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Question-réponse

Qu'est-ce qu'une comparution à délai différé ?

Vérifié le 03/06/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

La comparution à délai différé est une procédure qui permet au procureur de la République de convoquer rapidement l'auteur d'un délit devant le tribunal correctionnel. Cette procédure s'applique quand il existe des charges suffisantes mais que le dossier est incomplet, en attente de retour d'analyses techniques, médicales ou tout autre élément nécessaire. Nous vous expliquons la procédure.

La procédure de comparution à délai différé s'applique lorsque les 4 conditions suivantes sont réunies :

  • Le prĂ©venu a commis un dĂ©lit puni d'au moins 2 ans de prison ou d'au moins 6 mois en cas de flagrant dĂ©lit
  • Les charges retenues sont suffisantes pour que le prĂ©venu comparaisse devant le tribunal correctionnel,
  • Le dossier est incomplet. Il n'est pas en Ă©tat d'ĂȘtre jugĂ© aprĂšs la garde Ă  vue, parce qu'il manque des Ă©lĂ©ments demandĂ©s par le procureur de la RĂ©publique (examen mĂ©dical, examen technique...).
  • Le prĂ©venu est assistĂ© par un avocat.

  À savoir

La procĂ©dure de comparution Ă  dĂ©lai diffĂ©rĂ© ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©e pour les crimes et les contraventions. De plus, elle ne s'applique pas pour les mineurs, pour certains dĂ©lits de presse ou politiques et pour les infractions soumises Ă  une loi spĂ©ciale (par exemple forĂȘts, pĂȘche).

AprĂšs une enquĂȘte prĂ©liminaire ou de flagrance menĂ©e par les services de police ou de gendarmerie, le prĂ©venu peut ĂȘtre placĂ© en garde Ă  vue par le procureur de la RĂ©publique. On parle de dĂ©fĂšrement.

DéfÚrement

La prévenu, qui a été mis en garde à vue, est déféré devant le procureur de la République.

Le procureur de la République lui notifie les faits qui lui sont reprochés.

Il l'informe de son droit de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se taire.

Il avise le prĂ©venu de son droit Ă  l’assistance d’un interprĂšte s’il ne comprend pas le français.

Le prĂ©venu peut ĂȘtre assistĂ© par un avocat de son choix. Il peut Ă©galement demander Ă  ĂȘtre assistĂ© par un avocat commis d’office.

L’avocat peut consulter immĂ©diatement le dossier.

OĂč s’adresser ?

À l'issue du dĂ©fĂšrement, le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de poursuivre le prĂ©venu par la procĂ©dure de convocation Ă  dĂ©lai diffĂ©rĂ©.

Le prĂ©venu doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© au juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention sur rĂ©quisitions du procureur de la RĂ©publique.

Cela permet le placement du prévenu sous l'une des mesures suivantes :

  • ContrĂŽle judiciaire
  • Assignation Ă  rĂ©sidence sous surveillance Ă©lectronique (ARSE)
  • DĂ©tention provisoire lorsque la peine encourue est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă  3 ans d’emprisonnement.

Les réquisitions précisent les raisons justifiant le recours à cette procédure. Il indique s'il y a lieu les actes en cours dont les résultats sont en attente.

  À savoir

Le dĂ©fĂšrement d'un prĂ©venu n’est pas dĂ©duit du temps de la garde Ă  vue.

Présentation devant le juge des libertés et de la détention

Le prévenu est présenté au juge des libertés et de la détention en présence de son avocat.

Il est entendu sur les faits qui lui sont reprochés.

Son avocat est entendu en sa plaidoirie.

À l'issue du dĂ©bat, le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention rend une ordonnance statuant sur les mesures de sĂ»retĂ© suivantes :

Le juge des libertés et de la détention impose ces mesures pour :

  • Garantir le maintien du prĂ©venu Ă  disposition de la justice
  • Éviter le renouvellement du dĂ©lit ou y mettre fin
  • EmpĂȘcher toute concertation avec des complices
  • Conserver des preuves ou indices
  • Eviter l’exercice d’une quelconque pression sur les victimes, les tĂ©moins ou leur famille
  • ProtĂ©ger la personne mise en examen.

