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Fiche pratique

Discrimination au travail

Vérifié le 20/10/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Un employeur refuse d’embaucher un candidat en raison de ses origines ? Il s'agit d'une discrimination. Dans le cadre du travail, les dĂ©cisions doivent ĂȘtre fondĂ©es sur des critĂšres professionnels et non sur des motifs discriminatoires (le sexe, l'Ăąge, les opinions syndicales ou politiques, etc.). Tout travailleur et tout candidat Ă  un emploi, Ă  un stage ou Ă  une formation est protĂ©gĂ© contre les discriminations au travail. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

La discrimination au travail vise à traiter défavorablement une personne en se fondant sur un critÚre interdit par la loi (par exemple l'origine, l'ùge).

 Ă€ noter

Toute personne travaillant dans l'entreprise (salarié, supérieur hiérarchique, stagiaire, apprenti) est protégée contre les faits de discrimination.

CritĂšres de discrimination interdits

Il existe 25 critÚres de discrimination prohibés par la loi :

  • Origine
  • Sexe
  • Situation de famille
  • Grossesse
  • Apparence physique
  • VulnĂ©rabilitĂ© particuliĂšre liĂ©e Ă  la situation Ă©conomique
  • Nom
  • Lieu de rĂ©sidence
  • État de santĂ©
  • Perte d'autonomie
  • Handicap
  • CaractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques
  • MƓurs
  • Orientation sexuelle
  • IdentitĂ© de genre
  • Âge
  • Opinions politiques
  • ActivitĂ©s syndicales
  • QualitĂ© de lanceur d'alerte
  • QualitĂ© de facilitateur de lanceur d'alerte ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte
  • Langue parlĂ©e (capacitĂ© Ă  s'exprimer dans une langue autre que le français)
  • Ethnie
  • Nation
  • Race prĂ©tendue
  • Religion 

Circonstances

La discrimination au travail peut ĂȘtre commise Ă  diffĂ©rents moments de la carriĂšre d’une personne :

  • Recrutement (embauche)
  • Licenciement
  • Renouvellement d'un contrat
  • Mutation ou promotion Ă  un autre poste en interne
  • DĂ©termination du salaire et des autres modes de rĂ©munĂ©ration
  • Formation professionnelle
  • Reclassement
  • DĂ©termination des tĂąches confiĂ©es au salariĂ©
  • DĂ©termination des horaires de travail du salariĂ©.

Types de discrimination au travail

Au sein d’une entreprise, la discrimination peut prendre 2 formes :

  • Discrimination directe. Dans ce cas, l'auteur des faits prend volontairement une dĂ©cision en fonction d'un critĂšre discriminatoire interdit par la loi (exemple : l'employeur empĂȘche la progression professionnelle d'un salariĂ© Ă  la suite de sa participation Ă  un mouvement de grĂšve).
  • Discrimination indirecte. Dans cette hypothĂšse, l'auteur prend une dĂ©cision qui paraĂźt neutre mais qui, finalement, dĂ©savantage certaines personnes par rapport Ă  d'autres. Par exemple, un rĂšglement intĂ©rieur autorise uniquement les hommes Ă  rester dans l'entreprise aprĂšs 50 ans. Il y a donc une discrimination indirecte basĂ©e sur le sexe et sur l'Ăąge.

Dans certains cas, un motif précis peut justifier le refus d'une embauche ou toute différence de traitement professionnel.

Ainsi, les activitĂ©s suivantes peuvent ĂȘtre rĂ©servĂ©es Ă  une femme ou Ă  un homme :

  • Artistes devant interprĂ©ter un rĂŽle masculin ou fĂ©minin
  • Mannequins chargĂ©s de prĂ©senter des vĂȘtements et accessoires
  • ModĂšles masculins et fĂ©minins pour des photographies.

Pour des raisons de sĂ©curitĂ© et de protection de la santĂ©, l'accĂšs Ă  certains emplois peut ĂȘtre refusĂ© Ă  des travailleurs trop jeunes et/ou trop ĂągĂ©s. L'emploi de jeunes en dessous d'un certain Ăąge peut ĂȘtre interdit par la loi (par exemple, en cas de travail de nuit).

Il est Ă©galement possible de fixer un Ăąge maximum pour le recrutement. Cette discrimination doit ĂȘtre justifiĂ©e : elle doit s'appuyer sur la formation professionnelle requise pour le poste ou sur la nĂ©cessitĂ© d'une pĂ©riode d'emploi raisonnable avant la retraite.

