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Fiche pratique

ContrĂŽle judiciaire

Vérifié le 15/04/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Le contrÎle judiciaire est une mesure qui permet de restreindre la liberté d'une personne soupçonnée d'une infraction pénale lorsqu'elle encourt une peine de prison. La personne placée sous contrÎle judiciaire doit respecter les obligations fixées par le juge, en cours d'instruction ou dans l'attente du procÚs pénal. Nous vous donnons les informations utiles.

Le contrĂŽle judiciaire n'est pas une peine.

Le contrÎle judiciaire est une mesure qui limite les libertés d'une personne soupçonnée d'avoir commis un crime ou un délit puni par une peine d'emprisonnement.

Il permet de soumettre la personne mise en cause Ă  une ou plusieurs obligations et interdictions.

Le contrÎle judiciaire est ordonné quand la personne mise en cause se trouve dans l'une des situations suivantes :

Les faits reprochĂ©s Ă  la personne mise en cause doivent ĂȘtre punis par une peine de prison.

Le contrĂŽle judiciaire peut ĂȘtre ordonnĂ© comme mesure de sĂ»retĂ©, pour empĂȘcher la personne de commettre une nouvelle infraction. Il peut Ă©galement ĂȘtre mis en place pour permettre le bon dĂ©roulement de l'enquĂȘte, Ă©viter les pressions sur d’autres personnes  et pour garantir la prĂ©sence de la personne devant le juge.

  À savoir

Si le contrĂŽle judiciaire n'est pas suffisant, la personne peut ĂȘtre placĂ©e en dĂ©tention provisoire ou ĂȘtre assignĂ©e Ă  rĂ©sidence sous surveillance Ă©lectronique.

La procédure de placement sous contrÎle judiciaire dépend du statut donné à la personne soupçonnée.

Le suspect peut ĂȘtre mis en examen dans une information judiciaire.

Le suspect peut ĂȘtre prĂ©venu, c'est-Ă -dire en attente de son jugement par le tribunal correctionnel aprĂšs une enquĂȘte dirigĂ©e par le procureur de la RĂ©publique ou aprĂšs une information judiciaire.

 Ă€ noter

AprĂšs une information judiciaire, un accusĂ© en attente de son procĂšs devant la cour d’assises ou la cour criminelle peut aussi ĂȘtre placĂ© sous contrĂŽle judiciaire.

Dans une information judiciaire, une personne mise en examen peut ĂȘtre placĂ©e sous contrĂŽle judiciaire.

Le contrĂŽle judiciaire peut ĂȘtre dĂ©cidĂ© lors de la mise en examen de la personne ou tout au long de la procĂ©dure.

  • Le juge d'instruction peut placer sous contrĂŽle judiciaire une personne qu'il vient de mettre en examen, s'il estime que c'est nĂ©cessaire pour l'information judiciaire. Dans ce cas, il doit recueillir l'avis du procureur de la RĂ©publique.

    Si le juge d'instruction estime que le contrÎle judiciaire n'est pas suffisant pour les besoins de l'information judiciaire, il peut demander la détention provisoire.

    Dans ce cas, il doit saisir le juge des libertés et de la détention (JLD). Le JLD peut refuser la détention provisoire et placer la personne mise en examen sous contrÎle judiciaire.

    La personne mise en examen peut faire appel de la décision de placement sous contrÎle judiciaire.

    L'appel se fait dans les 10 jours à compter de la notification par une déclaration auprÚs du greffier du juge qui a rendu la décision.

    L'appel est examiné par la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

  • À la suite d'une demande de mise en libertĂ© ou Ă  la fin d'une pĂ©riode de dĂ©tention provisoire, une personne mise en examen peut ĂȘtre libĂ©rĂ©e.

    Le juge qui accepte la demande de mise en liberté ou qui ne prolonge pas la détention provisoire peut placer la personne sous contrÎle judiciaire.

