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Fiche pratique

Vie en prison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus

Vérifié le 25/09/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

MĂȘme s'il est privĂ© de libertĂ©, un dĂ©tenu dispose de droits familiaux (droit de se marier, de voir ses enfants, etc.) et de droits civiques (droit de vote). Il peut aussi obtenir des aides sociales et avoir accĂšs Ă  des soins mĂ©dicaux. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Un détenu condamné dispose de plusieurs droits familiaux lui permettant de maintenir un lien avec ses proches.

Un détenu peut-il se marier ou se pacser en prison ?

Un détenu condamné a le droit de se marier ou de conclure un pacte civil de solidarité (Pacs).

Les démarches pour se marier diffÚrent de celles permettant de conclure un Pacs.

  • Le dĂ©tenu qui souhaite se marier en prison doit en faire la demande au chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire ou au directeur des services pĂ©nitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) de la prison.

    La demande doit ĂȘtre Ă©crite et ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :

    • PiĂšce d'identitĂ© (carte d'identitĂ©, passeport, etc.)
    • PiĂšce d'identitĂ© de sa future femme ou de son futur Ă©poux
    • PiĂšce d'identitĂ© de chaque tĂ©moin
    • Acte de naissance mentionnant la filiation de chaque futur mariĂ©
    • Justificatif de domiciles pour les 2 parties. S'il n'a pas de domicile Ă  l'extĂ©rieur de la prison, le condamnĂ© peut fournir une attestation de domicile au sein de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

      À savoir

    Un dĂ©tenu de nationalitĂ© Ă©trangĂšre peut se marier en prison mĂȘme s’il n’a pas de titre de sĂ©jour valide. Il doit fournir les mĂȘmes documents qu’un dĂ©tenu français ainsi qu’un certificat de coutume.

    La demande est transmise au procureur de la République qui autorise le mariage.

    S'il estime que cet évÚnement est impossible, il peut s'y opposer (par exemple, c'est le cas si l'un des futurs époux est mineur).

    Le mariage est célébré en prison par un agent de mairie.

    Le futur époux (ou la future épouse) de la personne détenue et les témoins de mariage doivent tous solliciter un permis de visite pour pouvoir entrer dans la prison.

     Ă€ noter

    Le détenu peut demander au chef de l'établissement pénitentiaire que les personnes présentes lors du mariage apportent des fleurs, de la nourriture et un appareil photo.

  • Le dĂ©tenu qui souhaite conclure un Pacs doit en faire la demande au chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire ou au directeur du service pĂ©nitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de la prison.

    Cette demande doit ĂȘtre Ă©crite et ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :

    • PiĂšce d'identitĂ© du dĂ©tenu (carte d'identitĂ©, passeport)
    • PiĂšce d'identitĂ© du futur partenaire de Pacs
    • Justificatif de domicile pour les 2 parties. S'il n'a pas de domicile Ă  l'extĂ©rieur de la prison, le dĂ©tenu peut fournir une attestation de domicile au sein de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

    Le dossier est ensuite transmis au procureur de la République et à la mairie de la commune dans laquelle se trouve l'établissement pénitentiaire.

    L'officier d'état civil se déplace dans la prison pour enregistrer le Pacs. Pour participer à cet évÚnement, le partenaire de la personne incarcérée doit obtenir un permis de visite.

     Ă€ noter

    Le détenu peut demander l'enregistrement du Pacs par un notaire. Dans ce cas, le notaire doit solliciter un permis de visite pour pouvoir dresser le contrat de Pacs au sein de la prison. La démarche est aux frais du détenu.

Un dĂ©tenu peut-il garder l’autoritĂ© parentale sur son enfant mineur ?

En principe, l'incarcération d'une personne n'entraßne pas le retrait de l'autorité parentale.

La personne incarcérée continue d'exercer l'autorité parentale sur ses enfants.

Ainsi, elle reste responsable de leur éducation et peut prendre des décisions importantes les concernant (exemple : décisions concernant les soins médicaux apportés à l'enfant).

NĂ©anmoins, le dĂ©tenu peut ĂȘtre dĂ©chu de l'autoritĂ© parentale, notamment s'il est poursuivi ou condamnĂ© pour avoir commis un crime ou de dĂ©lit sur son enfant, sur son Ă©poux, son concubin ou son partenaire de Pacs.

 Ă€ noter

Le juge aux affaires familiales peut Ă©galement prononcer le retrait de l'exercice de l'autoritĂ© parentale. Dans ce cas, la personne incarcĂ©rĂ©e conserve le droit d’ĂȘtre informĂ©e des dĂ©cisions importantes concernant l’enfant ainsi qu’un droit de visite et de correspondance, sauf motif grave (exemple : violences sur l'enfant).

Quels sont les droits d’une mĂšre dĂ©tenue sur son jeune enfant ?

Les femmes incarcérées peuvent garder leurs enfants auprÚs d'elles jusqu'à l'ùge de 18 mois.

Les mÚres et leurs enfants sont accueillis dans des espaces spécialement aménagés dans la prison.

  À savoir

Si la mÚre est en détention provisoire, son transfert dans un établissement doté de tels locaux nécessite l'accord du magistrat chargé de son affaire (exemple : juge d'instruction).

Si une mÚre souhaite garder son enfant avec elle au-delà de ses 18 mois, elle doit en faire la demande par écrit.

La mÚre incarcérée peut donner la demande à son CPIP pour qu'il la transmette au directeur interrégional des services pénitentiaires.

Le directeur interrégional des services pénitentiaires prend une décision aprÚs avoir recueilli l'avis d'une commission consultative.

Avant d'émettre son avis, la commission doit auditionner la mÚre ou son avocat et, si possible, toute autre personne titulaire de l'autorité parentale ou son avocat.

