Fiche pratique
Discrimination au travail
Vérifié le 20/10/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Un employeur refuse dâembaucher un candidat en raison de ses origines ? Il s'agit d'une discrimination. Dans le cadre du travail, les dĂ©cisions doivent ĂȘtre fondĂ©es sur des critĂšres professionnels et non sur des motifs discriminatoires (le sexe, l'Ăąge, les opinions syndicales ou politiques, etc.). Tout travailleur et tout candidat Ă un emploi, Ă un stage ou Ă une formation est protĂ©gĂ© contre les discriminations au travail. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
- Secteur privé
- Secteur public
La discrimination au travail vise à traiter défavorablement une personne en se fondant sur un critÚre interdit par la loi (par exemple l'origine, l'ùge).
Ă noter
Toute personne travaillant dans l'entreprise (salarié, supérieur hiérarchique, stagiaire, apprenti) est protégée contre les faits de discrimination.
CritĂšres de discrimination interdits
Il existe 25 critÚres de discrimination prohibés par la loi :
- Origine
- Sexe
- Situation de famille
- Grossesse
- Apparence physique
- Vulnérabilité particuliÚre liée à la situation économique
- Nom
- Lieu de résidence
- Ătat de santĂ©
- Perte d'autonomie
- Handicap
- Caractéristiques génétiques
- MĆurs
- Orientation sexuelle
- Identité de genre
- Ăge
- Opinions politiques
- Activités syndicales
- Qualité de lanceur d'alerte
- Qualité de facilitateur de lanceur d'alerte ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte
- Langue parlée (capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français)
- Ethnie
- Nation
- Race prétendue
- ReligionÂ
Circonstances
La discrimination au travail peut ĂȘtre commise Ă diffĂ©rents moments de la carriĂšre dâune personne :
- Recrutement (embauche)
- Licenciement
- Renouvellement d'un contrat
- Mutation ou promotion Ă un autre poste en interne
- Détermination du salaire et des autres modes de rémunération
- Formation professionnelle
- Reclassement
- Détermination des tùches confiées au salarié
- Détermination des horaires de travail du salarié.
Types de discrimination au travail
Au sein dâune entreprise, la discrimination peut prendre 2 formes :
- Discrimination directe. Dans ce cas, l'auteur des faits prend volontairement une dĂ©cision en fonction d'un critĂšre discriminatoire interdit par la loi (exemple : l'employeur empĂȘche la progression professionnelle d'un salariĂ© Ă la suite de sa participation Ă un mouvement de grĂšve).
- Discrimination indirecte. Dans cette hypothÚse, l'auteur prend une décision qui paraßt neutre mais qui, finalement, désavantage certaines personnes par rapport à d'autres. Par exemple, un rÚglement intérieur autorise uniquement les hommes à rester dans l'entreprise aprÚs 50 ans. Il y a donc une discrimination indirecte basée sur le sexe et sur l'ùge.
Dans certains cas, un motif précis peut justifier le refus d'une embauche ou toute différence de traitement professionnel.
Ainsi, les activitĂ©s suivantes peuvent ĂȘtre rĂ©servĂ©es Ă une femme ou Ă un homme :
- Artistes devant interpréter un rÎle masculin ou féminin
- Mannequins chargĂ©s de prĂ©senter des vĂȘtements et accessoires
- ModÚles masculins et féminins pour des photographies.
Pour des raisons de sĂ©curitĂ© et de protection de la santĂ©, l'accĂšs Ă certains emplois peut ĂȘtre refusĂ© Ă des travailleurs trop jeunes et/ou trop ĂągĂ©s. L'emploi de jeunes en dessous d'un certain Ăąge peut ĂȘtre interdit par la loi (par exemple, en cas de travail de nuit).
Il est Ă©galement possible de fixer un Ăąge maximum pour le recrutement. Cette discrimination doit ĂȘtre justifiĂ©e : elle doit s'appuyer sur la formation professionnelle requise pour le poste ou sur la nĂ©cessitĂ© d'une pĂ©riode d'emploi raisonnable avant la retraite.
Les différences de traitement fondées sur l'état de santé ou le handicap d'une personne sont justifiées si elles ont été constatées par un médecin et si elles sont nécessaires et appropriées.
D'autres diffĂ©rences de traitement peuvent ĂȘtre prĂ©vues par la loi. Par exemple :
- Dispositifs en faveur de la formation des jeunes, comme un contrat de professionnalisation
- Contrats de travail aidés
- Dispositifs réservés aux personnes en situation de handicap.
