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Fiche pratique

Déroulement de la procédure devant le tribunal de police

Vérifié le 09/08/2024 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

Vous ĂȘtes poursuivi pour une contravention ou victime d’une contravention qui va ĂȘtre jugĂ©e au tribunal de police. Vous voulez savoir comment se dĂ©roule une affaire devant le tribunal de police ? Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Le tribunal de police juge les auteurs de contraventions de police de la 1re à la 5e classe. Les contraventions sont des infractions pour lesquelles la loi prĂ©voit une amende ne pouvant pas excĂ©der 3 000 €.

Il est saisi par le procureur de la République

  À savoir

Certaines contraventions peuvent aussi ĂȘtre jugĂ©es sans audience sous la forme d'une ordonnance pĂ©nale.

Le tribunal de police est saisi par le procureur de la République à la suite d'une contravention.

Il décide que celle-ci fera l'objet d'une procédure simplifiée (ordonnance pénale) ou d'une procédure ordinaire. Dans ce cas l'auteur des faits est convoqué à une audience devant le tribunal de police par remise de la convocation par un officier de police judiciaire ou par citation .

Le tribunal de police peut Ă©galement ĂȘtre saisi par :

  • Citation directe Ă  l'initiative de la victime de l'infraction
  • Ordonnance de renvoi du juge d'instruction
  • Comparution volontaire de l'auteur des faits Ă  la suite de l'avis qui lui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© par le procureur de la RĂ©publique.

Le procureur de la République peut saisir le tribunal de police et demander qu'une ordonnance pénale soit rendue. Il peut également convoquer l'auteur des faits à une audience.

Le procureur de la RĂ©publique transmet le dossier d'enquĂȘte pĂ©nale au prĂ©sident du tribunal de police avec ses rĂ©quisitions. Il y indique la condamnation qu'il demande pour les faits qui ont Ă©tĂ© commis et la procĂ©dure qu'il choisit :l'ordonnance pĂ©nale.

Au vu des réquisitions du procureur de la République, le président du tribunal rend une ordonnance pénale sans que l'auteur des faits ne soit entendu. Il peut suivre les réquisitions du procureur ou décider d'une autre condamnation ou renvoyer le dossier en audience ordinaire s'il estime utile d'entendre les parties.

L'ordonnance pénale est notifiée au prévenu par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR).

La notification de l'ordonnance pénale peut également se faire verbalement. Le prévenu est convoquée par le ministÚre public ou le délégué du procureur.

La notification de l'ordonnance pénale précise les délais et les voies de recours.

Les parties (prévenu, partie civile) sont convoquées à une audience par citation ou convocation écrite remise par un officier de police judiciaire .

Le prévenu comparait en personne à l'audience .

L'avocat n'est pas obligatoire.

Le prĂ©venu peut demander Ă  ĂȘtre assistĂ© par un avocat commis d'office.

OĂč s’adresser ?

La partie civile peut comparaĂźtre en personne. Elle peut ĂȘtre assistĂ©e ou ĂȘtre reprĂ©sentĂ©e par un avocat.

Elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle

À l'audience, le prĂ©sident d'audience les entend ainsi que les Ă©ventuels tĂ©moins.

Il examine les preuves et les différentes piÚces produites par les parties.

Il peut procéder à des interrogatoires ou à des confrontations.

Le ministÚre public prend ses réquisitions pour réclamer une peine pour le prévenu ou demande sa relaxe.

La parole est donnée en dernier au prévenu.

Le tribunal prononce sa décision à l'audience ou renvoie l'affaire à une date ultérieure pour le prononcé de la décision.

  À savoir

Les procÚs-verbaux ou rapports établis par les officiers de police judiciaire font foi jusqu'à preuve du contraire. Pour prouver le contraire, il faut rapporter des preuves (témoignages, écrits...).

À l'audience ou par ordonnance pĂ©nale, le prĂ©sident du tribunal de police peut prononcer une peine d'amende dont le montant varie en fonction de la gravitĂ© de l'infraction. Il ne peut pas prononcer de peine de emprisonnement.

En plus d'une amende, il peut également prononcer une peine complémentaire comme par exemple une suspension du permis de conduire, un retrait du permis de chasser...

Il peut également prononcer la confiscation de la chose ayant servi à commettre l'infraction (arme...).

Le président peut prononcer la relaxe quand la preuve de la culpabilité du prévenu n'est pas établie au cours du procÚs ou si les poursuites sont infondées.

Le président du tribunal de police statue également sur les demandes des parties civiles (indemnisation...).

  À savoir

Le prĂ©venu relaxĂ© peut rĂ©clamer une indemnitĂ© Ă  l'État. Si les poursuites ont Ă©tĂ© engagĂ©es par citation directe le prĂ©venu peut rĂ©clamer des dommages et intĂ©rĂȘts Ă  la partie civile.

La victime peut se constituer partie civile et demander des dommages et intĂ©rĂȘts en rĂ©paration du prĂ©judice qu'elle a subi.

La victime peut se constituer partie civile au moment oĂč elle dĂ©pose plainte auprĂšs des services de police, de gendarmerie ou du procureur de la RĂ©publique. Elle peut Ă©galement se constituer partie civile par Ă©crit avant l'audience ou oralement le jour de l'audience.