En savoir plus sur le rÎle de la mÚre lorsque son enfant a besoin de soins médicaux urgents

Un détenu peut-il sortir de prison pour un motif familial ?

Sous certaines conditions, un détenu peut obtenir une permission de sortir de prison pour maintenir ses liens familiaux (exemple : passer du temps avec sa femme enceinte) ou pour assister à un évÚnement familial important.

Dans le cas oĂč une permission de sortir ne lui serait pas accordĂ©e, le dĂ©tenu peut demander une autorisation de sortie sous escorte.

  • Un dĂ©tenu peut obtenir une permission de sortir dans les 2 hypothĂšses suivantes :

    • Une personne condamnĂ©e peut sortir de prison pour maintenir des liens avec ses proches, sans avoir Ă  subir les contraintes du parloir.

      La procĂ©dure pour obtenir une permission de sortir dĂ©pend de l’établissement pĂ©nitentiaire dans lequel la personne est incarcĂ©rĂ©e :

      • Qui peut bĂ©nĂ©ficier d’une permission de sortir ?

        Pour bĂ©nĂ©ficier d’une permission de sortir, le condamnĂ© doit ĂȘtre dans l’une des situations suivantes :

        • Il exĂ©cute une peine de prison infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  1 an
        • Il peut bĂ©nĂ©ficier d’une libĂ©ration conditionnelle mais, pour cela, il doit prĂ©alablement obtenir des permissions de sortir
        • Il a dĂ©jĂ  exĂ©cutĂ© la moitiĂ© de sa peine et le reste Ă  subir est infĂ©rieur Ă  3 ans de prison (par exemple, la personne condamnĂ©e Ă  7 ans de prison qui a dĂ©jĂ  exĂ©cutĂ© 5 ans peut faire une demande de permission de sortir).

          À savoir

        Les mineurs condamnĂ©s Ă  une peine de prison supĂ©rieure Ă  1 an doivent avoir exĂ©cutĂ© 1/3 de leur peine (par exemple, un mineur condamnĂ© Ă  3 ans d’emprisonnement doit au moins avoir passĂ© 1 an en prison pour pouvoir demander une permission de sortir).

        Par ailleurs, le condamné doit avoir les moyens financiers pour supporter les frais occasionnés par son séjour hors de prison.

        Comment demander une permission de sortir ?

        La demande de permission de sortir doit prĂ©ciser les dates, les lieux, les motifs de la sortie sollicitĂ©e et l’établissement pĂ©nitentiaire dans lequel se dĂ©roule l’incarcĂ©ration. Elle doit Ă©galement ĂȘtre accompagnĂ©e de documents permettant de justifier la sortie (exemple : un certificat d’hĂ©bergement, un certificat de dĂ©cĂšs, etc.).

        La demande doit ĂȘtre adressĂ©e :

        Elle peut ĂȘtre faite par dĂ©claration Ă©crite au chef de l’établissement pĂ©nitentiaire (qui la transmettra au juge compĂ©tent). Sinon, elle peut ĂȘtre transmise au juge compĂ©tent, par lettre RAR.

        OĂč s’adresser ?

        Le juge rend sa dĂ©cision aprĂšs avoir examinĂ© la situation du condamnĂ© et avoir obtenu l’avis de la commission d’application des peines.

        Cette dĂ©cision peut ĂȘtre remise en main propre au dĂ©tenu ou Ă  son avocat. Elle peut aussi ĂȘtre notifiĂ©e au dĂ©tenu par le biais du chef de l’établissement pĂ©nitentiaire.

         Ă€ noter

        La dĂ©cision du juge peut faire l’objet d’un appel devant la chambre de l’application des peines. Le condamnĂ© a 24 heures pour contester cette dĂ©cision.

        Combien de temps une permission de sortir est-elle valable ?

        Une permission de sortir peut ĂȘtre accordĂ©e pour une ou plusieurs sorties.

        Chaque sortie dure 3 jours au maximum.

        Comment se déroule la permission de sortir ?

        La dĂ©cision qui accorde la permission de sortir indique la durĂ©e de la sortie et le lieu oĂč le condamnĂ© est autorisĂ© Ă  se rendre et/ou Ă  sĂ©journer. Elle prĂ©cise Ă©galement si le condamnĂ© est autorisĂ© Ă  conduire un vĂ©hicule.

         Ă€ noter

        Un dĂ©lai de route peut ĂȘtre accordĂ©, en fonction de la durĂ©e du trajet et des horaires des moyens de transport utilisĂ©s.

        Enfin, la décision énonce les obligations et interdictions auxquelles le condamné est soumis.

        Exemple

        • Ne pas s’absenter de son domicile ou d’une zone dĂ©limitĂ©e
        • Ne pas se rendre dans certains lieux
        • S’abstenir d’entrer en relation avec certaines personnes
        • Ne pas frĂ©quenter les dĂ©bits de boissons
        • RĂ©pondre aux convocations du juge ou du SPIP.
      • Qui peut bĂ©nĂ©ficier d’une permission de sortir ?

        Pour bĂ©nĂ©ficier d’une permission de sortir, le condamnĂ© doit rĂ©pondre aux 2 conditions suivantes :

        • Il doit avoir exĂ©cutĂ© au moins 1/3 de sa peine (par exemple, une personne condamnĂ©e Ă  3 ans d’emprisonnement doit au moins avoir passĂ© 1 an en prison pour pouvoir demander une permission de sortir)
        • Il doit avoir les moyens financiers pour supporter les frais occasionnĂ©s par son sĂ©jour hors de prison.
        Comment demander une permission de sortir ?

