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Fiche pratique

Prestation compensatoire

Vérifié le 22/04/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

À la suite de votre divorce, vous pensez que votre niveau de vie va baisser ? Votre ex-Ă©poux ou ex-Ă©pouse peut devoir vous verser une prestation compensatoire Ă  compter du divorce. Elle est destinĂ©e Ă  compenser la disparitĂ© créée par la rupture du mariage. Elle peut ĂȘtre versĂ©e sous diffĂ©rentes formes fixĂ©es par les Ă©poux ou par le Jaf lors du divorce. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

La prestation compensatoire est le versement d'une somme d'argent dans le but de compenser un changement important dans le niveau de vie d'un des époux lors d'un divorce.

Elle est fixée en fonction des besoins de l'époux qui la demande et des ressources de l'autre époux.

Elle peut ĂȘtre due lors d'un divorce par consentement mutuel ou d'un divorce judiciaire.

En principe, elle est versée sous forme d'un capital, dont le montant est déterminé par le Jaf ou par les époux dans une convention.

Le juge peut refuser le versement d'une prestation compensatoire quand le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l'époux qui la réclame.

  À savoir

La prestation compensatoire ne peut ĂȘtre rĂ©clamĂ©e qu'en cas de divorce. Les concubins et les partenaires de Pacs peuvent uniquement saisir le Jaf d'une demande de dommages et intĂ©rĂȘts en cas de rupture abusive.

L'époux qui s'estime désavantagé du fait du divorce doit formuler une demande de prestation compensatoire. Elle doit impérativement intervenir au cours de la procédure de divorce.

Dans certains cas, elle peut ĂȘtre demandĂ©e pour la 1Ăšre fois en appel.

Une fois le divorce devenu définitif, il n'est plus possible de demander une prestation compensatoire.

Elle peut ĂȘtre demandĂ©e dans toutes les cas de divorce, qu'il s'agisse d'un divorce par consentement mutuel ou d'un divorce judiciaire.

  • La prestation compensatoire doit figurer dans la convention de divorce Ă©tablie par les Ă©poux et chacun de leurs avocats.

    La convention doit prévoir le montant et les conditions de versement de la prestation. Elle peut également indiquer les conditions de sa révision ou de sa suppression.

    Il est possible de prévoir que les versements cesseront à compter de la réalisation d'un événement déterminé (par exemple en cas de remariage).

     Attention :

    Il n'est plus possible de demander cette prestation quand le divorce est enregistré par le notaire.

  • La prestation compensatoire peut ĂȘtre fixĂ©e par le juge ou prĂ©vue par les Ă©poux dans une convention qui sera homologuĂ©e par le juge :

    • La demande doit ĂȘtre formĂ©e par l'avocat dans l'assignation en divorce devant le tribunal ou au cours de procĂ©dure lors du dĂ©pĂŽt de conclusions.

      Le Jaf statue sur cette demande dans le jugement. Il en fixe le montant et les conditions de paiement.

    • Lorsque les Ă©poux sont d'accord sur la prestation compensatoire, ils peuvent Ă©tablir une convention. Elle en fixe le montant et les conditions de paiement. Elle peut Ă©galement indiquer dans quel cas elle doit ĂȘtre rĂ©visĂ©e ou supprimĂ©e.

      La convention est homologuée par le Jaf et annexée au jugement de divorce.

        À savoir

      Il est possible de prévoir que les versements cesseront à compter de la réalisation d'un événement déterminé (par exemple en cas de remariage).

La prestation compensatoire est fixée en fonction de la différence de niveau de vie des époux au moment du divorce et de l'évolution future prévisible. Elle tient compte des besoins de l'époux à qui elle est due et des ressources de l'époux qui la verse.