Les différences de traitement fondées sur l'état de santé ou le handicap d'une personne sont justifiées si elles ont été constatées par un médecin et si elles sont nécessaires et appropriées.

D'autres diffĂ©rences de traitement peuvent ĂȘtre prĂ©vues par la loi. Par exemple :

 Ă€ noter

L’employeur a le droit de demander des Ă©lĂ©ments personnels lors d’un recrutement ou au cours de la carriĂšre professionnelle de l’un de ses salariĂ©s.

En savoir plus sur les Ă©lĂ©ments pouvant ĂȘtre demandĂ©s aux salariĂ©s et aux candidats

La victime d'une discrimination au travail doit réunir des preuves pour dénoncer les faits à son employeur et agir devant le conseil des prud'hommes (par exemple, si elle souhaite réintégrer l'entreprise) et/ou devant les juridictions pénales (par exemple, si elle veut que son employeur soit condamné).

  • Le travailleur qui souhaite agir devant le conseil des prud'hommes, doit rĂ©unir des Ă©lĂ©ments suggĂ©rant l'existence d'une discrimination. Il peut notamment s'agir des Ă©lĂ©ments suivants :

    • TĂ©moignages
    • Échanges Ă©crits avec l'auteur des faits (SMS, mails...)
    • RĂ©sultats d’un testing
    • Documents de travail (exemple : une Ă©valuation professionnelle, le tableau des tĂąches de l'Ă©quipe, un bulletin de paie attestant de la non-attribution de primes).

     Attention :

    Il est préférable que tous ces éléments soient datés.

    En revanche, c'est à l'employeur de prouver que la décision prise était justifiée par des éléments objectifs et étrangers à toute discrimination.

  • Le travailleur qui souhaite agir devant les juridictions pĂ©nales doit rĂ©unir des Ă©lĂ©ments prouvant l'existence d'une discrimination. Il peut notamment s'agir des Ă©lĂ©ments suivants :

    • TĂ©moignages
    • Échanges Ă©crits avec l'auteur des faits (SMS, mails...)
    • Testing
    • Documents de travail (exemple : une Ă©valuation professionnelle, le tableau des tĂąches de l'Ă©quipe, un bulletin de paie attestant de la non-attribution de primes).

     Attention :

    Il est préférable que tous ces éléments soient datés.

    L'employeur est présumé innocent. Il n'a donc pas à rapporter la preuve que sa décision était fondée sur des critÚres étrangers à toute discrimination.

La victime ou le témoin d'une discrimination au travail peut alerter la police ou la gendarmerie par messagerie instantanée. Ce chat permet de dialoguer avec un policier ou un gendarme formé pour ce type d'infraction.

À tout moment, l'historique de discussion pourra ĂȘtre effacĂ©.

Service en ligne
Signaler un cas de discrimination aux forces de l’ordre

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé de la justice

Le professionnel auquel le signalement est fait pourra accompagner la victime qui souhaite déposer plainte et l'orienter vers des spécialistes (associations d'aide aux victimes, psychologues, etc.).

Toute personne victime ou témoin d'un acte de discrimination peut dénoncer ces faits.

Les victimes et les tĂ©moins d'une discrimination ne peuvent pas ĂȘtre sanctionnĂ©s ou licenciĂ©s pour avoir dĂ©noncĂ© ou relatĂ© ces faits. Il y a une seule exception : en cas d'allĂ©gations mensongĂšres. Le tĂ©moin est protĂ©gĂ© mĂȘme si, finalement, la plainte de la victime Ă©tait infondĂ©e.

Une situation de discrimination peut ĂȘtre signalĂ©e de diffĂ©rentes maniĂšres :

  • À l’employeur s’il n’est pas l’auteur des faits
  • En saisissant l'Inspection du travail qui mĂšnera une enquĂȘte et qui pourra saisir les autoritĂ©s judiciaires si elle l'estime nĂ©cessaire
  • En saisissant les reprĂ©sentants du personnel. Dans les entreprises de moins de 11 salariĂ©s, la victime peut informer la Commission paritaire rĂ©gionale interprofessionnelle (CPRI).
  • En saisissant le comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) s'il existe dans l’entreprise. Le CSE dispose d’un droit d'alerte. Il peut donc saisir le conseil des prud'hommes de maniĂšre accĂ©lĂ©rĂ©e.
  • En informant les organisations syndicales reprĂ©sentatives existantes. Ces organisations pourront mener une action de groupe devant la justice.

