Fiche pratique
Perquisition
Vérifié le 25/02/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
La perquisition est une mesure d'enquĂȘte, en tous lieux, pour rechercher des indices, preuves et objets en lien avec une infraction. La procĂ©dure est encadrĂ©e et se dĂ©roule sous le contrĂŽle d'un officier de police judiciaire (OPJ) ou d'un juge. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
La perquisition est la fouille d'un lieu par un OPJ ou sous son contrÎle, dans le but d'y trouver des éléments de preuves d'une infraction (documents, objets, fichiers informatiques...).
La perquisition n'est pas une remise volontaire de piĂšces aux policiers et gendarmes, c'est un acte contraignant.
La perquisition peut se dérouler dans les lieux suivants :
- Locaux d'habitation (domicile du suspect, d'un complice présumé ou d'un témoin)
- Annexes de locaux d'habitation (garage, box, etc.)
- Locaux d'une entreprise ou d'un service public (bureaux, entrepĂŽts, etc.)
- Locaux professionnels d'un avocat, d'un médecin, d'un notaire ou d'un commissaire de justice.
Attention :
La fouille d'une voiture (hors véhicule d'habitation comme un camping-car) n'est pas considérée comme une perquisition et relÚve d'autres rÚgles.
La procĂ©dure Ă suivre pour dĂ©clencher la perquisition dĂ©pend de la nature des locaux Ă visiter et du procureur ou du juge qui dirige l'enquĂȘte principale.
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Le procureur de la RĂ©publique dirige l'enquĂȘte de flagrance et l'enquĂȘte prĂ©liminaire.
En enquĂȘte de flagrance, pour faire une perquisition, la police ou la gendarmerie n'a pas besoin d'une autorisation Ă©crite du procureur.
En enquĂȘte prĂ©liminaire, il faut l'accord Ă©crit de la personne pour faire une perquisition. Sinon, l'autorisation du JLD doit ĂȘtre obtenue sur demande du procureur. La perquisition doit se faire sous le contrĂŽle d'un OPJ prĂ©sent sur les lieux. Il doit rendre compte du rĂ©sultat au procureur.
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Le juge d'instruction dirige l'information judiciaire. Lors de cette enquĂȘte, la police ou la gendarmerie doit avoir l'autorisation Ă©crite du juge d'instruction pour pouvoir mener toute perquisition. On parle d'une commission rogatoire. Elle peut ĂȘtre rĂ©digĂ©e, de maniĂšre large, en autorisant les OPJ Ă effectuer tous les actes utiles Ă la manifestation de la vĂ©ritĂ©.
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Il est possible d'effectuer une perquisition du cabinet ou du domicile d'un avocat.
Elle doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e directement par le procureur ou le juge, Ă la suite d'une dĂ©cision motivĂ©e du JLD. Le bĂątonnier ou son dĂ©lĂ©guĂ© doit Ă©galement ĂȘtre prĂ©sent.
Cette procédure s'applique aux perquisitions des locaux de l'ordre des avocats ou des CARPA. Elle concerne aussi le cabinet ou le domicile du bùtonnier.
La personne présente sur le lieu de la perquisition peut s'opposer à la saisie d'un document ou de tout objet.
Les saisies ne peuvent pas concerner des faits sans rapport avec l'enquĂȘte en cours. La perquisition doit respecter le libre exercice de la profession d'avocat (assistance, reprĂ©sentation...). Les documents saisis ne doivent pas ĂȘtre couverts par le secret professionnel.
Ă savoir
Le secret professionnel n'est pas opposable en cas de fraude fiscale, de corruption ou de blanchiment de ces délits et de financement du terrorisme.
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La perquisition des locaux d'un mĂ©dia ou le domicile privĂ© d'un journaliste ou son vĂ©hicule professionnel doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e directement par le procureur ou le juge.
La personne présente sur le lieu de la perquisition peut s'opposer à la saisie d'un document ou de tout objet.
La perquisition ne peut pas avoir pour but l'identification d'une source. Elle doit respecter le libre exercice de la profession de journaliste, ne pas faire obstacle ou entraßner un retard injustifié à la diffusion de l'information.
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La perquisition du cabinet d'un mĂ©decin, de l'Ă©tude d'un notaire ou d'un commissaire de justice doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e directement par le procureur ou le juge.
Elle se fait en présence du responsable de l'ordre ou de l'organisation professionnelle.
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La perquisition des locaux abritant des Ă©lĂ©ments couverts par le secret de la dĂ©fense nationale doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e directement par le procureur ou le juge. Elle se fait en prĂ©sence du prĂ©sident de la Commission du secret de la dĂ©fense nationale ou de son reprĂ©sentant.
