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Fiche pratique

Provocation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination

Vérifié le 10/03/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Vous ĂȘtes victime d'un Ă©crit ou d'un discours qui incite d'autres personnes Ă  avoir une rĂ©action haineuse ou violente ? Il s'agit d'une provocation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination. Si ces propos ou contenus sont tenus ou exposĂ©s en public, la provocation est publique. S'ils ont lieu dans un espace restreint ou privĂ©, la provocation est non publique. Des moyens existent pour signaler ces faits et veiller Ă  ce que les auteurs soient punis. Voici les informations Ă  connaĂźtre.

La provocation (ou incitation) publique à la haine, à la violence ou à la discrimination est un délit.

L'auteur des faits, par un Ă©crit, une image, une vidĂ©o, etc. pousse certaines personnes Ă  avoir une rĂ©action malveillante et haineuse Ă  l’encontre d’autres individus ou groupes d'individus en raison de caractĂ©ristiques telles que :

  • La nationalitĂ©
  • La religion
  • L'ethnie
  • Le sexe
  • L'orientation sexuelle
  • Le handicap.

L'incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination est constituée dÚs lors que l'auteur utilise l'un des moyens suivants :

  • Discours, cris ou menaces
  • Écrits, imprimĂ©s, dessins, gravures, peintures, emblĂšmes, images
  • Tout autre support de l'Ă©crit, de la parole ou de l'image
  • Placards ou affiches
  • Publication par un moyen de communication en ligne (internet).

La provocation est publique lorsque les propos ou contenus peuvent ĂȘtre vus, lus ou entendus par le public (par exemple, sur un rĂ©seau social).

 Attention :

L'incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination ne doit pas ĂȘtre confondue avec l'injure ou la diffamation.

Si vous ĂȘtes victime ou tĂ©moin d’une publication en ligne incitant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, vous pouvez faire un signalement aux forces de l’ordre. Vous pouvez Ă©galement signaler ce contenu Ă  l’hĂ©bergeur du site ou de la plateforme concernĂ©.

  À savoir

Il n’existe pas de dispositif de signalement lorsque l’incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination a Ă©tĂ© commise en dehors d’internet.

Comment signaler un contenu incitant à la haine aux forces de l'ordre ?

Si vous ĂȘtes victime ou tĂ©moin d'une publication sur internet incitant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, vous pouvez faire un signalement Ă  la police ou Ă  la gendarmerie depuis PHAROS. Cette plateforme est ouverte aux majeurs comme aux mineurs.

Service en ligne
Signaler un contenu internet illégal (internet-signalement : Pharos)

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé de l'intérieur

  À savoir

PHAROS ne traite pas les cas urgents. En cas d'urgence (exemple : infraction en cours), vous pouvez contacter la police ou la gendarmerie au 17, le Samu au 15 ou les pompiers au 18.

Si les Ă©quipes de PHAROS estiment que le contenu est illicite, le signalement est transmis aux autoritĂ©s compĂ©tentes (exemple : services d'enquĂȘte de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale). Une enquĂȘte peut ĂȘtre menĂ©e sous l'autoritĂ© du procureur de la RĂ©publique.

Par ailleurs, les policiers et gendarmes peuvent contacter l’hĂ©bergeur du site ou de la plateforme concernĂ© et lui demander de supprimer le contenu incitant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination.

Comment signaler un contenu incitant Ă  la haine Ă  l’hĂ©bergeur d’un site ?

Les hĂ©bergeurs doivent vous proposer des mĂ©canismes vous permettant de signaler un contenu illicite publiĂ© sur un site ou une plateforme en ligne, lorsqu’ils le considĂšrent comme illicite.Signaler un comportement abusif sur TikTok

Ces mĂ©canismes doivent ĂȘtre facilement accessibles : vous devez pouvoir Ă©mettre un signalement par voie Ă©lectronique.

 Ă€ noter

Il n’est pas obligatoire d’avoir tentĂ© de contacter l’auteur de l’infraction pour signaler un contenu illicite Ă  l’hĂ©bergeur internet. Vous pouvez directement signaler les faits Ă  l’hĂ©bergeur.