        La demande de permission de sortir doit prĂ©ciser les dates, les lieux, les motifs de la sortie sollicitĂ©e et l’établissement pĂ©nitentiaire dans lequel se dĂ©roule l’incarcĂ©ration. Elle doit Ă©galement ĂȘtre accompagnĂ©e de documents permettant de justifier la sortie (exemple : un certificat d’hĂ©bergement, un certificat de dĂ©cĂšs, etc.).

        La demande doit ĂȘtre adressĂ©e :

        Elle peut ĂȘtre faite par dĂ©claration Ă©crite au chef de l’établissement pĂ©nitentiaire (qui la transmettra au juge compĂ©tent). Sinon, elle peut ĂȘtre transmise au juge compĂ©tent, par lettre RAR.

        OĂč s’adresser ?

        Le juge rend sa dĂ©cision aprĂšs avoir examinĂ© la situation du condamnĂ© et avoir obtenu l’avis de la commission d’application des peines.

        Cette dĂ©cision peut ĂȘtre remise en main propre au dĂ©tenu ou Ă  son avocat. Elle peut aussi ĂȘtre notifiĂ©e au dĂ©tenu par le biais du chef de l’établissement pĂ©nitentiaire.

         Ă€ noter

        La dĂ©cision du juge peut faire l’objet d’un appel devant la chambre de l’application des peines. Le condamnĂ© a 24 heures pour contester cette dĂ©cision.

        Combien de temps une permission de sortir est-elle valable ?

        Une permission de sortir peut ĂȘtre accordĂ©e pour une ou plusieurs sorties.

        Chaque sortie dure 5 jours au maximum. Une fois par an, le condamnĂ© peut bĂ©nĂ©ficier d’une permission allant jusqu’à 10 jours.

        Comment se déroule la permission de sortir ?

        La dĂ©cision qui accorde la permission de sortir indique la durĂ©e de la sortie et le lieu oĂč le condamnĂ© est autorisĂ© Ă  se rendre et/ou Ă  sĂ©journer. Elle prĂ©cise Ă©galement si le condamnĂ© est autorisĂ© Ă  conduire un vĂ©hicule.

         Ă€ noter

        Un dĂ©lai de route peut ĂȘtre accordĂ©, en fonction de la durĂ©e du trajet et des horaires des moyens de transport utilisĂ©s.

        Enfin, la décision énonce les obligations et interdictions auxquelles le condamné est soumis.

        Exemple

        • Ne pas s’absenter de son domicile ou d’une zone dĂ©limitĂ©e
        • Ne pas se rendre dans certains lieux
        • S’abstenir d’entrer en relation avec certaines personnes
        • Ne pas frĂ©quenter les dĂ©bits de boissons
        • RĂ©pondre aux convocations du juge ou du SPIP.
    • Qui peut bĂ©nĂ©ficier d’une permission de sortir ?

      Pour bĂ©nĂ©ficier d’une permission de sortir, la personne condamnĂ©e doit remplir les 2 conditions suivantes :

      • Elle doit dĂ©montrer que sa demande est justifiĂ©e par la maladie grave ou le dĂ©cĂšs de l’un des membres de sa famille ou par la naissance de son enfant
      • Elle doit avoir Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  une peine infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  5 ans de prison ou avoir exĂ©cutĂ© la moitiĂ© de sa peine (si elle est supĂ©rieure Ă  5 ans).

      Exemple

      Un homme condamné à 4 ans de prison peut demander une permission de sortir pour assister à la naissance de son enfant.

      Une personne condamnĂ©e Ă  6 ans d’emprisonnement peut demander une permission de sortir pour rendre visite Ă  sa mĂšre gravement malade, si elle a dĂ©jĂ  exĂ©cutĂ© 3 ans de prison.

      Comment demander une permission de sortir ?

      La demande de permission de sortir doit prĂ©ciser les dates, les lieux, les motifs de la sortie sollicitĂ©e et l’établissement pĂ©nitentiaire dans lequel se dĂ©roule l’incarcĂ©ration. Elle doit Ă©galement ĂȘtre accompagnĂ©e de documents permettant de justifier la sortie (exemple : un certificat d’hĂ©bergement, un certificat de dĂ©cĂšs, etc.).

      La demande doit ĂȘtre adressĂ©e :

      Elle peut ĂȘtre faite par dĂ©claration Ă©crite au chef de l’établissement pĂ©nitentiaire (qui la transmettra au juge compĂ©tent). Sinon, elle peut ĂȘtre transmise au juge compĂ©tent, par lettre RAR.

      OĂč s’adresser ?

      Le juge rend sa dĂ©cision aprĂšs avoir examinĂ© la situation du condamnĂ© et avoir obtenu l’avis de la commission d’application des peines.

      Cette dĂ©cision peut ĂȘtre remise en main propre au dĂ©tenu ou Ă  son avocat. Elle peut aussi ĂȘtre notifiĂ©e au dĂ©tenu par le biais du chef de l’établissement pĂ©nitentiaire.

       Ă€ noter

      La dĂ©cision du juge peut faire l’objet d’un appel devant la chambre de l’application des peines. Le condamnĂ© a 24 heures pour contester cette dĂ©cision.

      Combien de temps la permission de sortir est-elle valable ?

      Une permission de sortir peut ĂȘtre accordĂ©e pour une ou plusieurs sorties.

      Chaque sortie dure 3 jours au maximum.

  • La demande de sortie sous escorte prend la forme d'une requĂȘte. Elle doit ĂȘtre adressĂ©e au greffe du juge de l'application des peines.

    Le Jap rend sa dĂ©cision aprĂšs avis de la commission d’application des peines.

    S'il accorde cette sortie sous escorte, le juge fixe un délai pendant lequel le condamné peut sortir de prison. En général, ce délai est de quelques heures.

