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Fiche pratique

Témoin assisté

Vérifié le 25/07/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Le juge d’instruction peut placer un suspect sous le statut de tĂ©moin assistĂ©. Ce statut protĂšge le suspect en lui accordant des droits qui lui permettent de se dĂ©fendre. Le tĂ©moin assistĂ© a aussi des obligations Ă  respecter. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

Le tĂ©moin assistĂ© est une personne nommĂ©ment mise en cause dans une enquĂȘte pĂ©nale ou sur laquelle pĂšsent des indices qui rendent vraisemblable sa participation Ă  la commission de l'infraction.

Il n’est pas un tĂ©moin. En effet, un simple tĂ©moin n’est pas soupçonnĂ©.

Il n’est pas mis en examen, car les indices contre lui ne sont pas suffisants.

  À savoir

Pour ĂȘtre mis en examen, il faut des indices graves ou concordants d’une participation Ă  l’infraction.

Le placement sous le statut de tĂ©moin assistĂ© est possible uniquement dans le cadre d’une information judiciaire.

Le juge d’instruction peut convoquer le suspect et l’auditionner en tant que tĂ©moin assistĂ©. Parfois, il est obligĂ© de lui accorder ce statut. Cela dĂ©pend de la façon dont le suspect est mis en cause.

  À savoir

Une personne déjà mise en examen peut aussi revenir au statut de témoin assisté.

  • La personne est dĂ©signĂ©e dans un rĂ©quisitoire du Procureur de la RĂ©publique comme auteur potentiel d'une ou plusieurs infractions.

    Quand le suspect est dĂ©signĂ© dans le rĂ©quisitoire du procureur de la RĂ©publique, le juge d’instruction peut le mettre en examen Ă  l’issue d’un iinterrogatoire de premiĂšre comparution.

    Si le juge d’instruction ne met pas le suspect en examen, il doit lui accorder le statut de tĂ©moin assistĂ© pour pouvoir l’auditionner Ă  nouveau.

  • Sans ĂȘtre dĂ©signĂ©e dans un rĂ©quisitoire du procureur, la personne peut ĂȘtre mise en cause par une victime soit dans une plainte, soit dans une plainte avec constitution de partie civile, soit dans une audition de victime sans plainte.

    La dĂ©signation du suspect peut rĂ©sulter d’une plainte, d’une plainte avec constitution de partie civile ou d’une simple audition de la victime (sans plainte).

    Dans ce cas, le juge d’instruction peut dĂ©cider d’entendre le mis en cause comme un simple tĂ©moin ou en tant que tĂ©moin assistĂ©.

    Si le mis en cause, dĂ©signĂ© par la victime, est entendu comme simple tĂ©moin, le juge doit l’informer qu’il a le droit de demander Ă  ĂȘtre tĂ©moin assistĂ©.

    Si le mis en cause demande Ă  ĂȘtre tĂ©moin assistĂ©, le juge d’instruction est obligĂ© de lui accorder ce statut.

    Rappel

    Rappel

    Si le mis en cause est Ă©galement dĂ©signĂ© dans un rĂ©quisitoire du procureur mais qu’il n’est pas mis en examen, il doit bĂ©nĂ©ficier du statut de tĂ©moin assistĂ©.

  • La personne est uniquement mise en cause par un tĂ©moignage sans ĂȘtre mise en cause dans un rĂ©quisitoire du procureur ou par une victime.

    La personne mise en cause par un tĂ©moin, sans ĂȘtre dĂ©signĂ©e dans un rĂ©quisitoire du procureur ni dĂ©signĂ©e par une victime, peut ĂȘtre convoquĂ©e pour ĂȘtre auditionnĂ©e par le juge en tant que tĂ©moin assistĂ©.

     Ă€ noter

    Le juge d'instruction peut également décider d'entendre cette personne comme un simple témoin.

  • Des indices rendent vraisemblables que la personne ait pu participer Ă  l'infraction sans qu'elle soit pour autant mise en cause par le procureur, la victime ou un tĂ©moin.

    Il est possible de bĂ©nĂ©ficier du statut de tĂ©moin assistĂ© sans ĂȘtre dĂ©signĂ© par le procureur, une victime ou un tĂ©moin.

    En effet, une personne que personne ne dĂ©signe peut ĂȘtre auditionnĂ©e en tant que tĂ©moin assistĂ© lorsqu’il existe des indices qui rendent vraisemblable sa participation Ă  l'infraction.

     Ă€ noter

    Le juge d'instruction peut également décider d'entendre cette personne comme un simple témoin.

  • Si la personne mise en examen estime qu'il n'y a plus d'indices graves ou concordants contre elle, elle peut demander au juge d'instruction de lui donner le statut de tĂ©moin assistĂ© au lieu de mis en examen.

    Cette demande peut ĂȘtre faite au plus tĂŽt 6 mois aprĂšs la mise en examen et tous les 6 mois suivants.

    Cette demande peut Ă©galement ĂȘtre faite dans les 10 jours qui suivent la notification d'une expertise ou un interrogatoire lors duquel la personne est interrogĂ©e sur les retours de l'enquĂȘte.

    La demande est faite par le mis en examen ou son avocat par une déclaration au greffier du juge d'instruction ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.

    Si la personne mise en examen est dĂ©tenue, la demande peut Ă©galement ĂȘtre faite au moyen d'une dĂ©claration auprĂšs du chef de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.

    Si le juge d'instruction accorde la demande, il informe la personne qu'elle bénéficie du statut de témoin assisté.

