Fiche pratique
Libération conditionnelle
Vérifié le 20/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
La libération conditionnelle est un aménagement de peine décidé par les juridictions de l'application des peines. Elle permet au condamné de terminer sa peine en dehors de l'établissement pénitentiaire tout en restant contraint à des obligations. Le condamné reste suivi par le juge de l'application des peines et un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP). Pour pouvoir demander une libération conditionnelle, il est nécessaire de remplir certaines conditions. Voici les informations à connaßtre.
De maniÚre générale, le détenu peut demander une libération conditionnelle s'il a effectué un certain temps en prison, qu'il a fait des efforts sérieux de réadaptation sociale (exemple : travail en prison, apprentissage de la lecture et de l'écriture) et qu'il présente certaines garanties.
Dans certains cas particuliers, le condamnĂ© peut ĂȘtre mis en libertĂ© conditionnelle sans avoir Ă rĂ©pondre Ă ces conditions. C'est le cas :
- Lorsqu'il est ùgé de plus de 70 ans
- Lorsqu'il est le parent d'un enfant de moins de 10 ans ou, s'il s'agit d'une femme, qu'elle est enceinte
- Lorsqu'il est gravement malade.
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Conditions tenant au temps passé en prison
La personne détenue peut bénéficier d'une libération conditionnelle lorsqu'elle a effectué au moins la moitié de sa peine en prison, dans la limite de :
- 15 ans pour un délinquant primaire
- 20 ans pour les délinquants en état de récidive.
La personne condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité peut obtenir une libération conditionnelle lorsqu'elle a effectué :
- 18 ans de prison pour les délinquants primaires
- 22 ans de prison pour les délinquants récidivistes.
Conditions tenant à la personne condamnéeLe condamné doit également prouver qu'il fait des efforts sérieux de réadaptation sociale (exemple : travail en détention, suivi d'un traitement, etc.) et garantir l'un des éléments suivants :
- Exercice d'une activité professionnelle, suivi d'un stage ou d'un enseignement
- Suivi d'une formation professionnelle
- Participation essentielle à la vie de sa famille (sa présence est essentielle pour l'éducation d'un enfant par exemple)
- Nécessité de suivre un traitement médical
- Efforts dans le but d'indemniser les victimes
- Implication dans un projet sérieux d'insertion ou de réinsertion (par exemple, une activité de bénévolat ou associative).
Ă noter
Le fait d'avoir un logement à la sortie de prison est essentiel pour obtenir une libération conditionnelle.
Connaßtre les conditions particuliÚres pour certains condamnés
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Si la personne condamnée a plus de 70 ans, elle peut obtenir une libération conditionnelle quelle que soit la durée de la peine qui lui reste à effectuer.
La libération conditionnelle lui est accordée dÚs lors que sa réinsertion est assurée (par exemple, elle suit une thérapie).
Le condamné doit justifier qu'il bénéficiera d'un logement ou qu'il sera pris en charge (exemple : en maison de retraite) à sa sortie de prison.
Attention :
Une telle libération n'est pas accordée en cas de risque de renouvellement de l'infraction ou de trouble grave à l'ordre public.
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La personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 4 ans ou pour laquelle il reste 4 ans de prison à accomplir peut bénéficier d'une libération conditionnelle dans 2 situations :
- Elle dispose de l'autorité parentale sur un enfant de moins de 10 ans qui réside habituellement à son domicile
- Elle est enceinte depuis plus de 12 semaines.
Toutefois, la libĂ©ration conditionnelle ne peut pas ĂȘtre accordĂ©e Ă la personne condamnĂ©e pour un crime ou un dĂ©lit commis sur un mineur.
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Le condamné atteint d'une maladie grave peut bénéficier d'une suspension de peine. Cela signifie qu'il est libéré de prison aussi longtemps que sa maladie reste grave.
Un an aprÚs le début de la suspension de peine, le condamné fait l'objet d'une expertise médicale.
Il peut obtenir une libération conditionnelle si les 2 conditions suivantes sont réunies :
- L'expertise médicale démontre que son état de santé (physique ou mental) est incompatible avec l'incarcération
- Le condamné bénéficie d'une prise en charge adaptée à sa maladie.
Ă savoir
La suspension de peine n'est pas accordée s'il existe un risque grave de renouvellement de l'infraction.
Demande
DÚs qu'il est admissible à la libération conditionnelle, le condamné est prévenu par le greffe de l'établissement pénitentiaire dont il dépend.
à partir de ce moment, le détenu peut faire une demande de libération conditionnelle.
La demande est faite par requĂȘte signĂ©e par le condamnĂ© et/ou son avocat.
Elle peut ĂȘtre transmise par lettre RAR ou remise en main propre :
- Au greffe du Jap du tribunal judiciaire dans le ressort duquel la personne est incarcérée ou domiciliée
- Ou au chef de l'établissement pénitentiaire dans lequel le condamné est incarcéré.
Ă savoir
Durant toute la procĂ©dure, le condamnĂ© peut ĂȘtre assistĂ© d'un avocat. S'il n'a pas les ressources financiĂšres suffisantes pour engager un avocat, il peut Ă©ventuellement obtenir l'aide juridictionnelle.
