Fiche pratique
Lanceurs d'alerte en entreprise
Vérifié le 23/01/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Le salariĂ© peut signaler Ă son employeur ou Ă diffĂ©rentes autoritĂ©s extĂ©rieures Ă l'entreprise (DĂ©fenseur des droits notamment) des informations portant sur un crime, un dĂ©lit, une menace ou un prĂ©judice pour l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (par exemple un fait de discrimination ou de harcĂšlement). L'alerte faite Ă l'employeur peut aussi concerner le risque grave que l'entreprise fait courir Ă la santĂ© publique ou Ă l'environnement. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă retenir dans les 2 cas.
- Cas général
- Santé publique-Environnement
Un lanceur d'alerte est une personne physique qui signale ou divulgue, sans contrepartie financiĂšre directe et de bonne foi, des informations portant sur un crime, un dĂ©lit, une menace ou un prĂ©judice pour l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
Il peut Ă©galement s'agir d'une violation ou dâune tentative de dissimulation de violation d'un engagement international de la France (Convention internationale des droits de lâenfant par exemple).
Dans une entreprise, il peut s'agir d'un salarié ou d'un ancien salarié, mais également des personnes qui se sont portées candidates à un emploi.
Les informations doivent avoir été obtenues selon le cas soit pendant la réalisation du contrat, soit dans le cadre de la candidature à l'emploi.
Les informations doivent porter sur des faits qui se sont produits ou pour lesquels il existe une forte probabilité qu'ils se produisent. Il pourra s'agir notamment de faits de harcÚlement moral ou sexuel.
Ă noter
Les faits, informations et documents qui relÚvent du secret de la défense nationale et du secret médical notamment sont exclus du régime de l'alerte.
Garantie de confidentialité de l'identité
La confidentialité de l'identité des auteurs du signalement, des personnes visées et de tout tiers mentionné dans le signalement est garantie.
Les Ă©lĂ©ments de nature Ă identifier le lanceur d'alerte ne peuvent pas ĂȘtre divulguĂ©s sans son accord. Ils peuvent cependant ĂȘtre transmis Ă l'autoritĂ© judiciaire, dans certains cas.
Lorsque les personnes chargĂ©es du recueil ou du traitement des signalements doivent dĂ©noncer les faits recueillis Ă l'autoritĂ© judiciaire, les Ă©lĂ©ments de nature Ă identifier le lanceur d'alerte peuvent Ă©galement lui ĂȘtre communiquĂ©s. Dans ce cas, le lanceur d'alerte en est informĂ©.
Irresponsabilité civile
Lorsque la procĂ©dure de signalement ou de divulgation publique est respectĂ©e, les bĂ©nĂ©ficiaires de la protection ne pourront pas ĂȘtre condamnĂ©s Ă verser des dommages et intĂ©rĂȘts pour les dommages causĂ©s par ce signalement ou cette divulgation publique.
Le lanceur d'alerte doit avoir eu des motifs raisonnables de croire que cette procĂ©dure Ă©tait nĂ©cessaire Ă la sauvegarde des intĂ©rĂȘts menacĂ©s.
Irresponsabilité pénale
Lorsque la procédure de signalement ou de divulgation publique est respectée, les bénéficiaires de la protection ne sont pas responsables pénalement.
Cette irresponsabilité s'applique aux infractions éventuellement commises pour obtenir les documents permettant de prouver les informations signalées ou divulguées.
Néanmoins, il ne doit pas y avoir eu infraction pour obtenir les informations proprement dites.
Protection contre des mesures de représailles, notamment disciplinaires
La protection porte sur toute mesure de reprĂ©sailles dont pourrait ĂȘtre victime le lanceur d'alerte et qui prendraient notamment l'une des formes suivantes :
- Suspension, mise Ă pied, licenciement
- Rétrogradation ou refus de promotion
- Transfert de fonctions, changement de lieu de travail, réduction de salaire
- Suspension de la formation
- Ăvaluation de performance nĂ©gative
- Mesures disciplinaires
- Discrimination
- Non-renouvellement d'un contrat de travail à durée déterminée ou d'un contrat de travail temporaire.
L'employeur qui agit ou prend à l'encontre du lanceur d'alerte une décision contraire au principe de protection peut voir son action annulée par le juge.
