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Question-réponse

Justice pénale : quels sont les délais de prescription ?

Vérifié le 29/07/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Vous ĂȘtes victime d'une infraction et vous vous demandez s'il est encore temps de porter plainte ? Vous devez vous intĂ©resser au dĂ©lai de prescription de l'action publique. Si le dĂ©lai de prescription est expirĂ©, il n'est plus possible de poursuivre l'auteur d'une infraction. Le dĂ©lai dĂ©pend du type d'infraction, de l'existence ou non d'une victime et de son Ăąge au moment des faits. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Le délai de prescription dépend de l'infraction commise.

Ce délai s'impose à la victime qui souhaite porter plainte et au procureur de la République qui veut engager des poursuites.

Délai de prescription en fonction de l'infraction

Infraction

Délai de prescription

Contravention

1 an

Délit

6 ans

Crime

20 ans en général

30 ans pour certains crimes graves (par exemple, terrorisme, trafic de stupéfiants en bande organisée, clonage, crimes de guerre)

Crime contre l'humanité

Aucun (il ne se prescrit pas)

En cas de diffamation, le délai de prescription est de 3 mois à compter de la publication ou du prononcé des propos.

Il est de 1 an à compter de la publication ou du prononcé des propos en cas de diffamation discriminatoire (fondée sur une prétendue race, sur la religion, sur le sexe, sur l'orientation sexuelle, sur le handicap ...).

En cas d'injure, le délai de prescription est de 3 mois à compter de la publication ou du prononcé des propos.

Il est de 1 an à compter de la publication ou du prononcé des propos en cas d'injure discriminatoire (fondée sur une prétendue race, sur la religion, sur le sexe, sur l'orientation sexuelle, sur le handicap ...).

Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est le jour oĂč l'infraction est commise. Toutefois, les rĂšgles sont diffĂ©rentes pour les infractions suivantes :

  • Infractions d'habitude, c'est-Ă -dire pour les infractions commises de façon rĂ©pĂ©tĂ©e sur une pĂ©riode plus ou moins longue (par exemple, harcĂšlement moral ou sexuel, exercice illĂ©gal de la mĂ©decine)
  • Infractions continues, c'est-Ă -dire pour celles dont les effets durent dans le temps (par exemple, recel de vol, abandon de famille, non prĂ©sentation d'enfant, dĂ©tention de stupĂ©fiant)
  • Infractions occultes ou dissimulĂ©es, c'est-Ă -dire celles qui ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©couvertes le jour de la commission des faits (par exemple, abus de confiance, abus de bien sociaux).

Les rÚgles concernant le point de départ du délai de prescription sont applicables à la victime qui souhaite porter plainte et au procureur de la République qui veut engager des poursuites.

  • Pour la majoritĂ© des infractions, le point de dĂ©part de la prescription dĂ©bute le jour oĂč l'infraction (crime, dĂ©lit, contravention) est commise.

     Attention :

    Pour effectuer le calcul du dĂ©lai de prescription, il n’est pas tenu compte du premier jour correspondant Ă  la date des faits, contrairement au dernier jour. Le dĂ©lai commence Ă  courir le lendemain des faits (ou de l’acte interruptif de prescription) et expire la veille de sa date anniversaire Ă  minuit.

    Exemple

    Un vol est commis le 6 mai 2020. Il s'agit d'un délit. Le délai de prescription applicable est un délai de 6 ans. Le délai commence à courir le 7 mai 2020 et prend fin le 7 mai 2026 à minuit.

  • Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est la derniĂšre rĂ©pĂ©tition de l'acte caractĂ©risant l'habitude.

     Ă€ noter

    L’habitude est constituĂ©e dĂšs le 2e acte dĂ©lictueux.

    Exemple

    Le harcĂšlement (moral, sexuel, ...) est considĂ©rĂ© comme une infraction d'habitude. C'est un dĂ©lit dont le dĂ©lai de prescription est de 6 ans. Ce dĂ©lai commence Ă  partir de l'acte le plus rĂ©cent de harcĂšlement. Si le dernier acte de harcĂšlement date du 1er janvier 2022, la justice prendra en compte l'ensemble des actes commis pendant les 6 annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, soit Ă  partir du 1er janvier 2016. Mais le point de dĂ©part de la prescription court Ă  compter du 2 janvier 2022 pour s’achever le 2 janvier 2028 Ă  minuit.

  • Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription d'une infraction continue est le dernier jour oĂč l'infraction est commise.

