AccĂšs directs

Consultation du solde de points de permis de conduire

Fiche pratique

Injure

Vérifié le 10/03/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Un individu qui profĂšre des insultes peut-il ĂȘtre pĂ©nalement sanctionné ? Oui, car il a commis une injure. Cette infraction est retenue qu’elle soit commise en public ou en privĂ©. Cependant, l’injure publique est plus sĂ©vĂšrement punie, car elle porte plus gravement atteinte Ă  la victime. Des moyens existent pour signaler ces agissements, faire en sorte que les responsables soient punis et veiller Ă  ce que la victime soit indemnisĂ©e. Voici les informations Ă  connaitre.

L'injure est une parole, un écrit ou une expression de la pensée adressé à une personne (ou à un groupe de personnes) dans l'intention de la blesser, de la mépriser ou de l'offenser.

 Ă€ noter

L’injure doit s’adresser Ă  une personne ou un groupe de personnes dĂ©terminĂ©.

Il ne faut pas confondre l'injure et la diffamation.

En effet, l'injure ne fait pas référence à un fait précis. En revanche, la diffamation est l'affirmation d'un fait précis qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération d'une personne.

Exemple

Le fait de traiter une personne de « voleuse » est une injure. En revanche, le fait d’accuser l’employĂ© d’un magasin d’avoir volĂ© dans la caisse de son entreprise constitue une diffamation.

Par ailleurs, il faut distinguer l'injure raciste ou discriminatoire et l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination.

L’intention de l'auteur de l'injure est de blesser la personne ou le groupe de personnes qu'il vise. En revanche, l’auteur de l’incitation a pour but de pousser plusieurs personnes Ă  avoir une rĂ©action malveillante et haineuse Ă  l’encontre d’autres individus ou groupes d'individus.

Exemple

Le fait de traiter un groupe de personnes de « parasites » en raison de leur pays de naissance est considĂ©rĂ©s comme une injure. En revanche, inciter des personnes Ă  s’en prendre un groupe d’individus en raison de leurs origines est une incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination.

Qu’est-ce que l’injure non publique ?

On parle d’injure non publique lorsque l’injure est profĂ©rĂ©e dans un lieu privĂ© et que seul un cercle restreint de personnes peut l’entendre ou y avoir accĂšs.

Par exemple, il peut s’agir de propos tenus lors d’un dĂźner au domicile de la victime, de messages envoyĂ©s Ă  un groupe d’amis, de vidĂ©os publiĂ©es sur un compte privĂ© (fermĂ© au public) d’un rĂ©seau social de la victime.

Qu’est-ce que l’injure publique ?

L'injure publique est commise dans un lieu public ou dans une rĂ©union publique, par l’un des moyens suivants :

  • Discours, cris ou menaces
  • Écrits, imprimĂ©s, dessins, gravures, peintures, emblĂšmes, images
  • Tout autre support de l'Ă©crit, de la parole ou de l'image
  • Placards ou affiches
  • Publication par un moyen de communication en ligne accessible au public.

Exemple

Si une vidĂ©o injurieuse est diffusĂ©e sur un compte de rĂ©seau social accessible Ă  tous, il s’agit d’une injure publique.

Il en est de mĂȘme lorsque des propos injurieux sont tenus lors d’un dĂ©bat public ou que des Ă©crits sont publiĂ©s dans un journal.

Peut-on signaler un contenu injurieux Ă  l’hĂ©bergeur d’un site internet ?

Lorsqu’un contenu injurieux est publiĂ© sur internet, toute personne (majeure ou mineure) peut faire un signalement Ă  l’hĂ©bergeur du site ou de la plateforme concernĂ©.

À la suite du signalement, l’hĂ©bergeur doit vĂ©rifier que le contenu signalĂ© est illicite.

Si tel est le cas, il doit immédiatement :

  • PrĂ©venir les autoritĂ©s compĂ©tentes (exemple : le procureur de la RĂ©publique)
  • Et retirer ou bloquer l'accĂšs au contenu illĂ©gal.

  À savoir

Si un contenu illicite a Ă©tĂ© signalĂ© Ă  l’hĂ©bergeur et qu’il ne l’a pas supprimĂ©, l’auteur du signalement peut appel Ă  un organisme de rĂšglement des litiges. Cet organisme fera des propositions dans le but de trouver un accord amiable avec l’hĂ©bergeur. Cette dĂ©marche est payante : le prix varie en fonction de l’organisme que vous saisissez.

Peut-on signaler un contenu injurieux aux forces de l’ordre ?

Il est possible de signaler une injure aux forces de l’ordre. Toutefois, le signalement ne peut pas ĂȘtre effectuĂ© par le biais de PHAROS.

Pour signaler une injure, la victime ou le témoin doit directement contacter un service de police ou de gendarmerie.

La victime peut dĂ©poser plainte contre l’auteur de l’injure ou faire une citation directe.

Si elle ne connait pas l’auteur des faits, la victime peut dĂ©poser plainte contre X (en revanche, elle ne peut pas faire de citation directe).