Le lanceur d'alerte qui pense ĂȘtre victime d'une mesure contraire Ă ce principe de protection peut ainsi saisir le conseil de prud'hommes.
Non. La protection concerne le lanceur d'alerte, mais également toute personne physique (collÚgues, proches) ou morale (syndicat notamment) qui l'aide à effectuer le signalement ou la divulgation.
Non. Le lanceur d'alerte n'est pas obligé de respecter une procédure spécifique pour bénéficier de la protection.
Le lanceur d'alerte peut ainsi décider d'effectuer un signalement interne ou un signalement externe.
Signalement interne
La procédure de signalement interne diffÚre selon la taille de l'entreprise :
-
S'il n'existe pas de procĂ©dure interne de recueil et de traitement des signalements dans l'entreprise, le signalement interne peut ĂȘtre effectuĂ© auprĂšs du supĂ©rieur hiĂ©rarchique.
Il peut aussi ĂȘtre fait directement Ă l'employeur ou Ă un rĂ©fĂ©rent dĂ©signĂ© par l'employeur.
-
L'employeur établit une procédure interne de recueil et de traitement des signalements, aprÚs consultation du CSE.
Cette procĂ©dure doit ĂȘtre communiquĂ©e aux salariĂ©s par tout moyen (affichage, note, message, etc.).
L'auteur est informé de la réception de son signalement dans un délai de 7 jours ouvrés à compter de cette réception.
Il est également informé par écrit, dans un délai raisonnable, des mesures envisagées ou prises.
Ce délai ne peut pas, dans tous les cas, dépasser les durées suivantes :
- 3 mois à compter de l'accusé de réception du signalement
- 3 mois à compter de la fin d'une période de 7 jours ouvrés suivant le signalement, en l'absence d'accusé de réception.
Ă noter
Plusieurs entreprises, ayant un effectif inférieur à 250 salariés, peuvent mettre en commun une procédure de recueil et de traitement des signalements.
Signalement externe
Le signalement externe peut ĂȘtre effectuĂ© soit directement, soit aprĂšs le signalement interne.
Il s'effectue auprÚs des autorités ou institutions suivantes :
- Défenseur des droits
- Autorité judiciaire
- Institution, organe ou organisme de l'Union européenne (UE) compétent s'agissant d'une violation d'un droit de l'UE
- Autorité compétente, notamment :
Le signalement externe doit préciser si un signalement interne a ou non été transmis.
L'auteur du signalement doit ĂȘtre informĂ© par Ă©crit de sa rĂ©ception dans un dĂ©lai de 7 jours ouvrĂ©s, sauf cas particuliers (prĂ©servation de l'identitĂ© de l'auteur, notamment).
L'autorité saisie communique par écrit à l'auteur du signalement, dans un délai raisonnable, les mesures envisagées ou prises.
Ce délai ne peut pas, dans tous les cas, dépasser les durées suivantes :
- 3 mois à compter de l'accusé de réception du signalement
- 3 mois à compter de la fin d'une période de 7 jours ouvrés suivant le signalement, en l'absence d'accusé de réception.
Le dĂ©lai peut toutefois ĂȘtre portĂ© Ă 6 mois si les circonstances de l'affaire le justifient.
Divulgation publique
La rĂ©glementation est diffĂ©rente selon quâun signalement externe a Ă©tĂ© effectuĂ© par accusĂ© rĂ©ception ou non :
-
La divulgation publique est possible uniquement dans les cas suivants :
- Si aucune mesure appropriée n'a été prise en réponse à ce signalement :
- En cas de danger grave et imminent
- En cas de danger imminent ou manifeste pour l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral
- Lorsque le signalement externe fait encourir au lanceur d'alerte un risque de représailles
- Lorsque le signalement externe n'a aucune chance d'aboutir.
-
La divulgation publique est possible uniquement dans les cas suivants :
- Si aucune mesure appropriée n'a été prise en réponse à ce signalement :
- En cas de danger grave et imminent
- En cas de danger imminent ou manifeste pour l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral
- Lorsque le signalement externe fait encourir au lanceur d'alerte un risque de représailles
- Lorsque le signalement externe n'a aucune chance d'aboutir.