    Exemple

    La non-reprĂ©sentation d'enfant est une infraction continue. Le dĂ©lai de prescription est de 6 ans. Ce dĂ©lai dĂ©marre Ă  partir du jour oĂč l'enfant n’est pas remis au bĂ©nĂ©ficiaire du droit de visite et d’hĂ©bergement ou Ă  celui chez qui il rĂ©side habituellement.

    Le recel de vol est une infraction continue. Le recel commence Ă  partir du moment oĂč le suspect dĂ©tient l'objet volĂ© jusqu'au moment oĂč il s'en sĂ©pare. Dans cet exemple, le dĂ©lai de prescription commence le jour oĂč le suspect de vol s'est sĂ©parĂ© de l'objet du vol pour le remettre au suspect du recel.

  • Les infractions occultes ou dissimulĂ©es sont des infractions qui ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©couvertes quand elles sont commises.

    Une infraction est occulte si elle ne peut ĂȘtre connue ni de la victime, ni de la justice en raison de sa nature (abus de confiance, abus de bien social).

    Une infraction est dissimulĂ©e si son auteur s'est organisĂ© pour en empĂȘcher la dĂ©couverte (dĂ©lit de fraude fiscale).

    Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription de ces infractions est le jour oĂč l'infraction est dĂ©couverte et peut ĂȘtre constatĂ©e.

    Exemple

    Une personne dĂ©couvre 7 ans aprĂšs les faits qu'elle est victime d'un abus de confiance. Le dĂ©lai de prescription du dĂ©lit d'abus de confiance est de 6 ans. Cependant, comme c'est une infraction occulte, le dĂ©lai de prescription dĂ©marre Ă  partir du moment oĂč les faits sont dĂ©couverts. Dans ce cas, la victime peut porter plainte mĂȘme 7 ans aprĂšs les faits.

    MĂȘme si le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est le jour oĂč l'infraction est dĂ©couverte ou peut ĂȘtre constatĂ©e, il existe un dĂ©lai maximum pour agir (dĂ©lai butoir).

    En cas d'infraction occulte ou dissimulĂ©e, la victime peut porter plainte 30 ans maximum aprĂšs les faits pour un crime et 12 ans maximum aprĂšs les faits pour un dĂ©lit. Les mĂȘmes dĂ©lais s'imposent au procureur pour qu'il puisse engager des poursuites.

Un acte ou un Ă©vĂ©nement peut modifier l'Ă©coulement du dĂ©lai de prescription. Le dĂ©lai peut ĂȘtre suspendu ou interrompu.

Suspension

En cas de suspension, le dĂ©lai de prescription est arrĂȘtĂ©. Le dĂ©lai de prescription reprend lĂ  oĂč il s'Ă©tait arrĂȘtĂ© quand la cause de suspension se termine.

Le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre suspendu par des Ă©vĂ©nements juridiques ou non juridiques. Il faut que ces Ă©vĂ©nements rendent les poursuites impossibles.

Les causes de suspension juridiques sont prévues par la loi. Par exemple, la mise en place d'une mesure alternative aux poursuites est une cause juridique de suspension du délai de prescription.

Les causes de suspension non juridiques ne sont pas prévues par la loi. Il s'agit de faits qui rendent impossibles les poursuites pendant un temps.

Les causes de suspension non juridiques sont trÚs rares et sont examinées au cas par cas par le juge.

Interruption

Quand le délai de prescription est interrompu, un nouveau délai égal au délai initial recommence.

Le délai de prescription d'une infraction est interrompu par les actes juridiques suivants :

  • Actes du procureur de la RĂ©publique
  • Actes d'enquĂȘte de la police ou de la gendarmerie (procĂšs verbaux)
  • Actes du juge d'instruction
  • DĂ©cisions de justice.

Dans ces cas, le nouveau point de départ du délai est la date de l'acte juridique qui a provoqué son interruption.

Le délai de prescription et le point de départ de ce délai dépendent de l'infraction commise.

Ce délai peut avoir pour point de départ la majorité de la victime pour certaines infractions graves (agression sexuelle, viol, ...).

Le délai de prescription dépend de la nature de l'infraction : contravention, délit ou crime.

Ce délai s'applique à la victime qui souhaite porter plainte et au procureur de la République qui veut engager des poursuites.

Contravention

Le délai de prescription est de 1 an.

Délit

Délais de prescription des délits commis sur des mineurs

Infraction

Délai de prescription

Cas général (vol, violences...)