    Cette dĂ©cision peut ĂȘtre faire appel. L'appel se fait dans les 10 jours Ă  compter de la notification de la dĂ©cision par une dĂ©claration auprĂšs du greffier du juge qui a rendu la dĂ©cision.

    L'appel est examiné par la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

Un prĂ©venu peut ĂȘtre placĂ© sous contrĂŽle judiciaire dans l'attente de l'audience Ă  laquelle il doit ĂȘtre jugĂ©.

Il peut s'agir d'une audience de comparution immédiate, qui permet au procureur de faire juger en urgence le prévenu juste aprÚs sa garde à vue.

Il peut aussi s'agir d'une audience suite à une convocation sur procÚs-verbal. Dans ce cas, le prévenu est jugé dans un délai maximum de 6 mois aprÚs sa garde à vue.

Il peut aussi s'agir d'un prévenu en attente de son procÚs aprÚs une information judiciaire.

  • Lorsque l'audience de comparution immĂ©diate ne peut pas avoir lieu immĂ©diatement aprĂšs une garde Ă  vue, le procureur de la RĂ©publique peut demander la dĂ©tention provisoire du prĂ©venu.

    Le juge des libertés et de la détention est saisi et doit examiner la demande, aprÚs avoir entendu le prévenu ou son avocat.

    Le juge peut refuser la détention provisoire et prononcer un contrÎle judiciaire. Le contrÎle judiciaire reste en place jusqu'à l'audience de jugement.

    Il n'y a pas de recours possible contre cette décision.

  • Le procureur de la RĂ©publique peut demander le placement sous contrĂŽle judiciaire du prĂ©venu suite Ă  une convocation sur procĂšs-verbal.

    Le juge des libertés et de la détention doit examiner la demande aprÚs avoir entendu le prévenu et son avocat.

    Le juge peut accepter ou refuser la mise en place du contrĂŽle judiciaire.

  • À la suite d'une demande de mise en libertĂ© d'un prĂ©venu placĂ© en dĂ©tention provisoire, un contrĂŽle judiciaire peut ĂȘtre ordonnĂ© par le tribunal saisi de l'affaire.

La personne sous contrÎle judiciaire doit respecter des obligations et des interdictions prévues par la loi.

Le juge décide lesquelles sont nécessaires en fonction du dossier et de la personnalité du mis en cause.

Liberté de déplacements limitée

La personne sous contrĂŽle judiciaire peut ĂȘtre limitĂ©e dans sa libertĂ© de se dĂ©placer.

Les interdictions possibles sont les suivantes :

  • Sortir de certaines limites territoriales fixĂ©es par le juge
  • S’absenter du domicile sauf aux conditions fixĂ©es par le juge
  • Se rendre dans certains lieux dĂ©terminĂ©s par le juge, y compris le domicile de la famille en cas de violences familiales
  • Participer Ă  des manifestations sur la voie publique dans des lieux dĂ©terminĂ©s par le juge.

Les obligations possibles sont les suivantes :

  • Informer le juge de tout dĂ©placement au-delĂ  des limites dĂ©terminĂ©es
  • Quitter le domicile de la famille en cas de violences familiales
  • Remettre les papiers d'identitĂ©, notamment le passeport.

ContrĂŽle et surveillance

La personne sous contrĂŽle judiciaire peut ĂȘtre contrĂŽlĂ©e par des interdictions et des obligations dĂ©terminĂ©es par le juge.

Les interdictions possibles sont les suivantes :

  • Rencontrer certaines personnes dĂ©terminĂ©es par le juge, notamment la victime de violences commises au sein du couple (contrĂŽle possible Ă  l'aide d'un dispositif Ă©lectronique mobile anti-rapprochement)
  • Exercer certaines activitĂ©s professionnelles ou sociales
  • Exercer une activitĂ© en lien avec des mineurs.