Attention :
La protection du lanceur d'alerte ne s'applique pas lorsque la divulgation publique porte atteinte aux intĂ©rĂȘts de la dĂ©fense et de la sĂ©curitĂ© nationale.
Le Défenseur des droits informe, conseille, oriente et protÚge les lanceurs d'alerte.
Le DĂ©fenseur des droits peut Ă©galement ĂȘtre saisi par toute personne pour Ă©mettre un avis sur son statut de lanceur d'alerte.
Le Défenseur des droits oriente le lanceur d'alerte vers la ou les autorités compétentes.
Pour en savoir plus
-
Orienter et protéger les lanceurs d'alerte
Défenseur des droits
Dans les domaines qui dépendent de ses autres missions, et dans ces domaines uniquement (discrimination, droit de l'enfant,...), le Défenseur des droits traite et étudie le signalement réalisé.
Le Défenseur des droits est saisi par courrier.
Vous pouvez également utiliser un service en ligne :
Service en ligne
Saisir en ligne le Défenseur des droits
Défenseur des droits
La procédure varie selon que le salarié est représentant du personnel au CSE ou non :
-
Le reprĂ©sentant du personnel au CSE qui constate, notamment par l'intermĂ©diaire d'un travailleur, que les produits ou procĂ©dĂ©s de fabrication utilisĂ©s ou mis en Ćuvre par l'Ă©tablissement font peser un risque grave pour la santĂ© publique ou l'environnement, en alerte immĂ©diatement l'employeur.
L'alerte est consignée par écrit sur un registre spécial dont les pages sont numérotées.
Cette alerte est datée et signée.
Elle indique les informations suivantes :
- Nature du risque grave sur la santé publique ou l'environnement
- Conséquences potentielles pour la santé publique ou l'environnement
- Toute autre information utile à l'appréciation de l'alerte consignée.
L'employeur examine la situation conjointement avec le représentant du personnel au CSE qui lui a transmis l'alerte et l'informe de la suite qu'il réserve à celle-ci.
-
Le travailleur alerte immĂ©diatement l'employeur s'il estime, de bonne foi, que les produits ou procĂ©dĂ©s de fabrication utilisĂ©s ou mis en Ćuvre par l'Ă©tablissement font peser un risque grave sur la santĂ© publique ou l'environnement.
L'alerte est consignée par écrit sur un registre spécial dont les pages sont numérotées.
Cette alerte est datée et signée.
Elle indique les informations suivantes :
- Nature du risque grave sur la santé publique ou l'environnement
- Conséquences potentielles pour la santé publique ou l'environnement
- Toute autre information utile à l'appréciation de l'alerte consignée.
L'employeur informe le salarié qui lui a transmis l'alerte de la suite qu'il réserve à celle-ci.
Ă noter
Le registre spécial est tenu, sous la responsabilité de l'employeur, à la disposition des représentants du personnel au CSE.
Oui. Le salariĂ© qui alerte l'employeur sur un sujet de santĂ© publique ou d'environnement ne peut pas ĂȘtre sanctionnĂ© ou licenciĂ© pour ce motif, ou ĂȘtre victime d'une mesure discriminatoire.
De plus, le salariĂ© qui a alertĂ© son employeur sur ce sujet ne peut pas ĂȘtre responsable (civilement ou pĂ©nalement) des Ă©ventuels dommages causĂ©s par son signalement.
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Protection des lanceurs d'alerte (articles 6 Ă 13)
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Loi n°2022-401 du 21 mars 2022 visant à améliorer la protection des lanceurs d'alerte
Amélioration de la protection des lanceurs d'alerte
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RÎle du Défenseur des droits
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Procédures de recueil et de traitement des signalements
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Code du travail : articles L1132-1 Ă L1132-4
Protection des lanceurs d'alerte : article L1132-3-3
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Saisir en ligne le Défenseur des droits
Téléservice
Questions ? Réponses !
Pour en savoir plus
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Défenseur des droits
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Lanceurs dâalerte : quand et comment adresser une alerte Ă la DGEFP ?
MinistÚre chargé du travail
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Orienter et protéger les lanceurs d'alerte
Défenseur des droits