Ă noter
Lâemployeur a le droit de demander des Ă©lĂ©ments personnels lors dâun recrutement ou au cours de la carriĂšre professionnelle de lâun de ses salariĂ©s.
En savoir plus sur les Ă©lĂ©ments pouvant ĂȘtre demandĂ©s aux salariĂ©s et aux candidats
La victime d'une discrimination au travail doit réunir des preuves pour dénoncer les faits à son employeur et agir devant le conseil des prud'hommes (par exemple, si elle souhaite réintégrer l'entreprise) et/ou devant les juridictions pénales (par exemple, si elle veut que son employeur soit condamné).
-
Le travailleur qui souhaite agir devant le conseil des prud'hommes, doit réunir des éléments suggérant l'existence d'une discrimination. Il peut notamment s'agir des éléments suivants :
- Témoignages
- Ăchanges Ă©crits avec l'auteur des faits (SMS, mails...)
- RĂ©sultats dâun testing
- Documents de travail (exemple : une évaluation professionnelle, le tableau des tùches de l'équipe, un bulletin de paie attestant de la non-attribution de primes).
Attention :
Il est préférable que tous ces éléments soient datés.
En revanche, c'est à l'employeur de prouver que la décision prise était justifiée par des éléments objectifs et étrangers à toute discrimination.
-
Le travailleur qui souhaite agir devant les juridictions pénales doit réunir des éléments prouvant l'existence d'une discrimination. Il peut notamment s'agir des éléments suivants :
- Témoignages
- Ăchanges Ă©crits avec l'auteur des faits (SMS, mails...)
- Testing
- Documents de travail (exemple : une évaluation professionnelle, le tableau des tùches de l'équipe, un bulletin de paie attestant de la non-attribution de primes).
Attention :
Il est préférable que tous ces éléments soient datés.
L'employeur est présumé innocent. Il n'a donc pas à rapporter la preuve que sa décision était fondée sur des critÚres étrangers à toute discrimination.
La victime ou le témoin d'une discrimination au travail peut alerter la police ou la gendarmerie par messagerie instantanée. Ce chat permet de dialoguer avec un policier ou un gendarme formé pour ce type d'infraction.
Ă tout moment, l'historique de discussion pourra ĂȘtre effacĂ©.
Service en ligne
Signaler un cas de discrimination aux forces de lâordre
MinistÚre chargé de la justice
Le professionnel auquel le signalement est fait pourra accompagner la victime qui souhaite déposer plainte et l'orienter vers des spécialistes (associations d'aide aux victimes, psychologues, etc.).
Toute personne victime ou témoin d'un acte de discrimination peut dénoncer ces faits.
Les victimes et les tĂ©moins d'une discrimination ne peuvent pas ĂȘtre sanctionnĂ©s ou licenciĂ©s pour avoir dĂ©noncĂ© ou relatĂ© ces faits. Il y a une seule exception : en cas d'allĂ©gations mensongĂšres. Le tĂ©moin est protĂ©gĂ© mĂȘme si, finalement, la plainte de la victime Ă©tait infondĂ©e.
Une situation de discrimination peut ĂȘtre signalĂ©e de diffĂ©rentes maniĂšres :
- Ă lâemployeur sâil nâest pas lâauteur des faits
- En saisissant l'Inspection du travail qui mĂšnera une enquĂȘte et qui pourra saisir les autoritĂ©s judiciaires si elle l'estime nĂ©cessaire
- En saisissant les représentants du personnel. Dans les entreprises de moins de 11 salariés, la victime peut informer la Commission paritaire régionale interprofessionnelle (CPRI).
- En saisissant le comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) s'il existe dans lâentreprise. Le CSE dispose dâun droit d'alerte. Il peut donc saisir le conseil des prud'hommes de maniĂšre accĂ©lĂ©rĂ©e.
- En informant les organisations syndicales représentatives existantes. Ces organisations pourront mener une action de groupe devant la justice.
Ă savoir
Les lanceurs d'alerte d'une discrimination disposent d'une protection particuliĂšre.
La victime d'une discrimination au travail peut saisir gratuitement le Défenseur des droits.
Il est possible de contacter les juristes compétents par téléphone ou en ligne. Ces échanges sont confidentiels.
-
Le Défenseur des droits est joignable au 3928.