    Durant la sortie, le dĂ©tenu est surveillĂ© par une escorte composĂ©e de membres du personnel de surveillance de la prison, de policiers ou de gendarmes. Il peut Ă©galement ĂȘtre menottĂ©.

     Ă€ noter

    Pour plus de discrétion, le juge peut dispenser ces agents du port de l'uniforme.

    En cas de refus du Jap ou en l'absence de rĂ©ponse, la personne dĂ©tenue peut faire un recours dans les 24 heures suivant la notification de la dĂ©cision. Le recours doit ĂȘtre transmis au prĂ©sident de la chambre de l'application des peines.

    OĂč s’adresser ?

Un détenu condamné a le droit à des prestations sociales dÚs lors qu'il répond à certaines conditions.

S'il est démuni, il peut également bénéficier d'aides attribuées par l'administration pénitentiaire.

Lorsqu’il sort de prison, il peut Ă©ventuellement obtenir un hĂ©bergement d’urgence.

  À savoir

Le détenu est informé de ses droits sociaux par son conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation.

De quelles prestations sociales peut bénéficier un détenu ?

Une personne dĂ©tenue peut bĂ©nĂ©ficier des mĂȘmes prestations sociales que toute autre personne.

Cependant, le versement de ces prestations répond à des conditions particuliÚres lorsque la personne est incarcérée.

Pour percevoir ces aides, le dĂ©tenu doit signaler son incarcĂ©ration Ă  la Caf. S'il ne le fait pas, il peut lui ĂȘtre demandĂ© de rembourser les sommes qui lui ont Ă©tĂ© versĂ©es durant son emprisonnement.

 Ă€ noter

Les détenus affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA) doivent également signaler leur entrée en prison à cet organisme.

Pour accomplir les démarches nécessaires, le détenu condamné peut demander de l'aide à son CPIP.

 Ă€ noter

Les détenus qui travaillent en prison ou qui suivent une formation professionnelle ont également des droits sociaux (assurance maladie, retraite, etc.). Pour cette raison, ils doivent payer des cotisations sociales.

Quelles aides peuvent ĂȘtre attribuĂ©es Ă  un dĂ©tenu par l’administration pĂ©nitentiaire ?

Un détenu qui n'a pas de ressource financiÚre peut bénéficier de différentes aides attribuées par l'administration pénitentiaire.

Avant de verser ces aides, une commission examine la situation du détenu : elle vérifie notamment les sommes que la personne détenue a reçues de la part de ses proches ou de tout organisme public (exemple : la Caf).

Puis, le chef de l’établissement pĂ©nitentiaire rend une dĂ©cision qui indique si le dĂ©tenu a le droit, ou non, aux aides accordĂ©es par l’administration pĂ©nitentiaire. Cette dĂ©cision est notifiĂ©e au dĂ©tenu.

Les aides peuvent prendre 2 formes : aides en nature, aide financiÚre.

Aide en nature (fournitures gratuites)

Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour subvenir à ses besoins, l'administration pénitentiaire peut notamment lui fournir :

  • Un kit d’hygiĂšne (savon, dentifrice, rasoir, etc.) par mois
  • Des vĂȘtements de rechange
  • Un accĂšs Ă  la tĂ©lĂ©vision
  • Un rĂ©frigĂ©rateur
  • Du matĂ©riel pour Ă©crire (papier, stylo, enveloppes, timbres).

Un détenu est considéré comme démuni lorsque les 3 conditions suivantes sont réunies :

  • La part disponible de son compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours est infĂ©rieure Ă  100 €
  • La part disponible du compte nominatif pendant le mois courant est infĂ©rieure Ă  100 €
  • Le montant cumulĂ© de ses dĂ©penses, pendant le mois en cours, est infĂ©rieur Ă  100 €.

Exemple

Nous sommes en fĂ©vrier 2026. En janvier 2026, la personne dĂ©tenue avait 47 € sur son compte nominatif. Ce mois-ci, elle a reçu un virement de la part de sa famille d'un montant de 50 €. Les 2 premiĂšres conditions sont remplies. Le 15 fĂ©vrier, elle fait 2 achats Ă  la cantine pour un montant total de 30 €. Elle peut donc bĂ©nĂ©ficier de l'aide en nature de l'administration pĂ©nitentiaire.

Aide financiĂšre

Si le détenu n'a pas d'argent, l'administration pénitentiaire peut lui verser une aide financiÚre dont le montant s'élÚve à :

  • 20 € lors de son entrĂ©e en prison
  • 30 € par mois durant sa dĂ©tention.

  À savoir

Si le dĂ©tenu reçoit la visite de ses proches en unitĂ© de vie familiale (UVF), il peut recevoir la somme de 12 € par personne prĂ©sente (enfant, conjoint, etc.), pour chaque durĂ©e de 24 heures. Cette somme sert Ă  acheter des produits Ă  la cantine. Par exemple, si le dĂ©tenu reçoit son fils pendant 48 heures, il peut recevoir 24 € pour cantiner.

Un détenu est considéré comme démuni lorsque les 3 conditions suivantes sont réunies :

  • La part disponible de son compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours est infĂ©rieure Ă  60 €
  • La part disponible du compte nominatif pendant le mois courant est infĂ©rieure Ă  60 €
  • Le montant cumulĂ© de ses dĂ©penses, pendant le mois en cours, est infĂ©rieur Ă  60 €.

Exemple

Nous sommes en fĂ©vrier 2026. En janvier 2026, la personne dĂ©tenue avait 27 € sur son compte nominatif. Ce mois-ci, elle a reçu un virement de la part de sa famille d'un montant de 30 €. Les 2 premiĂšres conditions sont remplies. Le 20 fĂ©vrier, elle fait 2 achats Ă  la cantine pour un montant total de 30 €. Elle peut donc bĂ©nĂ©ficier de l'aide financiĂšre de l'administration pĂ©nitentiaire.