Les grandes plateformes en ligne (Twitter,Facebook,Instagram, Snapchat, TikTok, etc.) ont des systĂšmes de signalement Ă©laborĂ©s qui permettent d’expliquer la situation et de dĂ©noncer le contenu illicite de maniĂšre prĂ©cise.

Lorsqu’il s’agit de sites internet indĂ©pendants (exemple : le site internet d’une entreprise), la personne qui souhaite faire un signalement doit rechercher les coordonnĂ©es de l’hĂ©bergeur (exemple : adresse mail).

  À savoir

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les coordonnĂ©es de l’hĂ©bergeur se trouvent dans les mentions lĂ©gales du site internet.

Le signalement doit contenir les informations suivantes :

  • Vos informations d’identitĂ© et coordonnĂ©es
  • Contenu que vous estimez ĂȘtre illicite
  • Explication dĂ©taillĂ©e des raisons pour lesquelles vous estimez que la publication est illicite
  • Informations permettant d’identifier l’auteur de l’infraction (par exemple, l’adresse URL du site)
  • DĂ©claration confirmant que vous pensez rĂ©ellement que le contenu est illicite
  • Éventuelles dĂ©marches effectuĂ©es pour contacter l’auteur des faits.

À la suite du signalement, l’hĂ©bergeur doit vĂ©rifier que le contenu signalĂ© est illicite.

Si tel est le cas, il doit immédiatement prévenir les autorités compétentes (exemple : le procureur de la République) et retirer ou bloquer l'accÚs au contenu illégal.

  À savoir

Si vous avez signalĂ© un contenu illicite Ă  l’hĂ©bergeur et qu’il ne l’a pas supprimĂ©, vous pouvez faire appel Ă  un organisme de rĂšglement des litiges. Cet organisme fera des propositions pour que vous trouviez un accord amiable avec l’hĂ©bergeur. Cette dĂ©marche est payante : le prix varie en fonction de l’organisme que vous saisissez.

Si vous ĂȘtes victime d’une provocation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, vous pouvez engager la responsabilitĂ© pĂ©nale de l’auteur des faits en dĂ©posant plainte ou faisant une citation directe. Il est nĂ©cessaire que les faits vous aient directement causĂ© un prĂ©judice.

La citation directe permet d’éviter une enquĂȘte qui pourrait ĂȘtre longue. Toutefois, la rĂ©daction d’une citation directe rĂ©pond Ă  des rĂšgles trĂšs strictes. Il vous est donc fortement conseillĂ© de faire appel Ă  un avocat.

 Attention :

Lorsque le contenu incitant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination se trouve dans un fichier publiĂ© par un moyen de communication en ligne, le directeur de publication du site ou de la plateforme concernĂ© est considĂ©rĂ© comme l’auteur de l’infraction. C’est donc lui qui doit ĂȘtre visĂ© par la plainte ou par la citation directe.

Si vous ne connaissez pas l’auteur des faits, vous pouvez dĂ©poser plainte contre X (en revanche, il est impossible pas faire de citation directe). Par ailleurs, vous avez la possibilitĂ© d’engager la responsabilitĂ© pĂ©nale de l’hĂ©bergeur qui n’a pas rempli ses obligations.

  • La plainte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans un dĂ©lai de 3 mois suivant la commission des faits. Ce dĂ©lai est portĂ© Ă  1 an si la provocation avait pour but qu’une personne commette un meurtre, une agression physique ou sexuelle, un vol, la dĂ©gradation d’un bien, etc.

    La plainte peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans un commissariat de police ou dans une brigade de gendarmerie de votre choix. Vous avez Ă©galement la possibilitĂ© d’adresser un courrier au procureur de la RĂ©publique du lieu oĂč les faits se sont produits.

    • Vous pouvez vous dĂ©placer au commissariat de police ou Ă  la brigade de gendarmerie de votre choix.

       Attention :

      Au moment du dĂ©pĂŽt de plainte, il est recommandĂ© de se munir de tous Ă©lĂ©ments qui dĂ©montrent l’infraction subie et qui permettent d’identifier l’auteur des faits (SMS, capture d’écran, tĂ©moignages, photographies, vidĂ©os, etc.).

      Lors du dĂ©pĂŽt de plainte, vous pouvez vous constituer partie civile dans le but d’obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

       Ă€ noter

      Une association déclarée depuis plus de 5 ans et qui se propose de combattre le racisme ou d'assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale sur leur religion ou sur leur orientation sexuelle peut également se constituer partie civile à votre place, avec votre accord.

