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Fiche pratique

Demander la révision d'une décision de justice (pénale ou civile)

Vérifié le 31/07/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

La procédure de révision est possible aprÚs une décision définitive pénale ou civile. Elle permet de demander un nouvel examen de l'affaire déjà jugée, seulement dans des cas limités. C'est une voie de recours extraordinaire. Nous vous présentons les informations à connaßtre.

La demande de révision d'une décision pénale permet, si les conditions sont réunies, l'annulation de la condamnation. Si tel est le cas, il y a un nouvel examen du dossier pour rejuger l'affaire.

Les cas d'ouverture de cette voie de recours exceptionnelle sont limités et trÚs rares.

Seules les condamnations pour un dĂ©lit ou un crime peuvent faire l’objet d’un recours en rĂ©vision. Cette procĂ©dure est exclue pour les contraventions.

La rĂ©vision peut ĂȘtre demandĂ©e par les personnes suivantes :

  À savoir

Un condamnĂ© peut Ă©galement demander le rĂ©examen d'une dĂ©cision pĂ©nale dĂ©finitive suite Ă  un arrĂȘt rendu par la Cour europĂ©enne des droits de l'homme (CEDH).

Cet arrĂȘt doit Ă©tablir que la dĂ©cision a Ă©tĂ© rendue en violation de la Convention europĂ©enne des droits de l'homme.

Cette violation doit avoir de graves consĂ©quences pour le condamnĂ© pour justifier une demande de rĂ©examen. Le rĂ©examen doit ĂȘtre demandĂ© dans un dĂ©lai d'1 an Ă  compter de la dĂ©cision rendue par la CEDH.

La rĂ©vision peut ĂȘtre demandĂ©e lorsqu'une personne est condamnĂ©e et qu'un fait nouveau apparaĂźt ou qu'un Ă©lĂ©ment inconnu au jour du procĂšs est dĂ©couvert aprĂšs la condamnation.

Ces faits ou Ă©lĂ©ments nouveaux doivent ĂȘtre susceptibles d'Ă©tablir l'innocence du condamnĂ© ou de faire naĂźtre un doute sur sa culpabilitĂ©.

L'affaire est examinée une nouvelle fois alors que la décision initiale est définitive.

Cette voie de recours est possible contre une décision du tribunal judiciaire, de la cour d'appel, de la cour criminelle ou de la cour d'assises.

Il n'y a pas de dĂ©lai pour demander une rĂ©vision d’une dĂ©cision pĂ©nale.

Une demande en rĂ©vision peut ĂȘtre faite, mĂȘme si la personne condamnĂ©e est dĂ©cĂ©dĂ©e.

La prescription des faits n'empĂȘche pas de faire une demande de rĂ©vision.

La demande doit ĂȘtre envoyĂ©e par courrier Ă  la commission d'instruction des demandes en rĂ©vision et en rĂ©examen.

Cette cour se situe à la Cour de cassation et elle est composée de magistrats de cette Cour.

OĂč s’adresser ?

La Cour de révision et de réexamen se compose d'une commission d'instruction et d'une formation de jugement.

La commission d'instruction exerce un premier examen qui porte seulement sur la recevabilité de la demande.

Elle peut, aprĂšs une Ă©ventuelle enquĂȘte, transmettre l'affaire Ă  la formation de jugement. Dans ce cas, la formation de jugement examine l'affaire. Elle peut juger que la condamnation doit ĂȘtre annulĂ©e et l'affaire rejugĂ©e.

1Úre étape : examen par la commission d'instruction

Le dossier est confié à la commission d'instruction de la Cour de révision et de réexamen. La commission doit examiner la recevabilité de la demande.

Si la demande est de toute Ă©vidence irrecevable, elle peut ĂȘtre immĂ©diatement rejetĂ©e par la commission dans une ordonnance motivĂ©e qui comporte les raisons du rejet. Il n'existe pas de recours contre cette dĂ©cision.

Avant de rendre sa dĂ©cision, la commission peut ordonner un supplĂ©ment d’information pour que des actes d'enquĂȘte soient effectuĂ©s (audition, expertise...). Le demandeur peut rĂ©clamer la rĂ©alisation d'actes d'enquĂȘte. La commission peut rejeter cette demande. Elle doit rendre sa dĂ©cision sur cette question dans un dĂ©lai de 3 mois.

Lorsqu'une nouvelle personne paraĂźt ĂȘtre impliquĂ©e dans les faits, la commission d'instruction avise le procureur de la RĂ©publique qui doit effectuer une enquĂȘte. Si besoin, il peut ouvrir une information judiciaire.

 Ă€ noter

Le condamné ou la commission d'instruction peut demander la suspension de la condamnation, notamment si le condamné est en prison. Cette demande est examinée par la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Avant de dĂ©cider si la demande est recevable, la commission va demander des observations orales ou Ă©crites. Elles sont demandĂ©es au demandeur ou Ă  son avocat, au ministĂšre public et Ă  l’éventuelle partie civile ou Ă  son avocat.

AprÚs les débats, la commission rend une décision.

