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Fiche pratique

Bracelet électronique lors d'une assignation à résidence

Vérifié le 22/09/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

L'assignation Ă  rĂ©sidence avec surveillance Ă©lectronique (ARSE), souvent appelĂ©e bracelet Ă©lectronique, est une solution alternative Ă  la dĂ©tention provisoire. La personne poursuivie pĂ©nalement a l’obligation de demeurer dans un lieu prĂ©cis et sa surveillance est assurĂ©e par le port en permanence d’un bracelet Ă©metteur reliĂ© Ă  une alarme. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

L'assignation Ă  rĂ©sidence avec surveillance Ă©lectronique (ARSE) est une mesure privative de libertĂ©. Elle est assimilĂ©e Ă  de la dĂ©tention provisoire. Elle permet d’éviter une incarcĂ©ration avant jugement lorsque le contrĂŽle judiciaire n’est pas suffisant.

Elle peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e dans le cadre d’une information judiciaire Ă  l’encontre de la personne mise en examen.

Elle peut Ă©galement ĂȘtre dĂ©cidĂ©e Ă  l'encontre du prĂ©venu en attente de son jugement.

La personne peut ĂȘtre placĂ©e sous ARSE si le juge considĂšre que les obligations du contrĂŽle judiciaire sont insuffisantes pour assurer le bon dĂ©roulement de l'instruction. La mesure permet de prĂ©server l'ordre public (menace., intimidation de la victime...) et garantir la prĂ©sence en justice du mis en examen.

Elle est ordonnée d'office par le juge d'instruction ou par le juge des libertés et de la détention (JLD) sans avoir à recueillir l'accord de la personne mise en examen.

Elle peut Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©e Ă  la demande du mis en examen et de son avocat. En cas de dĂ©tention provisoire, le dĂ©tenu ou son avocat peut faire une demande de mise en libertĂ© avec placement sous ARSE par le juge comme alternative Ă  sa dĂ©tention.

Pour que le placement sous ARSE soit ordonnĂ©, toutes les conditions suivantes doivent ĂȘtre rĂ©unies :

  • Personne devant ĂȘtre mise en examen
  • NĂ©cessitĂ©s de l'instruction le justifiant
  • Majeur encourant une peine de prison d'au moins 2 ans ou mineur Ă  partir de 16 ans encourant une peine de prison d'au moins 3 ans
  • Service pĂ©nitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) ayant vĂ©rifiĂ© la faisabilitĂ© technique (couverture du rĂ©seau tĂ©lĂ©phonique, Ă©lectricitĂ©...).

L'ARSE peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par les obligations et interdictions prĂ©vues en cas de contrĂŽle judiciaire (interdiction de se rendre dans certains lieux, de rencontrer certaines personnes, suivre des soins...).

  À savoir

En cas de violences conjugales, l'auteur des faits peut faire l'objet d'une assignation à résidence sous surveillance électronique. Le juge peut décider de la mise en place d'un bracelet anti-rapprochement avant toute condamnation.

Avant le procÚs devant le tribunal correctionnel, le procureur de la République peut demander le placement du prévenu sous ARSE. Il saisit le juge des libertés et de la détention (JLD), qui peut décider de ce placement.

L'ARSE peut ĂȘtre prononcĂ©e dans les procĂ©dures suivantes :

 Ă€ noter

Le procureur de la République peut saisir le juge des enfants (juge spécialisé) d'une demande de placement sous ARSE pour un mineur de 16 ans au moins jusqu'à l'audience de jugement.

L'ARSE peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par les obligations et interdictions prĂ©vues en cas de contrĂŽle judiciaire (interdiction de se rendre dans certains lieux, de rencontrer certaines personnes, suivre des soins...).

  À savoir

En cas de violences conjugales, l'auteur des faits peut faire l'objet d'une assignation à résidence sous surveillance électronique. Le juge peut décider de la mise en place d'un bracelet anti-rapprochement avant toute condamnation.