  À savoir

Les lanceurs d'alerte d'une discrimination disposent d'une protection particuliĂšre.

La victime d'une discrimination au travail peut saisir gratuitement le Défenseur des droits.

Il est possible de contacter les juristes compétents par téléphone ou en ligne. Ces échanges sont confidentiels.

  • Le DĂ©fenseur des droits est joignable au 3928.

  • Il est possible de contacter les juristes du DĂ©fenseur des droits par messagerie instantanĂ©e (tchat).

    Service en ligne
    Saisir le DĂ©fenseur des droits d’un cas de discrimination par messagerie instantanĂ©e

    AccĂ©der au service en ligne  

    Défenseur des droits

    Un accÚs est prévu pour les personnes sourdes ou malentendantes.

    Service en ligne
    Signaler une discrimination au Défenseur des droits (dispositif spécifique pour les personnes sourdes ou malentendantes)

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    Défenseur des droits

Le fait de saisir le Défenseur des droit peut aboutir à 3 solutions :

  • Une mĂ©diation : dĂ©signĂ© par le DĂ©fenseur des droits, le mĂ©diateur entend les personnes concernĂ©es. La mĂ©diation ne peut pas excĂ©der 3 mois, renouvelable 1 fois.
  • Une transaction : le DĂ©fenseur des droits propose Ă  l'auteur des faits une ou plusieurs sanctions (versement d'une amende, indemnisation de la victime, publicitĂ© des faits). En cas d'accord, la transaction doit ĂȘtre validĂ©e par le procureur de la RĂ©publique.
  • Une action en justice : si le DĂ©fenseur des droits a connaissance de faits de nature Ă  constituer une infraction ou si l'auteur refuse la transaction, le DĂ©fenseur des droits saisit le procureur de la RĂ©publique.

  À savoir

La victime qui saisit le Défenseur des droits peut également déposer plainte dans un délai de 6 ans à compter des faits. Ainsi, le Défenseur des droits pourra intervenir devant les juridictions pénales pour présenter son analyse du dossier.

La victime d'une discrimination au travail peut obtenir la rĂ©paration de son prĂ©judice devant le conseil des prud'hommes. Elle peut notamment demander l’annulation de la dĂ©cision fondĂ©e sur un motif discriminatoire ou une indemnisation.

Par ailleurs, si plusieurs travailleurs ont Ă©tĂ© discriminĂ©s pour le mĂȘme motif par la mĂȘme personne, les organisations syndicales et certaines associations peuvent faire une action de groupe devant le tribunal judiciaire.

Un salarié peut saisir le conseil des prud'hommes pour régler tout conflit sur un cas de discrimination. Par exemple, un salarié licencié pour un motif discriminatoire pourra demander sa réintégration dans l'entreprise.

Un candidat à un emploi peut également saisir la juridiction prud'hommale pour contester son refus d'embauche.

Le délai pour saisir cette juridiction est de 5 ans à compter de la révélation de la discrimination.

Si la discrimination est retenue, le conseil des prud'hommes peut :

  • DĂ©clarer que le licenciement du salariĂ© est nul
  • RĂ©intĂ©grer le salariĂ© dans l'entreprise
  • Ordonner la poursuite du contrat de travail.

Si le salariĂ© ne souhaite pas rĂ©intĂ©grer l'entreprise ou poursuivre son contrat, l'employeur pourra ĂȘtre condamnĂ© Ă  lui verser une indemnitĂ© dont le montant sera supĂ©rieur Ă  6 mois de salaire.

OĂč s’adresser ?

Devant le conseil des prud'hommes, l'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire, mais reste conseillée. Si elle le souhaite, la victime peut donc faire appel à un avocat.

OĂč s’adresser ?

Une action de groupe peut ĂȘtre menĂ©e lorsque plusieurs candidats Ă  un emploi ou Ă  un stage ou plusieurs salariĂ©s ont fait l'objet d'une discrimination fondĂ©e sur un mĂȘme motif interdit par la loi (par exemple, l'employeur ne veut pas recruter diffĂ©rentes personnes en raison de leur couleur de peau).