Si la demande est jugée recevable, la formation de jugement est saisie.

Si la demande n'est pas recevable, la procédure prend fin et la décision ne sera pas révisée.

La dĂ©cision doit ĂȘtre motivĂ©e. Il n'existe pas de recours contre cette dĂ©cision.

  À savoir

Le demandeur et la partie civile peuvent demander une copie du dossier. Cette copie est remise sous forme numĂ©risĂ©e si le dossier a fait l’objet d’une numĂ©risation. La dĂ©livrance de la copie doit ĂȘtre faite dans le dĂ©lai d'1 mois Ă  compter de la demande. La 1re copie est gratuite.

2Úme étape : examen par la formation de jugement

C'est la formation de jugement qui décide ou non de réviser la condamnation.

Si elle estime que l'affaire n'est pas prĂȘte pour ĂȘtre jugĂ©e, la formation de jugement peut demander un supplĂ©ment d'information (audition, expertise...).

Lorsque l'affaire est prĂȘte, une audience a lieu. Lors de cette audience, le demandeur ou son avocat, le ministĂšre public, l'Ă©ventuelle partie civile ou son avocat sont entendus.

AprÚs l'audience, la formation de jugement rend une décision.

Elle peut rejeter ou accepter la demande de révision.

Si elle refuse, la condamnation initiale est confirmée.

Si elle accepte, la condamnation est annulée.

  À savoir

Toute personne autorisĂ©e Ă  faire un recours en rĂ©vision peut demander de nouveaux actes (audition, expertise...) par requĂȘte au procureur de la RĂ©publique. Les actes ont pour objectif de rĂ©vĂ©ler de nouveaux faits ou Ă©lĂ©ments. En cas de refus, le recours s'exerce auprĂšs du procureur gĂ©nĂ©ral de la cour d'appel.

La formation de jugement peut demander un nouveau procÚs devant une autre juridiction identique à celle qui a rendu la décision attaquée. Par exemple, un renvoi devant une autre cour d'appel si la décision attaquée a été rendue par une cour d'appel.

La chambre criminelle de la Cour de cassation peut prononcer la suspension de la peine de prison de la personne concernée. Elle sera libre jusqu'à son nouveau procÚs.

La formation de jugement peut décider qu'il n'y aura pas de nouveau procÚs dans l'un des cas suivants :

  • Le condamnĂ© est dĂ©cĂ©dĂ© (son innocence est reconnue)
  • Il y a prescription. Dans ce cas, la personne est dĂ©finitivement reconnue innocente. Si elle est toujours emprisonnĂ©e, elle est libĂ©rĂ©e.
  • Les Ă©lĂ©ments qui ont motivĂ© la demande en rĂ©vision innocentent totalement le condamnĂ©. Dans ce cas, s'il est emprisonnĂ©, il est libĂ©rĂ©.
  • En cas d'amnistie
  • En cas d'irresponsabilitĂ© pĂ©nale.

La décision de la formation de jugement ne peut pas faire l'objet d'un recours.

Si le condamné est innocenté, la condamnation est supprimée de son casier judiciaire.

La cour peut également ordonner la suppression des mentions figurant dans certains fichiers comme par exemple les fichiers de police.

La personne innocentĂ©e peut demander Ă  ce que la dĂ©cision soit publiĂ©e dans certains lieux (ville oĂč a Ă©tĂ© prononcĂ©e la dĂ©cision, la commune du demandeur...). Elle sera aussi publiĂ©e au Journal Officiel et dans 5 journaux par la juridiction qui a prononcĂ© la dĂ©cision.

  À savoir

Un condamnĂ© reconnu innocent Ă  la suite d'une rĂ©vision a le droit de demander rĂ©paration du prĂ©judice matĂ©riel et moral que lui a causĂ© la condamnation. Toute personne justifiant d'un prĂ©judice causĂ© par la condamnation peut Ă©galement demander rĂ©paration. La rĂ©paration est versĂ©e par l’État.

Pour l'examen sur la recevabilitĂ© de la requĂȘte par la commission, le demandeur peut dĂ©poser la demande lui-mĂȘme ou par l'intermĂ©diaire de son avocat.

Pour la suite de la procĂ©dure, il doit ĂȘtre reprĂ©sentĂ© par un avocat de son choix.

OĂč s’adresser ?

Si le demandeur n'a pas d'avocat, la Cour de rĂ©vision et de rĂ©examen lui en dĂ©signe un d'office. L’avocat commis d’office n’est pas gratuit et doit ĂȘtre payĂ© par le demandeur.

La victime/partie civile peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e par un avocat choisi par elle ou dĂ©signĂ© d'office si elle n'en connaĂźt pas.

La procĂ©dure en elle-mĂȘme est gratuite.

Les frais d'avocat sont Ă  payer par le demandeur.

Si une partie n'a pas suffisamment de revenus pour payer les frais d'avocat, elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle.