Les obligations possibles sont les suivantes :

  • Se rendre de façon pĂ©riodique (par exemple chaque semaine ou chaque mois) au commissariat de police ou Ă  la brigade de gendarmerie. On parle de pointage.
  • Se soumettre Ă  un suivi socio-Ă©ducatif (activitĂ© professionnelle ou formation)
  • Se soumettre Ă  un suivi mĂ©dical.

Le suivi médical comprend les obligations suivantes :

  • Se soumettre Ă  des mesures d’examen, de traitement ou de soins mĂȘme sous le rĂ©gime de l’hospitalisation (pour la dĂ©sintoxication ou le suivi psychologique / psychiatrique)
  • Se soumettre Ă  une prise en charge sanitaire, sociale ou psychologique en matiĂšre de violences familiales.

Garanties financiĂšres

Cautionnement

Le juge peut prévoir un cautionnement, c'est-à-dire le paiement d'une certaine somme d'argent par la personne sous contrÎle judiciaire. Le juge doit déterminer le montant de cette somme à verser et doit la répartir en 2 parties :

  • Une premiĂšre partie du cautionnement doit garantir le respect des autres obligations du contrĂŽle judiciaire et la prĂ©sence de la personne aux convocations judiciaires. Cette partie de l'argent peut ĂȘtre rendue Ă  la personne si elle respecte ses obligations et se rend aux convocations.
  • Une seconde partie du cautionnement doit servir Ă  l'indemnisation de la victime en cas de condamnation. Cette somme d'argent est rendue Ă  la personne si elle n'est pas condamnĂ©e.
Paiement des charges familiales

Le juge peut demander à la personne sous contrÎle judiciaire de justifier du paiement des charges familiales suivantes :

Autres interdictions

Les autres interdictions que le juge peut décider sont les suivantes :

  • Conduire un vĂ©hicule ou conduire certains vĂ©hicules avec l'obligation de remettre le permis de conduire si besoin
  • DĂ©tenir ou porter une arme
  • Émettre des chĂšques.

Le contrĂŽle judiciaire peut ĂȘtre modifiĂ© tout au long de la procĂ©dure.

Le juge peut ajouter ou supprimer des obligations et interdictions ou mĂȘme mettre fin au contrĂŽle judiciaire.

À tout moment, la personne sous contrĂŽle judiciaire peut demander la suppression ou la modification de certaines obligations ou interdictions. Elle peut Ă©galement demander la mainlevĂ©e (c'est-Ă -dire la suppression) de son contrĂŽle judiciaire.

Exemple

Le contrÎle judiciaire d'une personne prévoit l'obligation d'aller une fois par semaine au commissariat ou à la gendarmerie pour un pointage. La personne respecte depuis longtemps cette obligation. Elle peut alors demander une modification pour se rendre au commissariat ou à la gendarmerie seulement une fois par mois. La personne peut aussi demander la suppression de cette obligation.

La procédure diffÚre selon si la personne est mise en examen dans une information judiciaire ou si elle est en attente de jugement en tant que prévenue ou accusée .

Quand la personne demande la fin de son contrĂŽle judiciaire (on parle de mainlevĂ©e), la dĂ©cision doit ĂȘtre rendue dans un dĂ©lai de 5 jours Ă  compter de la demande.

  • MĂȘme si le contrĂŽle judiciaire a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© par le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention, la personne mise en examen doit dĂ©poser sa demande de modification auprĂšs du juge d'instruction.

    La personne mise en examen ou son avocat doit faire la demande par déclaration auprÚs du greffier du juge d'instruction.

    Quand la personne mise en examen ou son avocat ne réside pas dans le ressort du juge d'instruction, la demande peut se faire par lettre recommandée avec avis de réception adressée au juge d'instruction.

    Avant de rendre sa décision, le juge d'instruction demande l'avis du procureur de la République.

    Le mis en examen peut faire appel dans un délai de 10 jours à compter de la notification de la décision du juge d'instruction.