6 ans

Traite des ĂȘtres humains

10 ans

Proxénétisme sur un mineur qui a 15 ans ou plus

10 ans

Recours Ă  la prostitution d'un mineur (achat d'un acte sexuel)

10 ans

Corruption de mineur

10 ans

Proposition sexuelle Ă  un mineur par internet

10 ans

Utilisation d'images pornographiques d'un mineur

10 ans

Utilisation d'un message violent ou pornographique pouvant ĂȘtre vu par un mineur

10 ans

Incitation à une mutilation sexuelle (blesser des organes génitaux)

10 ans

Atteinte sexuelle

10 ans

Agression sexuelle

10 ans

Incitation Ă  commettre une infraction contre un mineur

10 ans

Incitation Ă  commettre un viol contre un avantage

10 ans

Atteinte sexuelle aggravée ( commise par plusieurs personnes, par un ascendant ...)

20 ans

Agression sexuelle par violence, contrainte, menace ou surprise

20 ans

Violences aggravées avec incapacité totale de travail supérieure à 8 jours

20 ans

Injure et diffamation

3 mois (cas général)

1 an (en cas de racisme, sexisme ou homophobie)

Crime

Délais de prescription des crimes commis sur des mineurs

Infraction

Délai de prescription

Cas général (par exemple, vol à main armée)

20 ans

Meurtre ou assassinat (infanticide)

30 ans

Tortures ou actes de barbarie

30 ans

Viol

30 ans

Traite des ĂȘtres humains aggravĂ©e

30 ans

Proxénétisme sur un mineur de moins de 15 ans

30 ans

Terrorisme, crimes de guerre ...

30 ans

Crime contre l'humanité

Aucun (pas de prescription)

Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est le jour oĂč l'infraction est commise. Toutefois, les rĂšgles sont diffĂ©rentes pour les infractions suivantes :

  • infractions sexuelles et infractions d'atteintes graves Ă  l'intĂ©gritĂ© physique (par exemple, meurtre, violences graves)
  • Infractions d'habitude, c'est-Ă -dire pour les infractions commises de façon rĂ©pĂ©tĂ©e sur une pĂ©riode plus ou moins longue (par exemple, harcĂšlement moral ou sexuel)
  • Infractions continues, c'est-Ă -dire pour celles dont les effets durent dans le temps (par exemple, recel de vol, abandon de famille)
  • Infractions occultes ou dissimulĂ©es, c'est-Ă -dire celles qui ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©couvertes le jour de la commission des faits (par exemple, infanticide avec dissimulation de cadavre).

Les rÚgles concernant le point de départ du délai de prescription sont applicables à la victime qui souhaite porter plainte et au procureur de la République qui veut engager des poursuites.

  • Pour la majoritĂ© des infractions, le point de dĂ©part de la prescription est le jour oĂč l'infraction (crime, dĂ©lit, contravention) est commise.

    Exemple

    Un vol est commis le 6 mai 2021. Il s'agit d'un délit. Le délai de prescription applicable est de 6 ans. Le délai prend fin le 7 mai 2027.

  • Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est la majoritĂ© de la victime.

    La victime mineure peut porter plainte dĂšs que l'infraction est commise (elle n'est pas obligĂ©e d'attendre d'ĂȘtre majeure pour le faire).

    Elle peut également porter plainte à partir de sa majorité, et ce pendant toute la durée du délai de prescription.

    Exemple

    Pour un agression sexuelle (délit), la victime peut porter plainte jusqu'à ses 28 ans (ùge de sa majorité + délai de prescription de 10 ans).

    Pour un viol (crime), la victime peut porter plainte jusqu'à ses 48 ans (ùge de sa majorité + délai de prescription de 30 ans).

  • Pour les atteintes graves Ă  l'intĂ©gritĂ© physique (meurtre, violences graves, tortures ou actes de barbarie), le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est la majoritĂ© de la victime.

    La victime mineure peut porter plainte dĂšs que l'infraction est commise (elle n'est pas obligĂ©e d'attendre d'ĂȘtre majeure pour le faire).

    Elle peut également porter plainte à partir de sa majorité, et ce pendant toute la durée du délai de prescription.

  • Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est la derniĂšre rĂ©pĂ©tition de l'acte caractĂ©risant l'habitude.

    Exemple

    Le harcĂšlement (scolaire, en ligne...) est considĂ©rĂ© comme une infraction d'habitude. C'est un dĂ©lit dont le dĂ©lai de prescription est de 6 ans. Ce dĂ©lai commence Ă  partir de l'acte le plus rĂ©cent de harcĂšlement. Si le dernier acte de harcĂšlement scolaire date du 14 janvier 2022, la justice prendra en compte l'ensemble des actes commis pendant les 6 annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, soit Ă  partir du 14 janvier 2016. Mais, le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription court Ă  compter du 15 janvier 2022 jusqu’au 15 janvier 2028.

  • Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription d'une infraction continue est le dernier jour oĂč l'infraction est commise.

    Exemple

    Le recel de vol est une infraction continue. Le recel commence Ă  partir du moment oĂč le suspect dĂ©tient l'objet volĂ© jusqu'au moment oĂč il s'en sĂ©pare. Dans cet exemple, le dĂ©lai de prescription commence le jour oĂč le suspect de vol s'est sĂ©parĂ© de l'objet du vol pour le remettre au suspect du recel.

  • Les infractions occultes ou dissimulĂ©es sont des infractions qui ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©couvertes quand elles sont commises.

    Une infraction est occulte si elle ne peut ĂȘtre connue ni de la victime, ni de la justice en raison de sa nature (abus de confiance).

    Une infraction est dissimulĂ©e si son auteur s'est organisĂ© pour en empĂȘcher la dĂ©couverte (par exemple, infanticide avec dissimulation de cadavre).

    Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription de ces infractions est le jour oĂč l'infraction est dĂ©couverte et peut ĂȘtre constatĂ©e.

    Exemple

    Une personne dĂ©couvre 7 ans aprĂšs les faits qu'elle est victime d'un abus de confiance. Le dĂ©lai de prescription du dĂ©lit d'abus de confiance est de 6 ans. Mais, comme c'est une infraction occulte, le dĂ©lai de prescription dĂ©marre Ă  partir du moment oĂč les faits sont dĂ©couverts. Dans ce cas, la victime peut porter plainte mĂȘme 7 ans aprĂšs les faits.

    MĂȘme si le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est le jour oĂč l'infraction est dĂ©couverte ou peut ĂȘtre constatĂ©e, il existe un dĂ©lai maximum pour agir (dĂ©lai butoir).

    En cas d'infraction occulte ou dissimulĂ©e, la victime peut porter plainte 30 ans maximum aprĂšs les faits pour un crime et 12 ans maximum aprĂšs les faits pour un dĂ©lit. Les mĂȘmes dĂ©lais s'imposent au procureur pour qu'il puisse engager des poursuites.

En cas de viol, d'agression sexuelle ou d'atteinte sexuelle sur un mineur, le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre prolongĂ© si une infraction similaire est commise pendant l'Ă©coulement du dĂ©lai de prescription. On parle de prescription glissante.

Un acte ou un Ă©vĂ©nement peut Ă©galement modifier l'Ă©coulement du dĂ©lai de prescription. Le dĂ©lai peut ĂȘtre suspendu ou interrompu.

Prescription glissante : nouvelle infraction (agression sexuelle, atteinte sexuelle ou viol) commise

Le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre allongĂ© si l'auteur d'un viol commet sur un autre mineur, avant l'expiration du dĂ©lai de prescription, un nouveau viol ou une nouvelle agression sexuelle ou atteinte sexuelle. Dans ce cas, le dĂ©lai de prescription du viol initial est prolongĂ© jusqu'Ă  la date de prescription de la nouvelle infraction.

Le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre allongĂ© si l'auteur d'une agression sexuelle ou d'une atteinte sexuelle commet sur un autre mineur, avant l'expiration du dĂ©lai de prescription, une nouvelle agression sexuelle ou une nouvelle atteinte sexuelle. Dans ce cas, le dĂ©lai de prescription de l'infraction initiale est prolongĂ© jusqu'Ă  la date de prescription de la nouvelle infraction.

Suspension

En cas de suspension, le dĂ©lai de prescription est arrĂȘtĂ©. Le dĂ©lai de prescription reprend lĂ  oĂč il s'Ă©tait arrĂȘtĂ© quand la cause de suspension se termine.

Le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre suspendu par des Ă©vĂ©nements juridiques ou non juridiques. Il faut que ces Ă©vĂ©nements rendent les poursuites impossibles.

Les causes de suspension juridiques sont prévues par la loi. Par exemple, la mise en place d'une mesure alternative aux poursuites est une cause juridique de suspension du délai de prescription.

Les causes de suspension non juridiques ne sont pas prévues par la loi. Il s'agit de faits qui rendent impossibles les poursuites pendant un temps.

Les causes de suspension non juridiques sont trÚs rares et sont examinées au cas par cas par le juge.

Interruption

Quand le délai de prescription est interrompu, un nouveau délai égal au délai initial recommence.

Le délai de prescription d'une infraction est interrompu par les actes juridiques suivants :

  • Actes du procureur de la RĂ©publique
  • Actes d'enquĂȘte de la police ou de la gendarmerie (procĂšs verbaux)
  • Actes du juge d'instruction
  • DĂ©cisions de justice.