Un dĂ©tenu peut-il bĂ©nĂ©ficier d’un hĂ©bergement d’urgence aprĂšs sa sortie de prison ?

Le SPIP de chaque prison peut conclure une convention avec un service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO) dans le but d'apporter un hébergement (ou un logement) provisoire aux sortants de prison.

Ainsi, avant la fin de sa peine, le condamnĂ© dĂ©tenu peut faire une demande d'hĂ©bergement d'urgence s'il n'a pas trouvĂ© de solution pour ĂȘtre logĂ© aprĂšs sa sortie de prison.

Cette demande est adressée au SPIP de la prison. Le SPIP la transmet au SIAO qu'il estime le plus approprié aux besoins de la personne détenue.

Le SIAO choisi détermine le mode d'hébergement le plus adapté à la personne condamnée, en fonction de sa situation.

Les anciens dĂ©tenus peuvent ĂȘtre accueillis au sein d'hĂ©bergements collectifs (foyers) ou de logements adaptĂ©s.

Ce type d'hébergement est temporaire : il permet à l'ancien détenu de préparer sa réinsertion dans la société (trouver un travail, un logement, etc.).

Le personnel du SIAO suit l'ancien détenu jusqu'à ce que sa situation se soit stabilisée.

Un détenu condamné peut obtenir des soins lorsqu'il est malade. Ses frais de santé sont pris en charge par l'Assurance maladie.

Comment obtenir un rendez-vous médical en prison ?

Au sein de chaque établissement pénitentiaire, il existe une unité sanitaire en milieu pénitentiaire (USMP).

Cette unité travaille avec les hÎpitaux publics. Elle est composée de médecins généralistes, de spécialistes (exemple : gynécologues), de dentistes, de psychologues, d'infirmiers, etc.

Lorsqu'une personne entre en prison, une visite mĂ©dicale est organisĂ©e. À ce moment, la personne peut indiquer les problĂšmes de santĂ© qu'elle rencontre et/ou les traitements qu'elle suit.

Par la suite, la personne détenue peut prendre un rendez-vous médical en adressant un courrier au personnel de l'USMP. Une boßte aux lettres dédiée est placée dans chaque établissement pénitentiaire. Les courriers sont uniquement lus par le personnel soignant. Il est tenu au secret médical.

  À savoir

Lorsque le dĂ©tenu est placĂ© en cellule disciplinaire, un mĂ©decin de l’USMP vient lui rendre visite Ă  chaque fois qu’il l’estime nĂ©cessaire et, au moins 2 fois par semaine.

Chaque consultation avec le personnel de l’USMP est gratuite et les mĂ©dicaments nĂ©cessaires sont fournis par l'administration pĂ©nitentiaire.

Le rÚglement intérieur de chaque prison indique les horaires d'ouverture de l'USMP.

Lorsqu’elle fait une demande de consultation, la personne dĂ©tenue est tenue informĂ©e de la date et de l’heure de ce rendez-vous. Elle doit s’y rendre et ĂȘtre ponctuelle.

Si son Ă©tat le nĂ©cessite, elle peut ĂȘtre conduite Ă  l'hĂŽpital public dont dĂ©pend l'USMP.

 Ă€ noter

Il est possible de demander un rendez-vous médical avec son médecin traitant ou un spécialiste non désigné par l'administration pénitentiaire (exemple : gynécologue). Pour cela, le détenu doit avoir obtenu l'autorisation du directeur interrégional des services pénitentiaires. La consultation sera à la charge du détenu.

Par ailleurs, le dĂ©tenu qui a besoin d’une prise en charge particuliĂšre peut demander son transfert vers un Ă©tablissement pĂ©nitentiaire plus adaptĂ© Ă  son Ă©tat de santĂ©. S’il est en dĂ©tention provisoire, son transfert doit notamment ĂȘtre autorisĂ© par le juge chargĂ© de son dossier.

Les frais de santĂ© d’un dĂ©tenu sont-ils Ă  sa charge ?

Un dĂ©tenu est rattachĂ© au rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la sĂ©curitĂ© sociale. Il bĂ©nĂ©ficie donc d'une prise en charge de ses frais de santĂ© Ă  partir du moment oĂč il est Ă©crouĂ©.

Le détenu n'a pas de démarche à effectuer auprÚs de l'Assurance Maladie. C'est l'établissement pénitentiaire qui effectue les formalités nécessaires à partir des éléments qui lui ont été communiqués lors de la mise sous écrou.

La personne écrouée bénéficie du tiers-payant : elle n'a donc aucun frais de santé à avancer.

Elle peut demander à bénéficier de la complémentaire santé solidaire (CSS).

 Ă€ noter

Si elle exerce une activité professionnelle en prison, cette prise en charge est assurée par le régime d'assurance maladie dont relÚve cette activité.

Un dĂ©tenu condamnĂ© a le droit de voter s’il dispose toujours de ses droits civiques.

Pour pouvoir voter, il doit Ă©galement ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales.

En fonction du type d’élection, le vote peut avoir lieu par correspondance, par procuration ou directement au bureau de vote.

Une personne en détention provisoire a plusieurs droits familiaux qui lui permettent de maintenir un lien avec ses proches.

Un détenu peut-il se marier ou se pacser en prison ?

Une personne en détention provisoire a le droit de se marier ou de conclure un pacte civil de solidarité (Pacs).

  • Le dĂ©tenu qui souhaite se marier en prison doit en faire la demande au chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire ou au directeur des services pĂ©nitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) de la prison.

