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Question-réponse

Un parent peut-il avoir un droit de visite sans exercer l'autorité parentale ?

Vérifié le 20/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Oui, le juge aux affaires familiales (Jaf) peut, dans l’intĂ©rĂȘt de l’enfant, accorder un droit de visite au parent qui n'exerce pas l'autoritĂ© parentale. Ce droit de visite est refusĂ© ou retirĂ© uniquement pour des motifs graves (par exemple, mise en danger de la vie de l'enfant, violences). Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Le plus souvent, un parent n'exerce pas l'autoritĂ© parentale parce qu'une dĂ©cision du juge accorde l'exercice exclusif de l'autoritĂ© parentale Ă  l'autre parent. C’est par exemple le cas lorsque le parent se dĂ©sintĂ©resse de l’enfant ou qu’il met en danger sa sĂ©curitĂ© physique ou morale (addictions Ă  l’alcool ou Ă  la drogue, violences...).

Le parent qui fait une reconnaissance tardive de son enfant (aprÚs l'ùge de 1 an) est lui aussi privé d'exercice de l'autorité parentale.

Il arrive enfin qu'aucun parent n'exerce l'autorité parentale en raison d'une délégation d'autorité parentale à un tiers.

Dans toutes ces situations, le parent qui n'exerce pas l'autorité parentale conserve les autres droits et devoirs attachés à l'autorité parentale. Il a le droit et le devoir de surveiller l'entretien et l'éducation de l'enfant et il peut demander au Jaf de lui accorder un droit de visite.

 Ă€ noter

Le non-exercice de l'autorité parentale est différent du retrait total de l'autorité parentale. Un retrait de l'autorité parentale entraßne la perte de tous les droits parentaux et donc la perte du droit de visite.

Le Jaf prend sa dĂ©cision en tenant compte de l’intĂ©rĂȘt de l’enfant. Il accorde le droit de visite conformĂ©ment aux besoins de l'enfant d'avoir des liens effectifs et continus avec ses parents.

Le Jaf peut refuser le droit de visite pour le bien-ĂȘtre et la sĂ©curitĂ© de l'enfant. Le refus n'intervient que pour des motifs graves (dĂ©sintĂ©rĂȘt envers l'enfant, violences, mise en danger de l'enfant...).

Le Jaf fixe les modalitĂ©s d’exercice du droit de visite en tenant compte de l'intĂ©rĂȘt de l’enfant. Il doit fixer la pĂ©riodicitĂ© et la durĂ©e de la mesure et du droit de visite (par exemple, 2 heures toutes les semaines, 1 heure par mois pendant 12 mois).

Le Jaf peut dĂ©cider que le droit de visite s’exercera :

  • dans un lieu neutre extĂ©rieur au domicile des parents (par exemple, dans un parc)
  • et/ou en prĂ©sence d’une personne digne de confiance (grand parent, ami...)

Le Jaf peut aussi dĂ©cider que les visites se dĂ©rouleront dans un espace de rencontre dĂ©signĂ© Ă  cet effet. On parle alors de droit de visite mĂ©diatisĂ©. Ce type de droit de visite est mis en place, par exemple, lorsqu'un parent n'a pas de domicile fixe ou quand il a disparu de la vie de l’enfant depuis longtemps.

  À savoir

Le parent qui exerce seul l’autoritĂ© parentale doit respecter le droit de visite de l’autre parent. Sinon, il encourt des sanctions pĂ©nales (1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende).

Le droit de visite est suspendu automatiquement si le parent est poursuivi par le ministùre public ou mis en examen par un juge d’instruction pour un crime commis sur l’autre parent, sur son enfant ou pour une agression sexuelle incestueuse,

Il peut Ă©galement ĂȘtre suspendu si le parent est mis en examen pour violences intrafamiliales et soumis Ă  un contrĂŽle judiciaire lui interdisant d’entrer en contact avec l’enfant.

Le droit de visite peut ĂȘtre supprimĂ© par le Jaf pour des motifs graves :

  • Mise en danger physique ou psychologique de l’enfant (violences, alcoolisme, troubles psychologiques...)
  • DĂ©sintĂ©rĂȘt avĂ©rĂ© pour l’enfant (le parent n’exerce plus le droit de visite, ne donne plus de nouvelles...)
  • Prise de dĂ©cisions par le parent qui n’a plus l’exercice de l’autoritĂ© parentale sans concertation avec l’autre (

  À savoir

L’incarcĂ©ration d’un parent ne justifie pas la suppression du droit de visite. Il peut cesser si le droit de visite au parloir d’une prison a des consĂ©quences nĂ©gatives sur l’enfant.