Pour un mineur, l'ARSE peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans un Ă©tablissement de placement Ă©ducatif ou au domicile des reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur avec leur accord Ă©crit.

Le bracelet Ă©lectronique est posĂ© dans un dĂ©lai de 5 jours Ă  compter de l'ordonnance de placement sous ARSE. La pose du bracelet intervient aprĂšs l’accomplissement de formalitĂ©s prĂ©alables.

Formalités préalables à la pose du bracelet

Vérifications matérielles

Des vĂ©rifications matĂ©rielles sont faites au prĂ©alables pour s’assurer que le dispositif peut ĂȘtre mis en place.

Le service pĂ©nitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) est chargĂ© de vĂ©rifier s’il y a bien un bracelet Ă©lectronique disponible et si le rĂ©cepteur peut techniquement ĂȘtre installĂ© sur le lieu d’assignation.

Le SPIP vĂ©rifie Ă©galement la situation matĂ©rielle, sociale et familiale de la personne poursuivie afin de dĂ©terminer le lieu et les horaires d’assignation possibles.

Si elles ne sont pas encore faites au moment de la dĂ©cision d’ARSE, le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention (JLD) saisit le SPIP pour effectuer ces vĂ©rifications et Ă©tablir un rapport.

Accord de la personne poursuivie

Le placement sous bracelet électronique se fait avec le consentement de la personne poursuivie.

Cet accord doit ĂȘtre donnĂ© en prĂ©sence d'un avocat.

Si la personne refuse cette installation, le juge peut décider de révoquer l'ARSE et placer la personne en détention provisoire.

Accord de la personne qui héberge la personne poursuivie

Si la personne poursuivie est domiciliée ou hébergé chez un tiers, celui-ci (propriétaire des lieux ou titulaire du contrat de location) doit donner son accord.

Pose du bracelet électronique

Le personnel de l'administration pénitentiaire pose le bracelet. Celui-ci est généralement porté à la cheville.

La personne sous ARSE peut, à tout moment, demander au juge qu'un médecin vérifie que le bracelet ne présente pas d'inconvénient pour sa santé.

L’ARSE oblige la personne Ă  rester Ă  son domicile ou dans un autre lieu fixĂ© par le juge.

Les absences autorisées (jours, horaires et motifs) sont strictement déterminées par le juge.

Les horaires de prĂ©sence au domicile ou dans les autres lieux d’assignation peuvent ĂȘtre modifiĂ©s par le directeur de l’établissement pĂ©nitentiaire ou du directeur du service d’insertion et de probation, avec l’accord prĂ©alable du juge.

 Attention :

Il est interdit d'enlever, casser ou détériorer le bracelet électronique et le boßtier du domicile sous peine de poursuites pénales.

La personne sous ARSE est suivie et contrÎlée par le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP).

Le contrÎle du respect des obligations peut se faire par les moyens suivants :

  • VĂ©rification tĂ©lĂ©phonique
  • Visite au lieu de rĂ©sidence
  • Convocation Ă  la prison
  • Convocation au SPIP.

Une alarme se dĂ©clenche dĂšs qu’elle est absente de son lieu d’assignation aux horaires fixĂ©s (sortie non autorisĂ©e, retard) ou qu’elle se rend sur un lieu interdit par le juge. L’alarme se dĂ©clenche Ă©galement si elle retire ou dĂ©grade son bracelet.

Un rapport d’incident est rĂ©digĂ© et transmis au juge, au procureur de la RĂ©publique et au SPIP.

Un mandat d'arrĂȘt ou un mandat d'amener peuvent ĂȘtre dĂ©cidĂ© par le juge d'instruction ou le procureur de la RĂ©publique.

La personne sous ARSE risque alors la révocation de la mesure et le placement en détention provisoire sur décision du juge des libertés et de la détention (JLD).

La durée du placement sous ARSE est différente selon qu'elle est ordonnée par le juge d'instruction ou à l'encontre du prévenu en attente de son jugement :

  • L'ARSE est ordonnĂ©e pour une durĂ©e de 6 mois.