OĂč sâadresser ?
-
Il est possible de contacter les juristes du Défenseur des droits par messagerie instantanée (tchat).
Service en ligne
Saisir le DĂ©fenseur des droits dâun cas de discrimination par messagerie instantanĂ©eDĂ©fenseur des droits
Un accÚs est prévu pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Service en ligne
Signaler une discrimination au Défenseur des droits (dispositif spécifique pour les personnes sourdes ou malentendantes)Défenseur des droits
Le fait de saisir le Défenseur des droit peut aboutir à 3 solutions :
- Une médiation : désigné par le Défenseur des droits, le médiateur entend les personnes concernées. La médiation ne peut pas excéder 3 mois, renouvelable 1 fois.
- Une transaction : le DĂ©fenseur des droits propose Ă l'auteur des faits une ou plusieurs sanctions (versement d'une amende, indemnisation de la victime, publicitĂ© des faits). En cas d'accord, la transaction doit ĂȘtre validĂ©e par le procureur de la RĂ©publique.
- Une action en justice : si le Défenseur des droits a connaissance de faits de nature à constituer une infraction ou si l'auteur refuse la transaction, le Défenseur des droits saisit le procureur de la République.
Ă savoir
La victime qui saisit le Défenseur des droits peut également déposer plainte dans un délai de 6 ans à compter des faits. Ainsi, le Défenseur des droits pourra intervenir devant les juridictions pénales pour présenter son analyse du dossier.
La victime d'une discrimination au travail peut obtenir la rĂ©paration de son prĂ©judice devant le conseil des prud'hommes. Elle peut notamment demander lâannulation de la dĂ©cision fondĂ©e sur un motif discriminatoire ou une indemnisation.
Par ailleurs, si plusieurs travailleurs ont Ă©tĂ© discriminĂ©s pour le mĂȘme motif par la mĂȘme personne, les organisations syndicales et certaines associations peuvent faire une action de groupe devant le tribunal judiciaire.
- Action de la victime
- Action de groupe
Un salarié peut saisir le conseil des prud'hommes pour régler tout conflit sur un cas de discrimination. Par exemple, un salarié licencié pour un motif discriminatoire pourra demander sa réintégration dans l'entreprise.
Un candidat à un emploi peut également saisir la juridiction prud'hommale pour contester son refus d'embauche.
Le délai pour saisir cette juridiction est de 5 ans à compter de la révélation de la discrimination.
Si la discrimination est retenue, le conseil des prud'hommes peut :
- Déclarer que le licenciement du salarié est nul
- Réintégrer le salarié dans l'entreprise
- Ordonner la poursuite du contrat de travail.
Si le salariĂ© ne souhaite pas rĂ©intĂ©grer l'entreprise ou poursuivre son contrat, l'employeur pourra ĂȘtre condamnĂ© Ă lui verser une indemnitĂ© dont le montant sera supĂ©rieur Ă 6 mois de salaire.
OĂč sâadresser ?
Devant le conseil des prud'hommes, l'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire, mais reste conseillée. Si elle le souhaite, la victime peut donc faire appel à un avocat.
OĂč sâadresser ?
Une action de groupe peut ĂȘtre menĂ©e lorsque plusieurs candidats Ă un emploi ou Ă un stage ou plusieurs salariĂ©s ont fait l'objet d'une discrimination fondĂ©e sur un mĂȘme motif interdit par la loi (par exemple, l'employeur ne veut pas recruter diffĂ©rentes personnes en raison de leur couleur de peau).
Seule une organisation syndicale reprĂ©sentative ou une association agréée (et rĂ©guliĂšrement dĂ©clarĂ©e depuis au moins 5 ans) intervenant dans la lutte contre les discriminations ou Ćuvrant dans le domaine du handicap peut intenter l'action de groupe.
Le tribunal judiciaire est saisi au nom et pour le compte des victimes de discrimination.
Avant de saisir le tribunal judiciaire, l'organisation syndicale ou l'association agréée doit demander à l'employeur de faire cesser la discrimination. Si l'employeur ne répond pas dans un délai de 6 mois ou s'il refuse de mettre fin à la discrimination, l'organisation syndicale ou l'association agréée pourra faire une action de groupe.
L'action de groupe permet :
- La cessation par l'employeur d'un manquement Ă ses obligations en matiĂšre de discrimination
- L'engagement de la responsabilitĂ© de l'auteur de la discrimination afin que les victimes obtiennent des dommages et intĂ©rĂȘts.
