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Fiche pratique

Apologie du terrorisme - Provocation au terrorisme

Vérifié le 07/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Sur internet ou dans la presse, si un contenu dĂ©fend le terrorisme ou incite Ă  commettre des actes terroristes, il peut s’agir de provocation ou d'apologie du terrorisme. Ces agissements constituent un dĂ©lit. Toute personne peut signaler ces faits et demander la suppression des contenus illicites. Si ces contenus lui portent directement atteinte, la victime peut aussi dĂ©poser plainte. Voici les Ă©tapes Ă  suivre.

Apologie du terrorisme

L'apologie du terrorisme consiste Ă  prĂ©senter ou commenter favorablement sur le terrorisme en gĂ©nĂ©ral ou sur des actes terroristes (par exemple : une personne qui porte un tee-shirt affichant l'inscription « nĂ© le 11 septembre, je suis une bombe » peut ĂȘtre condamnĂ©e pour apologie du terrorisme).

Le fait de soutenir l'auteur d'un acte terroriste revient Ă  faire l'apologie du terrorisme. Il en est de mĂȘme lorsqu'une personne manifeste une Ă©gale considĂ©ration pour les victimes et les auteurs d'actes terroristes.

Cette infraction est constituĂ©e lorsque les propos sont tenus publiquement : ils peuvent ĂȘtre entendus ou lus par un nombre indĂ©terminĂ© de personnes (propos tenus dans un lieu public, dans les mĂ©dias, sur les rĂ©seaux sociaux, etc.). L'auteur doit s'exprimer par l’un des moyens suivants :

  • Discours, cris ou menaces
  • Écrits, imprimĂ©s, dessins, gravures, peintures, emblĂšmes, images
  • Tout autre support de l'Ă©crit, de la parole ou de l'image
  • Placards ou affiches
  • Tout moyen de communication par voie Ă©lectronique.

Par exemple, une personne qui justifie ou glorifie la commission d'un attentat sur un rĂ©seau social peut ĂȘtre poursuivie pour apologie du terrorisme.

Provocation au terrorisme

La provocation au terrorisme est l'incitation directe Ă  commettre des actes de terrorisme.

L'auteur des faits (par ses propos, la diffusion d'images ou de vidéos, la publication d'écrits, etc.) appelle d'autres personnes à commettre un acte de terrorisme, peu importe que cette provocation soit suivie d'effet ou non.

Par ailleurs, il n'est pas nĂ©cessaire que l'incitation ait Ă©tĂ© commise devant un large public. Des propos prononcĂ©s lors d'une rĂ©union privĂ©e ou accessibles Ă  quelques amis sur un rĂ©seau social peuvent ĂȘtre sanctionnĂ©s.

Signalement aux forces de l’ordre

Toute personne (victime, témoin, majeur, mineur) peut signaler un site ou un contenu digital incitant à commettre un acte de terrorisme ou en faisant l'apologie.

À titre d'exemple, il est possible de signaler :

  • Un lien internet reçu par SMS dĂšs lors qu'il mĂšne Ă  un site Ă  caractĂšre terroriste
  • Une image publiĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux
  • Une vidĂ©o ou un message publiĂ© sur un blog, un forum ou un tchat

Ce signalement peut ĂȘtre effectuĂ© en ligne, depuis PHAROS. Cette plateforme est intĂ©grĂ©e Ă  l'Office anti-cybercriminalitĂ© (OFAC).

Service en ligne
Signaler un contenu internet illégal (internet-signalement : Pharos)

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé de l'intérieur

Ce signalement peut notamment permettre à l'Ofac de prendre les mesures nécessaires pour retirer ou bloquer l'accÚs au contenu à caractÚre terroriste.

 Attention :

PHAROS ne traite pas les cas urgents. En cas d'urgence (exemple : menace terroriste imminente), il faut contacter la police ou la gendarmerie au 17.