Dans ces cas, le nouveau point de départ du délai est la date de l'acte juridique qui a provoqué son interruption.

Certaines infractions ne font pas de victimes (par exemple conduite d'un véhicule sans permis de conduire, excÚs de vitesse).

Cependant, mĂȘme en l'absence de victime, le dĂ©lai de prescription s'impose au procureur de la RĂ©publique lorsqu'il souhaite poursuivre la personne mise en cause.

Le délai de prescription dépend de l'infraction commise.

Délai de prescription en fonction de l'infraction

Infraction

Délai de prescription

Contravention

1 an

Délit

6 ans

Crime

20 ans en général

30 ans pour certains crimes (par exemple, trafic de stupéfiants en bande organisée)

Le point de dĂ©part du dĂ©lai est le jour oĂč l'infraction est commise. Toutefois, les rĂšgles sont diffĂ©rentes pour les infractions suivantes :

  • Infractions d'habitude, c'est-Ă -dire pour les infractions commises de façon rĂ©pĂ©tĂ©e sur une pĂ©riode plus ou moins longue (par exemple, exercice illĂ©gal de la mĂ©decine)
  • Infractions continues, c'est-Ă -dire pour celles dont les effets durent dans le temps (par exemple, dĂ©tention de stupĂ©fiants, dĂ©tention de faux administratifs)
  • Infractions occultes ou dissimulĂ©es, c'est-Ă -dire celles qui ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©couvertes le jour de la commission des faits (par exemple, abus de confiance).
  • Pour la majoritĂ© des infractions, le point de dĂ©part de la prescription est le jour oĂč l'infraction (crime, dĂ©lit, contravention) est commise.

    Exemple

    Un grand excÚs de vitesse est commis le 6 mai 2020. Il s'agit d'un délit. Le délai de prescription applicable est un délai de 6 ans. Le procureur de la République ne peut plus engager de poursuite aprÚs le 7 mai 2026.

  • Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription est la derniĂšre rĂ©pĂ©tition de l'acte caractĂ©risant l'habitude.

  • Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription d'une infraction continue est le dernier jour oĂč l'infraction est commise.

  • Les infractions occultes ou dissimulĂ©es sont des infractions qui ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©couvertes quand elles sont commises.

    Une infraction est occulte si elle ne peut pas ĂȘtre connue de la justice en raison de sa nature.

    Une infraction est dissimulĂ©e si son auteur s'est organisĂ© pour en empĂȘcher la dĂ©couverte.

    Le point de dĂ©part du dĂ©lai de prescription de ces infractions est le jour oĂč l'infraction est dĂ©couverte et peut ĂȘtre constatĂ©e.

    Il existe un délai maximum pour que le procureur de la République engage des poursuites, en cas d'infraction occulte ou dissimulée. Ce délai ne peut pas dépasser 30 ans pour un crime et 12 ans pour un délit à compter de la commission des faits.

Un acte ou un Ă©vĂ©nement peut modifier l'Ă©coulement du dĂ©lai de prescription. Le dĂ©lai peut ĂȘtre suspendu ou interrompu.

Suspension

En cas de suspension, le dĂ©lai de prescription est arrĂȘtĂ©. Le dĂ©lai de prescription reprend lĂ  oĂč il s'Ă©tait arrĂȘtĂ© quand la cause de suspension se termine.

Le dĂ©lai de prescription peut ĂȘtre suspendu par des Ă©vĂ©nements juridiques ou non juridiques. Il faut que ces Ă©vĂ©nements rendent les poursuites impossibles.

Les causes de suspension juridiques sont prévues par la loi. Par exemple, la mise en place d'une mesure alternative aux poursuites est une cause juridique de suspension du délai de prescription.

Les causes de suspension non juridiques ne sont pas prévues par la loi. Il s'agit de faits qui rendent impossibles les poursuites pendant un temps.

Les causes de suspension non juridiques sont trÚs rares et sont examinées au cas par cas par le juge.

Interruption

Quand le délai de prescription est interrompu, un nouveau délai égal au délai initial recommence.

Le délai de prescription d'une infraction est interrompu par les actes juridiques suivants :

  • Actes du procureur de la RĂ©publique
  • Actes d'enquĂȘte de la police ou de la gendarmerie (procĂšs verbaux)
  • Actes du juge d'instruction
  • DĂ©cisions de justice.

Dans ces cas, le nouveau point de départ du délai est la date de l'acte juridique qui a provoqué son interruption.