    Elle est renouvelable Ă  3 reprises pour la mĂȘme pĂ©riode.

    Le cumul du renouvellement ne peut pas dépasser 2 ans.

  • Pour un majeur, en cas de renvoi devant le tribunal correctionnel ou la cour d'assises, la durĂ©e totale du placement sous ARSE ne peut pas excĂ©der 2 ans, dĂ©duction faite de la pĂ©riode dĂ©jĂ  exĂ©cutĂ©e au cours de l'instruction.

    Le placement sous ARSE peut ĂȘtre ordonnĂ©e jusqu'Ă  l'audience de jugement pour un mineur.

Les rÚgles différent selon que l'ARSE a été ordonnée à l'encontre d'une personne mise en examen ou d'un prévenu en attente de son jugement :

  • Le juge d'instruction peut, Ă  tout moment, modifier ou mettre fin Ă  la mesure.

    • Le juge d'instruction peut modifier, imposer ou supprimer une ou plusieurs obligations :

      • Modifier une obligation (par exemple, horaires de prĂ©sence au domicile)
      • Lever temporairement une obligation (hospitalisation, dĂ©cĂšs d'un proche...)
      • Ajouter ou supprimer une obligation (par exemple, interdiction ou levĂ©e d'interdiction de se rendre dans un lieu).

      Cette décision est prise sur réquisitions du procureur de la République ou sur demande de la personne mise en examen.

      La dĂ©cision du juge peut faire l'objet d'un appel dans les 10 jours Ă  compter de la notification. L'appel doit ĂȘtre fait par dĂ©claration au greffe du tribunal qui a rendu la dĂ©cision.

      Il rend sa décision dans un délai de 5 jours par ordonnance motivée. Cette décision peut faire l'objet d'un appel dans les 10 jours à compter de la notification.

      Si le juge n'a pas rendu sa décision dans le délai de 5 jours, la personne peut saisir directement la chambre de l'instruction de la cour d'appel, qui se prononce dans les 20 jours. Sinon, la mesure de placement électronique est levée.

    • Le juge d'instruction peut, Ă  tout moment, mettre fin Ă  la mesure ou la remplacer par un contrĂŽle judiciaire.

      Il peut le faire :

      • Soit d'office
      • Soit sur les rĂ©quisitions du procureur de la RĂ©publique
      • Soit Ă  la demande du mis en examen.

      La dĂ©cision du juge peut faire l'objet d'un appel dans les 10 jours Ă  compter de la notification. L'appel doit ĂȘtre fait par dĂ©claration au greffe du tribunal qui a rendu la dĂ©cision.

        À savoir

      À la fin d'une information judiciaire, si la personne mise en examen est renvoyĂ©e devant le tribunal correctionnel, la mesure prend fin. NĂ©anmoins, sur dĂ©cision motivĂ©e, le juge d'instruction peut maintenir le placement sous bracelet Ă©lectronique.

      Si la personne est renvoyée la cour d'assises, l'accusé reste sous ARSE jusqu'à l'audience.

  • Le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention peut, Ă  tout moment, sur rĂ©quisitions du procureur de la RĂ©publique ou Ă  la demande du prĂ©venu, dĂ©cider des mesures suivantes :

    • Modifier, imposer ou supprimer une ou plusieurs obligations
    • Lever temporairement une obligation.

    La décision du juge peut faire l'objet d'un appel dans un délai de 24 heures devant la chambre de l'instruction.

    OĂč s’adresser ?

Le placement sous bracelet électronique est une alternative à la détention provisoire. Elle est intégralement déduite de la durée de la peine privative de liberté prononcée.

En cas de décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive, la personne placée sous bracelet électronique peut demander réparation du préjudice subi, moral et matériel.

La demande doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e au premier prĂ©sident de la Cour d'appel dont dĂ©pend le tribunal qui a prononcĂ© la dĂ©cision.

OĂč s’adresser ?

 Attention :

La requĂȘte doit ĂȘtre envoyĂ©e dans les 6 mois qui suivent la dĂ©cision dĂ©finitive.