    La demande doit ĂȘtre Ă©crite et ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :

    • PiĂšce d'identitĂ© (carte d'identitĂ©, passeport, etc.)
    • PiĂšce d'identitĂ© de sa future femme ou de son futur Ă©poux
    • PiĂšce d'identitĂ© de chaque tĂ©moin
    • Acte de naissance mentionnant la filiation de chaque futur mariĂ©
    • Justificatif de domiciles pour les 2 parties. S'il n'a pas de domicile Ă  l'extĂ©rieur de la prison, le condamnĂ© peut fournir une attestation de domicile au sein de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

      À savoir

    Un dĂ©tenu de nationalitĂ© Ă©trangĂšre peut se marier en prison mĂȘme s’il n’a pas de titre de sĂ©jour valide. Il doit fournir les mĂȘmes documents qu’un dĂ©tenu français ainsi qu’un certificat de coutume.

    La demande est transmise au procureur de la République qui autorise le mariage.

    S'il estime que cet évÚnement est impossible, il peut s'y opposer (par exemple, c'est le cas si l'un des futurs époux est mineur).

    Le mariage est célébré en prison par un agent de mairie.

    Le futur époux (ou la future épouse) de la personne détenue et les témoins de mariage doivent tous solliciter un permis de visite pour pouvoir entrer dans la prison.

     Ă€ noter

    Le détenu peut demander au chef de l'établissement pénitentiaire que les personnes présentes lors du mariage apportent des fleurs, de la nourriture et un appareil photo.

  • Le dĂ©tenu qui souhaite conclure un Pacs doit en faire la demande au chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire ou au directeur du service pĂ©nitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de la prison.

    Cette demande doit ĂȘtre Ă©crite et ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :

    • PiĂšce d'identitĂ© du dĂ©tenu (carte d'identitĂ©, passeport)
    • PiĂšce d'identitĂ© du futur partenaire de Pacs
    • Justificatif de domicile pour les 2 parties. S'il n'a pas de domicile Ă  l'extĂ©rieur de la prison, le dĂ©tenu peut fournir une attestation de domicile au sein de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

    Le dossier est ensuite transmis au procureur de la République et à la mairie de la commune dans laquelle se trouve l'établissement pénitentiaire.

    L'officier d'état civil se déplace dans la prison pour enregistrer le Pacs. Pour participer à cet évÚnement, le partenaire de la personne incarcérée doit obtenir un permis de visite.

     Ă€ noter

    Le détenu peut demander l'enregistrement du Pacs par un notaire. Dans ce cas, le notaire doit solliciter un permis de visite pour pouvoir dresser le contrat de Pacs au sein de la prison. La démarche est aux frais du détenu.

Un dĂ©tenu peut-il garder l’autoritĂ© parentale sur son enfant mineur ?

En principe, l'incarcération d'une personne n'entraßne pas le retrait de l'autorité parentale.

La personne incarcérée continue d'exercer l'autorité parentale sur ses enfants.

Ainsi, elle reste responsable de leur éducation et peut prendre des décisions importantes les concernant (exemple : décisions concernant les soins médicaux apportés à l'enfant).

NĂ©anmoins, le dĂ©tenu peut ĂȘtre dĂ©chu de l'autoritĂ© parentale, notamment s'il est poursuivi ou condamnĂ© pour avoir commis un crime ou de dĂ©lit sur son enfant, sur son Ă©poux, son concubin ou son partenaire de Pacs.

 Ă€ noter

Le juge aux affaires familiales peut Ă©galement prononcer le retrait de l'exercice de l'autoritĂ© parentale. Dans ce cas, la personne incarcĂ©rĂ©e conserve le droit d’ĂȘtre informĂ©e des dĂ©cisions importantes concernant l’enfant ainsi qu’un droit de visite et de correspondance, sauf motif grave (exemple : violences sur l'enfant).

Quels sont les droits d’une mĂšre dĂ©tenue sur son jeune enfant ?

Les femmes incarcérées peuvent garder leurs enfants auprÚs d'elles jusqu'à l'ùge de 18 mois.

Les mÚres et leurs enfants sont accueillis dans des espaces spécialement aménagés dans la prison.

  À savoir

Si la mÚre est en détention provisoire, son transfert dans un établissement doté de tels locaux nécessite l'accord du magistrat chargé de son affaire (exemple : juge d'instruction).

Si une mÚre souhaite garder son enfant avec elle au-delà de ses 18 mois, elle doit en faire la demande par écrit.

La mÚre incarcérée peut donner la demande à son CPIP pour qu'il la transmette au directeur interrégional des services pénitentiaires.

Le directeur interrégional des services pénitentiaires prend une décision aprÚs avoir recueilli l'avis d'une commission consultative.

Avant d'émettre son avis, la commission doit auditionner la mÚre ou son avocat et, si possible, toute autre personne titulaire de l'autorité parentale ou son avocat.

En savoir plus sur le rÎle de la mÚre lorsque son enfant a besoin de soins médicaux urgents

Un détenu peut-il sortir de prison en cas d'évÚnement familial important ?

En cas d'évÚnement familial important (exemple : maladie grave, décÚs d'un proche ou naissance d'un enfant), le prévenu (ou l'accusé) peut demander une autorisation de sortie sous escorte.

La demande de sortie sous escorte prend la forme d'une requĂȘte. Elle doit ĂȘtre adressĂ©e au greffe du juge d'instruction chargĂ© de l'affaire.

S'il accorde cette sortie sous escorte, le juge fixe un délai pendant lequel le prévenu (ou l'accusé) peut sortir de prison. En général, ce délai est de quelques heures.

Durant la sortie, cette personne est surveillĂ©e par une escorte composĂ©e de membres du personnel de surveillance de la prison, de policiers ou de gendarmes. Elle peut Ă©galement ĂȘtre menottĂ©e.

