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Fiche pratique

Ordonnance pénale

Vérifié le 13/09/2024 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

L'ordonnance pénale est une procédure simplifiée utilisée pour traiter les affaires pénales simples et de faible gravité. Elle permet de juger le prévenu rapidement, sans audience, et prend en compte l'indemnisation de la victime. Nous vous présentons les informations à connaßtre.

Les faits doivent ĂȘtre simples et certains et l’enquĂȘte doit mettre en Ă©vidence que le prĂ©venu est bien l'auteur de l’infraction.

De plus, les faits doivent ĂȘtre de faible gravitĂ©.

Contraventions

Toutes les contraventions peuvent ĂȘtre jugĂ©es par ordonnance pĂ©nale, mĂȘme en cas de rĂ©cidive.

Délits

La procédure d'ordonnance pénale s'applique aux délits que l'on juge habituellement en audience à juge unique.

Exemple

La durée d'emprisonnement encouru (durée maximale prévue par la loi) ne doit pas dépasser 5 ans. Mais l'emprisonnement ne paraßt pas nécessaire en raison de la faible gravité des faits.

L'ordonnance pĂ©nale est interdite pour un dĂ©lit commis en mĂȘme temps qu'une infraction pour laquelle l'ordonnance pĂ©nale n'est pas applicable.

 Attention :

L'ordonnance pĂ©nale est interdite en cas d’atteinte Ă  l'intĂ©gritĂ© de la personne (exemple : coups et blessures avec incapacitĂ© totale de travail de plus de 8 jours). Cette interdiction s'applique quelle que soit la durĂ©e de l’emprisonnement encouru.

Crimes

Aucun crime ne peut ĂȘtre jugĂ© par ordonnance pĂ©nale.

Certains auteurs ne peuvent pas ĂȘtre jugĂ©s par ordonnance pĂ©nale mĂȘme si les faits permettent d'utiliser cette procĂ©dure.

Il est interdit notamment de juger un prévenu mineur au moment des faits par ordonnance pénale sauf pour les petites contraventions.

Jugement des auteurs majeurs et mineurs par ordonnance pénale

Prévenu majeur

Prévenu mineur

Délit

Oui

Non

Contravention de 5e classe

Oui

Non

Contravention de 1Ăšre Ă  4e classe

Oui

Oui

 Ă€ noter

Le prĂ©venu qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© citĂ© Ă  comparaĂźtre devant le tribunal par la victime (procĂ©dure de citation directe) ne peut plus ĂȘtre jugĂ© par ordonnance pĂ©nale.

L'ordonnance pénale est rendue par un juge unique.

Ce juge est le président du tribunal correctionnel si l'infraction est un délit. Il se prononce par ordonnance pénale délictuelle.

Pour une contravention, c'est un juge du tribunal de police qui est compétent. Il se prononce par ordonnance pénale contraventionnelle.

La procédure est déclenchée par le représentant du ministÚre public.

Il s’agit du procureur de la RĂ©publique, pour les dĂ©lits et les contraventions de la 5e classe, ou de l’officier du ministĂšre public (OMP), pour les contraventions de la 1Ăšre Ă  la 4e classe.

Le procureur de la RĂ©publique (ou l’OMP) saisit le juge en lui transmettant le dossier avec ses rĂ©quisitions (sa proposition de condamnation).

  À savoir

Pour un dĂ©lit, le procureur ne peut pas proposer de peine d’emprisonnement, ni de peine d’amende supĂ©rieure Ă  5 000 €.

Le dossier doit contenir suffisamment d’informations sur la personnalitĂ© et la situation financiĂšre du prĂ©venu pour permettre au juge de choisir une peine adaptĂ©e.

La procĂ©dure d’ordonnance pĂ©nale n'est pas contradictoire. Cela signifie qu’il n’y a pas d’audience et que le prĂ©venu ne passe pas devant le juge avant d’ĂȘtre condamnĂ©.

