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Fiche pratique

Enlùvement parental ou soustraction d’enfant

Vérifié le 19/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Il y a enlĂšvement parental, Ă©galement appelĂ© soustraction d'enfant, lorsqu'un enfant est emmenĂ© ou retenu par l'un de ses parents en mĂ©connaissance des droits de l'autre parent. Vous souhaitez savoir comment prĂ©venir un enlĂšvement parental, quelles dĂ©marches effectuer ou comment obtenir le retour de votre enfant ? Des mesures peuvent ĂȘtre prises rapidement selon la situation. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Il y a enlÚvement parental dans chacune des situations suivantes :

  • Un parent emmĂšne l'enfant sans l'accord de l'autre parent lorsque cet accord est nĂ©cessaire
  • Un parent refuse de remettre l'enfant Ă  l'issue d'un droit de visite et d'hĂ©bergement
  • Un parent conserve l'enfant alors qu'il devait ĂȘtre confiĂ© Ă  l'autre parent
  • Un parent dĂ©place le lieu de rĂ©sidence de l'enfant sans respecter les droits de l'autre parent
  • Un parent emmĂšne ou maintient l'enfant Ă  l'Ă©tranger sans autorisation.

Cette situation peut concerner un enfant dont la résidence est fixée chez l'un des parents, un enfant en résidence alternée ou un enfant faisant l'objet d'un droit de visite et d'hébergement.

Un enlĂšvement parental peut exister mĂȘme lorsque les deux parents exercent l'autoritĂ© parentale.

Le fait d'ĂȘtre le pĂšre ou la mĂšre de l'enfant ne permet pas de dĂ©cider seul de son lieu de rĂ©sidence ou de l'emmener sans respecter les droits de l'autre parent.

L'enlÚvement parental est différent de la non-représentation d'enfant.

La non-reprĂ©sentation d’enfant correspond au refus ponctuel ou rĂ©pĂ©tĂ© de remettre l’enfant Ă  l’autre parent, alors qu’une dĂ©cision judiciaire l’impose. Par exemple, un parent refuse de ramener l’enfant aprĂšs un week-end de visite ou de respecter une rĂ©sidence alternĂ©e fixĂ©e par le juge.

L’enlĂšvement parental dĂ©signe des situations plus graves. Il s’agit, par exemple, d’un dĂ©mĂ©nagement sans informer l’autre parent et sans communiquer la nouvelle adresse, d’un dĂ©part Ă  l’étranger sans autorisation ou encore du retrait de l’enfant Ă  l’école ou chez ses grands-parents sans en avoir le droit.

Ces comportements sont sanctionnĂ©s mĂȘme si l’enfant est volontaire pour suivre le parent ou mĂȘme si aucune dĂ©cision judiciaire sur la garde n’a encore Ă©tĂ© rendue. L’enfant concernĂ© doit toutefois ĂȘtre lĂ©galement celui du couple. Il doit avoir Ă©tĂ© reconnu ou adoptĂ© par les 2 parents. Par exemple, un pĂšre biologique qui n’a pas reconnu l’enfant ne peut pas invoquer un enlĂšvement familial.

Lorsqu'un enlÚvement parental est constaté, il est recommandé d'agir rapidement.

Les actions Ă  entreprendre dĂ©pendent principalement du lieu oĂč se trouve l'enfant et des informations disponibles :

  • Si le lieu oĂč se trouve l'enfant est connu, la situation peut ĂȘtre signalĂ©e rapidement Ă  la police ou Ă  la gendarmerie. Le signalement permet d'alerter les forces de l'ordre sur la situation et de leur transmettre les informations utiles pour rechercher l'enfant.

    Une plainte peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©posĂ©e lorsque les faits constituent une infraction. Le dĂ©pĂŽt de plainte permet de porter officiellement les faits Ă  la connaissance de la justice.

    Le juge aux affaires familiales peut Ă©galement ĂȘtre saisi pour demander des mesures concernant la rĂ©sidence de l'enfant ou l'exercice de l'autoritĂ© parentale.

    Si le lieu oĂč se trouve l'enfant est inconnu, une plainte peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e immĂ©diatement auprĂšs de la police ou de la gendarmerie. Il est important de communiquer aux autoritĂ©s toutes les informations permettant de rechercher l'enfant, notamment :

    • des photographies rĂ©centes,
    • les adresses oĂč l'enfant pourrait se trouver,
    • les numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone connus,
    • les informations sur les vĂ©hicules utilisĂ©s,
    • les coordonnĂ©es de personnes pouvant hĂ©berger l'enfant.
  • Lorsque l'enfant a quittĂ© la France, les dĂ©marches Ă  effectuer dĂ©pendent notamment du pays dans lequel il se trouve.

