Fiche pratique
CyberharcĂšlement (harcĂšlement sur internet)
Vérifié le 07/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Que faire en cas de cyberharcĂšlement ? Lorsquâune personne estime en ĂȘtre victime ou tĂ©moin, elle peut faire un signalement Ă la police ou Ă la gendarmerie et demander la suppression des contenus illicites Ă lâhĂ©bergeur du site ou de la plateforme sur lequel les faits ont eu lieu. La victime a Ă©galement la possibilitĂ© de dĂ©poser plainte contre l'auteur du cyberharcĂšlement et de lui demander une indemnisation. Voici les Ă©tapes Ă suivre.
Le cyberharcÚlement s'effectue par internet (sur un réseau social, un jeu vidéo multijoueurs, un blog, etc.). Il peut s'agir de publications sur une plateforme en ligne publique (par exemple, un forum) ou d'échanges privés (par exemple, sur la messagerie privée d'un réseau social).
Le cyberharcÚlement peut prendre plusieurs formes :
- Un harcĂšlement moral sur internet qui consiste Ă intimider et Ă humilier la victime par des messages d'insultes, des moqueries, des menaces, etc.
- Un harcÚlement scolaire sur internet lorsqu'un élÚve subit des humiliations, des brimades ou fait l'objet de rumeurs de la part d'une personne étudiant ou enseignant dans l'établissement scolaire. Par exemple, il peut s'agir de la publication de propos discriminatoires sur le compte « Instagram » d'un élÚve.
- Un harcÚlement sexuel sur internet qui se manifeste par l'envoi à la victime de messages, de photographies, de vidéos ou de montages vidéo à connotation sexuelle ou sexiste. Il peut s'agir de photos à caractÚre sexuel de la victime, de vidéos pornographiques montrant des inconnus etc.
Le cyberharcÚlement nécessite toujours une répétition des faits (par exemple, une personne publie quotidiennement des messages d'insultes sur le mur « Facebook » de la victime).
Pour que cette infraction soit retenue, il faut également que les agissements commis aient :
- Entraßné une dégradation des conditions de vie de la victime
- Ou porté atteinte à la dignité de la victime
- Ou créé une situation intimidante, hostile ou offensante à l'encontre de la victime.
Cette infraction peut ĂȘtre commise par :
- Une seule personne, qui agit de maniÚre répétée
- Ou par un groupe de personnes, sans que chacune d'entre elles ait agi de maniÚre répétée.
La victime dâun cyberharcĂšlement doit collecter un maximum de preuves de ces faits. Il peut notamment s'agir :
- De captures d'écrans (par exemple, des images envoyées par message privé)
- De copie de mails
- D'enregistrements audios ou vidéos
- Dâune attestation de tĂ©moins (avec leur identitĂ© complĂšte)
- Dâun certificat mĂ©dical
- D'une main courante préalablement déposée contre l'auteur du harcÚlement.
Dans tous les cas, la victime doit ĂȘtre la plus prĂ©cise possible : tous ces documents doivent ĂȘtre datĂ©s.
Ces preuves sont indispensables pour effectuer un signalement ou si la victime souhaite dĂ©poser plainte. Elles seront prises en compte par les services compĂ©tents, mĂȘme si le cyberharcĂšlement a eu lieu pendant plusieurs annĂ©es.
Ă noter
La victime peut faire appel Ă un commissaire de justice pour qu'il constate le harcĂšlement. Les constats de ce professionnel sont payants.
Toute personne majeure ou mineure, victime ou tĂ©moin, peut signaler un cyberharcĂšlement aux forces de lâordre.
Les dispositifs de signalement diffĂšrent en fonction de lâĂąge de la personne qui souhaite faire un signalement :
-
Une messagerie instantanée (tchat) permet aux victimes et aux témoins de cyberharcÚlement de dialoguer avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour ce type d'infraction :
Service en ligne
Signaler un cyberharcĂšlement aux forces de lâordreGouvernement.fr
Ă savoir
à tout moment, la personne peut quitter le tchat et l'historique de discussion est effacé.