Pour fixer le montant de la prestation compensatoire due par l'un des époux à l'autre, il faut prendre en considération notamment les éléments suivants :

  • DurĂ©e du mariage
  • Âge et l'Ă©tat de santĂ© des Ă©poux
  • Qualification et situation professionnelles
  • Ensemble des revenus de chaque Ă©poux (salaires, allocations versĂ©es par France Travail, pensions, dividendes, revenus fonciers ou mobiliers...)
  • ConsĂ©quences des choix professionnels d'un Ă©poux pendant la vie commune pour l'Ă©ducation des enfants ou pour favoriser la carriĂšre de son Ă©poux Ă  son dĂ©triment de la sienne. Par exemple, Ă©poux qui a fait le choix d'un temps partiel ou d'une mise entre parenthĂšses de sa carriĂšre.
  • Droits existants et prĂ©visibles (par exemple, mise Ă  la retraite prochainement, naissance d'un enfant pour l'Ă©poux crĂ©ancier)
  • Pension de retraite prĂ©visible (en tenant compte de la diminution des droits Ă  la retraite de l'Ă©poux qui a consenti des sacrifices professionnels).

À cette fin, les Ă©poux Ă©tablissent une dĂ©claration sur l'honneur de l'exactitude de leurs ressources, revenus, patrimoine et conditions de vie (par exemple, chĂŽmage).

En cas de difficultĂ©, le Jaf ou les Ă©poux peuvent faire Ă©valuer le patrimoine de chacun d'entre eux. Cette Ă©valuation peut ĂȘtre faite par tout professionnel qualifiĂ© (par exemple un notaire, un expert judiciaire).

La prestation compensatoire devient exigible Ă  partir du moment oĂč le divorce est dĂ©finitif.

Si les époux ont signé un acte d'acquiescement de la décision (c'est-à-dire qu'ils acceptent le jugement et renoncent à tout recours), elle est exigible à la date de la signature de l'acte.

Dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel, elle devient exigible quand la convention est enregistrée chez le notaire.

La prestation compensatoire peut prendre plusieurs formes. Elle peut ĂȘtre versĂ©e en :

Versement d'un capital

La prestation compensatoire est versĂ©e, en principe, sous forme d'un capital. Elle permet Ă  l'Ă©poux dĂ©biteur de s'acquitter en une seule fois de la somme et Ă  l'Ă©poux crĂ©ancier de disposer de cette somme immĂ©diatement. Si l'Ă©poux dĂ©biteur ne peut pas verser le capital en une fois, elle peut prendre une autre forme. Elle peut ĂȘtre Ă©chelonnĂ©e sous forme de versements pĂ©riodiques ou combiner sous une forme mixte le versement d'un capital et l'Ă©chelonnement d'un paiement.

  • Dans le cadre d'une convention, les Ă©poux doivent prĂ©voir la date du versement du capital.

    Lorsque c'est le juge qui fixe le montant de la prestation compensatoire, il doit indiquer dans son jugement la date de paiement de celle-ci.

      À savoir

    Le paiement de la prestation compensatoire n'est pas lié à la liquidation de la communauté.

  • Lorsqu'il n'est pas possible de verser le capital en une seule fois, le jugement ou la convention fixe les conditions de paiement sous forme de versements pĂ©riodiques.

    Les versements peuvent ĂȘtre mensuels, trimestriels, semestriels ou annuels.

    Ils sont revalorisés annuellement et indexés selon les rÚgles applicables aux pensions alimentaires.

    Les versements doivent se faire dans un délai maximum de 8 ans.

      À savoir

    À tout moment, l'Ă©poux dĂ©biteur a la possibilitĂ© de solder le capital indexĂ© restant dĂ» si ses capacitĂ©s financiĂšres le lui permettent (par exemple, hĂ©ritage, augmentation du salaire).

  • Dans une convention ou par dĂ©cision du juge, il est possible de combiner un capital versĂ© immĂ©diatement et un capital Ă©chelonnĂ©.

    Les versements échelonnés doivent se faire dans un délai maximum de 8 ans.

    Le capital échelonné est revalorisé annuellement. Il est indexé selon les rÚgles applicables aux pensions alimentaires.

Attribution d'un bien

Exceptionnellement, par jugement ou par convention, un bien peut ĂȘtre attribuĂ© Ă  l'Ă©poux bĂ©nĂ©ficiaire de la prestation compensatoire. Il faut que la prestation compensatoire ne puisse pas ĂȘtre versĂ©e sous forme de capital.

Il peut s'agir d'un bien mobilier (par exemple un vĂ©hicule) ou immobilier, correspondant Ă  la valeur de la prestation compensatoire. Ce bien peut ĂȘtre un bien de la communautĂ©, un bien en indivision ou un bien propre.