    • Pour dĂ©poser plainte auprĂšs du procureur de la RĂ©publique, vous devez envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

      Le courrier doit préciser les éléments suivants :

      • État civil et coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
      • RĂ©cit dĂ©taillĂ© des faits, date et lieu de l'infraction
      • Nom de l'auteur supposĂ© si vous le connaissez (sinon, vous dĂ©posez plainte contre X)
      • Nom et adresse des Ă©ventuels tĂ©moins de l'infraction
      • Description et estimation provisoire ou dĂ©finitive du prĂ©judice
      • Documents de preuve (certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, captures d’écran, vidĂ©os, etc.)

      Par ailleurs, vous pouvez mentionner que vous souhaitez vous constituer partie civile dans le but d’obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

       Ă€ noter

      Une association déclarée depuis plus de 5 ans et qui se propose de combattre le racisme ou d'assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale, sur leur religion ou sur leur orientation sexuelle peut également se constituer partie civile à votre place, avec votre accord.

      Il est possible d’utiliser un modùle de courrier :

      ModĂšle de document
      Porter plainte auprÚs du procureur de la République

      AccĂ©der au modĂšle de document  

      Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

      La plainte peut ĂȘtre envoyĂ©e en lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (de prĂ©fĂ©rence), par lettre simple ou par lettre suivie.

      Elle peut aussi ĂȘtre directement dĂ©posĂ©e Ă  l'accueil du tribunal.

      Dans tous les cas, un récépissé vous est transmis dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte.

  • Si vous connaissez l’auteur de la provocation et s’il s’agit d’une personne physique majeure ou d’une personne morale, vous pouvez directement saisir le tribunal compĂ©tent par une citation directe.

    Vous disposez d’un dĂ©lai de 3 mois Ă  compter de la commission des faits. Ce dĂ©lai est portĂ© Ă  1 an si la provocation avait pour but qu’une personne commette un meurtre, une agression physique ou sexuelle, un vol, la dĂ©gradation d’un bien, etc.

    Rappel

    Rappel

    Si les propos ont Ă©tĂ© diffusĂ©s sur un moyen de communication en ligne, la citation directe doit viser le directeur de la publication. Tout mĂ©diat et tout site internet professionnel doit indiquer l’identitĂ© du directeur de publication.

    Lorsque vous rĂ©digez la citation directe, vous devez ĂȘtre trĂšs prĂ©cis. Vous devez notamment indiquer les Ă©lĂ©ments suivants :

    • IdentitĂ© et adresse du commissaire de justice qui dĂ©livrera la citation
    • IdentitĂ© et coordonnĂ©es de la personne visĂ©e par la citation
    • Moyen par lequel la provocation a eu lieu et type d’incitation dont il s’agit (exemple : incitation publique Ă  la violence en raison de votre orientation sexuelle). Vous devez Ă©galement dĂ©montrer que les propos, Ă©crits, vidĂ©os, etc. incitent Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination
    • Lieu et date de l’infraction
    • Textes de loi qui prĂ©voit l’infraction
    • PrĂ©judice subi et montant de ce dommage.

    Vous avez aussi l’obligation d’apporter tous Ă©lĂ©ments permettant de prouver la culpabilitĂ© de l’auteur prĂ©sumĂ© des faits et le prĂ©judice subi.

    Une fois la citation directe rĂ©digĂ©e, vous devez la transmettre, par lettre RAR, au tribunal compĂ©tent pour obtenir une date d’audience (tribunal correctionnelpour une incitation publique/tribunal de police pour une incitation non publique).

    OĂč s’adresser ?

    Puis, vous devez envoyer la citation directe et les piĂšces justificatives au commissaire de justice du domicile de l’auteur prĂ©sumĂ© de l’infraction.

    Une fois que le commissaire de justice Ă  dĂ©livrer la citation directe au prĂ©venu, il vous remet un original de l’acte de citation. Vous devez immĂ©diatement remettre ce document au greffe du tribunal saisi.

    Enfin, vous devez payer une consignation dont le montant est fixé en fonction de vos revenus.

