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Question-réponse

Que se passe-t-il aprÚs un dépÎt de plainte ?

Vérifié le 13/05/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

AprĂšs l'enregistrement de votre dĂ©pĂŽt de plainte, un service de police ou de gendarmerie est chargĂ© d'enquĂȘter. L'enquĂȘte est constituĂ©e d'auditions de suspect et de la victime, de recherche de preuves... La dĂ©cision finale sur l'orientation de la plainte est prise par le procureur de la RĂ©publique. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

AprĂšs un dĂ©pĂŽt de plainte, l'enquĂȘte est confiĂ©e Ă  un service de police judiciaire.

 Attention :

Si vous avez dĂ©posĂ© une plainte avec constitution de partie civile, c'est le juge d'instruction qui mĂšne l'enquĂȘte et dĂ©cide de faire juger l'affaire ou non.

La police judiciaire désigne les services chargés de constater les infractions, d'en rassembler les preuves et de rechercher l'auteur des faits. Il s'agit souvent de la gendarmerie ou de la police nationale.

Plus rarement, l'enquĂȘte peut ĂȘtre confiĂ©e Ă  d'autres services de police judiciaire, comme les services des douanes.

Les missions de police judiciaire sont exercées par les personnes suivantes :

Selon la maniĂšre dont la victime dĂ©pose sa plainte, l'enquĂȘte ne dĂ©bute pas de la mĂȘme façon :

  • La police ou la gendarmerie peut se saisir d'office pour engager une enquĂȘte prĂ©liminaire, sans envoyer la plainte au procureur de la RĂ©publique. Dans ce cas, les OPJ doivent informer le procureur de la la RĂ©publique de l'avancement de celle-ci lorsqu'elle est commencĂ©e depuis plus de 6 mois.

    Lorsque la plainte est transmise au Procureur de la RĂ©publique, il peut ordonner une enquĂȘte prĂ©liminaire. Il fixe le dĂ©lai dans lequel elle doit ĂȘtre effectuĂ©e. Ce dĂ©lai ne peut pas dĂ©passer une durĂ©e de 2 ans.

    L'enquĂȘte prĂ©liminaire peut ĂȘtre prolongĂ©e d'un an sur autorisation Ă©crite et motivĂ©e du procureur de la RĂ©publique.

      À savoir

    Quand une plainte est dĂ©posĂ©e dans un service de police ou de gendarmerie territorialement incompĂ©tent, elle est transmise au service d'enquĂȘte territorialement compĂ©tent. C'est le cas par exemple quand la plainte est dĂ©posĂ©e dans le commissaire prĂšs duquel rĂ©side la victime, alors que ce n'est pas le lieu de commission de l'infraction ou de rĂ©sidence de l'auteur des faits.

  • AprĂšs rĂ©ception du courrier de plainte, le procureur de la RĂ©publique l'envoie au service de police judiciaire compĂ©tent, pour l'ouverture d'une enquĂȘte prĂ©liminaire.

    Si la plainte a Ă©tĂ© adressĂ©e Ă  un procureur qui n'est pas territorialement compĂ©tent, il doit transfĂ©rer la plainte au procureur soit du lieu de l'infraction, soit celui oĂč rĂ©side l'auteur des faits.

    Le procureur fixe le dĂ©lai dans lequel cette enquĂȘte doit ĂȘtre effectuĂ©e. Il peut prolonger le dĂ©lai Ă  la demande des enquĂȘteurs.

    L'enquĂȘte commence par l'audition du plaignant pour recueillir sa version des faits et obtenir des preuves.

L'enquĂȘte doit permettre Ă  la police judiciaire de vĂ©rifier l'existence d'une infraction Ă  la loi pĂ©nale, de rassembler les preuves et de rechercher les suspects.

La police judiciaire exerce ses missions sous le contrÎle du procureur de la République.

DÚs qu'un suspect est identifié, la police judiciaire doit informer le procureur de la République.

Durant l'enquĂȘte, la police judiciaire doit respecter plusieurs principes :

  • Secret de l'enquĂȘte (pour protĂ©ger les preuves et les tĂ©moignages ou Ă©viter les pressions de l'opinion publique)
  • LoyautĂ© de la preuve (qui interdit certains stratagĂšmes comme par exemple placer un micro dans une cellule de garde Ă  vue).

Tous les actes que les agents et officiers de police judiciaire rĂ©alisent pendant leur enquĂȘte sont transcrits dans des procĂšs-verbaux.

  À savoir

À tout moment de l'enquĂȘte, le procureur de la RĂ©publique peut indiquer au suspect, Ă  la victime ou Ă  l'avocat qu'une copie de tout ou partie du dossier est mise Ă  leur disposition.

Le suspect peut demander une copie de tout ou partie du dossier au procureur de la République si l'une de ces conditions est remplie :

  • Une audition libre ou une garde Ă  vue a eu lieu il y a plus d'un an
  • Une perquisition a eu lieu chez lui il y a plus d'un an
  • Il y a eu atteinte Ă  sa prĂ©somption d'innocence par un moyen de communication public (sauf si son avocat ou lui est Ă  l'origine de la communication, par une dĂ©claration dans la presse par exemple).

Auditions et interrogatoires

Durant l'enquĂȘte, la victime peut de nouveau ĂȘtre auditionnĂ©e. Elle peut Ă©galement ĂȘtre confrontĂ©e au suspect.

Le suspect, s'il est identifiĂ©, peut ĂȘtre entendu en audition libre ou placĂ© en garde Ă  vue.