    L'appel se fait par une déclaration auprÚs du greffier du juge qui a rendu la décision.

    L'appel est examiné par la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

     Attention :

    En fin d'information judiciaire, le juge d'instruction peut dĂ©cider de maintenir la personne sous contrĂŽle judiciaire jusqu'au jugement devant le tribunal correctionnel ou la cour d'assises. Dans ce cas, la demande de modification du contrĂŽle judiciaire doit ĂȘtre faite Ă  la juridiction de jugement.

  • La demande de modification du contrĂŽle judiciaire doit ĂȘtre adressĂ©e au JLD du tribunal qui va juger l'affaire.

    Le prévenu ou son avocat doit faire la demande par déclaration auprÚs du greffier du JLD.

    Quand le prévenu ou son avocat ne réside pas dans le ressort du tribunal, la demande peut se faire par lettre recommandée avec avis de réception adressée au JLD.

    Le prévenu peut faire appel de la décision qui refuse la modification dans les 24 heures à compter de la notification du refus.

    L'appel se fait par une déclaration auprÚs du greffier du JLD qui a rendu la décision.

  • Un accusĂ© qui attend son procĂšs devant la cour d'assises ou la cour criminelle peut demander la modification ou la mainlevĂ©e de son contrĂŽle judiciaire. Cette demande doit ĂȘtre faite au prĂ©sident de la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

    L'accusé ou son avocat doit faire la demande par déclaration auprÚs du greffier de la chambre de l'instruction.

    Quand l'accusé ou son avocat ne réside pas dans le ressort de la cour d'appel, la demande peut se faire par lettre recommandée avec avis de réception.

    OĂč s’adresser ?

    L'accusé peut faire appel de la décision qui refuse la modification par une déclaration auprÚs du greffier de la chambre de l'instruction.

     Attention :

    Si le procĂšs est en cours, la demande de modification du contrĂŽle judiciaire doit ĂȘtre effectuĂ©e Ă  la cour d'assises ou la cour criminelle selon le cas.

Quand une personne sous contrÎle judiciaire ne respecte pas volontairement ses obligations, elle risque la révocation de son contrÎle judiciaire.

La révocation du contrÎle judiciaire est une décision du juge qui met fin au contrÎle judiciaire et conduit à la détention provisoire.

Si une information judiciaire est en cours, le juge d'instruction peut prendre un mandat d'arrĂȘt ou un mandat d'amener pour obliger la personne Ă  comparaĂźtre devant le JLD qui doit dĂ©cider de la placer ou non en dĂ©tention provisoire.

S’il n’y a pas d’information judiciaire en cours, le mandat peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© par le JLD ou la juridiction de jugement selon les cas.

Si la personne est en attente de son procÚs, c'est le procureur de la République qui demande le placement en détention provisoire. Le JLD peut modifier les obligations du contrÎle judiciaire ou placer la personne sous bracelet électronique.

 Ă€ noter

La police ou la gendarmerie peut arrĂȘter une personne s'il existe des raisons de penser qu'elle ne respecte pas son contrĂŽle judiciaire. La personne peut ĂȘtre retenue 24 heures maximum.

Le contrÎle judiciaire du mis en examen peut prendre fin pendant l'information judiciaire ou lorsqu'elle est clÎturée.

Le contrÎle judiciaire du prévenu ou de l'accusé prend fin avec le procÚs.

Le contrÎle judiciaire peut prendre fin pendant l'information judiciaire ou lorsqu'elle est clÎturée.

Le prévenu ou l'accusé peut demander la mainlevée du contrÎle judiciaire, auprÚs de la juridiction de jugement.

Le contrÎle judiciaire se termine à la fin du procÚs, que la personne soit condamnée ou non.

Toutefois, en cas de condamnation à un sursis avec mise à l'épreuve, le tribunal peut maintenir les obligations issues du contrÎle judiciaire.