Le juge peut refuser de suivre les réquisitions du procureur de la République et ne pas prononcer de mesure de sûretés contre le prévenu. Dans ce cas, il sort libre avec sa convocation.

L'ordonnance du juge des libertés et de la détention saisit le tribunal correctionnel. Le prévenu devra comparaßtre au plus tard dans un délai de 2 mois. Passé ce délai, il est automatiquement mis fin à la mesure.

  À savoir

L'ordonnance rendue par le JLD peut faire l’objet d’un appel devant la chambre de l’instruction dans un dĂ©lai de 10 jours.

Les parties au procĂšs sont avisĂ©es de la date d’audience et de leurs droits. Les actes de procĂ©dure en attente sont joints au dossier.

Victime avisée de la procédure

La victime de l'infraction est informée par tous moyens (par courrier, par la police...) de la date de l'audience à laquelle l'affaire sera jugée.

Si elle veut demander des dommages et intĂ©rĂȘts en rĂ©paration de son prĂ©judice, elle doit se constituer partie civile.

La partie civile peut demander un renvoi Ă  une autre audience pour un motif lĂ©gitime (grave empĂȘchement, hospitalisation...).

TĂ©moins convoquĂ©s Ă  l’audience

Toute personne ayant des informations sur l'affaire peut ĂȘtre tĂ©moin.

La demande de tĂ©moignage peut ĂȘtre faite par le procureur de la RĂ©publique, le prĂ©venu, la partie civile ou les avocats.

La personne ne doit pas forcément avoir directement assisté à l'infraction. Elle peut témoigner sur les faits reprochés au prévenu, sa personnalité ou sa moralité (c'est-à-dire ce qui caractérise en bien ou en mal son comportement en société).

Le tĂ©moin est avisĂ© par tous moyens de la date d'audience oĂč il devra effectuer son tĂ©moignage.

Si vous ne vous présentez pas au tribunal et que vous n'avez pas d'excuse valable (une hospitalisation par exemple), le tribunal peut vous y contraindre avec le recours de la police.

  À savoir

La non-comparution, le refus de témoigner et le faux témoignage sont punis par la loi.

Actes de procédure joints au dossier

Les demandes d'actes effectuées par le procureur de la République dans ses réquisitions (examens techniques, médicaux... etc) sont versées au dossier et mis à la disposition des parties ou de leurs avocats.

Demandes d’acte

Jusqu'à l'audience de jugement, le prévenu ou son avocat peuvent demander au président du tribunal la réalisation de tout acte qu'ils estiment nécessaire à la manifestation de la vérité.

Si le prĂ©venu est dĂ©tenu, la demande peut ĂȘtre faite par dĂ©claration auprĂšs du chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

Au cours de la procédure, la partie civile ou son avocat peuvent faire des demandes d'actes (audition de témoin, expertise...).

L'audience devant le tribunal correctionnel doit se tenir dans un délai de 2 mois à compter de l'ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention.

Passé ce délai, la mesure prise par ce magistrat prend fin.

Le procÚs en comparution à délai différé se déroule devant le tribunal correctionnel.

Les rĂšgles sont les mĂȘmes que pour les autres procĂšs devant cette juridiction.

La procédure est gratuite.

La procédure étant rapide et l'avocat obligatoire pour le prévenu, l'avocat est rémunéré par l'aide juridictionnelle.

À la fin de la procĂ©dure, si la personne condamnĂ©e ne remplit pas les conditions pour bĂ©nĂ©ficier de l'aide juridictionnelle, elle doit rembourser au TrĂ©sor public les sommes versĂ©es Ă  l'avocat.

La personne condamnée doit payer les droits fixes de procédure, car ils ne sont pas couverts par l'aide juridictionnelle.

La victime ou la partie civile peut bénéficier de l'aide juridictionnelle si ses revenus ne lui permettent pas de payer les frais d'avocat.