L'accord de l'époux débiteur est exigé pour l'attribution en propriété de biens qu'il a reçu par succession ou donation.

Le bien peut ĂȘtre attribuĂ© en :

La valeur du bien attribuĂ© au titre de la prestation compensatoire doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par un professionnel qualifiĂ© (par exemple un notaire, un expert judiciaire).

Versement sous forme d'une rente viagĂšre

La prestation compensatoire peut ĂȘtre versĂ©e sous forme d'une rente viagĂšre. Ce n'est possible qu'Ă  titre exceptionnel lorsque l'Ăąge ou l'Ă©tat de santĂ© de l'Ă©poux qui peut en bĂ©nĂ©ficier ne lui permet pas de subvenir Ă  ses besoins. Parfois elle peut ĂȘtre combinĂ©e avec le versement d'un capital.

Lorsqu'elle est demandée devant le Jaf, celui-ci doit motiver sa décision.

Cette rente viagÚre est obligatoirement revalorisée annuellement et indexée pour suivre l'évolution du coût de la vie.

Son versement n'est pas limité dans le temps.

Le montant de la rente peut ĂȘtre rĂ©visĂ©, suspendu ou supprimĂ© en fonction de l'Ă©volution des ressources ou des besoins des Ă©poux (par exemple la mise Ă  la retraite).

La rĂ©vision ne peut pas ĂȘtre supĂ©rieure au montant fixĂ© initialement dans le jugement.

 Attention :

Il ne faut pas confondre la revalorisation et la révision de la prestation compensatoire :

  • Revalorisation pour indexer annuellement la prestation
  • RĂ©vision pour demander une diminution ou une augmentation du montant de la prestation.

Dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel, les époux peuvent prévoir que la prestation compensatoire soit versée sous forme d'une rente pour une durée déterminée.

Les versements de cette rente cessent au bout d'un nombre d'années fixé par les époux (par exemple 10 ans) ou à l'occasion d'un événement prévu (par exemple mise en retraite de l'époux débiteur).

En cas de changement important des ressources ou des besoins de l'un ou l'autre des Ă©poux (par exemple en cas de Pacs), la prestation compensatoire peut ĂȘtre rĂ©visĂ©e.

En cas d'accord des Ă©poux, la modification peut se faire par une convention qui doit ĂȘtre homologuĂ©e par le Jaf.

En l'absence d'accord entre les Ă©poux, le Jaf peut ĂȘtre saisi par assignation.

Ces procédures imposent aux époux d'avoir chacun un avocat.

Le Jaf du domicile de l'époux créancier est compétent.

Si l'un des époux n'a pas suffisamment de revenus, il peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour une prise en charge des frais liés à la procédure (avocat, commissaires de justice, expertise...).

La rĂ©vision de la prestation peut ĂȘtre demandĂ©e pour une prestation versĂ©e sous forme de capital ou de rente :

  • RĂ©vision demandĂ©e par l'Ă©poux crĂ©ancier

    L'époux créancier ne peut pas demander la révision de la prestation fixée en capital. Il peut uniquement saisir le Jaf d'une demande en paiement du solde du capital indexé dans le jugement ou dans la convention, aprÚs la liquidation du régime matrimonial.

      À savoir

    Si la prestation compensatoire a été versée en capital en une seule fois, il est impossible de la réviser.

    Révision demandée par l'époux débiteur

    L'Ă©poux dĂ©biteur qui justifie d'un changement important dans sa situation (licenciement, retraite...) peut demander une rĂ©vision. Elle ne peut porter que sur le montant des versements ou leur Ă©chelonnement. Le montant initial du capital fixĂ© par le jugement (ou la convention) de divorce ne peut pas ĂȘtre modifiĂ©.

    À titre exceptionnel, le juge peut autoriser par dĂ©cision motivĂ©e le versement du capital sur une durĂ©e supĂ©rieure Ă  8 ans (par exemple en cas de perte d'emploi, de difficultĂ©s de santĂ©, de charges familiales supplĂ©mentaires).