La victime d'une discrimination peut engager la responsabilitĂ© de lâauteur prĂ©sumĂ© des faits en dĂ©posant plainte contre lui.
Si l'auteur prĂ©sumĂ© est reconnu coupable, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă une peine de prison et/ou d'amende.
Ă noter
La justice pénale ne sanctionne pas les discriminations fondées sur le droit de grÚve.
Comment dĂ©poser plainte contre lâauteur de la discrimination ?
La victime d'une discrimination peut déposer plainte auprÚs du commissariat de police ou de la brigade de gendarmerie de son choix.
Le dĂ©lai pour porter plainte est de 6 ans Ă compter du dernier jour oĂč l'infraction a Ă©tĂ© commise.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
Lors de la plainte, la victime peut se constituer partie civile. Ce statut lui permettra de suivre lâavancement de lâaffaire et de demander une indemnisation.
Si elle le souhaite, elle peut demander l'assistance d'un avocat. L'avocat pourra ĂȘtre prĂ©sent dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte jusqu'au procĂšs devant le tribunal correctionnel.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
Si les revenus de la victime ne sont pas suffisants pour rĂ©gler lâavocat, elle peut faire une demande dâaide juridictionnelle.
Comment se passe la condamnation de lâauteur de la discrimination ?
Ă l'issue de l'enquĂȘte, l'auteur des faits peut ĂȘtre jugĂ© et condamnĂ© par le tribunal correctionnel. Les personnes physiques et les personnes morales encourent des peines diffĂ©rentes.
-
S'il estime qu'une discrimination existe, le tribunal correctionnel peut sanctionner l'auteur des faits.
Toute discrimination est punie lorsqu'elle consiste Ă Â :
- Refuser d'embaucher, Ă sanctionner ou Ă licencier une personne
- Conditionner une offre d'emploi, une demande de stage ou une période de formation à un motif discriminatoire interdit par la loi
- Refuser un étudiant ou un élÚve inscrit dans un établissement d'enseignement technique.
Si l'auteur des faits est une personne physique, il encourt une peine de :
- 3 ans de prison
- Et 45 000 ⏠d'amende.
En dehors de ces cas, les juridictions pénales sanctionnent toute mesure (refus de promotion professionnelle, reclassement, mutation etc.) prise en raison du sexe ou de l'opinion syndicale du travailleur.
Ainsi, la personne qui prend une mesure qui contrevient à l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes encourt une peine d'un an de prison et de 3 750 ⏠d'amende.
Par ailleurs, la personne qui prend une mesure fondée sur les opinions syndicales d'un travailleur encourt une peine de 3 750 ⏠d'amende.
Ă noter
Si la victime sâest constituĂ©e partie civile, la juridiction pĂ©nale peut Ă©galement condamner lâauteur des faits Ă lâindemniser.
-
S'il estime qu'une discrimination existe, le tribunal correctionnel peut sanctionner l'auteur des faits.
Toute discrimination est punie lorsqu'elle consiste Ă Â :
- Refuser d'embaucher, Ă sanctionner ou Ă licencier une personne
- Conditionner une offre d'emploi, une demande de stage ou une période de formation à un motif discriminatoire interdit par la loi
- Refuser un étudiant ou un élÚve inscrit dans un établissement d'enseignement technique
Si l'auteur des faits est une personne morale, il encourt une amende Ă©gale Ă 225 000 âŹ.
Il encourt également des peines complémentaires, notamment la publication de la décision de justice dans la presse écrite.
La discrimination au travail vise à traiter défavorablement une personne en se fondant sur un critÚre interdit par la loi (par exemple l'origine, l'ùge).
Principe de non-discrimination dans la fonction publique
Un agent public ne doit faire l'objet d'aucune discrimination, notamment de la part de sa hiérarchie.
Toute distinction ou différence de traitement est interdite si elle est fondée sur l'un des critÚres suivants :
- Origine
- Sexe
- Situation de famille
- Grossesse
- Apparence physique
- Vulnérabilité particuliÚre liée à la situation économique
- Nom
- Lieu de résidence
- Ătat de santĂ©
- Perte d'autonomie
- Handicap
- Caractéristiques génétiques
- MĆurs
- Orientation sexuelle
- Identité de genre
- Ăge
- Opinions politiques
- Activités syndicales
- Qualité de lanceur d'alerte
- Qualité de facilitateur de lanceur d'alerte ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte
- Langue parlée (capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français)
- Ethnie
- Nation
- Race prétendue
- ReligionÂ
Le principe de non-discrimination s'applique dĂšs la phase de recrutement du candidat Ă un poste d'agent public. Il est valable durant toute la carriĂšre professionnelle de l'agent, qu'il soit fonctionnaire ou contractuel.