Signalement à l'hébergeur ou au responsable d'une plateforme en ligne

Les hĂ©bergeurs doivent proposer aux internautes des mĂ©canismes leur permettant de signaler un contenu publiĂ© sur un site ou une plateforme en ligne, lorsqu’ils le considĂšrent comme illicite.

Ces mĂ©canismes doivent ĂȘtre facilement accessibles Ă  toute personne qui souhaite signaler une donnĂ©e illĂ©gale. Elle doit pouvoir Ă©mettre un signalement par voie Ă©lectronique.

Les rĂ©seaux sociaux (Twitter, Facebook,Instagram, Snapchat, TikTok, etc.) ont des systĂšmes de signalement Ă©laborĂ©s qui permettent d’expliquer la situation et de dĂ©noncer le contenu illicite de maniĂšre prĂ©cise.

Lorsqu’il s’agit de sites internet indĂ©pendants (exemple : le site internet d’une entreprise), la personne qui souhaite faire un signalement doit rechercher les coordonnĂ©es de l’hĂ©bergeur (exemple : adresse mail).

  À savoir

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les coordonnĂ©es de l’hĂ©bergeur se trouvent dans les mentions lĂ©gales du site internet.

Le signalement doit contenir les informations suivantes :

  • Description du contenu illicite
  • Localisation du contenu (par exemple, l’adresse URL)
  • CoordonnĂ©es du signalant (nom, prĂ©nom, adresse mail, etc.)
  • DĂ©claration de bonne foi.

  À savoir

Il n’est pas obligatoire d’avoir tentĂ© de contacter l’auteur de l’infraction pour signaler un contenu illicite Ă  l’hĂ©bergeur internet. La victime ou le tĂ©moin peut directement signaler les faits Ă  l’hĂ©bergeur.

Si une personne signale un contenu comme Ă©tant illicite en Ă©tant conscient qu'il ne l'est pas, elle risque une peine d'un an de prison et de 15 000 € d'amende.

Retrait par les forces de l’ordre

Il existe 2 procĂ©dures complĂ©mentaires utilisĂ©es par les forces de l’ordre.

Retrait du contenu dans un dĂ©lai d’une heure

L'Ofac peut ordonner aux hĂ©bergeurs de retirer un contenu Ă  caractĂšre terroriste ou d'en bloquer l'accĂšs dans tous les États membres de l'Union europĂ©enne. On parle alors d'une injonction de retrait. Elle s’exerce sous le contrĂŽle de l’AutoritĂ© de rĂ©gulation de la communication audiovisuelle et numĂ©rique (Arcom).

L'hébergeur ou le fournisseur de contenus a une heure à compter de la réception de l'injonction de retrait pour retirer ou bloquer l'accÚs au contenu à caractÚre terroriste.

Ils peuvent néanmoins contester cette injonction devant le président du tribunal administratif.

Pour cela, ils disposent d'un délai de 48 heures :

  • À compter de la rĂ©ception de l'injonction de retrait, pour l'hĂ©bergeur
  • À compter du moment oĂč il est informĂ© de cette injonction, pour le fournisseur de contenus.

Le juge administratif peut maintenir l'injonction de retrait ou ordonner son annulation. Il doit rendre sa dĂ©cision dans un dĂ©lai de 72 heures Ă  compter du moment oĂč il est saisi.

Blocage du site contenant des données à caractÚre terroriste dans un délai de 24 heures

L'Ofac, qui est informée d'un cas de provocation ou d'apologie du terrorisme, peut demander à l'hébergeur ou à l'éditeur d'un service de communication en ligne (exemple : réseaux sociaux, site internet, forum, blog) de retirer le contenu illicite. Dans ce cas, la personne à laquelle la demande a été adressée dispose d'un délai de 24 heures pour retirer le contenu à caractÚre terroriste.

Ce délai court à compter de la demande de retrait adressée à l'hébergeur ou à l'éditeur de la page web.