      À savoir

    Lorsque vous faites une citation directe, vous devenez partie civile. Vous pouvez donc obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts en plus de la condamnation du prĂ©venu.

L'auteur d'une incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination peut ĂȘtre jugĂ© et condamnĂ© Ă  une sanction pĂ©nale par le tribunal correctionnel. Il en est de mĂȘme de l'hĂ©bergeur qui n’a pas respectĂ© ses obligations.

  À savoir

Lorsque le contenu provocant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination se trouve dans un fichier publiĂ© par un moyen de communication en ligne, le directeur de publication du site ou de la plateforme concernĂ© est considĂ©rĂ© comme l’auteur de l’infraction. C’est donc lui qui est condamnĂ©. La personne ayant incitĂ© Ă  la haine est considĂ©rĂ©e comme le complice du directeur de publication.

  • L'auteur d'une provocation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination encourt des sanctions pĂ©nales qui diffĂšrent selon son statut : particulier, personne dĂ©positaire de l'autoritĂ© publique (exemple : un policier) ou chargĂ©e d'une mission de service public (exemple : un chauffeur de bus).

    • Les peines ne sont pas les mĂȘmes suivant le but recherchĂ© par l’auteur de la provocation :

      • Peine principale

        L'auteur d'une incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination encourt une peine de :

        • 1 an de prison
        • Et 45 000 € d'amende.

         Attention :

        S'il est prouvĂ© qu'un crime ou un dĂ©lit a eu lieu en raison d'une incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, l'auteur de la provocation est considĂ©rĂ© comme le complice du criminel ou du dĂ©linquant. Ainsi, l'incitateur et l'auteur du crime ou du dĂ©lit risquent les mĂȘmes peines.

        Peines complémentaires

        L’auteur des faits peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  des peines complĂ©mentaires.

        Par exemple, si l’infraction a Ă©tĂ© commise sur internet, il encourt une peine de bannissement des plateformes en ligne.

        Cette sanction consiste à le bannir de la plateforme en ligne à partir de laquelle il a commis l'infraction. DÚs qu'ils sont informés de cette condamnation, les fournisseurs d'accÚs au service en ligne concerné doivent bloquer les comptes de l'auteur des faits et veiller à ce qu'il ne puisse pas en créer de nouveaux.

        Ce bannissement est valable pour une durĂ©e maximale de 6 mois. Cette pĂ©riode peut ĂȘtre portĂ©e à un an en cas de rĂ©cidive.

      • Peine principale

        La peine encourue est plus sĂ©vĂšre lorsque la provocation a pour but de commettre certaines infractions telles que le meurtre, le viol, les violences, l’agression sexuelle, le vol, etc.

        Dans ces cas, l’auteur de l’incitation encourt une peine de :

        • 5 ans de prison
        • Et 45 000 € d’amende.

         Attention :

        S'il est prouvĂ© qu'un crime ou un dĂ©lit a eu lieu en raison d'une incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, l'auteur de la provocation est considĂ©rĂ© comme le complice du criminel ou du dĂ©linquant. Ainsi, l'incitateur et l'auteur du crime ou du dĂ©lit risquent les mĂȘmes peines.

        Peines complémentaires

        L’auteur des faits peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  des peines complĂ©mentaires.

        Par exemple, si l’infraction a Ă©tĂ© commise sur internet, il encourt une peine de bannissement des plateformes en ligne.

        Cette sanction consiste à le bannir de la plateforme en ligne à partir de laquelle il a commis l'infraction. DÚs qu'ils sont informés de cette condamnation, les fournisseurs d'accÚs au service en ligne concerné doivent bloquer les comptes de l'auteur des faits et veiller à ce qu'il ne puisse pas en créer de nouveaux.

        Ce bannissement est valable pour une durĂ©e maximale de 6 mois. Cette pĂ©riode peut ĂȘtre portĂ©e à un an en cas de rĂ©cidive.

    • Les peines ne sont pas les mĂȘmes suivant le but recherchĂ© par l’auteur de la provocation.

      • Peine principale

        L'auteur d'une incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination encourt une peine de :

        • 3 ans de prison
        • Et 75 000 € d'amende.