 Ă€ noter

Lorsque les faits ont Ă©tĂ© commis sur internet, la victime peut Ă©galement porter plainte contre l’hĂ©bergeur qui n’a pas rempli ses obligations : supprimer le contenu injurieux et prĂ©venir les autoritĂ©s compĂ©tentes.

La citation directe permet d’éviter une enquĂȘte qui pourrait ĂȘtre longue. Toutefois, la rĂ©daction d’une citation directe rĂ©pond Ă  des rĂšgles trĂšs strictes. Il est donc fortement conseillĂ© Ă  la victime de faire appel Ă  un avocat.

 Attention :

Lorsque l’injure se trouve dans un fichier publiĂ© par un moyen de communication en ligne, le directeur de publication du site ou de la plateforme concernĂ© est considĂ©rĂ© comme l’auteur de l’injure. C’est donc lui qui doit ĂȘtre visĂ© par la plainte ou par la citation directe.

  • La plainte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans un dĂ©lai de 3 mois suivant la commission des faits (1 an lorsque l'injure prĂ©sente un caractĂšre raciste ou discriminatoire).

    Pour dĂ©poser plainte, la victime peut se dĂ©placer directement au commissariat de police ou Ă  la brigade de gendarmerie de son choix. Elle a Ă©galement la possibilitĂ© d’adresser un courrier au procureur de la RĂ©publique du lieu oĂč les faits se sont produits.

    Lorsqu’elle dĂ©pose plainte, la victime peut se constituer partie civile dans le but d’obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

    • La victime peut se dĂ©placer au commissariat de police ou Ă  la brigade de gendarmerie de son choix.

       Ă€ noter

      Au moment du dĂ©pĂŽt de plainte, il est recommandĂ© de se munir de tous Ă©lĂ©ments qui dĂ©montrent l’infraction subie et qui permettent d’identifier l’auteur des faits (SMS, tĂ©moignages, photographies, vidĂ©os, etc.).

    • Pour dĂ©poser plainte auprĂšs du procureur de la RĂ©publique, la victime doit envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

      Le courrier doit préciser les éléments suivants :

      • État civil et coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
      • RĂ©cit dĂ©taillĂ© des faits, date et lieu de l'infraction
      • Nom de l'auteur supposĂ© si la victime le connaĂźt (sinon, la plainte sera dĂ©posĂ©e contre X)
      • Nom et adresse des Ă©ventuels tĂ©moins de l'infraction
      • Description et estimation provisoire ou dĂ©finitive du prĂ©judice
      • Documents de preuve : certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, captures d’écran, vidĂ©os, etc.

      Il est possible d’utiliser un modùle de courrier :

      ModĂšle de document
      Porter plainte auprÚs du procureur de la République

      AccĂ©der au modĂšle de document  

      Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

      La plainte peut ĂȘtre envoyĂ©e en lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (de prĂ©fĂ©rence), par lettre simple ou par lettre suivie.

      Elle peut aussi ĂȘtre directement dĂ©posĂ©e Ă  l'accueil du tribunal.

      Dans tous les cas, un récépissé est transmis à la victime dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte.

  • Si la victime connaĂźt l’auteur de l’injure et qu’il s’agit d’une personne physique majeure ou d’une personne morale, elle peut saisir directement le tribunal compĂ©tent par une citation directe.

    Elle dispose d’un dĂ©lai de 3 mois Ă  compter de la commission des faits (1 an lorsque l'injure prĂ©sente un caractĂšre raciste ou discriminatoire).

    Rappel

    Rappel

    Si les propos ont Ă©tĂ© diffusĂ©s sur un moyen de communication en ligne, la citation directe doit viser le directeur de la publication. Tout mĂ©diat et tout site internet professionnel doit indiquer l’identitĂ© du directeur de publication.

    Lorsqu’elle rĂ©dige une citation directe, la victime doit ĂȘtre trĂšs prĂ©cise. Elle doit notamment indiquer les Ă©lĂ©ments suivants :

    • IdentitĂ© et adresse du commissaire de justice qui dĂ©livrera la citation
    • IdentitĂ© et coordonnĂ©es de la personne visĂ©e par la citation
    • Propos, Ă©crits, vidĂ©os qui constituent une injure et type d’injure dont il s’agit (injure publique ou non publique). La victime doit retranscrire mot pour mot les propos injurieux ou mentionner les passages prĂ©cis qui relĂšvent de l’injure. Elle doit Ă©galement dĂ©montrer que les propos, Ă©crits, vidĂ©os entraĂźnent une infraction
    • Lieu et date de l’infraction
    • Textes de loi qui prĂ©voit l’infraction dont elle est victime
    • PrĂ©judice subi et montant de ce dommage.

    Elle doit Ă©galement apporter tous Ă©lĂ©ments permettant de prouver la culpabilitĂ© de l’auteur prĂ©sumĂ© des faits et le prĂ©judice subi.