Le juge s’appuie uniquement sur les Ă©lĂ©ments du dossier pour prendre sa dĂ©cision.

 Ă€ noter

Parfois le prĂ©venu est convoquĂ© au tribunal, mais c’est uniquement pour la notification de l’ordonnance, il ne voit pas de juge le jour de la convocation. S'il veut se dĂ©fendre devant un juge, il doit faire un recours contre l’ordonnance pĂ©nale.

Le juge peut refuser de rendre une ordonnance pénale si les conditions d'utilisation de la procédure ne sont pas remplies.

Il peut notamment refuser de statuer si une audience lui paraĂźt nĂ©cessaire ou s'il estime qu'une peine d’emprisonnement doit ĂȘtre prononcĂ©e.

En cas de refus de statuer, le juge renvoie le dossier au ministÚre public pour une saisine du tribunal selon la procédure ordinaire.

Lorsqu'il accepte de statuer, il n'est pas obligé de suivre les réquisitions du ministÚre public.

Il peut refuser de condamner le prĂ©venu s’il estime qu’il n’est pas coupable. Dans ce cas, il rend une ordonnance qui relaxe le prĂ©venu.

Il peut aussi décider de condamner le prévenu à une peine différente de celle proposée par le ministÚre public.

RĂšgles communes

En cas de culpabilité, le juge doit choisir une sanction adaptée à la personnalité du prévenu.

Il condamne le prévenu à l'accomplissement d'une peine principale, à laquelle peut s'ajouter une ou plusieurs peines complémentaires.

La peine principale commune aux contraventions et aux délits est l'amende.

Rappel

Rappel

Le juge peut condamner le prévenu à une peine différente de celle proposée par le ministÚre public.

Particularités pour les délits

En cas de délit, le juge est limité dans son choix de la peine : il ne peut pas ordonner les peines correctionnelles les plus sévÚres par ordonnance pénale.

L'emprisonnement est interdit, mais le juge peut prononcer une peine alternative à l'emprisonnement. Il s'agit de peines restrictives ou privatives de droit (retrait de permis, confiscation de biens, interdiction d'exercice professionnel...), et des peines de stage, TIG sanction-réparation.

Le montant l’amende ne doit pas dĂ©passer la moitiĂ© de l’amende normalement encourue, mais sans jamais dĂ©passer la somme de 5 000 €.

La peine de jour-amende est autorisée

Une peine complĂ©mentaire peut ĂȘtre prononcĂ©e Ă  titre de peine principale.

La victime peut faire des demandes de rĂ©paration (demande de dommages-intĂ©rĂȘts) ou de restitution dĂšs l’enquĂȘte ou plus tard devant le tribunal.

Ses demandes sont traitĂ©es dans l’ordonnance pĂ©nale ou plus tard dans un jugement sur intĂ©rĂȘts-civils.

  À savoir

La victime peut aussi faire citer le prévenu au tribunal de police ou correctionnel, avant qu'une ordonnance pénale soit rendue.

Demande de dommages-intĂ©rĂȘts

La procĂ©dure est diffĂ©rente selon qu’il s’agit d’une ordonnance pĂ©nale dĂ©lictuelle (OPD) ou d’une ordonnance pĂ©nale contraventionnelle (OPC) :

La victime peut faire des demandes de rĂ©paration ou de restitution dĂšs l’enquĂȘte ou plus tard devant le tribunal.

  • Les demandes d’indemnisation ou de restitution faites pendant l’enquĂȘte valent constitution de partie civile. L’ordonnance pĂ©nale doit statuer sur ces demandes.

    Parfois, le juge n’a pas assez d’élĂ©ments pour se prononcer. C’est le cas par exemple, si la victime n’a pas pu chiffrer ses demandes ou si les demandes sont contestĂ©es. Dans ce cas, le juge renvoie le dossier au procureur pour une saisine du tribunal correctionnel sur intĂ©rĂȘts civils.