         Attention :

        S'il est prouvĂ© qu'un crime ou un dĂ©lit a eu lieu en raison d'une incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, l'auteur de la provocation est considĂ©rĂ© comme le complice du criminel ou du dĂ©linquant. Ainsi, l'incitateur et l'auteur du crime ou du dĂ©lit risquent les mĂȘmes peines.

        Peines complémentaires

        L’auteur des faits peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  des peines complĂ©mentaires.

        Par exemple, si l’infraction a Ă©tĂ© commise sur internet, il encourt une peine de bannissement des plateformes en ligne.

        Cette sanction consiste à le bannir de la plateforme en ligne à partir de laquelle il a commis l'infraction. DÚs qu'ils sont informés de cette condamnation, les fournisseurs d'accÚs au service en ligne concerné doivent bloquer les comptes de l'auteur des faits et veiller à ce qu'il ne puisse pas en créer de nouveaux.

        Ce bannissement est valable pour une durĂ©e maximale de 6 mois. Cette pĂ©riode peut ĂȘtre portĂ©e à un an en cas de rĂ©cidive.

      • Peine principale

        La peine encourue est plus sĂ©vĂšre lorsque la provocation a pour but de commettre certaines infractions telles que le meurtre, le viol, les violences, l’agression sexuelle, le vol, etc.

        Dans ces cas, l’auteur de l’incitation encourt une peine de :

        • 5 ans de prison
        • Et 45 000 € d’amende.

         Attention :

        S'il est prouvĂ© qu'un crime ou un dĂ©lit a eu lieu en raison d'une incitation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, l'auteur de la provocation est considĂ©rĂ© comme le complice du criminel ou du dĂ©linquant. Ainsi, l'incitateur et l'auteur du crime ou du dĂ©lit risquent les mĂȘmes peines.

        Peines complémentaires

        L’auteur des faits peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  des peines complĂ©mentaires.

        Par exemple, si l’infraction a Ă©tĂ© commise sur internet, il encourt une peine de bannissement des plateformes en ligne.

        Cette sanction consiste à le bannir de la plateforme en ligne à partir de laquelle il a commis l'infraction. DÚs qu'ils sont informés de cette condamnation, les fournisseurs d'accÚs au service en ligne concerné doivent bloquer les comptes de l'auteur des faits et veiller à ce qu'il ne puisse pas en créer de nouveaux.

        Ce bannissement est valable pour une durĂ©e maximale de 6 mois. Cette pĂ©riode peut ĂȘtre portĂ©e à un an en cas de rĂ©cidive.

  • Les peines encourues par l'hĂ©bergeur ne sont pas les mĂȘmes selon qu'il s'agit d'une personne physique ou d'une personne morale.

    • L'hĂ©bergeur qui s'abstient de retirer ou de bloquer l'accĂšs Ă  un contenu incitant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination encourt une peine de :

      • 1 an de prison
      • Et 250 000 € d'amende.
    • L'hĂ©bergeur qui s'abstient de retirer ou de bloquer l'accĂšs Ă  un contenu incitant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination encourt une peine d'amende qui ne peut pas dĂ©passer 6 % de son chiffre d’affaires mondial annuel au cours de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Si vous vous ĂȘtes constituĂ© partie civile (ou qu’une association l’a fait Ă  votre place), vous pouvez obtenir une indemnisation de la part de la personne condamnĂ©e.

Si vous ne souhaitez pas saisir les juridictions pĂ©nales ou vous constituer partie civile, vous avez la possibilitĂ© de faire une demande d’indemnisation auprĂšs des juridictions civiles.

  À savoir

Cette demande peut viser l’auteur de l’incitation, Ă©ventuellement le directeur de publication et l’hĂ©bergeur qui n’a pas rĂ©pondu Ă  ses obligations.

Si vous saisissez les juridictions civiles, aucune sanction pĂ©nale ne pourra ĂȘtre prononcĂ©e. En revanche, il pourra ĂȘtre ordonnĂ© Ă  la personne dont la responsabilitĂ© est engagĂ©e de vous verser des dommages et intĂ©rĂȘts.

La provocation (ou incitation) non publique Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination est une contravention.

L'auteur des faits, par un Ă©crit, une image, une vidĂ©o, etc. pousse certaines personnes Ă  avoir une rĂ©action malveillante et haineuse Ă  l’encontre d’un individu ou d’un groupe d’individus en raison de caractĂ©ristiques telles que :

  • La nationalitĂ©
  • La religion
  • L'ethnie
  • Le sexe
  • L'orientation sexuelle
  • Le handicap.