Les tĂ©moins peuvent ĂȘtre auditionnĂ©s par la police judiciaire.

Le procureur peut demander des renseignements sur la situation matĂ©rielle, familiale et sociale de la personne visĂ©e par l'enquĂȘte.

Toute personne convoquée par les services de police ou de gendarmerie doit se présenter. Faute de quoi, sur autorisation du procureur, l'OPJ peut contraindre la comparution de la personne par la force publique.

Le suspect, la victime ou l'avocat peuvent formuler des observations et faire des demandes actes complémentaires au procureur de la République.

Les questions et réponses des personnes auditionnées sont écrites dans les procÚs-verbaux.

  À savoir

À tout moment de l'enquĂȘte, la victime peut demander Ă  ĂȘtre entendue par la police judiciaire.

Autres actes d'enquĂȘte

La police judiciaire peut faire des perquisitions et saisir des preuves (du matériel informatique, par exemple).

  À savoir

À tout moment de l'enquĂȘte, la victime peut elle-mĂȘme fournir des preuves aux services d'enquĂȘte.

La police judiciaire peut faire appel Ă  des experts pour des examens techniques.

Exemple

Pour demander Ă  un expert d'exploiter un disque dur saisi lors d'une perquisition.

La police judiciaire peut demander des expertises scientifiques.

Exemple

Pour demander Ă  un expert d'examiner l'ADN sur une piĂšce Ă  conviction.

La police judiciaire peut Ă©galement adresser des demandes, appelĂ©es rĂ©quisitions, auprĂšs d'autres organismes privĂ©s ou publics. Ces demandes doivent permettre d'obtenir des informations utiles pour l'enquĂȘte.

Exemple

Adresser une réquisition à un opérateur téléphonique pour obtenir le relevé des appels téléphoniques émis ou reçus sur un numéro de téléphone.

La police judiciaire peut procéder à des mesures dites « de surveillance secrÚte » comme des écoutes téléphonique, une surveillance visuelle ou des techniques de géolocalisation.

Dans une enquĂȘte prĂ©liminaire, certains actes (expertises, examens ...) doivent ĂȘtre demandĂ©s ou autorisĂ©s par le procureur de la RĂ©publique.

Dans une enquĂȘte de flagrance, l'OPJ peut faire ces actes sans avoir Ă  demander l'autorisation du procureur de la RĂ©publique.

Durée

Le procureur de la RĂ©publique fixe le dĂ©lai dans lequel l'enquĂȘte doit ĂȘtre effectuĂ©e.

En fonction de la complexitĂ© et de la gravitĂ© d'une affaire, une enquĂȘte peut durer plusieurs semaines, plusieurs mois ou mĂȘme parfois plusieurs annĂ©es.

Cependant, la police judiciaire doit veiller à ne pas dépasser les délais de prescription entre chacun de ses actes (auditions, interrogatoires...).

La durĂ©e de l'enquĂȘte prĂ©liminaire ne peut pas dĂ©passer 2 ans. Le point de dĂ©part de ce dĂ©lai est le jour de l'Ă©tablissement du premier procĂšs-verbal d'enquĂȘte (audition de la victime, perquisition...).

Le procureur de la République peut exceptionnellement prolonger ce délai d'1 an.

À l'issue de ces dĂ©lais (2 ans + 1 an), une prolongation exceptionnelle d'un an est possible (renouvelable une fois).

La victime n'est pas forcĂ©ment informĂ©e de l'avancement de l'enquĂȘte. Elle peut interroger la police ou la gendarmerie ou bien le tribunal oĂč est enregistrĂ©e sa plainte pour ĂȘtre informĂ©e de son suivi.

  À savoir

Une victime qui a déposé une plainte simple depuis plus de 3 mois peut à certaines conditions déposer une plainte avec constitution de partie civile auprÚs du juge d'instruction.

À la fin de l'enquĂȘte, le service de police judiciaire transmet l'intĂ©gralitĂ© des procĂšs-verbaux et du dossier au procureur de la RĂ©publique.

C'est au procureur de prendre une décision sur l'orientation à donner à l'affaire.

Avant de prendre sa dĂ©cision, le procureur de la RĂ©publique peut demander un complĂ©ment d'enquĂȘte s'il estime que l'enquĂȘte n'est pas complĂšte.

Décision du procureur de la République

Quand l'enquĂȘte lui paraĂźt terminĂ©e, le procureur de la RĂ©publique peut prendre une des dĂ©cisions suivantes :

Si l'enquĂȘte est complexe, le procureur de la RĂ©publique peut demander qu'une information judiciaire soit ouverte pour confier le dossier Ă  un juge d'instruction.

Dans ce cas, c'est le juge d'instruction qui dĂ©cide du renvoi du prĂ©venu ou de l'accusĂ© devant le tribunal ou la cour compĂ©tente pour ĂȘtre jugĂ©.

Information de la victime

Le procureur de la République doit informer la victime s'il décide de faire juger le suspect ou de procéder à une mesure alternative aux poursuites.

Lorsqu'il décide de classer sans suite la procédure, il avise également la victime de sa décision en indiquant les raisons juridiques ou d'opportunité qui la justifient.

Si le suspect doit ĂȘtre jugĂ©, le procureur propose Ă  la victime de se constituer partie civile pour demander une indemnisation pour la rĂ©paration de son prĂ©judice.

Elle n'est pas obligée de prendre un avocat.

La victime peut obtenir de l'aide auprĂšs d'un bureau d'aide aux victimes.

OĂč s’adresser ?

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