  À savoir

La décision du juge d'instruction peut faire l'objet d'un recours devant le président de la chambre de l'instruction, dans un délai de 24 heures suivant la notification de la décision.

Le détenu, par le biais de son avocat, doit adresser une déclaration d'appel au greffe de la chambre de l'instruction.

OĂč s’adresser ?

Un détenu peut-il demander à changer de prison pour se rapprocher de sa famille ?

Une personne en dĂ©tention provisoire qui souhaite se rapprocher gĂ©ographiquement de sa famille, peut demander Ă  ĂȘtre transfĂ©rĂ©e dans un autre Ă©tablissement pĂ©nitentiaire. Le transfert peut uniquement avoir lieu si l’information judiciaire est terminĂ©e.

Pour ĂȘtre transfĂ©rĂ©, le dĂ©tenu doit adresser une lettre Ă©crite au directeur interrĂ©gional des services pĂ©nitentiaires (DISP), par le biais du personnel de l’établissement pĂ©nitentiaire dans lequel il se trouve.

Cette lettre doit expliquer les difficultés que l'éloignement entraßne pour les visites et le maintien des liens familiaux.

Elle doit aussi prĂ©ciser certaines informations telles que le lieu de rĂ©sidence de la famille, les liens familiaux avec les personnes concernĂ©es, le secteur gĂ©ographique dans lequel le dĂ©tenu souhaite ĂȘtre transfĂ©rĂ©, etc.

Cette lettre doit ĂȘtre accompagnĂ©e de tous documents permettant de justifier le transfert (exemple : livret de famille, acte de mariage, titres de transport utilisĂ©s par la famille, etc.)

La demande est examinĂ©e par le juge chargĂ© de l’affaire et le directeur interrĂ©gional des services pĂ©nitentiaires.

 Ă€ noter

Dans certains cas, la demande est examinĂ©e par le ministre de la Justice (par exemple, pour les auteurs d’actes terroristes).

Si le juge et le DISP donnent un avis favorable au transfert, le dĂ©tenu change d’établissement pĂ©nitentiaire jusqu’à son jugement.

Si le juge chargĂ© de l’affaire rend un avis dĂ©favorable, le dĂ©tenu peut contester cette dĂ©cision devant le prĂ©sident de la chambre de l’instruction.

La personne en détention provisoire a le droit à des prestations sociales. Si elle est démunie, elle peut également bénéficier d'aides attribuées par l'administration pénitentiaire.

Lorsqu’elle sort de prison, elle peut Ă©ventuellement obtenir un hĂ©bergement d’urgence.

  À savoir

Le prévenu (ou l'accusé) est informé de ses droits sociaux par son conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP).

De quelles prestations sociales peut bénéficier le détenu ?

Une personne dĂ©tenue peut bĂ©nĂ©ficier des mĂȘmes prestations sociales que toute autre personne.

Cependant, le versement de ces prestations répond à des conditions particuliÚres lorsque la personne est incarcérée.

Pour percevoir ces aides, le dĂ©tenu doit signaler son incarcĂ©ration Ă  la Caf. S'il ne le fait pas, il peut lui ĂȘtre demandĂ© de rembourser les sommes qui lui ont Ă©tĂ© versĂ©es durant son emprisonnement.

 Ă€ noter

Les détenus affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA) doivent également signaler leur entrée en prison à cet organisme.

Pour accomplir les démarches nécessaires, le détenu condamné peut demander de l'aide à son CPIP.

 Ă€ noter

Les détenus qui travaillent en prison ou qui suivent une formation professionnelle ont également des droits sociaux (assurance maladie, retraite, etc.). Pour cette raison, ils doivent payer des cotisations sociales.

Quelles aides peuvent ĂȘtre attribuĂ©es au dĂ©tenu par l’administration pĂ©nitentiaire ?

Un détenu qui n'a pas de ressource financiÚre peut bénéficier de différentes aides attribuées par l'administration pénitentiaire.

Avant de verser ces aides, une commission examine la situation du détenu : elle vérifie notamment les sommes que la personne détenue a reçues de la part de ses proches ou de tout organisme public (exemple : la Caf).

Puis, le chef de l’établissement pĂ©nitentiaire rend une dĂ©cision qui indique si le dĂ©tenu a le droit, ou non, aux aides accordĂ©es par l’administration pĂ©nitentiaire. Cette dĂ©cision est notifiĂ©e au dĂ©tenu.

Les aides peuvent prendre 2 formes : aides en nature, aide financiÚre.

Aide en nature (fournitures gratuites)

Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour subvenir à ses besoins, l'administration pénitentiaire peut notamment lui fournir :

  • Un kit d’hygiĂšne (savon, dentifrice, rasoir, etc.) par mois
  • Des vĂȘtements de rechange
  • Un accĂšs Ă  la tĂ©lĂ©vision
  • Un rĂ©frigĂ©rateur
  • Du matĂ©riel pour Ă©crire (papier, stylo, enveloppes, timbres).

Un détenu est considéré comme démuni lorsque les 3 conditions suivantes sont réunies :

  • La part disponible de son compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours est infĂ©rieure Ă  100 €
  • La part disponible du compte nominatif pendant le mois courant est infĂ©rieure Ă  100 €
  • Le montant cumulĂ© de ses dĂ©penses, pendant le mois en cours, est infĂ©rieur Ă  100 €.

Exemple

Nous sommes en fĂ©vrier 2026. En janvier 2026, la personne dĂ©tenue avait 47 € sur son compte nominatif. Ce mois-ci, elle a reçu un virement de la part de sa famille d'un montant de 50 €. Les 2 premiĂšres conditions sont remplies. Le 15 fĂ©vrier, elle fait 2 achats Ă  la cantine pour un montant total de 30 €. Elle peut donc bĂ©nĂ©ficier de l'aide en nature de l'administration pĂ©nitentiaire.