    Il est recommandé de contacter le Bureau de la protection des mineurs et de la famille du ministÚre de l'Europe et des Affaires étrangÚres. Il peut vous informer sur les démarches à effectuer et vous orienter vers les autorités compétentes.

    L'ambassade ou le consulat de France dans le pays oĂč se trouve l'enfant peut Ă©galement ĂȘtre contactĂ©. Il peut notamment aider Ă  localiser l'enfant et Ă  Ă©tablir un contact avec les autoritĂ©s locales.

    L'ambassade du pays concernĂ© en France peut Ă©galement ĂȘtre sollicitĂ©e pour obtenir des informations sur les dĂ©marches Ă  effectuer dans ce pays.

    Il est important de signaler rapidement la situation. Les dĂ©marches engagĂ©es rapidement peuvent faciliter la recherche de l'enfant et la mise en Ɠuvre des procĂ©dures permettant d'organiser son retour en France.

Pour permettre aux autorités d'agir rapidement, il est utile de fournir tout document permettant d'établir l'identité de l'enfant et vos liens avec lui.

Selon la situation, il peut notamment s'agir :

  • du livret de famille,
  • de l'acte de naissance de l'enfant,
  • d'une dĂ©cision de justice relative Ă  l'autoritĂ© parentale, Ă  la rĂ©sidence de l'enfant ou aux droits de visite et d'hĂ©bergement,
  • de photographies rĂ©centes,
  • de tout document permettant de localiser l'enfant ou le parent qui l'a emmenĂ©.

Ces documents peuvent faciliter les recherches et les démarches destinées à obtenir le retour de l'enfant.

Le retour de l'enfant peut résulter d'un accord entre les parents ou d'une décision prise par les autorités compétentes.

AprĂšs votre signalement ou votre dĂ©pĂŽt de plainte, diffĂ©rentes mesures peuvent ĂȘtre mises en Ɠuvre pour retrouver l'enfant et permettre son retour. Ces mesures peuvent notamment viser Ă  localiser l'enfant, Ă  faire respecter une dĂ©cision relative Ă  sa rĂ©sidence ou aux droits de visite et d'hĂ©bergement, ou Ă  organiser son retour auprĂšs du parent auprĂšs duquel il doit rĂ©sider.

Lorsque l'enfant se trouve en France, le juge aux affaires familiales peut ĂȘtre saisi pour fixer ou modifier sa rĂ©sidence et prendre les mesures nĂ©cessaires Ă  son retour.

Lorsque l'enfant se trouve Ă  l'Ă©tranger, des mĂ©canismes de coopĂ©ration entre États peuvent permettre d'organiser son retour dans le pays oĂč il rĂ©sidait habituellement avant son dĂ©placement.

Chaque situation est examinĂ©e en tenant compte de l'intĂ©rĂȘt de l'enfant et des circonstances particuliĂšres de l'affaire.

Une décision de justice n'est pas nécessaire pour signaler un enlÚvement parental aux autorités ou déposer plainte.

Toutefois, lorsqu'une décision fixe la résidence de l'enfant ou organise les droits de visite et d'hébergement, elle permet de déterminer plus facilement si les droits de l'autre parent ont été méconnus.

L'enlÚvement parental constitue une infraction pénale.

Lorsqu'un parent soustrait un enfant mineur Ă  la personne qui exerce l'autoritĂ© parentale, Ă  la personne Ă  laquelle l'enfant a Ă©tĂ© confiĂ© ou Ă  celle chez qui il rĂ©side habituellement, il risque une peine pouvant aller jusqu'Ă  1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

Les sanctions sont plus sévÚres dans les situations suivantes :

  • L'enfant est retenu pendant plus de 5 jours sans que la personne qui a le droit de le rĂ©clamer sache oĂč il se trouve
  • L’enfant est retenu Ă  l'Ă©tranger sans autorisation
  • L’auteur des faits a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© privĂ© de l'exercice de l'autoritĂ© parentale.

Dans ces situations, la peine peut atteindre 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

Au-delà des sanctions pénales, le juge aux affaires familiales peut également tenir compte de ces faits lorsqu'il statue sur l'exercice de l'autorité parentale, la résidence de l'enfant ou les droits de visite et d'hébergement.