Seule une organisation syndicale reprĂ©sentative ou une association agréée (et rĂ©guliĂšrement dĂ©clarĂ©e depuis au moins 5 ans) intervenant dans la lutte contre les discriminations ou Ɠuvrant dans le domaine du handicap peut intenter l'action de groupe.

Le tribunal judiciaire est saisi au nom et pour le compte des victimes de discrimination.

Avant de saisir le tribunal judiciaire, l'organisation syndicale ou l'association agréée doit demander à l'employeur de faire cesser la discrimination. Si l'employeur ne répond pas dans un délai de 6 mois ou s'il refuse de mettre fin à la discrimination, l'organisation syndicale ou l'association agréée pourra faire une action de groupe.

L'action de groupe permet :

  • La cessation par l'employeur d'un manquement Ă  ses obligations en matiĂšre de discrimination
  • L'engagement de la responsabilitĂ© de l'auteur de la discrimination afin que les victimes obtiennent des dommages et intĂ©rĂȘts.

La victime d'une discrimination peut engager la responsabilitĂ© de l’auteur prĂ©sumĂ© des faits en dĂ©posant plainte contre lui.

Si l'auteur prĂ©sumĂ© est reconnu coupable, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă  une peine de prison et/ou d'amende.

 Ă€ noter

La justice pénale ne sanctionne pas les discriminations fondées sur le droit de grÚve.

Comment dĂ©poser plainte contre l’auteur de la discrimination ?

La victime d'une discrimination peut déposer plainte auprÚs du commissariat de police ou de la brigade de gendarmerie de son choix.

Le dĂ©lai pour porter plainte est de 6 ans Ă  compter du dernier jour oĂč l'infraction a Ă©tĂ© commise.

  À savoir

Lors de la plainte, la victime peut se constituer partie civile. Ce statut lui permettra de suivre l’avancement de l’affaire et de demander une indemnisation.

Si elle le souhaite, elle peut demander l'assistance d'un avocat. L'avocat pourra ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte jusqu'au procĂšs devant le tribunal correctionnel.

OĂč s’adresser ?

  À savoir

Si les revenus de la victime ne sont pas suffisants pour rĂ©gler l’avocat, elle peut faire une demande d’aide juridictionnelle.

Comment se passe la condamnation de l’auteur de la discrimination ?

À l'issue de l'enquĂȘte, l'auteur des faits peut ĂȘtre jugĂ© et condamnĂ© par le tribunal correctionnel. Les personnes physiques et les personnes morales encourent des peines diffĂ©rentes.

  • S'il estime qu'une discrimination existe, le tribunal correctionnel peut sanctionner l'auteur des faits.

    Toute discrimination est punie lorsqu'elle consiste à :

    • Refuser d'embaucher, Ă  sanctionner ou Ă  licencier une personne
    • Conditionner une offre d'emploi, une demande de stage ou une pĂ©riode de formation Ă  un motif discriminatoire interdit par la loi
    • Refuser un Ă©tudiant ou un Ă©lĂšve inscrit dans un Ă©tablissement d'enseignement technique.

    Si l'auteur des faits est une personne physique, il encourt une peine de :

    • 3 ans de prison
    • Et 45 000 € d'amende.

    En dehors de ces cas, les juridictions pénales sanctionnent toute mesure (refus de promotion professionnelle, reclassement, mutation etc.) prise en raison du sexe ou de l'opinion syndicale du travailleur.

    Ainsi, la personne qui prend une mesure qui contrevient Ă  l'Ă©galitĂ© professionnelle entre les hommes et les femmes encourt une peine d'un an de prison et de 3 750 € d'amende.

    Par ailleurs, la personne qui prend une mesure fondĂ©e sur les opinions syndicales d'un travailleur encourt une peine de 3 750 € d'amende.

     Ă€ noter

    Si la victime s’est constituĂ©e partie civile, la juridiction pĂ©nale peut Ă©galement condamner l’auteur des faits Ă  l’indemniser.

  • S'il estime qu'une discrimination existe, le tribunal correctionnel peut sanctionner l'auteur des faits.

    Toute discrimination est punie lorsqu'elle consiste à :

    • Refuser d'embaucher, Ă  sanctionner ou Ă  licencier une personne
    • Conditionner une offre d'emploi, une demande de stage ou une pĂ©riode de formation Ă  un motif discriminatoire interdit par la loi
    • Refuser un Ă©tudiant ou un Ă©lĂšve inscrit dans un Ă©tablissement d'enseignement technique

    Si l'auteur des faits est une personne morale, il encourt une amende Ă©gale Ă  225 000 €.