      À savoir

    Si ses capacitĂ©s financiĂšres le lui permettent (par exemple hĂ©ritage, augmentation du salaire), l'Ă©poux dĂ©biteur peut dĂ©cider de payer la totalitĂ© du capital restant dĂ». Cette dĂ©marche peut ĂȘtre faite lorsque celui-ci est versĂ© en plusieurs fois, il n'est pas nĂ©cessaire de saisir le Jaf pour cette modification.

  • La rĂ©vision de la prestation compensatoire peut ĂȘtre demandĂ©e par l'un ou l'autre des Ă©poux.

    Il est possible de demander le remplacement d'une rente par un capital. La rĂ©vision, la suspension ou la suppression de la rente peuvent aussi ĂȘtre demandĂ©es.

    Remplacement d'une rente par un capital

    L'époux débiteur comme l'époux créancier peuvent demander au juge la transformation de la rente viagÚre en un capital.

    Quand l'époux créancier en fait la demande, il doit justifier que la situation de l'époux débiteur permet cette modification (par exemple si l'époux débiteur a hérité d'une somme).

    Quand l'époux débiteur en fait la demande, il doit justifier qu'il ne peut plus régler la rente et que l'ùge ou l'état de santé de l'époux créancier ne fait pas obstacle à cette modification.

    Le capital dû est calculé en fonction du montant de la rente annuelle indexée, de l'ùge de l'époux créancier, de son espérance de vie et d'un coefficient.

    Exemple

    Pour une femme ĂągĂ©e de 60 ans et bĂ©nĂ©ficiant d'une rente viagĂšre de 500 € par mois soit 6 000  €/ an, le coefficient applicable est de 15.478 de telle maniĂšre que le montant du capital substituĂ© s'Ă©lĂšve Ă  92 868 €.

    Révision, suspension ou suppression de la prestation compensatoire

    Les Ă©poux dĂ©biteur et crĂ©ancier peuvent demander la rĂ©duction, la suspension ou la suppression de la prestation compensatoire. La demande doit ĂȘtre justifiĂ©e par un changement important dans les ressources ou les besoins de l'un ou de l'autre (par exemple invaliditĂ©, concubinage notoire, chĂŽmage).

    L'époux créancier dont la rente a été précédemment diminuée peut demander un rétablissement de son montant initial lorsque l'époux débiteur est revenu à meilleure fortune. Dans ce cas, la révision ne peut pas avoir pour effet de porter la rente à un montant supérieur à celui initialement fixé.

     Ă€ noter

    La suspension ne peut avoir qu'une durée déterminée.

En cas de non-paiement de la prestation compensatoire, l'époux créancier peut engager des procédures de recouvrement.

Il faut s'adresser Ă  un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire).

Les procĂ©dures de recouvrement peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes selon les formes de versement.

  • L'Ă©poux crĂ©ancier dispose d'un dĂ©lai de 10 ans Ă  compter du jugement pour la rĂ©cupĂ©rer.

    Le délai débute dÚs que la décision de divorce est devenue définitive.

    Le commissaire de justice peut mettre en Ɠuvre une des procĂ©dures suivantes :

     Attention :

    La prestation compensatoire versée en capital ne peut pas faire l'objet d'une procédure de paiement direct.

    Si le commissaire de justice n'arrive pas à récupérer la prestation compensatoire, l'époux créancier peut saisir la Caf qui procÚde au recouvrement. Cette démarche est possible uniquement si la pension alimentaire d'un enfant et la prestation compensatoire ne sont pas payées.

    En cas de non-paiement de la prestation compensatoire, l'Ă©poux crĂ©ancier peut porter plainte. C'est un dĂ©lit d'abandon de famille puni de 2 ans d'emprisonnement et 15 000  €d'amende.

    Si le non-paiement de la prestation compensatoire entraĂźne un prĂ©judice pour l'Ă©poux crĂ©ancier, ce dernier peut saisir le Jaf pour demander la fixation de dommages-intĂ©rĂȘts compensatoires.

  • Il est possible de demander le paiement des arriĂ©rĂ©s des 5 derniĂšres annĂ©es Ă  compter du dernier impayĂ©.

    Le commissaire de justice peut mettre en Ɠuvre une des procĂ©dures suivantes :

    Si le commissaire de justice n'arrive pas à récupérer la prestation compensatoire, l'époux créancier peut saisir la Caf qui procÚde au recouvrement. Cette démarche est possible uniquement si la pension alimentaire d'un enfant et la prestation compensatoire ne sont pas payées.