La rĂ©vision d'une dĂ©cision civile permet, sous certaines conditions, de remplacer la dĂ©cision attaquĂ©e. On parle de rĂ©tractation du jugement. Quand une fraude (par exemple, un faux tĂ©moignage) a permis de rendre une dĂ©cision ou qu'un justificatif (par exemple, une facture) est retrouvĂ© aprĂšs le procĂšs, la rĂ©vision peut ĂȘtre demandĂ©e.

La rĂ©vision peut ĂȘtre demandĂ©e par les personnes qui ont Ă©tĂ© parties au jugement (demandeur, dĂ©fendeur...).

Elle peut Ă©galement ĂȘtre demandĂ©e par les personnes qui ont Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©es au jugement comme un enfant mineur reprĂ©sentĂ© par ses parents.

La rĂ©vision peut ĂȘtre demandĂ©e par un tiers s'il justifie qu'il a un intĂ©rĂȘt Ă  agir. Par exemple, le nouveau propriĂ©taire d'un immeuble en mauvais Ă©tat peut recevoir l'indemnisation Ă  la place des anciens propriĂ©taires.

Une demande de révision est possible uniquement dans l'un des cas suivants :

  • La dĂ©cision a Ă©tĂ© rendue au profit d'une partie (demandeur, dĂ©fendeur) grĂące Ă  une fraude de sa part.
  • Des piĂšces dĂ©cisives cachĂ©es par une partie ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es aprĂšs le jugement.
  • Des documents, tĂ©moignages, serments ou attestations ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s faux par dĂ©cision judiciaire aprĂšs le jugement.

La partie qui fait la demande de révision doit apporter les éléments de preuve.

 Ă€ noter

Certaines décisions, comme une ordonnance en référé ou un jugement avant-dire-droit, ne peuvent pas faire l'objet d'une demande en révision. Par exemple, un jugement qui ordonne une expertise dans le cas de travaux mal exécutés dans une maison.

La demande de rĂ©vision doit ĂȘtre effectuĂ©e dans les 2 mois Ă  compter du jour oĂč la personne a eu connaissance des Ă©lĂ©ments justifiant la rĂ©vision. Le demandeur doit prouver qu'il a agi dans le dĂ©lai. Si ce dĂ©lai n’est pas respectĂ©, la demande est irrecevable.

La demande est faite par citation.

C'est un acte du commissaire de justice qui informe la partie adverse de sa convocation devant la juridiction ayant rendu la décision contestée.

Cela peut ĂȘtre un tribunal judiciaire, un tribunal de proximitĂ© ou une cour d'appel.

La citation doit ĂȘtre adressĂ©e par le commissaire de justice Ă  toutes les parties mentionnĂ©es dans la dĂ©cision attaquĂ©e.

Le recours en révision est communiqué au ministÚre public.

Si le recours en rĂ©vision conteste une dĂ©cision invoquĂ©e dans un nouveau litige, la rĂ©vision peut ĂȘtre demandĂ©e lors de ce mĂȘme procĂšs. Le litige doit opposer les mĂȘmes parties et avoir lieu devant la mĂȘme juridiction que celle Ă  l'origine de la dĂ©cision initiale. Par exemple un jugement de divorce, objet d'une demande en rĂ©vision, utilisĂ© dans une autre procĂ©dure devant le Jaf pour un litige concernant la rĂ©sidence de l'enfant du couple.

Dans ce cas, la partie qui demande la rĂ©vision doit le faire dans les formes prĂ©vues pour la prĂ©sentation de ses autres demandes, par exemple, dans des conclusions d’avocat).

Jugement

Le juge doit d'abord examiner si le recours est recevable. Il vérifie si le délai du recours est respecté et s'il existe un motif justifiant la révision (fraude, nouvelle piÚce..).

Si le recours est recevable, le juge peut directement régler le litige avec les nouvelles informations dont il dispose. Dans ce cas, une seule décision est rendue.

Si le juge ne peut pas statuer sur la demande en révision parce qu'il lui manque des éléments, il peut demander un complément d'instruction (par exemple, une expertise). Dans ce cas, le juge rend une 1Úre décision sur la recevabilité de la demande et une 2Úme décision pour régler le litige aprÚs le complément d'information.

Une dĂ©cision peut ĂȘtre rĂ©visĂ©e partiellement ou totalement, ce qui signifie que le juge peut rĂ©examiner toutes les condamnations ou seulement certaines condamnations.

Recours

La dĂ©cision de rĂ©vision peut faire l'objet du mĂȘme recours que la dĂ©cision initiale (appel ou pourvoi en cassation selon les cas).

Elle ne peut pas faire l'objet d'un autre recours en révision.

Lorsque la représentation par avocat était obligatoire dans le procÚs initial, le demandeur doit se faire représenter par un avocat lors de la procédure en révision.

Vous devez rĂ©gler un timbre fiscal de 50 € pour introduire votre demande en justice, sauf si vous ĂȘtes bĂ©nĂ©ficiaire de l’aide juridictionnelle.

Les frais de l'avocat et du commissaire de justice doivent ĂȘtre payĂ©s par le demandeur.

Si une partie n'a pas suffisamment de ressources pour payer les frais du commissaire de justice et/ou d'avocat, elle peut demander l’aide juridictionnelle.