    Il encourt également des peines complémentaires, notamment la publication de la décision de justice dans la presse écrite.

La discrimination au travail vise à traiter défavorablement une personne en se fondant sur un critÚre interdit par la loi (par exemple l'origine, l'ùge).

Principe de non-discrimination dans la fonction publique

Un agent public ne doit faire l'objet d'aucune discrimination, notamment de la part de sa hiérarchie.

Toute distinction ou différence de traitement est interdite si elle est fondée sur l'un des critÚres suivants :

  • Origine
  • Sexe
  • Situation de famille
  • Grossesse
  • Apparence physique
  • VulnĂ©rabilitĂ© particuliĂšre liĂ©e Ă  la situation Ă©conomique
  • Nom
  • Lieu de rĂ©sidence
  • État de santĂ©
  • Perte d'autonomie
  • Handicap
  • CaractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques
  • MƓurs
  • Orientation sexuelle
  • IdentitĂ© de genre
  • Âge
  • Opinions politiques
  • ActivitĂ©s syndicales
  • QualitĂ© de lanceur d'alerte
  • QualitĂ© de facilitateur de lanceur d'alerte ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte
  • Langue parlĂ©e (capacitĂ© Ă  s'exprimer dans une langue autre que le français)
  • Ethnie
  • Nation
  • Race prĂ©tendue
  • Religion 

Le principe de non-discrimination s'applique dĂšs la phase de recrutement du candidat Ă  un poste d'agent public. Il est valable durant toute la carriĂšre professionnelle de l'agent, qu'il soit fonctionnaire ou contractuel.

 Ă€ noter

Les agents publics ne peuvent pas ĂȘtre discriminĂ©es en raison de leurs opinions politiques ou de leurs croyances religieuses. NĂ©anmoins, en raison du principe de neutralitĂ© qui s'applique Ă  tout agent de la fonction publique, les dĂ©cisions de l'agent doivent uniquement ĂȘtre prises selon l'intĂ©rĂȘt du service public et non en fonction de ses convictions politiques ou religieuses.

Types de discrimination au travail

2 formes de discrimination sont interdites au sein de la fonction publique :

  • La discrimination directe. Dans ce cas, l'auteur des faits a conscience qu'il prend une dĂ©cision en fonction d'un critĂšre discriminatoire interdit par la loi (exemple : une offre d'emploi indique que les femmes ayant des enfants ne peuvent pas postuler).
  • La discrimination indirecte. Dans cette hypothĂšse, l'auteur prend une dĂ©cision qui créé un dĂ©savantage pour des personnes par rapport Ă  d'autres, alors que cette mesure semblait neutre. Par exemple, un rĂšglement intĂ©rieur autorise uniquement les hommes Ă  rester dans l'Ă©tablissement aprĂšs 50 ans. Il y a donc une discrimination indirecte basĂ©e sur le sexe et sur l'Ăąge.

Dans certaines circonstances, l’administration employeuse a le droit de fonder sa dĂ©cision sur un motif discriminatoire ou de faire une diffĂ©rence de traitement professionnelle.

Un cas de discrimination peut-il ĂȘtre fondĂ© sur la citoyenneté ?

Le recrutement dans le secteur public est limité :

Les discriminations fondées sur l'ùge, le sexe ou l'état de santé sont-elles admises ?

Dans certains cas prĂ©cis, des distinctions fondĂ©es sur le sexe, l'Ăąge ou l'Ă©tat de santĂ© peuvent ĂȘtre faites par l'administration.

Exceptionnellement, des recrutements distincts pour les femmes ou les hommes peuvent ĂȘtre prĂ©vus lorsque l'appartenance Ă  l'un ou Ă  l'autre sexe constitue une condition dĂ©terminante de l'exercice des fonctions.

Par exemple, lors de la constitution d'un jury de concours ou d'examen ou lors de la désignation des représentants du personnels aux instances représentatives (par exemple CAP), l'administration doit respecter la parité.

Par ailleurs, des conditions d'Ăąge peuvent ĂȘtre fixĂ©es pour le recrutement d'un agent relevant de la catĂ©gorie active (par exemple : en cas de recrutement dans la police).