    Si le commissaire de justice ne parvient pas Ă  rĂ©cupĂ©rer la prestation compensatoire ou que les conditions ne sont pas remplies pour faire appel Ă  la Caf, elle peut ĂȘtre recouvrĂ©e par le TrĂ©sor Public. La demande doit ĂȘtre adressĂ©e au procureur de la RĂ©publique du tribunal judiciaire du crĂ©ancier.

    OĂč s’adresser ?

     Attention :

    Le recouvrement par le Trésor public n'est possible que pour la prestation compensatoire versée sous forme de rente viagÚre.

    En cas de non-paiement de la prestation compensatoire, l'Ă©poux crĂ©ancier peut porter plainte. C'est un dĂ©lit d'abandon de famille puni de 2 ans d'emprisonnement et 15 000  €d'amende.

    Si le non-paiement de la prestation compensatoire entraĂźne un prĂ©judice pour l'Ă©poux crĂ©ancier, ce dernier peut saisir le Jaf pour demander la fixation de dommages-intĂ©rĂȘts compensatoires.

Au décÚs de l'époux débiteur, le paiement de la prestation compensatoire est transmis aux héritiers, sauf s'ils renoncent à la succession.

Le solde de la prestation compensatoire devient immédiatement exigible qu'elle soit versée en capital ou sous forme de rente. Il est du que la prestation compensatoire soit fixée par jugement ou par convention (sauf disposition contraire dans la convention).

La prestation compensatoire est prélevée sur l'actif successoral. Les héritiers ne sont pas obligés de la payer sur leurs fonds personnels.

Par acte notariĂ©, les hĂ©ritiers de l'Ă©poux dĂ©biteur peuvent dĂ©cider de maintenir les conditions de rĂšglement fixĂ©es avant son dĂ©cĂšs. Cet acte notariĂ© doit ĂȘtre notifiĂ© Ă  l'Ă©poux crĂ©ancier s'il n'est pas prĂ©sent lors de la signature de l'acte chez le notaire.

Dans ce cas, les héritiers de l'époux débiteur doivent payer la prestation sur leurs fonds personnels si l'actif successoral est insuffisant. Ils peuvent se libérer à tout moment du solde du capital restant dû. Ils peuvent demander la révision des conditions de versement de la prestation compensatoire.

En cas de demande de révision, la procédure se fait par assignation devant le Jaf du domicile de l'époux créancier.

OĂč s’adresser ?

L'avocat est obligatoire pour toutes les parties. Si l'une des parties n'a pas suffisamment de revenus, elle peut demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour une prise en charge des frais liés à la procédure (avocat, commissaire de justice...).

Chaque héritier peut faire une procédure indépendamment des autres (division des dettes) pour sa propre quote-part de prestation compensatoire.

L'époux créancier qui souhaite modifier les formes de versement de la prestation compensatoire peut faire une procédure envers un seul des héritiers de l'époux débiteur.

Par exemple, l'époux débiteur a plusieurs héritiers issus de différentes unions. L'époux créancier peut accepter la part de la prestation compensatoire due par son enfant commun. Il peut engager une procédure contre un autre héritier (belle-fille, beau-fils) de son époux pour ne plus avoir de relation financiÚre avec lui.

La procédure se fait par assignation devant le Jaf du domicile de l'époux créancier.

OĂč s’adresser ?

L'avocat est obligatoire.

  À savoir

En cas de dĂ©cĂšs de l'Ă©poux dĂ©biteur, l'Ă©poux survivant peut percevoir une pension de rĂ©version. Celle-ci peut ĂȘtre dĂ©duite de la prestation compensatoire versĂ©e sous forme de rente.

Selon les formes de versement de la prestation compensatoire, celle-ci peut ĂȘtre dĂ©ductible ou non des impĂŽts de celui qui la verse et imposable ou non pour celui qui la reçoit.

L'imposition dépend des modes de versement de la prestation compensatoire.

Quand la prestation compensatoire est versée sous forme de rente, elle suit le régime fiscal des pensions alimentaires.