L'incitation à la haine est constituée notamment lorsque l'auteur utilise l'un des moyens suivants :

  • Discours
  • Menaces
  • Écrits, gravures, peintures
  • Images
  • VidĂ©os.

L'incitation est non publique lorsqu'elle a lieu au sein d’un cercle dĂ©terminĂ© et restreint (exemple : messages envoyĂ©s dans une conversation privĂ©e entre collĂšgues, propos tenus lors d'une rĂ©union de famille).

 Attention :

La provocation non publique Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination ne doit pas ĂȘtre confondue avec l'injure non publique.

Si vous ĂȘtes victime d’une provocation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination, vous pouvez engager la responsabilitĂ© pĂ©nale de l’auteur des faits en dĂ©posant plainte ou en faisant une citation directe. Il est nĂ©cessaire que les faits vous aient directement causĂ© un prĂ©judice.

La citation directe permet d’éviter une enquĂȘte qui pourrait ĂȘtre longue. Toutefois, la rĂ©daction d’une citation directe rĂ©pond Ă  des rĂšgles trĂšs strictes. Il vous est donc fortement conseillĂ© de faire appel Ă  un avocat.

 Attention :

Lorsque le contenu incitant Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination se trouve dans un fichier publiĂ© par un moyen de communication en ligne, le directeur de publication du site ou de la plateforme concernĂ© est considĂ©rĂ© comme l’auteur de l’infraction. C’est donc lui qui doit ĂȘtre visĂ© par la plainte ou par la citation directe.

Si vous ne connaissez pas l’auteur des faits, vous pouvez dĂ©poser plainte contre X (en revanche, il est impossible pas faire de citation directe).

  • La plainte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans un dĂ©lai de 3 mois suivant la commission des faits. Ce dĂ©lai est portĂ© Ă  1 an si la provocation avait pour but qu’une personne commette un meurtre, une agression physique ou sexuelle, un vol, la dĂ©gradation d’un bien, etc.

    La plainte peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans un commissariat de police ou dans une brigade de gendarmerie de votre choix. Vous avez Ă©galement la possibilitĂ© d’adresser un courrier au procureur de la RĂ©publique du lieu oĂč les faits se sont produits.

    • Vous pouvez vous dĂ©placer au commissariat de police ou Ă  la brigade de gendarmerie de votre choix.

       Attention :

      Au moment du dĂ©pĂŽt de plainte, il est recommandĂ© de se munir de tous Ă©lĂ©ments qui dĂ©montrent l’infraction subie et qui permettent d’identifier l’auteur des faits (SMS, capture d’écran, tĂ©moignages, photographies, vidĂ©os, etc.).

      Lors du dĂ©pĂŽt de plainte, vous pouvez vous constituer partie civile dans le but d’obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

       Ă€ noter

      Une association déclarée depuis plus de 5 ans et qui se propose de combattre le racisme ou d'assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale sur leur religion ou sur leur orientation sexuelle peut également se constituer partie civile à votre place, avec votre accord.

    • Pour dĂ©poser plainte auprĂšs du procureur de la RĂ©publique, vous devez envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

      Le courrier doit préciser les éléments suivants :

      • État civil et coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
      • RĂ©cit dĂ©taillĂ© des faits, date et lieu de l'infraction
      • Nom de l'auteur supposĂ© si vous le connaissez (sinon, vous dĂ©posez plainte contre X)
      • Nom et adresse des Ă©ventuels tĂ©moins de l'infraction
      • Description et estimation provisoire ou dĂ©finitive du prĂ©judice
      • Documents de preuve (certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, captures d’écran, vidĂ©os, etc.)

      Par ailleurs, vous pouvez mentionner que vous souhaitez vous constituer partie civile dans le but d’obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

       Ă€ noter

      Une association déclarée depuis plus de 5 ans et qui se propose de combattre le racisme ou d'assister les victimes de discrimination fondée sur leur origine nationale, ethnique, raciale, sur leur religion ou sur leur orientation sexuelle peut également se constituer partie civile à votre place, avec votre accord.