Traitement de la demande
Le juge de l'application des peines est compétent pour accorder une libération conditionnelle aux condamnés à une peine privative de liberté inférieure à 10 ans ou pour lesquels il ne reste que 3 ans de prison à accomplir.
Si la peine privative de libertĂ© est supĂ©rieure Ă 10 ans, la demande est traitĂ©e par les juges du tribunal de l'application des peines. Il en est de mĂȘme pour les personnes condamnĂ©es pour un acte de terrorisme (hors provocation ou apologie au terrorisme) ou pour celles condamnĂ©es Ă une peine dâau moins 5 ans de prison pour avoir commis une infraction relevant de la criminalitĂ© organisĂ©e.
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Ă la suite de la demande de libĂ©ration conditionnelle, le Jap mĂšne une enquĂȘte. Dans un dĂ©lai de 4 mois Ă compter de la demande, il organise un dĂ©bat contradictoire, au cours duquel le condamnĂ© et/ou son avocat peut faire des observations.
Ă noter
Si le condamné et le procureur de la République sont d'accord, le Jap peut accorder la libération conditionnelle sans qu'un débat contradictoire ait lieu.
AprÚs ce débat, le Jap rend un jugement motivé par lequel il accorde ou refuse la libération conditionnelle.
Le condamné peut faire un recours contre cette décision en saisissant la chambre de l'application des peines dont dépend le Jap qui a rendu le jugement. Il dispose d'un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement.
OĂč sâadresser ?
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La libération conditionnelle est décidée par les juges du tribunal de l'application des peines lorsque la personne a été condamnée à  :
- Une peine de plus de 10 ans de prison
- La réclusion criminelle à perpétuité, peu importe le temps de prison restant à accomplir
- Une peine de réclusion criminelle de plus de 15 ans pour laquelle un suivi-socio judiciaire est encouru, peu importe le temps de prison restant à accomplir.
Avant d'examiner la demande, les juges du Tap doivent obtenir l'avis dâun reprĂ©sentant de l'administration pĂ©nitentiaire et d'une commission chargĂ©e d'Ă©valuer la dangerositĂ© du condamnĂ©.
Les juges doivent Ă©galement entendre le procureur de la RĂ©publique, le condamnĂ©e et/ou son avocat au cours d'un dĂ©bat contradictoire. Ce dĂ©bat doit ĂȘtre organisĂ© dans un dĂ©lai de 6 mois Ă compter de la demande.
Ă noter
Le dĂ©bat peut avoir lieu au sein de lâĂ©tablissement pĂ©nitentiaire dans lequel se trouve le dĂ©tenu. Il peut ĂȘtre effectuĂ© par visioconfĂ©rence.
Les juges du Tap rendent un jugement motivé par lequel ils accordent ou refusent la libération conditionnelle.
Le condamné peut faire un recours contre cette décision en saisissant la chambre de l'application des peines dont dépend les juges du Tap qui ont rendu le jugement. Il dispose d'un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
La libĂ©ration conditionnelle peut Ă©galement ĂȘtre accordĂ©e sans demande du condamnĂ©. Dans ce cas, il faut que le Tap ait Ă©tĂ© saisi par le Jap ou le procureur de la RĂ©publique.
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Quelle que soit la durĂ©e de la peine de prison restant Ă accomplir, la libĂ©ration conditionnelle est dĂ©cidĂ©e par les juges du tribunal de l'application des peines lorsque la personne a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă lâune des peines suivantes :
- Peine privative de liberté pour avoir commis un acte de terrorisme
- Peine privative de libertĂ© dâau moins 5 ans pour avoir commis un acte relevant de la criminalitĂ© organisĂ©e.
Avant d'examiner la demande, les juges du Tap doivent obtenir l'avis dâun reprĂ©sentant de l'administration pĂ©nitentiaire et d'une commission chargĂ©e d'Ă©valuer la dangerositĂ© du condamnĂ©.
Les juges doivent Ă©galement entendre le procureur de la RĂ©publique, le condamnĂ©e et/ou son avocat au cours d'un dĂ©bat contradictoire. Ce dĂ©bat doit ĂȘtre organisĂ© dans un dĂ©lai de 6 mois Ă compter de la demande.
Ă noter
Le dĂ©bat peut avoir lieu au sein de lâĂ©tablissement pĂ©nitentiaire dans lequel se trouve le dĂ©tenu. Il peut ĂȘtre effectuĂ© par visioconfĂ©rence.
Les juges du Tap rendent un jugement motivé par lequel ils accordent ou refusent la libération conditionnelle.
Le condamné peut faire un recours contre cette décision en saisissant la chambre de l'application des peines dont dépend les juges du Tap qui ont rendu le jugement. Il dispose d'un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
La libĂ©ration conditionnelle peut Ă©galement ĂȘtre accordĂ©e sans demande du condamnĂ©. Dans ce cas, il faut que le Tap ait Ă©tĂ© saisi par le Jap ou le procureur de la RĂ©publique.