L'avocat n'est pas obligatoire.

Si elle dĂ©sire ĂȘtre assistĂ©e par un avocat et que ses ressources sont insuffisantes, elle peut demander Ă  bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle .

Outre les dommages et intĂ©rĂȘts, il est possible de demander le remboursement des frais occasionnĂ©s par le procĂšs (honoraires d'avocat, frais de dĂ©placement...).

Si la victime rencontre des difficultĂ©s pour recouvrer ses dommages et intĂ©rĂȘts, elle peut saisir le Service d'aide au recouvrement des victimes d'infraction (Sarvi).

OĂč s’adresser ?

Les parties peuvent contester une décision du tribunal de police. La voie de recours diffÚre s'il s'agit d'une ordonnance pénale ou d'un jugement.

  À savoir

La partie civile peut contester une décision uniquement en ce qui concerne l'indemnisation de son préjudice ou la demande de restitution d'objets. Elle ne peut pas faire appel de la condamnation pénale (amende, suspension du permis de conduire...).

Contester l'ordonnance pénale

Il est possible de contester l'ordonnance pénale en faisant opposition.

La partie condamnĂ©e a 30 jours pour faire opposition Ă  compter de l’envoi de la lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception ou Ă  compter de la date Ă  laquelle elle a eu connaissance de l’ordonnance pĂ©nale. Si la notification a Ă©tĂ© faite verbalement, le dĂ©lai court Ă  compter du jour de la notification verbale.

L’opposition peut se faire de la maniùre suivante :

  • Lettre adressĂ©e au greffe du tribunal de police qui a rendu l’ordonnance pĂ©nale (le cachet de la poste fait foi)
  • DĂ©claration verbale au greffe du tribunal de police qui l’enregistre. La dĂ©claration est signĂ©e par le greffieret le prĂ©venu ou son mandataire (avocat ou un reprĂ©sentant muni d’un pouvoir spĂ©cial).

Le dossier de procĂ©dure est renvoyĂ© Ă  une audience pour ĂȘtre jugĂ©.

Contester le jugement 

La partie condamnée peut contester les condamnations pénales et les condamnations civiles.

La voie de recours dépend de la qualification du jugement et de la peine prononcée.

Cette qualification est obligatoirement indiquée dans la décision. Elle dépend du fait que la personne a été convoquée réguliÚrement et de sa présence ou non à l'audience.

Le jugement peut ĂȘtre contestĂ© en faisant appel si c'est une contravention de 5e classe.

Le pourvoi en cassation est seul possible pour contester les contraventions de la 1re Ă  la 4e classe.

L'opposition est la voie de recours des jugements rendus par défaut (parties n'ayant pas eu connaissance de la convocation et absentes à l'audience).

  • Les dĂ©cisions pouvant faire l'objet d'un appel sont les jugements pour lesquels le prĂ©venu a Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement convoquĂ©.

    Il s'agit :

    • Des jugements contradictoires (prĂ©sence Ă  l'audience)
    • Et des jugements contradictoires Ă  signifier (absence Ă  l'audience).

    L'appel concerne les condamnations pour les contraventions de 5e classe (peine encourue jusqu'Ă  1 500 € ou 3 000 € en cas de rĂ©cidive).

    Il peut porter sur les jugements ayant prononcĂ© une suspension du permis de conduire et sur les condamnations Ă  une peine d'amende supĂ©rieure Ă  150 €.

    L'appel peut ĂȘtre formĂ© par les personnes suivantes :

    Le délai pour faire appel est de 10 jours à compter du prononcé du jugement (jugement contradictoire) ou de la signification du jugement ( jugement contradictoire à signifier).

    La déclaration d'appel est faite au greffe de la juridiction qui a rendue la décision.

    L'affaire est rejugée par la cour d'appel.

  • L'opposition concerne les jugements rendus par dĂ©faut (parties n'ayant pas eu connaissance de la convocation et absentes Ă  l'audience).

    La partie condamnĂ©e a 10 jours Ă  compter de la signification du jugement ou du jour oĂč il a eu connaissance de la dĂ©cision pour faire opposition.

    L'opposition se forme soit :

    • Par lettre adressĂ©e au greffe (le cachet de la poste prouve la date)
    • Soit par dĂ©claration verbale au greffe qui l'enregistre.

    L'affaire est rejugée par le tribunal de police qui a rendu le jugement.

      À savoir

    Il est conseiller de garder une preuve de l'envoi de votre opposition.

  • Le pourvoi en cassation est le seul recours possible pour les jugements rendus en dernier ressort. Ce sont les jugements sanctionnant les infractions de la 1re Ă  la 4e classe et dont les peines d'amende effectivement prononcĂ©es sont infĂ©rieures ou Ă©gales Ă  150  €.

    Le délai pour faire un pourvoi en cassation est de 10 jours francs à compter du prononcé de la décision ou de sa signification.

    Les parties peuvent faire un pourvoi en cassation au greffe du tribunal de police.

     Ă€ noter

    La cour de cassation ne juge pas une nouvelle fois l'affaire. Elle vérifie que la loi et la procédure ont été bien respectées.