    Si le juge oublie de statuer sur les demandes de rĂ©paration, la victime a le droit de demander au procureur de la RĂ©publique de faire citer le prĂ©venu Ă  une audience sur intĂ©rĂȘts civils. Le procureur doit informer la victime de ce droit.

  • Dans ce cas, le procureur de la RĂ©publique doit informer la victime qu'elle a le droit de lui demander de faire citer le prĂ©venu Ă  une audience sur intĂ©rĂȘts civils.

L’ordonnance pĂ©nale contraventionnelle ne peut pas statuer sur la demande d’indemnisation de la victime.

Pour demander rĂ©paration, la victime doit faire citer le prĂ©venu devant le tribunal de police sur les intĂ©rĂȘts civils en utilisant la procĂ©dure de citation directe.

Paiement des dommages-intĂ©rĂȘts

L'ordonnance pĂ©nale (ou le jugement sur intĂ©rĂȘts civil) qui accorde des dommages-intĂ©rĂȘts est un titre exĂ©cutoire.

Il permet à la victime d'obtenir le paiement forcé si le condamné ne paie pas volontairement.

Les procĂ©dures d'exĂ©cution forcĂ©e sont les mĂȘmes que celles prĂ©vues pour l'exĂ©cution d'une dĂ©cision du juge civil.

En cas de difficultĂ©s pour percevoir les dommages intĂ©rĂȘts, la victime peut saisir la Civi ou le Sarvi.

Délais de notification

Quand une ordonnance pĂ©nale est rendue, elle est transmise le jour mĂȘme au ministĂšre public qui doit attendre 10 jours avant de notifier l’ordonnance aux parties.

À partir du 11e jour, l’ordonnance peut ĂȘtre notifiĂ©e au prĂ©venu et Ă  la victime partie civile.

Forme de la notification

La notification se fait par l’envoi d’une lettre recommandĂ©e avec demande d’avis de rĂ©ception (LRAR).

La notification peut aussi se faire verbalement par le procureur de la RĂ©publique ou par un dĂ©lĂ©guĂ© du procureur lors d'une « audience de notification ». Dans ce cas, le prĂ©venu est convoquĂ© au tribunal. Le jour de la convocation, la copie de l’ordonnance lui est remise en main propre.

Si le prévenu ne vient pas à la convocation, l'ordonnance pénale lui est notifiée par LRAR.

Si le courrier de notification revient au tribunal car non distribuĂ© ou non rĂ©clamĂ©, le prĂ©venu peut alors ĂȘtre informĂ© de sa condamnation par tout moyen. Exemples : signification par un commissaire de justice ou notification par OPJ.

 Ă€ noter

Si le prĂ©venu est condamnĂ© Ă  une peine de jour-amende ou de travail d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, la notification au prĂ©venu se fait obligatoirement par le procureur ou un dĂ©lĂ©guĂ© du procureur.

Contenu de la notification

Les parties reçoivent copie de l'ordonnance.

Le courrier de notification explique aux parties qu’elles peuvent contester l’ordonnance en faisant opposition. Il prĂ©cise comment faire opposition et dans quels dĂ©lais.

Les parties sont informĂ©es que suite Ă  une opposition, l’affaire est rejugĂ©e suivant une procĂ©dure ordinaire avec audience et qu'elles ont le droit d'ĂȘtre assistĂ©es d'un avocat.

En cas d’ordonnance pĂ©nale dĂ©lictuelle, la notification avertit le prĂ©venu que le tribunal correctionnel saisi sur opposition peut Ă  nouveau prononcer une peine d’emprisonnement.

Le ministĂšre public, le prĂ©venu et la victime partie civile peuvent contester l’ordonnance pĂ©nale en faisant opposition.

Opposition du ministĂšre public

Quand l’ordonnance pĂ©nale est rendue, elle est transmise le jour mĂȘme au ministĂšre public qui a 10 jours pour faire opposition.

