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Question-réponse

Infractions aux rÚgles d'urbanisme : quels sont les délais de prescription ?

Vérifié le 25/02/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Si vous avez réalisé des travaux sans autorisation d'urbanisme ou sans respecter l'autorisation obtenue, il s'agit d'un délit. La mairie ou des tiers peuvent vous poursuivre. Vous risquez des sanctions pénales, civiles et administratives tant que les délais de prescription ne sont pas terminés. Il existe 3 délais de prescriptions différents. Nous faisons le point sur la réglementation.

Le dĂ©lai de prescription pĂ©nale est la durĂ©e pendant laquelle vous pouvez ĂȘtre poursuivi devant le tribunal correctionnel en cas d'infraction aux rĂšgles d'urbanisme.

Le délai de prescription civileest la durée pendant laquelle la mairie ou un tiers peut saisir le tribunal judiciaire pour demander réparation d'un préjudice causé par votre construction.

Le délai de prescription administrative est la durée pendant laquelle la mairie peut vous refuser une autorisation d'urbanisme pour des travaux sur un bùtiment existant. Le refus est fondé sur l'absence d'autorisation pour l'édifier ou le non respect de l'autorisation obtenue.

Le délai de prescription pénale est de 6 ans à partir de la date d'achÚvement des travaux. Passé ce délai de 6 ans, la mairie ne peut plus vous poursuivre devant le tribunal correctionnel.

Pendant 6 ans, vous risquez une amende si vous avez rĂ©alisĂ© des travaux sans autorisation ou sans respecter l'autorisation que vous avez obtenue. Selon le cas, elle est comprise entre 1 200 € et 300 000 € maximum. En cas de rĂ©cidive, en plus de l'amende, un emprisonnement de 6 mois peut ĂȘtre prononcĂ©.

Le délai de prescription varie selon l'auteur du recours :

  • Le dĂ©lai de prescription civile de la mairie est de 10 ans Ă  compter de l'achĂšvement des travaux. PassĂ© ce dĂ©lai, la mairie ne peut plus engager de recours civil.

    La commune ou l'EPCI peut saisir le tribunal judiciaire en vue de faire ordonner la mise en conformité ou la démolition de la construction.

  • Le dĂ©lai de prescription civile des tiers est de 5 ans Ă  compter de l'achĂšvement des travaux. PassĂ© ce dĂ©lai, un tiers ne peut plus engager de recours civil.

    Le tiers peut ĂȘtre un voisin, un syndicat de copropriĂ©tĂ©, l'acheteur d'une propriĂ©tĂ© voisine ou une association.

    Si un tiers estime que ses intĂ©rĂȘts sont lĂ©sĂ©s, il peut demander devant le juge judiciaire la dĂ©molition, la mise en conformitĂ© de la construction ou des dommages et intĂ©rĂȘts.

    Cela concerne les situations suivantes :

    • Violation d'un droit rĂ©el (empiĂštement sur le terrain du tiers, violation d'une servitude conventionnelle, non respect du cahier des charges d'un lotissement)
    • Trouble anormal de voisinage, tel que la privation de vue ou d'ensoleillement
    • Violation d'une servitude d'urbanisme (non respect du PLU).

    Pour demander la démolition de l'ouvrage devant le tribunal civil, le tiers doit d'abord avoir obtenu l'annulation de l'autorisation d'urbanisme par le tribunal administratif.

Le délai de prescription administrative est de 10 ans ou il est imprescriptible.

Il est diffĂ©rent pour des travaux rĂ©alisĂ©s sur un bĂątiment irrĂ©gulier (Ă©difiĂ© sans autorisation ou non conforme Ă  la rĂ©glementation) ou pour un bĂątiment construit sans autorisation d’urbanisme :

  • Le dĂ©lai de prescription administrative est de 10 ans Ă  compter de l'achĂšvement des travaux.

    Pendant ce délai de 10 ans, la mairie peut refuser vos demandes d'autorisations d'urbanisme sur ce bùtiment au motif de l'irrégularité initiale.

  • Le dĂ©lai est imprescriptible pour une construction rĂ©alisĂ©e sans autorisation d’urbanisme alors qu'elle Ă©tait nĂ©cessaire. La construction n'a pas d'existence lĂ©gale administrative tant que la situation n'est pas rĂ©gularisĂ©e administrativement.

    Aussi, si vous envisagez d'effectuer des travaux sur votre construction édifiée sans autorisation, vous devez demander une autorisation pour l'ensemble du bùtiment, à la fois pour régulariser l'existant et pour réaliser votre nouveau projet.

    L'autorisation d'urbanisme est accordée si l'ensemble de la construction est conforme aux rÚgles du PLU en vigueur.

    Pour les constructions anciennes (pour lesquelles une action pénale ou civile n'est plus possible), l'administration peut toutefois autoriser les travaux nécessaires à la préservation de la construction, comme la consolidation d'un mur menaçant de s'effondrer.

    Si votre construction n'a pas d'existence lĂ©gale administrative, elle est tout de mĂȘme soumise au rĂšglement de la taxe fonciĂšre.

Si vous avez rĂ©alisĂ© des travaux sans autorisation ou sans respecter les prescriptions imposĂ©es par l'autorisation obtenue, la commune ou l'EPCI peut vous dĂ©livrer une amende d'un montant maximum de 30 000 €. Elle peut aussi vous mettre en demeure de dĂ©poser une demande d’autorisation pour rĂ©gulariser ou mettre en conformitĂ© la construction dans un dĂ©lai dĂ©terminĂ©. La mise en demeure peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par une astreinte de 1 000 € maximum par jour de retard.

  À savoir

Vous pouvez demander à tout moment la régularisation de vos travaux réalisés sans autorisation. La mairie vérifie alors la conformité de vos travaux par rapport aux rÚgles d'urbanisme en vigueur. Elle peut selon les cas, prendre les décisions suivantes :

  • RĂ©gulariser votre construction
  • Demander la rĂ©alisation de certains travaux pour mettre en conformitĂ© votre construction avec les rĂšgles d'urbanisme
  • Refuser la rĂ©gularisation car elle n'est pas possible au vu des rĂšgles d'urbanisme.

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