Des conditions d'Ăąge peuvent aussi ĂȘtre fixĂ©es pour la carriĂšre d'un fonctionnaire, au nom de certaines exigences professionnelles, justifiĂ©es par l'expĂ©rience ou l'anciennetĂ©. Il en est ainsi des conditions d'Ăąge fixĂ©es pour l'accĂšs Ă  certains corps ou cadres d'emplois par promotion interne.

Des distinctions peuvent ĂȘtre faites entre les agents publics afin de tenir compte d'Ă©ventuelles inaptitudes physiques Ă  exercer certaines fonctions. Par exemple, un agent contractuel peut ĂȘtre licenciĂ© s'il est dĂ©clarĂ© inapte par le mĂ©decin du travail et que son reclassement semble impossible.

L'agent qui s'estime victime d'une discrimination doit réunir des éléments qui suggÚrent l'existence d'une discrimination. Il peut notamment s'agir des éléments suivants :

  • TĂ©moignages
  • Échanges Ă©crits avec l'auteur des faits (SMS, mails...)
  • RĂ©sultats de testing
  • Documents de travail (exemple : une Ă©valuation professionnelle, le tableau des tĂąches de l'Ă©quipe, un bulletin de paie attestant de la non attribution de primes).

Mais c'est à sa hiérarchie de prouver que la décision prise était justifiée par des éléments objectifs et étrangers à toute discrimination.

La victime ou le témoin d'une discrimination au travail peut alerter la police ou la gendarmerie par messagerie instantanée. Un chat permet de dialoguer avec un policier ou un gendarme formé pour ce type d'infraction.

À tout moment, l'historique de discussion pourra ĂȘtre effacĂ©.

Service en ligne
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MinistÚre chargé de la justice

Le professionnel auquel le signalement est fait pourra accompagner la victime qui souhaite déposer plainte et l'orienter vers des spécialistes (associations d'aide aux victimes, psychologues, etc.).

Toute personne, victime ou tĂ©moin d'un cas de discrimination, peut dĂ©noncer ces faits tout en restant protĂ©gĂ©. En effet, l’agent qui tĂ©moigne ou relate de faits de discrimination ne peut pas ĂȘtre sanctionnĂ©, sauf en cas d'allĂ©gations mensongĂšres.

Pour dénoncer une discrimination au travail, l'agent peut utiliser le dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcÚlement moral ou sexuel et des agissements sexistes dans la fonction publique.

Ce dispositif de signalement comporte 3 types de procĂ©dures mis en place par l’employeur :

  • Une procĂ©dure de recueil des signalements effectuĂ©s par les agents victimes ou tĂ©moins d'un harcĂšlement moral ou sexuel
  • Une procĂ©dure d'orientation des victimes vers les services et professionnels compĂ©tents chargĂ©s de leur accompagnement et de leur soutien
  • Une procĂ©dure d'orientation des victimes ou tĂ©moins de faits de harcĂšlement, de discrimination ou d'actes de violence vers les autoritĂ©s compĂ©tentes pour prendre toute mesure de protection appropriĂ©e et assurer le traitement des faits signalĂ©s. Ces autoritĂ©s rĂ©aliseront une enquĂȘte administrative.

L'administration employeuse fixe les moyens par lesquels il est possible d'adresser ce signalement Ă  l'autoritĂ© compĂ©tente. Elle prĂ©voit Ă©galement les informations et documents qui doivent ĂȘtre fournis Ă  l'appui du signalement.

Tout agent public est informé par l'autorité hiérarchique dont il dépend, de l'existence du dispositif de signalement, de son mode d'utilisation et des procédures qu'il prévoit.

Le dispositif garantit la stricte confidentialité des informations transmises par la victime ou le témoin lors du traitement du signalement.

La victime d'une discrimination au travail peut saisir gratuitement le Défenseur des droits.

Il est possible de contacter les juristes compétents par téléphone ou en ligne.

  • Le DĂ©fenseur des droits est joignable au 3928.

  • Il est possible de contacter les juristes du DĂ©fenseur des droits par messagerie instantanĂ©e (tchat).

    Service en ligne
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    Défenseur des droits

    Un accÚs est prévu pour les personnes sourdes ou malentendantes.