     Ă€ noter

    Le passage du statut de mis en examen au statut de témoin assisté met fin aux éventuelles mesures de sureté (contrÎle judiciaire, détention provisoire, bracelet électronique). Si le détenu provisoire devient témoin assisté, le juge ordonne sa remise en liberté.

    Si le juge d'instruction estime que la personne doit rester mise en examen, il rend une ordonnance dans laquelle il justifie sa décision en démontrant l'existence d'indices graves ou concordants.

Le plus souvent, le mis en cause apprend qu’il est tĂ©moin assistĂ© Ă  l’issue de son interrogatoire de premiĂšre comparution.

  À savoir

Pendant l’interrogatoire de premiĂšre comparution, le mis en cause n’est pas encore tĂ©moin assistĂ©, mais il bĂ©nĂ©ficie des mĂȘmes droits (avocat, interprĂšte, accĂšs au dossier, droit de se taire).

Le juge d’instruction peut aussi l’informer, dĂšs la convocation pour son audition, qu’il aura le statut de tĂ©moin assistĂ©.

Cette convocation est adressée par lettre recommandée.

Savoir comment se déroule la premiÚre audition du témoin assisté

Lorsqu’il est auditionnĂ© par le juge, le tĂ©moin assistĂ© bĂ©nĂ©ficie des droits suivants :

  • Droit Ă  l’assistance d’un avocat (choisi ou commis d’office)
  • Droit Ă  l’interprĂšte
  • Droit d’accĂšs au dossier
  • Droit de garder le silence.

  À savoir

Le tĂ©moin assistĂ© ne prĂȘte pas serment, contrairement au simple tĂ©moin.

D’autres droits permettent au tĂ©moin assistĂ© de participer activement au dĂ©roulement de l’instruction.

Il peut par exemple demander sa confrontation avec les individus qui le mettent en cause.

En cas d’expertise, il a les mĂȘmes droits que le mis en examen et la partie civile.

 Ă€ noter

Le tĂ©moin assistĂ© reçoit notification des dĂ©cisions qui ordonnent une expertise. Il a 10 jours pour demander une modification, un complĂ©ment de la mission de l’expert, ou la dĂ©signation d’un expert supplĂ©mentaire.

Comparer les droits du témoin assisté, du mis en examen et du simple témoin

À l'issue de la premiĂšre comparution, le tĂ©moin assistĂ© doit dĂ©clarer son adresse personnelle.

Le témoin assisté doit signaler au juge tout changement d'adresse jusqu'à la fin de l'information judiciaire, par déclaration au greffe ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.

 Attention :

Tout notification faite Ă  la derniĂšre adresse dĂ©clarĂ©e est valable, mĂȘme s'il ne s'agit plus de la bonne adresse. Le juge peut dĂ©livrer des mandats de recherche, de comparution, d'amener ou d'arrĂȘt Ă  l'Ă©gard du tĂ©moin assistĂ©.

Contrairement au mis en examen, il n’est pas possible de placer le tĂ©moin assistĂ© en dĂ©tention provisoire, sous contrĂŽle judiciaire, ou sous bracelet Ă©lectronique.

Oui, le tĂ©moin assistĂ© peut ĂȘtre mis en examen, soit Ă  l'initiative du juge d'instruction, soit Ă  sa propre demande.

Le tĂ©moin assistĂ©, dĂ©jĂ  auditionnĂ© par le juge, peut ĂȘtre mis en examen dĂšs lors que des indices graves ou concordants apparaissent contre lui au cours de l'enquĂȘte.

Le juge peut dans cas organiser un interrogatoire afin de le mettre en examen.

Il peut aussi informer le témoin assisté de sa mise en examen par lettre recommandée.

  • Le tĂ©moin assistĂ© doit ĂȘtre convoquĂ© pour cet interrogatoire.

    L'avocat du témoin assisté doit recevoir la convocation au moins 5 jours ouvrables avant l'interrogatoire.

    Le témoin assisté peut renoncer à la présence de son avocat lors de l'interrogatoire.

    À la fin de l'interrogatoire, le juge doit informer la personne des droits attachĂ©s au statut de mis en examen.

  • Le tĂ©moin assistĂ© peut ĂȘtre informĂ© par lettre recommandĂ©e qu'il est mis en examen.

    Dans cette lettre, le juge informe le mis en examen des faits reprochés et de ses droits (par exemple, demander des actes).

    Cette mise en examen par courrier peut avoir lieu en mĂȘme temps que l'envoi de l'avis de fin d'information, c'est-Ă -dire le document par lequel le juge d'instruction informe qu'il a terminĂ© son enquĂȘte.

    Dans ce cas, le mis en examen dispose d'un dĂ©lai de 3 mois pour demander des actes supplĂ©mentaires (interrogatoire, expertise ...). S’il est placĂ© en dĂ©tention provisoire, ce dĂ©lai est de 1 mois.

    Il peut aussi, pendant ce dĂ©lai, prĂ©senter une requĂȘte en annulation d'un acte ou d'une piĂšce de la procĂ©dure.

      À savoir

    La personne est Ă©galement informĂ©e que si elle demande Ă  ĂȘtre Ă  nouveau entendue, le juge d'instruction doit procĂ©der Ă  son interrogatoire.

À tout moment de la procĂ©dure, le tĂ©moin assistĂ© peut demander Ă  ĂȘtre mis en examen.

Il peut faire cette demande lors d’une audition ou par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception envoyĂ©e au juge d'instruction.

La personne est considérée comme mise en examen dÚs sa demande ou dÚs l'envoi de la lettre recommandée avec avis de réception.