      Il est possible d’utiliser un modùle de courrier :

      ModĂšle de document
      Porter plainte auprÚs du procureur de la République

      AccĂ©der au modĂšle de document  

      Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

      La plainte peut ĂȘtre envoyĂ©e en lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (de prĂ©fĂ©rence), par lettre simple ou par lettre suivie.

      Elle peut aussi ĂȘtre directement dĂ©posĂ©e Ă  l'accueil du tribunal.

      Dans tous les cas, un récépissé vous est transmis dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte.

  • Si vous connaissez l’auteur de la provocation et s’il s’agit d’une personne physique majeure ou d’une personne morale, vous pouvez directement saisir le tribunal compĂ©tent par une citation directe.

    Vous disposez d’un dĂ©lai de 3 mois Ă  compter de la commission des faits. Ce dĂ©lai est portĂ© Ă  1 an si la provocation avait pour but qu’une personne commette un meurtre, une agression physique ou sexuelle, un vol, la dĂ©gradation d’un bien, etc.

    Rappel

    Rappel

    Si les propos ont Ă©tĂ© diffusĂ©s sur un moyen de communication en ligne, la citation directe doit viser le directeur de la publication. Tout mĂ©diat et tout site internet professionnel doit indiquer l’identitĂ© du directeur de publication.

    Lorsque vous rĂ©digez la citation directe, vous devez ĂȘtre trĂšs prĂ©cis. Vous devez notamment indiquer les Ă©lĂ©ments suivants :

    • IdentitĂ© et adresse du commissaire de justice qui dĂ©livrera la citation
    • IdentitĂ© et coordonnĂ©es de la personne visĂ©e par la citation
    • Moyen par lequel la provocation a eu lieu et type d’incitation dont il s’agit (exemple : incitation publique Ă  la violence en raison de votre orientation sexuelle). Vous devez Ă©galement dĂ©montrer que les propos, Ă©crits, vidĂ©os, etc. incitent Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination
    • Lieu et date de l’infraction
    • Textes de loi qui prĂ©voit l’infraction
    • PrĂ©judice subi et montant de ce dommage.

    Vous avez aussi l’obligation d’apporter tous Ă©lĂ©ments permettant de prouver la culpabilitĂ© de l’auteur prĂ©sumĂ© des faits et le prĂ©judice subi.

    Une fois la citation directe rĂ©digĂ©e, vous devez la transmettre, par lettre RAR, au tribunal compĂ©tent pour obtenir une date d’audience (tribunal correctionnelpour une incitation publique/tribunal de police pour une incitation non publique).

    OĂč s’adresser ?

    Puis, vous devez envoyer la citation directe et les piĂšces justificatives au commissaire de justice du domicile de l’auteur prĂ©sumĂ© de l’infraction.

    Une fois que le commissaire de justice Ă  dĂ©livrer la citation directe au prĂ©venu, il vous remet un original de l’acte de citation. Vous devez immĂ©diatement remettre ce document au greffe du tribunal saisi.

    Enfin, vous devez payer une consignation dont le montant est fixé en fonction de vos revenus.

      À savoir

    Lorsque vous faites une citation directe, vous devenez partie civile. Vous pouvez donc obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts en plus de la condamnation du prĂ©venu.

L'auteur d'une provocation Ă  la haine, Ă  la violence ou Ă  la discrimination peut ĂȘtre jugĂ© et condamnĂ© Ă  des sanctions pĂ©nales par le tribunal de police.

Il encourt une amende de 1 500 €. Elle peut ĂȘtre portĂ©e Ă  3 000 € en cas de rĂ©cidive.

Si vous vous ĂȘtes constituĂ© partie civile (ou qu’une association l’a fait Ă  votre place), vous pouvez obtenir une indemnisation de la part de la personne condamnĂ©e.

Si vous ne souhaitez pas saisir les juridictions pĂ©nales ou vous constituer partie civile, vous avez la possibilitĂ© de faire une demande d’indemnisation auprĂšs des juridictions civiles. Dans ce cas, aucune sanction pĂ©nale ne pourra ĂȘtre prononcĂ©e. En revanche, il pourra ĂȘtre ordonnĂ© Ă  la personne dont la responsabilitĂ© est engagĂ©e de vous verser des dommages et intĂ©rĂȘts.

Pour en savoir plus