Ă noter
Les agents publics ne peuvent pas ĂȘtre discriminĂ©es en raison de leurs opinions politiques ou de leurs croyances religieuses. NĂ©anmoins, en raison du principe de neutralitĂ© qui s'applique Ă tout agent de la fonction publique, les dĂ©cisions de l'agent doivent uniquement ĂȘtre prises selon l'intĂ©rĂȘt du service public et non en fonction de ses convictions politiques ou religieuses.
Types de discrimination au travail
2 formes de discrimination sont interdites au sein de la fonction publique :
- La discrimination directe. Dans ce cas, l'auteur des faits a conscience qu'il prend une décision en fonction d'un critÚre discriminatoire interdit par la loi (exemple : une offre d'emploi indique que les femmes ayant des enfants ne peuvent pas postuler).
- La discrimination indirecte. Dans cette hypothÚse, l'auteur prend une décision qui créé un désavantage pour des personnes par rapport à d'autres, alors que cette mesure semblait neutre. Par exemple, un rÚglement intérieur autorise uniquement les hommes à rester dans l'établissement aprÚs 50 ans. Il y a donc une discrimination indirecte basée sur le sexe et sur l'ùge.
Dans certaines circonstances, lâadministration employeuse a le droit de fonder sa dĂ©cision sur un motif discriminatoire ou de faire une diffĂ©rence de traitement professionnelle.
Un cas de discrimination peut-il ĂȘtre fondĂ© sur la citoyenneté ?
Le recrutement dans le secteur public est limité :
- Aux seuls citoyens français pour les emplois dits de « souveraineté » (police, armée...)
- Ou aux citoyens français, suisses et de l'Espace économique européen pour les autres types d'emplois publics.
Les discriminations fondées sur l'ùge, le sexe ou l'état de santé sont-elles admises ?
Dans certains cas prĂ©cis, des distinctions fondĂ©es sur le sexe, l'Ăąge ou l'Ă©tat de santĂ© peuvent ĂȘtre faites par l'administration.
Exceptionnellement, des recrutements distincts pour les femmes ou les hommes peuvent ĂȘtre prĂ©vus lorsque l'appartenance Ă l'un ou Ă l'autre sexe constitue une condition dĂ©terminante de l'exercice des fonctions.
Par exemple, lors de la constitution d'un jury de concours ou d'examen ou lors de la désignation des représentants du personnels aux instances représentatives (par exemple CAP), l'administration doit respecter la parité.
Par ailleurs, des conditions d'Ăąge peuvent ĂȘtre fixĂ©es pour le recrutement d'un agent relevant de la catĂ©gorie active (par exemple : en cas de recrutement dans la police).
Des conditions d'Ăąge peuvent aussi ĂȘtre fixĂ©es pour la carriĂšre d'un fonctionnaire, au nom de certaines exigences professionnelles, justifiĂ©es par l'expĂ©rience ou l'anciennetĂ©. Il en est ainsi des conditions d'Ăąge fixĂ©es pour l'accĂšs Ă certains corps ou cadres d'emplois par promotion interne.
Des distinctions peuvent ĂȘtre faites entre les agents publics afin de tenir compte d'Ă©ventuelles inaptitudes physiques Ă exercer certaines fonctions. Par exemple, un agent contractuel peut ĂȘtre licenciĂ© s'il est dĂ©clarĂ© inapte par le mĂ©decin du travail et que son reclassement semble impossible.
L'agent qui s'estime victime d'une discrimination doit réunir des éléments qui suggÚrent l'existence d'une discrimination. Il peut notamment s'agir des éléments suivants :
- Témoignages
- Ăchanges Ă©crits avec l'auteur des faits (SMS, mails...)
- Résultats de testing
- Documents de travail (exemple : une évaluation professionnelle, le tableau des tùches de l'équipe, un bulletin de paie attestant de la non attribution de primes).
Mais c'est à sa hiérarchie de prouver que la décision prise était justifiée par des éléments objectifs et étrangers à toute discrimination.