Lors de ce signalement, le policier ou le gendarme conseille la victime ou le tĂ©moin et lâaide dans ses dĂ©marches administratives (exemple : dĂ©pĂŽt de plainte).
Sâils lâestiment nĂ©cessaires, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hĂ©bergeur du site ou de la plateforme concernĂ© et lui demander de supprimer les contenus illĂ©gaux.
Ă noter
Si le cyberharcÚlement se manifeste par des menaces ou des incitations à la violence, la victime ou le témoin peut faire un signalement sur PHAROS.
-
Une messagerie instantanée (tchat) permet aux victimes et aux témoins de cyberharcÚlement de signaler ces faits aux autorités compétentes (police ou gendarmerie) :
Service en ligne
Signaler un cyberharcÚlement, une sextorsion, des menaces en ligne, chantage, un revenge porn ou la diffusion de contenus illicites - Service réservé aux mineursMinistÚre chargé de l'intérieur
Ă savoir
à tout moment, la personne peut quitter le tchat et l'historique de discussion est effacé.
Lors de ce signalement, le policier ou le gendarme conseille la victime ou le tĂ©moin et lâaide dans ses dĂ©marches administratives (exemple : dĂ©pĂŽt de plainte).
Sâils lâestiment nĂ©cessaires, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hĂ©bergeur du site ou de la plateforme concernĂ© et lui demander de supprimer les contenus illĂ©gaux.
Ă noter
Si le cyberharcÚlement se manifeste par des menaces ou des incitations à la violence, la victime ou le témoin peut faire un signalement sur PHAROS.
Les hĂ©bergeurs doivent proposer aux internautes des mĂ©canismes leur permettant de signaler un contenu publiĂ© sur un site ou une plateforme en ligne, lorsquâils le considĂšrent comme illicite.
Ces mĂ©canismes doivent ĂȘtre facilement accessibles Ă toute personne qui souhaite signaler une donnĂ©e illĂ©gale. Elle doit pouvoir Ă©mettre un signalement par voie Ă©lectronique.
Les rĂ©seaux sociaux (Twitter, Facebook,Instagram, Snapchat, TikTok, etc.) ont des systĂšmes de signalement Ă©laborĂ©s qui permettent dâexpliquer la situation et de dĂ©noncer le contenu illicite de maniĂšre prĂ©cise.
Lorsquâil sâagit de sites internet indĂ©pendants (exemple : le site internet dâune entreprise), la personne qui souhaite faire un signalement doit rechercher les coordonnĂ©es de lâhĂ©bergeur (exemple : adresse mail).
Ă savoir
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les coordonnĂ©es de lâhĂ©bergeur se trouvent dans les mentions lĂ©gales du site internet.
Le signalement doit contenir les informations suivantes :
- Description du contenu illicite
- Localisation du contenu (par exemple, lâadresse URL)
- Coordonnées du signalant (nom, prénom, adresse mail, etc.)
- Déclaration de bonne foi.
Ă savoir
Il nâest pas obligatoire dâavoir tentĂ© de contacter lâauteur de lâinfraction pour signaler un contenu illicite Ă lâhĂ©bergeur internet. La victime ou le tĂ©moin peut directement signaler les faits Ă lâhĂ©bergeur.
Si une personne signale un contenu comme étant illicite en étant conscient qu'il ne l'est pas, elle risque une peine d'un an de prison et de 15 000 ⏠d'amende.
Ă savoir
En plus du retrait de la publication illicite, la victime dâun cyberharcĂšlement peut demander le dĂ©rĂ©fĂ©rencement du contenu concernĂ© dans un moteur de recherche.
DĂ©poser plainte contre lâauteur du cyberharcĂšlement
Toute victime de cyberharcĂšlement peut dĂ©poser plainte contre lâauteur des faits (ou contre X si elle ne connaĂźt pas son identitĂ©).
La plainte doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e dans un dĂ©lai de 6 ans Ă compter du jour oĂč le dernier acte de cyberharcĂšlement a eu lieu.
Pour porter plainte, la victime peut se présenter au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de son choix. Elle a également la possibilité d'écrire au procureur de la République.