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La perquisition des locaux d'un tribunal ou du domicile d'un juge doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e directement par le procureur ou un juge sur dĂ©cision motivĂ©e.
Elle doit se dérouler en présence du premier président de la cour d'appel ou du premier président de la cour de cassation ou son délégué.
Les heures de réalisation d'une perquisition sont différentes selon l'infraction et les locaux perquisitionnés :
- Criminalité organisée, terrorisme et stupéfiants
- Proxénétisme et prostitution des mineurs
- Autres cas
En cas d'infraction liĂ©e Ă la criminalitĂ© organisĂ©e, au terrorisme, ou au trafic de stupĂ©fiants, une perquisition peut dĂ©buter avant 6 h et aprĂšs 21 h. Cet acte d'enquĂȘte s'appelle perquisition de nuit.
En cas d'infraction liĂ©e au proxĂ©nĂ©tisme ou Ă la prostitution des mineurs, une perquisition peut ĂȘtre opĂ©rĂ©e Ă toute heure du jour et de la nuit.
La perquisition d'un domicile doit commencer entre 6 h et 21 h. Si la perquisition commence avant 21 h, elle peut finir aprĂšs cette heure.
Ă savoir
Depuis le 30 septembre 2024, dans le cadre d'une enquĂȘte de flagrance sur un crime ou un dĂ©lit commis contre les personnes, une perquisition peut dĂ©buter avant 6 h ou aprĂšs 21 h sous certaines conditions. Par exemple en cas de risque imminent d'atteinte Ă la vie.
Ă savoir
En cas de crime flagrant, une perquisition de nuit peut ĂȘtre autorisĂ©e par le JLD sur demande du procureur.
L'occupant des lieux est celui qui habite ou travaille dans le lieu concerné (par exemple, le locataire et non le propriétaire ou le bailleur).
Pour les locaux d'une entreprise, l'occupant des lieux est le dirigeant.
Ă savoir
Si la perquisition vise un enfant mineur résidant au domicile de ses parents, ce sont eux qui donnent leur accord et sont présents. En l'absence des parents, l'OPJ doit désigner 2 témoins majeurs.
Les rĂšgles changent selon le type d'enquĂȘte.
EnquĂȘte de flagrance
L'accord et la présence de l'occupant des lieux ne sont pas obligatoires. L'OPJ peut employer la force pour entrer.
En cas d'absence de l'occupant des lieux, si l'OPJ arrive Ă le contacter, il l'invite Ă dĂ©signer un reprĂ©sentant de son choix servant de tĂ©moin. Si l'OPJ ne peut pas contacter l'occupant des lieux, il choisit lui-mĂȘme 2 tĂ©moins majeurs qui ne sont ni policiers , ni gendarmes. Ces tĂ©moins peuvent ĂȘtre, par exemple, des voisins ou des passants qui ne peuvent pas refuser d'ĂȘtre tĂ©moins, sous peine d'une amende de 150 âŹ.
EnquĂȘte prĂ©liminaire
L'occupant des lieux doit obligatoirement donner son accord par écrit.
Il existe une exception pour les infractions punies de plus de 3 ans de prison. Selon les nĂ©cessitĂ©s de l'enquĂȘte, le JLD peut autoriser une perquisition sans l'accord de l'occupant des lieux.
La perquisition se dĂ©roule en prĂ©sence de l'occupant des lieux, mais ce dernier peut ĂȘtre absent. Dans ce cas, si l'OPJ arrive Ă le contacter, il l'invite Ă dĂ©signer un reprĂ©sentant de son choix pour ĂȘtre tĂ©moin.
Si l'OPJ ne peut pas contacter l'occupant des lieux, il choisit lui-mĂȘme 2 tĂ©moins majeurs qui ne sont ni policiers, ni gendarmes. Ces tĂ©moins peuvent ĂȘtre, par exemple, des voisins ou des passants. Ils ne peuvent pas refuser d'ĂȘtre tĂ©moins, sous peine d'une amende de 150 âŹ.
Lorsqu'une personne est gardĂ©e Ă vue ou dĂ©tenue pour une infraction liĂ©e Ă la criminalitĂ© organisĂ©e, son transport sur place peut devoir ĂȘtre Ă©vitĂ©. Sur demande du procureur, le JLD doit donner son accord pour que la perquisition se dĂ©roule en l'absence de l'occupant des lieux. La perquisition se fait en prĂ©sence de 2 tĂ©moins ou d'un reprĂ©sentant de la personne.