La victime ou le témoin d'une discrimination au travail peut alerter la police ou la gendarmerie par messagerie instantanée. Un chat permet de dialoguer avec un policier ou un gendarme formé pour ce type d'infraction.
Ă tout moment, l'historique de discussion pourra ĂȘtre effacĂ©.
Service en ligne
Signaler un cas de discrimination aux forces de lâordre
MinistÚre chargé de la justice
Le professionnel auquel le signalement est fait pourra accompagner la victime qui souhaite déposer plainte et l'orienter vers des spécialistes (associations d'aide aux victimes, psychologues, etc.).
Toute personne, victime ou tĂ©moin d'un cas de discrimination, peut dĂ©noncer ces faits tout en restant protĂ©gĂ©. En effet, lâagent qui tĂ©moigne ou relate de faits de discrimination ne peut pas ĂȘtre sanctionnĂ©, sauf en cas d'allĂ©gations mensongĂšres.
Pour dénoncer une discrimination au travail, l'agent peut utiliser le dispositif de signalement des actes de violence, de discrimination, de harcÚlement moral ou sexuel et des agissements sexistes dans la fonction publique.
Ce dispositif de signalement comporte 3 types de procĂ©dures mis en place par lâemployeur :
- Une procédure de recueil des signalements effectués par les agents victimes ou témoins d'un harcÚlement moral ou sexuel
- Une procédure d'orientation des victimes vers les services et professionnels compétents chargés de leur accompagnement et de leur soutien
- Une procĂ©dure d'orientation des victimes ou tĂ©moins de faits de harcĂšlement, de discrimination ou d'actes de violence vers les autoritĂ©s compĂ©tentes pour prendre toute mesure de protection appropriĂ©e et assurer le traitement des faits signalĂ©s. Ces autoritĂ©s rĂ©aliseront une enquĂȘte administrative.
L'administration employeuse fixe les moyens par lesquels il est possible d'adresser ce signalement Ă l'autoritĂ© compĂ©tente. Elle prĂ©voit Ă©galement les informations et documents qui doivent ĂȘtre fournis Ă l'appui du signalement.
Tout agent public est informé par l'autorité hiérarchique dont il dépend, de l'existence du dispositif de signalement, de son mode d'utilisation et des procédures qu'il prévoit.
Le dispositif garantit la stricte confidentialité des informations transmises par la victime ou le témoin lors du traitement du signalement.
La victime d'une discrimination au travail peut saisir gratuitement le Défenseur des droits.
Il est possible de contacter les juristes compétents par téléphone ou en ligne.
-
Le Défenseur des droits est joignable au 3928.
OĂč sâadresser ?
-
Il est possible de contacter les juristes du Défenseur des droits par messagerie instantanée (tchat).
Service en ligne
Saisir le DĂ©fenseur des droits dâun cas de discrimination par messagerie instantanĂ©eDĂ©fenseur des droits
Un accÚs est prévu pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Service en ligne
Signaler une discrimination au Défenseur des droits (dispositif spécifique pour les personnes sourdes ou malentendantes)Défenseur des droits
Le fait de saisir le Défenseur des droit peut aboutir à 3 solutions :
- Une médiation : désigné par le Défenseur des droits, le médiateur entend les personnes concernées. La médiation ne peut pas excéder 3 mois, renouvelable 1 fois.
- Une transaction : le DĂ©fenseur des droits propose Ă l'auteur des faits une ou plusieurs sanctions (versement d'une amende, indemnisation de la victime, publicitĂ© des faits). En cas d'accord, la transaction doit ĂȘtre validĂ©e par le procureur de la RĂ©publique.
- Une action en justice : si le Défenseur des droits a connaissance de faits de nature à constituer une infraction ou si l'auteur refuse la transaction, le Défenseur des droits saisit le procureur de la République.
Ă savoir
La victime qui saisit le Défenseur des droits peut également déposer plainte dans un délai de 6 ans à compter des faits. Ainsi, le Défenseur des droits pourra intervenir devant les juridictions pénales pour présenter son analyse du dossier.
La victime d'une discrimination au travail peut dénoncer ces faits devant le tribunal administratif.
Par ailleurs, si plusieurs travailleurs ont Ă©tĂ© discriminĂ©es pour le mĂȘme motif, par la mĂȘme personne, certaines organisations syndicales reprĂ©sentatives et certaines associations peuvent faire une action de groupe devant le tribunal administratif.