Si le contenu n'a pas Ă©tĂ© retirĂ© dans les 24 heures, l'Ofac doit transmettre aux fournisseurs d'accĂšs internet (exemple : Orange, SFR, etc.), toutes les adresses internet (URL) des services de communication en ligne contenant des informations Ă  caractĂšre terroriste. Les fournisseurs doivent immĂ©diatement empĂȘcher l'accĂšs Ă  ces adresses.

Retrait par l’hĂ©bergeur du site internet

AprĂšs avoir reçu un signalement,l’hĂ©bergeur envoie un accusĂ© de rĂ©ception au signalant. Il l’informe de sa dĂ©cision concernant le contenu signalĂ©, dans les meilleurs dĂ©lais.

Si le contenu est illicite, l’hĂ©bergeur doit immĂ©diatement le retirer du site sur lequel elle apparaĂźt.

Si une publication ou un contenu Ă  caractĂšre terroriste porte directement atteinte Ă  une personne, elle peut porter plainte contre l’auteur des faits (ou contre X si elle ne connaĂźt pas son identitĂ©). Elle peut Ă©galement se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.

  À savoir

Si la victime a déjà déposé plainte, les associations réguliÚrement déclarées depuis plus de 5 ans et qui se proposent d'assister les victimes d'infraction peuvent se constituer partie civile dans le but de lui obtenir une indemnisation.

La victime a 6 ans Ă  compter de la publication du contenu Ă  caractĂšre terroriste pour porter plainte.

La plainte peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e auprĂšs de n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie. Elle sera transmise au Parquet national antiterroriste pour qu’il mĂšne une enquĂȘte.

DĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte, la victime peut faire appel Ă  un avocat qui l’assistera jusqu'Ă  l'Ă©ventuel jugement de l'auteur par le tribunal correctionnel.

 Ă€ noter

Si elle n’a pas les revenus suffisants pour rĂ©gler les honoraires de l’avocat, la victime peut Ă©ventuellement demander l’aide juridictionnelle.

Si la victime a dĂ©posĂ© plainte, l’auteur d’un acte d’apologie du terrorisme ou de provocation au terrorisme peut ĂȘtre jugĂ© et condamnĂ© par le tribunal correctionnel.

  À savoir

Les poursuites peuvent ĂȘtre initiĂ©es par le Parquet national antiterroriste, mĂȘme s’il n’y a pas eu de dĂ©pĂŽt de plainte prĂ©alable.

Les peines encourues diffĂšrent en fonction du contexte dans lequel l’infraction a Ă©tĂ© commise :

La personne qui incite à commettre des actes terroristes ou qui en fait l'apologie encourt une peine de :

  • 5 ans de prison
  • Et 75 000 € d'amende.

Lorsque l’apologie ou la provocation au terrorisme a Ă©tĂ© commise sur internet, l’auteur des faits encourt une peine de :

  • 7 ans de prison
  • Et 100 000 € d'amende.

Il risque également une peine complémentaire qui consiste à le bannir de la plateforme en ligne à partir de laquelle il a commis l'infraction.

DÚs qu'ils sont informés de cette condamnation, les fournisseurs d'accÚs au service en ligne concerné doivent bloquer les comptes de l'auteur des faits et veiller à ce qu'il ne puisse pas en créer de nouveaux.

Ce bannissement est valable pour une durĂ©e maximale de 6 mois. Cette pĂ©riode peut ĂȘtre portĂ©e Ă  un an en cas de rĂ©cidive.

 Ă€ noter

Les responsables de service de communication en ligne (hébergeur, éditeur internet, fournisseur d'accÚs internet, etc.) qui ne respectent pas leurs obligations (exemple : non-respect d'une injonction de retrait) peuvent également faire l'objet de poursuites initiées par le Parquet national antiterroriste. Ils encourent des peines d'amende et de prison.