Opposition du prévenu et de la partie civile

Le prévenu peut limiter son opposition aux décisions pénales ou civiles de l'ordonnance pénale.

La victime partie civile ne peut faire opposition que sur les décisions civiles de l'ordonnance pénale.

Délais d'opposition

L’opposition contre une ordonnance pĂ©nale dĂ©lictuelle est formĂ©e devant le tribunal correctionnel. Le dĂ©lai pour faire opposition est de 45 jours.

L’opposition contre un ordonnance pĂ©nale contraventionnelle est formĂ©e devant le tribunal de police. Le dĂ©lai d'opposition est rĂ©duit Ă  30 jours.

Le délai d'opposition court à compter de :

  • la date d'envoi du courrier recommandĂ© de notification
  • ou la date de notification verbale par le procureur de la RĂ©publique ou son dĂ©lĂ©guĂ©.

  À savoir

Si le courrier de notification revient « non distribué » ou « non rĂ©clamé », un nouveau dĂ©lai de 30 jours court Ă  compter du jour oĂč le prĂ©venu aura effectivement connaissance de sa condamnation.

Forme de l'opposition

L’opposition peut se faire par courrier par l’envoi d’une lettre simple ou recommandĂ©e. L'envoi de la lettre doit ĂȘtre fait dans le dĂ©lai d'opposition. On vĂ©rifie le respect du dĂ©lai avec le cachet de la poste. Le courrier recommandĂ© est prĂ©fĂ©rable car il permet de conserver une trace de l’envoi.

L’opposition peut aussi se faire par dĂ©claration au greffe. Dans ce cas, il faut venir au tribunal en personne ou se faire reprĂ©senter par un avocat pour faire enregistrer la dĂ©claration d'opposition.

Conséquences de l'opposition

En cas d’opposition, l’affaire est rejugĂ©e selon la procĂ©dure ordinaire devant le tribunal correctionnel ou le tribunal de police.

Les parties sont convoquĂ©es Ă  l’audience.

On peut renoncer au recours et se dĂ©sister de l'opposition jusqu’au jour de l’audience.

En l'absence d'opposition, l'ordonnance pĂ©nale peut ĂȘtre exĂ©cutĂ©e. Les rĂšgles sont les mĂȘmes que pour l'exĂ©cution d'un jugement du tribunal correctionnel ou du tribunal de police.

Paiement de l'amende

L'amende et les droits fixes de procédure sont à payer auprÚs du comptable des finances publiques.

Si le paiement intervient spontanément dans le délai de 1 mois suivant la notification verbale ou l'envoi du courrier de notification, une réduction de 20  %est accordée.

Si le paiement n'intervient pas dans le délai de 1 mois, le trésor public adresse au condamné un commandement de payer. Le commandement donne un nouveau délai pour le paiement. Si le condamné ne paye pas l'amende dans le délai le trésor peut procéder à des saisies (saisie à tiers détenteur le plus souvent).

Passage par le bureau de l'exécution (BEX)

Les personnes convoquées pour la notification d'une ordonnance pénale sont souvent invitées à se présenter au bureau de l'exécution (BEX).

Le BEX est un service du tribunal qui accueille les condamnés pour leur expliquer la décision prononcée à leur encontre. Il remet au condamné tous les documents nécessaires à l'exécution des peines prononcées.

Le condamnĂ© reçoit notamment un relevĂ© de condamnation pĂ©nale en vue du paiement de l'amende. En cas de suspension de permis on lui remet le document « rĂ©fĂ©rence 7 ». D’autres documents peuvent lui ĂȘtre remis (exemple : convocation devant le service d’insertion et de probation chargĂ© de contrĂŽler l'exĂ©cution du TIG).

Parfois, un agent du Trésor public est présent au BEX. Dans ce cas, le condamné peut, s'il le souhaite, payer directement son amende et les droits fixes de procédure.