- Action de l'agent public
- Action de groupe
L'agent victime d'une discrimination peut saisir le tribunal administratif du lieu oĂč siĂšge l'administration qui a pris la mesure discriminatoire.
La saisine du tribunal administratif se fait par requĂȘte remise au greffe, en main propre ou par courrier postal.
OĂč sâadresser ?
Le juge administratif peut condamner l'administration employeuse à indemniser le préjudice subi par la victime.
Devant le tribunal administratif, l'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire mais reste conseillée.
Si elle le souhaite, la victime peut donc faire appel Ă un avocat.
OĂč sâadresser ?
Une action de groupe peut ĂȘtre menĂ©e lorsque plusieurs candidats Ă un emploi ou Ă un stage ou plusieurs agents ont fait l'objet d'une discrimination fondĂ©e sur un mĂȘme motif interdit par la loi (par exemple, l'employeur ne veut pas recruter diffĂ©rentes personnes en raison de leur couleur de peau).
Seule une association rĂ©guliĂšrement dĂ©clarĂ©e depuis au moins 5 ans intervenant dans la lutte contre les discriminations ou Ćuvrant dans le domaine du handicap peut faire une action de groupe devant le tribunal administratif.
Cette action peut ĂȘtre engagĂ©e aprĂšs un dĂ©lai de 6 mois Ă compter du jour oĂč il a Ă©tĂ© ordonnĂ© Ă l'administration de faire cesser la discrimination.
L'action de groupe a pour but :
- La cessation par l'employeur d'un manquement Ă ses obligations en matiĂšre de discrimination
- L'indemnisation des victimes de discrimination au travail.
Ă noter
En cas de discrimination subie par les salariĂ©s dâun employeur public, une action de groupe ĂȘtre dĂ©posĂ©e par un syndicat de fonctionnaires ou de magistrats.
La victime d'une discrimination peut déposer plainte contre l'auteur des faits.
Si l'auteur prĂ©sumĂ© est reconnu coupable, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă une peine de prison et/ou d'amende.
Déposer plainte
La victime d'une discrimination peut déposer plainte auprÚs du commissariat de police ou de la brigade de gendarmerie de son choix.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
Lors de la plainte, la victime peut se constituer partie civile. Ce statut lui permettra de suivre lâavancement de lâaffaire et de demander une indemnisation.
Si elle le souhaite, elle peut demander l'assistance d'un avocat. Ce professionnel assiste la victime dÚs le dépÎt de plainte jusqu'au procÚs de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
Si la plainte est classée sans suite ou si la personne n'a pas de nouvelle des services de police, de gendarmerie ou du procureur de la République depuis plus de 3 mois suivant sa plainte, elle peut déposer une plainte avec constitution de partie civile.
Obtenir la condamnation de l'auteur des faits
Si l'auteur de la discrimination est reconnu coupable, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă une peine allant jusquâĂ 3 ans de prison et de 45 000 ⏠d'amende.
Si la victime sâest constituĂ©e partie civile, la juridiction pĂ©nale peut Ă©galement condamner lâauteur des faits Ă lâindemniser.
Des rÚgles de non-discrimination sont prévues pour les salariés ou candidats du secteur privé. Au sein de la fonction publique, il existe également un principe de non-discrimination.
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Code du travail : article L1132-1
Discrimination à l'embauche dans le secteur privé
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Code du travail : articles L1133-1 et L1133-6
Inégalités de traitement autorisées dans le secteur privé
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Code du travail : article R1142-1
Inégalités de traitement en raison du sexe (secteur privé)
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Code pénal : articles 225-1 à 225-4
Sanctions pénales
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Code du travail : articles 1134-6 à 1143-10
Action de groupe dans le secteur privé
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Loi n° 2025-595 du 30 juin 2025 : article 16
Action de groupe Ă lâoccasion de lâactivitĂ© professionnelle
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Code général de la fonction publique : articles L131-12 à L131-13
Discriminations dans le secteur public
Questions ? Réponses !
Et aussi
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Justice
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HarcĂšlement sexuel ou sexiste
Justice
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Justice
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Discrimination Ă la location dâun logement
Justice
Pour en savoir plus
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Protection contre les discriminations
MinistÚre chargé du travail
-
Diversité et prévention des discriminations dans la fonction publique
MinistÚre chargé de la fonction publique
-
Test de discrimination : méthodologie du testing
Défenseur des droits