L'enquĂȘte doit permettre Ă la police judiciaire de vĂ©rifier l'existence d'une infraction Ă la loi pĂ©nale, de rassembler les preuves et de rechercher les suspects.
La police judiciaire exerce ses missions sous le contrÎle du procureur de la République.
DÚs qu'un suspect est identifié, la police judiciaire doit informer le procureur de la République.
Durant l'enquĂȘte, la police judiciaire doit respecter plusieurs principes :
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Secret de l'enquĂȘte (pour protĂ©ger les preuves et les tĂ©moignages ou Ă©viter les pressions de l'opinion publique)
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Loyauté de la preuve (qui interdit certains stratagÚmes comme par exemple placer un micro dans une cellule de garde à vue).
Tous les actes que les agents et officiers de police judiciaire rĂ©alisent pendant leur enquĂȘte sont transcrits dans des procĂšs-verbaux.
Ă savoir
Ă tout moment de l'enquĂȘte, le procureur de la RĂ©publique peut indiquer au suspect, Ă la victime ou Ă l'avocat qu'une copie de tout ou partie du dossier est mise Ă leur disposition.
Le suspect peut demander une copie de tout ou partie du dossier au procureur de la République si l'une de ces conditions est remplie :
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Une audition libre ou une garde Ă vue a eu lieu il y a plus d'un an
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Une perquisition a eu lieu chez lui il y a plus d'un an
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Il y a eu atteinte à sa présomption d'innocence par un moyen de communication public (sauf si son avocat ou lui est à l'origine de la communication, par une déclaration dans la presse par exemple).
Auditions et interrogatoires
Durant l'enquĂȘte, la victime peut de nouveau ĂȘtre auditionnĂ©e. Elle peut Ă©galement ĂȘtre confrontĂ©e au suspect.
Le suspect, s'il est identifiĂ©, peut ĂȘtre entendu en audition libre ou placĂ© en garde Ă vue.
Les tĂ©moins peuvent ĂȘtre auditionnĂ©s par la police judiciaire.
Le procureur peut demander des renseignements sur la situation matĂ©rielle, familiale et sociale de la personne visĂ©e par l'enquĂȘte.
Toute personne convoquée par les services de police ou de gendarmerie doit se présenter. Faute de quoi, sur autorisation du procureur, l'OPJ peut contraindre la comparution de la personne par la force publique.
Le suspect, la victime ou l'avocat peuvent formuler des observations et faire des demandes actes complémentaires au procureur de la République.
Les questions et réponses des personnes auditionnées sont écrites dans les procÚs-verbaux.
Ă savoir
Ă tout moment de l'enquĂȘte, la victime peut demander Ă ĂȘtre entendue par la police judiciaire.
Autres actes d'enquĂȘte
La police judiciaire peut faire des perquisitions et saisir des preuves (du matériel informatique, par exemple).
Ă savoir
Ă tout moment de l'enquĂȘte, la victime peut elle-mĂȘme fournir des preuves aux services d'enquĂȘte.
La police judiciaire peut faire appel Ă des experts pour des examens techniques.
Exemple
Pour demander Ă un expert d'exploiter un disque dur saisi lors d'une perquisition.
La police judiciaire peut demander des expertises scientifiques.
Exemple
Pour demander Ă un expert d'examiner l'ADN sur une piĂšce Ă conviction.
La police judiciaire peut Ă©galement adresser des demandes, appelĂ©es rĂ©quisitions, auprĂšs d'autres organismes privĂ©s ou publics. Ces demandes doivent permettre d'obtenir des informations utiles pour l'enquĂȘte.
Exemple
Adresser une réquisition à un opérateur téléphonique pour obtenir le relevé des appels téléphoniques émis ou reçus sur un numéro de téléphone.
La police judiciaire peut procéder à des mesures dites « de surveillance secrÚte » comme des écoutes téléphonique, une surveillance visuelle ou des techniques de géolocalisation.
Dans une enquĂȘte prĂ©liminaire, certains actes (expertises, examens ...) doivent ĂȘtre demandĂ©s ou autorisĂ©s par le procureur de la RĂ©publique.
Dans une enquĂȘte de flagrance, l'OPJ peut faire ces actes sans avoir Ă demander l'autorisation du procureur de la RĂ©publique.
Durée
Le procureur de la RĂ©publique fixe le dĂ©lai dans lequel l'enquĂȘte doit ĂȘtre effectuĂ©e.
En fonction de la complexitĂ© et de la gravitĂ© d'une affaire, une enquĂȘte peut durer plusieurs semaines, plusieurs mois ou mĂȘme parfois plusieurs annĂ©es.
Cependant, la police judiciaire doit veiller à ne pas dépasser les délais de prescription entre chacun de ses actes (auditions, interrogatoires...).
La durĂ©e de l'enquĂȘte prĂ©liminaire ne peut pas dĂ©passer 2 ans. Le point de dĂ©part de ce dĂ©lai est le jour de l'Ă©tablissement du premier procĂšs-verbal d'enquĂȘte (audition de la victime, perquisition...).
Le procureur de la République peut exceptionnellement prolonger ce délai d'1 an.
à l'issue de ces délais (2 ans + 1 an), une prolongation exceptionnelle d'un an est possible (renouvelable une fois).
La victime n'est pas forcĂ©ment informĂ©e de l'avancement de l'enquĂȘte. Elle peut interroger la police ou la gendarmerie ou bien le tribunal oĂč est enregistrĂ©e sa plainte pour ĂȘtre informĂ©e de son suivi.