    Une fois la citation directe rĂ©digĂ©e, la victime doit la transmettre, par lettre RAR, au tribunal compĂ©tent pour obtenir une date d’audience (tribunal correctionnel pour une injure publique / tribunal de police pour une injure non publique).

    OĂč s’adresser ?

    Puis, elle doit envoyer la citation directe et les piĂšces justificatives au commissaire de justice du domicile de l’auteur prĂ©sumĂ© de l’injure.

    Une fois que le commissaire de justice Ă  dĂ©livrer la citation directe au prĂ©venu, il remet un original de l’acte de citation Ă  la victime. Elle doit immĂ©diatement remettre ce document au greffe du tribunal saisi.

    Enfin, la victime doit payer une consignation dont le montant est fixé en fonction de ses revenus.

      À savoir

    Lorsqu’elle fait une citation directe, la victime est forcĂ©ment partie civile. Elle peut donc obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts en plus de la condamnation du prĂ©venu.

L’auteur d’une injure encourt une ou plusieurs sanctions pĂ©nales. Si la victime s’est constituĂ©e partie civile, l’auteur des faits peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  lui verser des dommages et intĂ©rĂȘts.

Rappel

Rappel

Lorsque l’injure se trouve dans un fichier publiĂ© par un moyen de communication en ligne, le directeur de publication du site ou de la plateforme concernĂ© est considĂ©rĂ© comme l’auteur de l’injure. C’est donc lui qui est condamnĂ©. La personne Ă  l’origine de l’injure est considĂ©rĂ©e comme le complice du directeur de publication.

Les peines applicables aux auteurs d’injures racistes ou discriminatoires sont plus Ă©levĂ©es que celles prĂ©vues pour les autres types d’injure. Par ailleurs, des sanctions spĂ©cifiques s’appliquent Ă  l’auteur d’une injure adressĂ©e Ă  une autoritĂ© publique (administration publique, juge, policier, jurĂ©, etc.).

Les peines applicables diffĂšrent en fonction du milieu dans lequel l’injure a Ă©tĂ© commise :

  • L'injure publique est punie d'une amende de 12 000 €.

    Le tribunal peut également décider que la condamnation sera affichée ou diffusée, aux frais de la personne condamnée.

     Attention :

    Lorsque l’injure est adressĂ©e Ă  un particulier (ou Ă  un groupe de particuliers), l’auteur prĂ©sumĂ© des faits peut invoquer l’excuse de provocation. Si cette excuse est retenue, le tribunal ne peut pas condamner l’auteur de l’injure mĂȘme si les faits sont Ă©tablis.

    En savoir plus sur l’excuse de provocation

  • L'injure non publique est punie d'une amende de 38 €.

     Attention :

    Lorsque l’injure est adressĂ©e Ă  un particulier (ou Ă  un groupe de particuliers), l’auteur prĂ©sumĂ© des faits peut invoquer l’excuse de provocation. Si cette excuse est retenue, le tribunal ne peut pas condamner l’auteur de l’injure mĂȘme si les faits sont Ă©tablis.

    En savoir plus sur l’excuse de provocation

L’auteur prĂ©sumĂ© d’une injure publique commise envers une autoritĂ© publique encourt une amende d’un montant de 12 000 € et un travail d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Le tribunal peut aussi décider que la condamnation sera affichée ou diffusée, aux frais de la personne condamnée.

Les peines applicables diffĂšrent en fonction du milieu dans lequel l’injure a Ă©tĂ© commise.

  • L’auteur d’une injure Ă  caractĂšre discriminatoire (injure raciale, portant sur le sexe, le handicap, etc.) encourt une peine d’1 an d’emprisonnement et de 45 000 € d'amende.

      À savoir

    Un dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique (exemple : policier) ou une personne chargĂ©e d’une mission de service public (exemple : chauffeur de bus) encourt une peine de 3 ans de prison et 75 000 € d’amende s’il a profĂ©rĂ© une injure raciste ou discriminatoire pendant l’exercice de sa fonction ou de ses missions.

    Le tribunal peut aussi décider que la condamnation sera affichée ou diffusée, aux frais de la personne condamnée.

  • L'injure non publique Ă  caractĂšre discriminatoire (injure portant sur l’orientation sexuelle, sur le handicap, etc.) est passible d'une amende de 1 500 €.

La victime qui s’est constituĂ©e partie civile (ou qui a fait une citation directe) peut obtenir une indemnisation de la part de la personne pĂ©nalement condamnĂ©e.

Si la victime ne souhaite pas saisir les juridictions pĂ©nales ou si elle n’est pas partie civile, elle peut Ă©galement faire une demande d’indemnisation auprĂšs des juridictions civiles.

  À savoir

Cette demande peut viser l’auteur de l’incitation, Ă©ventuellement le directeur de publication et l’hĂ©bergeur qui n’a pas rĂ©pondu Ă  ses obligations.

Les juridictions civiles ne peuvent pas condamner les responsables Ă  une sanction pĂ©nale. Par contre, elles peuvent leur ordonner d’indemniser la victime.