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    Défenseur des droits

Le fait de saisir le Défenseur des droit peut aboutir à 3 solutions :

  • Une mĂ©diation : dĂ©signĂ© par le DĂ©fenseur des droits, le mĂ©diateur entend les personnes concernĂ©es. La mĂ©diation ne peut pas excĂ©der 3 mois, renouvelable 1 fois.
  • Une transaction : le DĂ©fenseur des droits propose Ă  l'auteur des faits une ou plusieurs sanctions (versement d'une amende, indemnisation de la victime, publicitĂ© des faits). En cas d'accord, la transaction doit ĂȘtre validĂ©e par le procureur de la RĂ©publique.
  • Une action en justice : si le DĂ©fenseur des droits a connaissance de faits de nature Ă  constituer une infraction ou si l'auteur refuse la transaction, le DĂ©fenseur des droits saisit le procureur de la RĂ©publique.

  À savoir

La victime qui saisit le Défenseur des droits peut également déposer plainte dans un délai de 6 ans à compter des faits. Ainsi, le Défenseur des droits pourra intervenir devant les juridictions pénales pour présenter son analyse du dossier.

La victime d'une discrimination au travail peut dénoncer ces faits devant le tribunal administratif.

Par ailleurs, si plusieurs travailleurs ont Ă©tĂ© discriminĂ©es pour le mĂȘme motif, par la mĂȘme personne, certaines organisations syndicales reprĂ©sentatives et certaines associations peuvent faire une action de groupe devant le tribunal administratif.

L'agent victime d'une discrimination peut saisir le tribunal administratif du lieu oĂč siĂšge l'administration qui a pris la mesure discriminatoire.

La saisine du tribunal administratif se fait par requĂȘte remise au greffe, en main propre ou par courrier postal.

OĂč s’adresser ?

Le juge administratif peut condamner l'administration employeuse à indemniser le préjudice subi par la victime.

Devant le tribunal administratif, l'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire mais reste conseillée.

Si elle le souhaite, la victime peut donc faire appel Ă  un avocat.

OĂč s’adresser ?

Une action de groupe peut ĂȘtre menĂ©e lorsque plusieurs candidats Ă  un emploi ou Ă  un stage ou plusieurs agents ont fait l'objet d'une discrimination fondĂ©e sur un mĂȘme motif interdit par la loi (par exemple, l'employeur ne veut pas recruter diffĂ©rentes personnes en raison de leur couleur de peau).

Seule une association rĂ©guliĂšrement dĂ©clarĂ©e depuis au moins 5 ans intervenant dans la lutte contre les discriminations ou Ɠuvrant dans le domaine du handicap peut faire une action de groupe devant le tribunal administratif.

Cette action peut ĂȘtre engagĂ©e aprĂšs un dĂ©lai de 6 mois Ă  compter du jour oĂč il a Ă©tĂ© ordonnĂ© Ă  l'administration de faire cesser la discrimination.

L'action de groupe a pour but :

  • La cessation par l'employeur d'un manquement Ă  ses obligations en matiĂšre de discrimination
  • L'indemnisation des victimes de discrimination au travail.

 Ă€ noter

En cas de discrimination subie par les salariĂ©s d’un employeur public, une action de groupe ĂȘtre dĂ©posĂ©e par un syndicat de fonctionnaires ou de magistrats.

La victime d'une discrimination peut déposer plainte contre l'auteur des faits.

Si l'auteur prĂ©sumĂ© est reconnu coupable, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă  une peine de prison et/ou d'amende.

Déposer plainte

La victime d'une discrimination peut déposer plainte auprÚs du commissariat de police ou de la brigade de gendarmerie de son choix.

  À savoir

Lors de la plainte, la victime peut se constituer partie civile. Ce statut lui permettra de suivre l’avancement de l’affaire et de demander une indemnisation.

Si elle le souhaite, elle peut demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel assiste la victime dÚs le dépÎt de plainte jusqu'au procÚs de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.

OĂč s’adresser ?

  À savoir

Si la plainte est classée sans suite ou si la personne n'a pas de nouvelle des services de police, de gendarmerie ou du procureur de la République depuis plus de 3 mois suivant sa plainte, elle peut déposer une plainte avec constitution de partie civile.

Obtenir la condamnation de l'auteur des faits

Si l'auteur de la discrimination est reconnu coupable, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă  une peine allant jusqu’à 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende.

Si la victime s’est constituĂ©e partie civile, la juridiction pĂ©nale peut Ă©galement condamner l’auteur des faits Ă  l’indemniser.

Des rÚgles de non-discrimination sont prévues pour les salariés ou candidats du secteur privé. Au sein de la fonction publique, il existe également un principe de non-discrimination.

Pour en savoir plus