Lors du dĂ©pĂŽt de plainte, la victime peut se constituer partie civile pour que l'auteur du cyberharcĂšlement soit condamnĂ© Ă lui rĂ©gler des dommages et intĂ©rĂȘts.
Attention :
Si la victime est mineure, ses reprĂ©sentants lĂ©gaux doivent lâaccompagner pour quâelle puisse se constituer partie civile.
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Pour déposer plainte, la victime doit se rendre au commissariat de police ou à la gendarmerie de son choix.
OĂč sâadresser ?
Les services de police ou de gendarmerie sont obligés d'enregistrer la plainte de la victime d'une infraction.
C'est le procureur de la RĂ©publique qui dĂ©cide de la suite Ă donner Ă la plainte (enquĂȘte, classement sans suite...).
Durant toute la procĂ©dure, la victime peut ĂȘtre assistĂ©e d'un avocat.
Si elle nâa pas les ressources financiĂšres suffisantes pour rĂ©gler ce professionnel, elle peut Ă©ventuellement demander l'aide juridictionnelle.
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Pour déposer plainte auprÚs du procureur de la République, la victime doit envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.
OĂč sâadresser ?
Le courrier doit préciser les éléments suivants :
- Ătat civil et coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
- Récit détaillé des faits, date et lieu de l'infraction
- Nom de l'auteur supposé si la victime le connaßt (sinon, la plainte sera déposée contre X)
- Nom et adresse des éventuels témoins de l'infraction
- Description et estimation provisoire ou définitive du préjudice
- Documents de preuve : certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, captures dâĂ©cran, vidĂ©os, etc.
Il est possible dâutiliser un modĂšle de courrier :
ModĂšle de document
Porter plainte auprÚs du procureur de la RépubliqueAccéder au modÚle de document
Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre
La plainte peut ĂȘtre envoyĂ©e en lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (de prĂ©fĂ©rence), par lettre simple ou par lettre suivie.
Elle peut aussi ĂȘtre directement dĂ©posĂ©e Ă l'accueil du tribunal.
Dans tous les cas, un récépissé est transmis à la victime dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte.
Ă savoir
Durant toute la procĂ©dure, la victime ĂȘtre assistĂ©e d'un avocat.
Si elle nâa pas les ressources financiĂšres suffisantes pour rĂ©gler ce professionnel, elle peut Ă©ventuellement demander l'aide juridictionnelle.
Obtenir la condamnation de lâauteur du cyberharcĂšlement
Ă la suite de la plainte, une enquĂȘte est menĂ©e et lâauteur prĂ©sumĂ© du cyberharcĂšlement peut ĂȘtre poursuivi devant le tribunal correctionnel.
Sâil est reconnu coupable, des peines peuvent ĂȘtre prononcĂ©es contre lui. Ces diffĂ©rentes sanctions dĂ©pendent du type de cyberharcĂšlement commis :
- HarcĂšlement sexuel sur internet
- HarcĂšlement moral sur internet
- HarcĂšlement scolaire commis sur internet.
Attention :
Des sanctions spĂ©cifiques sâappliquent lorsque lâauteur du cyberharcĂšlement est mineur.
Si la victime sâest constituĂ©e partie civile, le tribunal peut Ă©galement ordonner Ă lâauteur des faits de lui verser des dommages et intĂ©rĂȘts.
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Code pénal : articles 222-32 et 222-33
Peines encourues en cas de harcĂšlement sexuel sur internet
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Code pénal : articles 222-33-2 à 222-33-2-3
Peines encourues en cas de harcĂšlement moral et harcĂšlement scolaire sur internet
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Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique : article 6
Responsabilité de l'hébergeur internet
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Loi n°2024-449 du 21 mai 2024 : article 48
Définition des termes relevant du numérique
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Loi n°2024-449 du 21 mai 2024 : article 16
Peine complémentaire de bannissement d'un service en ligne
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Signaler un cyberharcĂšlement aux forces de lâordre
Téléservice
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Téléservice
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Signaler un contenu internet illégal (internet-signalement : Pharos)
Téléservice
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Plainte en ligne auprĂšs de la CNIL
Téléservice
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Déréférencement d'un contenu sur un moteur de recherche
Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)