Durant la libération conditionnelle, le condamné est assisté et contrÎlé par le Jap et un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation.
Il doit se soumettre à des obligations et interdictions fixées dans le jugement qui lui a accordé une libération conditionnelle. Ces mesures sont applicables pendant une durée limitée.
Quelles sont les obligations et interdictions liées à la libération conditionnelle ?
Le condamnĂ© peut notamment ĂȘtre obligĂ© Ă Â :
- Répondre aux convocations du Jap
- Recevoir les visites d'un CPIP
- Se domicilier dans un logement déterminé
- Prévenir le service pénitentiaire d'insertion et de probation de ses changements d'emploi et de domicile
- Prévenir le SPIP de tous ses déplacements de plus de 15 jours
- Indemniser les victimes
- Justifier qu'il paye les sommes dues au Trésor Public
- Se soumettre à une injonction de soins s'il a été condamné pour une infraction faisant encourir un suivi socio-judiciaire.
Il peut Ă©galement lui ĂȘtre interdit de :
- Fréquenter certains endroits déterminés (exemple : débit de boisson)
- Fréquenter certaines personnes (exemple : victime ou complice)
- Utiliser un compte de réseau social pour une durée maximale de 6 mois.
Ă savoir
Dans certains cas, il est possible que la personne qui bĂ©nĂ©ficie dâune libĂ©ration conditionnelle soit placĂ©e sous bracelet Ă©lectronique.
En savoir plus sur le placement sous bracelet électronique
Quelle est la durée des obligations et interdictions liées à la libération conditionnelle ?
Le Jap ou les juges du Tap fixent la durée pendant laquelle le condamné doit respecter ces obligations et interdictions.
La durée des mesures est plus ou moins longue en fonction de la peine prononcée contre le détenu.
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La durée de ces mesures ne peut pas dépasser de plus d'un an la durée de la peine restant à accomplir dans le cadre de la libération conditionnelle.
De plus, ces mesures sont applicables pour une durée de 10 ans maximum.
Exemple
Si la libĂ©ration conditionnelle est accordĂ©e pour 5 ans, la personne condamnĂ©e peut ĂȘtre obligĂ©e de respecter les mesures fixĂ©es par le Jap, pendant 6 ans maximum. En revanche, si la libĂ©ration conditionnelle est accordĂ©e pour 11 ans, le condamnĂ© sera soumis Ă des obligations et interdictions pour une durĂ©e de 10 ans maximum.
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Si le condamné a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, ces mesures lui sont applicables pour une durée allant de 5 à 10 ans à compter sa mise en liberté conditionnelle.
Peut-on demander la modification des obligations liées à une libération conditionnelle ?
La personne condamnée peut demander à ce que les obligations et interdictions auxquelles elle est soumise soient modifiées.
La demande est faite par requĂȘte signĂ©e par le condamnĂ© ou son avocat.
Elle peut ĂȘtre transmise par lettre RAR ou remise en main propre :
- Au greffe du Jap du tribunal judiciaire dans le ressort duquel la personne est incarcérée ou domiciliée
- Ou au chef de l'établissement pénitentiaire dans lequel le condamné est incarcéré.
La libĂ©ration conditionnelle peut se terminer soit Ă la fin du dĂ©lai d'Ă©preuve sâil nây a pas eu dâincident, soit pendant le dĂ©lai d'Ă©preuve si le condamnĂ© n'a pas respectĂ© ses obligations ou a commis une nouvelle infraction.
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Si aucun incident n'est intervenu pendant le délai d'épreuve, la libération conditionnelle s'achÚve et la personne est définitivement libérée.
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Lorsque la personne condamnée ne respecte pas les obligations et interdictions auxquelles elle était soumise pendant le délai d'épreuve, les juridictions de l'application des peines peuvent annuler la libération conditionnelle.
Il en est de mĂȘme si elle commet une nouvelle infraction pendant ce dĂ©lai.
L'annulation de cet aménagement de peine est décidée aprÚs un débat contradictoire au cours duquel la personne condamnée (et/ou son avocat) peut faire des observations.
En cas d'annulation, la personne condamnée retourne en prison pour la durée de la peine qui lui restait à accomplir au moment de sa mise en liberté conditionnelle.
Si l'annulation est due à la commission d'une nouvelle infraction, la peine prononcée pour cette infraction se cumule à la durée de la peine restant à subir au moment de la mise en liberté conditionnelle. Par exemple, si le reste à subir est de 2 ans et que la peine prononcée est de 3 ans de prison, le condamné restera 5 ans dans l'établissement pénitentiaire.
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Code de procédure pénale : articles 729 à 733
Procédure de libération conditionnelle
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Code de procédure pénale : article 712-7
Compétence du tribunal de l'application des peines
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Code de procédure pénale : article D524
Délai pour examiner la demande de libération conditionnelle
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Code de procédure pénale : article D535 à D542
Obligations et interdictions de la libération conditionnelle
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Code de procédure pénale : article D49-11
ModalitĂ©s de demande dâune libĂ©ration conditionnelle
Et aussi
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Justice
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Justice
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Justice