créancier.

      Cette transmission prend la forme d'un procÚs-verbal contenant les informations suivantes :

      • Nom, prĂ©noms et domicile du crĂ©ancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siĂšge social)
      • Nom, prĂ©noms et domicile du dĂ©biteur
      • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le dĂ©biteur
      • Montant pour lequel la saisie a Ă©tĂ© autorisĂ©e.

      Le commissaire de justice doit ensuite transmettre ce procÚs-verbal au commissaire de justice répartiteur.

      À partir de la transmission de la procĂ©dure de saisie sur salaire, le crĂ©ancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volontĂ© de poursuivre la procĂ©dure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le registre numĂ©rique des saisies des rĂ©munĂ©rations.

      Ensuite, le créancier doit demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un commissaire de justice répartiteur, et le commissaire de justice doit ensuite transmettre le procÚs-verbal au commissaire de justice répartiteur.

      Le procédure de saisie sur salaire se poursuit alors conformément aux rÚgles applicables aux saisies sur salaire engagées à partir du 1er juillet 2025.

        À savoir

      Les rĂšgles portant sur le calcul du montant de la saisie et aux types de revenus saisissables restent les mĂȘmes.

    • Un procĂšs-verbal de non-conciliation est rĂ©digĂ©.

      Le juge de l'exécution statue sur la contestation, immédiatement ou lors d'une audience ultérieure.

      Lorsque le juge de l’exĂ©cution autorise la saisie sur salaire, et dĂšs ce jugement n’est plus susceptible de recours (car le dĂ©lai de recours est expirĂ©, ou parce qu’il n’est plus possible de faire de recours), la procĂ©dure de saisie sur salaire est transmise par le greffe du tribunal au commissaire de justice du crĂ©ancier.

      Cette transmission prend la forme d'un procÚs-verbal contenant les informations suivantes :

      • Nom, prĂ©noms et domicile du crĂ©ancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siĂšge social)
      • Nom, prĂ©noms et domicile du dĂ©biteur
      • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le dĂ©biteur
      • Montant pour lequel la saisie a Ă©tĂ© autorisĂ©e.

      Le commissaire de justice doit ensuite transmettre ce procÚs-verbal au commissaire de justice répartiteur.

      À partir de la transmission de la procĂ©dure de saisie sur salaire, le crĂ©ancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volontĂ© de poursuivre la procĂ©dure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le registre numĂ©rique des saisies des rĂ©munĂ©rations.

      Ensuite, le créancier doit demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un commissaire de justice répartiteur, et le commissaire de justice doit ensuite transmettre le procÚs-verbal au commissaire de justice répartiteur.

      Le procédure de saisie sur salaire se poursuit alors conformément aux rÚgles applicables aux saisies sur salaire engagées à partir du 1er juillet 2025.

        À savoir

      Les rĂšgles portant sur le calcul du montant de la saisie et aux types de revenus saisissables restent les mĂȘmes.

Le déroulement de la saisie sur salaire varie, selon que le créancier a engagé cette procédure à partir du 1er juillet 2025 ou avant cette date :