Information judiciaire
L'accord de l'occupant des lieux n'est pas exigé, l'OPJ peut employer la force pour entrer.
Si la perquisition a lieu au domicile de la personne mise en examen par le juge d'instruction, elle doit ĂȘtre prĂ©sente ou dĂ©signer un reprĂ©sentant. Sinon, l'OPJ dĂ©signe 2 tĂ©moins.
Si la perquisition a lieu dans un domicile autre que celui de la personne mise en examen, la personne chez laquelle elle s'effectue est invitée à y assister. Si cette personne est absente ou refuse d'y assister, la perquisition a lieu en présence de 2 de ses parents ou alliés présents sur les lieux ou en présence de 2 témoins.
L'OPJ dresse un procÚs-verbal,c'est-à -dire un rapport rédigé de la perquisition, qui contient la liste des preuves saisies.
Les preuves (indices, documents et objets) sont placées sous scellés.
Les donnĂ©es informatiques peuvent ĂȘtre saisies directement Ă la source (saisie d'un disque dur) ou copiĂ©es sur un support physique (par exemple sur clĂ© USB).
Il est également possible d'accéder à distance à des données se situant en dehors du lieu de la perquisition à l'aide d'un ordinateur se trouvant sur place. Par exemple, pour consulter des courriers électroniques, un compte client sur un site internet ou des fichiers sur un serveur.
Les personnes prĂ©sentes peuvent ĂȘtre obligĂ©es de rester sur place le temps de la perquisition si elles sont en mesure de fournir des renseignements sur les preuves saisies. Elles n'ont pas le droit Ă l'assistance d'un avocat.
Si une personne est placée en garde à vue, la perquisition se déroule sans son avocat.
La personne qui a fait l'objet d'une perquisition peut en demander l'annulation au JLD. Elle peut le faire, au plus tĂŽt 6 mois aprĂšs cette perquisition, si elle n'est pas poursuivie devant un juge d'instruction ou un tribunal.
La demande peut ĂȘtre faite dans un dĂ©lai de 1 an Ă compter de la date Ă laquelle elle a eu connaissance de la perquisition. Elle se fait par dĂ©claration au greffe du tribunal oĂč la procĂ©dure est ouverte ou celui oĂč la perquisition a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e.
Le JLD doit prendre une décision dans le mois qui suit la réception de la demande, aprÚs avoir obtenu les observations écrites du procureur, du demandeur et de son avocat.
Si les nĂ©cessitĂ©s de l'enquĂȘte le justifient, le procureur peut demander au JLD de se prononcer dans un dĂ©lai de 8 jours.
Le JLD statue par une ordonnance motivée susceptible d'appel devant le président de la chambre de l'instruction. Le délai d'appel est de 10 jours, à compter de la notification de l'ordonnance.
Si des poursuites sont engagĂ©es contre d'autres personnes que celle ayant formĂ© la demande d'annulation, le JLD ne peut pas ĂȘtre saisi de la demande, il doit la transmettre. En cas d'instruction en cours, la transmission est faite au prĂ©sident de la chambre de l'instruction. Si le tribunal est saisi, c'est le prĂ©sident du tribunal qui reçoit cette demande.
La personne concernée par l'opération de police judiciaire réalisée par erreur à son domicile peut obtenir réparation.
La demande se fait sur internet :
Service en ligne
Demander une indemnisation en cas de dĂ©gĂąts commis par erreur lors dâune perquisition
MinistÚre chargé de la justice
Attention :
La personne qui demande l'indemnisation doit ĂȘtre tiers Ă la procĂ©dure justifiant la perquisition, c'est-Ă -dire qu'elle ne doit pas ĂȘtre le mis en cause.
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Code de procédure pénale : articles 53 à 74-2
RÚgles générales
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Code de procédure pénale : article 76
Accord de l'occupant des lieux lors d'une enquĂȘte prĂ©liminaire
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Code de procédure pénale : article 92 à 99-5
Présence de l'occupant des lieux lors d'une information judiciaire
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Code de procédure pénale : article 706-16
Infractions terroristes et connexes
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Code de procédure pénale : article 706-23 à 706-25-2
Transmission des éléments du dossier pénal en matiÚre de terrorisme
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Code de procédure pénale : article 802-2
Annulation de la perquisition
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Code pénal : article R 642-1
Sanction du refus de prĂȘter son concours Ă une perquisition, en cas de demande d'un OPJ
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Loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme
Prévention du terrorisme
Questions ? Réponses !
Et aussi
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Palpation et fouille de personnes, contrÎle des effets personnels, inspection d'un véhicule
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