Aide financiĂšre

Si le détenu n'a pas d'argent, l'administration pénitentiaire peut lui verser une aide financiÚre dont le montant s'élÚve à :

  • 20 € lors de son entrĂ©e en prison
  • 30 € par mois durant sa dĂ©tention.

  À savoir

Si le dĂ©tenu reçoit la visite de ses proches en unitĂ© de vie familiale (UVF), il peut recevoir la somme de 12 € par personne prĂ©sente (enfant, conjoint, etc.), pour chaque durĂ©e de 24 heures. Cette somme sert Ă  acheter des produits Ă  la cantine. Par exemple, si le dĂ©tenu reçoit son fils pendant 48 heures, il peut recevoir 24 € pour cantiner.

Un détenu est considéré comme démuni lorsque les 3 conditions suivantes sont réunies :

  • La part disponible de son compte nominatif pendant le mois prĂ©cĂ©dant le mois en cours est infĂ©rieure Ă  60 €
  • La part disponible du compte nominatif pendant le mois courant est infĂ©rieure Ă  60 €
  • Le montant cumulĂ© de ses dĂ©penses, pendant le mois en cours, est infĂ©rieur Ă  60 €.

Exemple

Nous sommes en fĂ©vrier 2026. En janvier 2026, la personne dĂ©tenue avait 27 € sur son compte nominatif. Ce mois-ci, elle a reçu un virement de la part de sa famille d'un montant de 30 €. Les 2 premiĂšres conditions sont remplies. Le 20 fĂ©vrier, elle fait 2 achats Ă  la cantine pour un montant total de 30 €. Elle peut donc bĂ©nĂ©ficier de l'aide financiĂšre de l'administration pĂ©nitentiaire.

Un prévenu (ou un accusé) peut obtenir des soins lorsqu'il est malade. Ses frais de santé sont pris en charge par l'Assurance maladie.

Comment obtenir un rendez-vous médical en prison ?

Au sein de chaque établissement pénitentiaire, il existe une unité sanitaire en milieu pénitentiaire (USMP).

Cette unité travaille avec les hÎpitaux publics. Elle est composée de médecins généralistes, de spécialistes (exemple : gynécologues), de dentistes, de psychologues, d'infirmiers, etc.

Lorsqu'une personne entre en prison, une visite mĂ©dicale est organisĂ©e. À ce moment, la personne peut indiquer les problĂšmes de santĂ© qu'elle rencontre et/ou les traitements qu'elle suit.

Par la suite, la personne détenue peut prendre un rendez-vous médical en adressant un courrier au personnel de l'USMP. Une boßte aux lettres dédiée est placée dans chaque établissement pénitentiaire. Les courriers sont uniquement lus par le personnel soignant. Il est tenu au secret médical.

  À savoir

Lorsque le dĂ©tenu est placĂ© en cellule disciplinaire, un mĂ©decin de l’USMP vient lui rendre visite Ă  chaque fois qu’il l’estime nĂ©cessaire et, au moins 2 fois par semaine.

Chaque consultation avec le personnel de l’USMP est gratuite et les mĂ©dicaments nĂ©cessaires sont fournis par l'administration pĂ©nitentiaire.

Le rÚglement intérieur de chaque prison indique les horaires d'ouverture de l'USMP.

Lorsqu’elle fait une demande de consultation, la personne dĂ©tenue est tenue informĂ©e de la date et de l’heure de ce rendez-vous. Elle doit s’y rendre et ĂȘtre ponctuelle.

Si son Ă©tat le nĂ©cessite, elle peut ĂȘtre conduite Ă  l'hĂŽpital public dont dĂ©pend l'USMP.

 Ă€ noter

Il est possible de demander un rendez-vous médical avec son médecin traitant ou un spécialiste non désigné par l'administration pénitentiaire (exemple : gynécologue). Pour cela, le détenu doit avoir obtenu l'autorisation du directeur interrégional des services pénitentiaires. La consultation sera à la charge du détenu.

Par ailleurs, le dĂ©tenu qui a besoin d’une prise en charge particuliĂšre peut demander son transfert vers un Ă©tablissement pĂ©nitentiaire plus adaptĂ© Ă  son Ă©tat de santĂ©. S’il est en dĂ©tention provisoire, son transfert doit notamment ĂȘtre autorisĂ© par le juge chargĂ© de son dossier.

Les frais de santé du détenu sont-ils pris en charge ?

Un dĂ©tenu est rattachĂ© au rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la sĂ©curitĂ© sociale. Il bĂ©nĂ©ficie donc d'une prise en charge de ses frais de santĂ© Ă  partir du moment oĂč il est Ă©crouĂ©.

Le détenu n'a pas de démarche à effectuer auprÚs de l'Assurance Maladie. C'est l'établissement pénitentiaire qui effectue les formalités nécessaires à partir des éléments qui lui ont été communiqués lors de la mise sous écrou.

La personne écrouée bénéficie du tiers-payant : elle n'a donc aucun frais de santé à avancer.

Elle peut demander à bénéficier de la complémentaire santé solidaire (CSS).

 Ă€ noter

Si elle exerce une activité professionnelle en prison, cette prise en charge est assurée par le régime d'assurance maladie dont relÚve cette activité.

Une personne en détention provisoire peut voter par procuration ou par correspondance.

Pour cela, elle doit ĂȘtre inscrite sur les listes Ă©lectorales.

 Attention :

Les droits dont bĂ©nĂ©ficient les dĂ©tenus condamnĂ©s ne sont pas les mĂȘmes que ceux accordĂ©s aux personnes placĂ©es en dĂ©tention provisoire (appelĂ©es « prĂ©venu » ou « accusé »).

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