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Question-réponse

Secret médical : de quoi s'agit-il ?

Vérifié le 26/11/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Le secret médical couvre toutes les informations que le professionnel de santé a sur vous : votre état de santé (diagnostic, traitement...), votre identité, ce que vous lui avez confié, ce que le professionnel a vu, entendu, compris... Nous vous indiquons ce qu'il faut savoir sur le secret médical (secret professionnel) et comment porter plainte en cas de violation.

Chaque professionnel qui connaßt ou suit votre état de santé doit respecter le secret médical.

Il en est ainsi notamment des professionnels suivants :

  • MĂ©decin
  • Infirmier
  • KinĂ©sithĂ©rapeute
  • Psychologue
  • Assistant social
  • Orthophoniste
  • Pharmacien
  • Dentiste
  • Podologue
  • Étudiant en mĂ©decine en stage.

Ainsi, un professionnel de santé qui a des informations sur vous ne doit pas les communiquer à d'autres personnes.

Savoir si le secret s'impose vis-Ă -vis de personnes soumises au secret professionnel

Les professionnels de santé qui vous suivent peuvent échanger entre eux les informations nécessaires pour vous soigner (secret médical partagé).

Toutefois, votre accord est nĂ©cessaire et doit ĂȘtre recueilli par tout moyen (y compris de façon dĂ©matĂ©rialisĂ©e) si les professionnels de santĂ© ne font pas partie de la mĂȘme Ă©quipe de soins.

  À savoir

Les professionnels de santé auxquels vous avez autorisé l'accÚs à votre Espace santé (dossier médical partagé) sont tenus au secret médical.

Cas oĂč le professionnel de santĂ© doit communiquer certaines informations

Il existe des situations dans lesquelles le professionnel de santé doit communiquer certaines informations.

Ainsi, il doit notamment :

  • DĂ©clarer les naissances
  • DĂ©clarer les dĂ©cĂšs
  • DĂ©clarer aux autoritĂ©s sanitaires certaines maladies graves ou contagieuses qui nĂ©cessitent une intervention urgente
  • Établir des certificats mĂ©dicaux pour les soins psychiatriques sans consentement
  • Faire une dĂ©claration mĂ©dicale au procureur de la RĂ©publique lors de la mise en place d'une sauvegarde de justice
  • Établir des certificats pour les accidents du travail et les maladies professionnelles
  • Fournir des informations Ă  l'administration pour les dossiers de pension militaire et civile d'invaliditĂ© ou de retraite
  • Transmettre Ă  l'expert les documents qu'il dĂ©tient sur la personne s'estimant victime d'un dommage liĂ© Ă  une activitĂ© de prĂ©vention, de diagnostic ou de soins (accidents mĂ©dicaux, VIH, amiante...).

Cas oĂč le professionnel de santĂ© peut communiquer certaines informations

Il existe des situations dans lesquelles le professionnel de santé est autorisé à communiquer certaines informations.

Ainsi, il peut notamment :

  • Signaler au procureur de la RĂ©publique les sĂ©vices ou privations infligĂ©s Ă  un majeur, avec son accord
  • Signaler au procureur de la RĂ©publique les maltraitances, sĂ©vices ou privations infligĂ©s Ă  un majeur, sans son accord, dans certaines situations (personne qui n'est pas en Ă©tat de se protĂ©ger en raison de son Ăąge ou de son incapacitĂ© physique ou psychique)
  • Signaler au procureur de la RĂ©publique les maltraitances, sĂ©vices ou privations infligĂ©s Ă  un mineur
  • Transmettre des informations liĂ©es Ă  la situation d'un mineur en danger ou en risque de danger Ă  la cellule de recueil, de traitement et d'Ă©valuation des informations prĂ©occupantes (CRIP). Il peut le faire aussi auprĂšs de la cellule de l'ARS chargĂ©e du recueil, du suivi et du traitement des signalements de maltraitance envers les majeurs vulnĂ©rables ?
  • Signaler au prĂ©fet (Ă  Paris, au prĂ©fet de police) le caractĂšre dangereux d'une personne dont il sait qu'elle dĂ©tient une arme ou qu'elle a l'intention d'acquĂ©rir une arme.

Si le mineur refuse que son représentant légal soit consulté, le médecin ou la sage-femme peut ne pas demander le consentement du représentant légal si l'acte médical s'impose pour sauvegarder la santé du mineur.

Toutefois, le mĂ©decin ou la sage-femme doit dans un 1er temps s'efforcer d'obtenir l’accord du mineur.

Dans le cas oĂč le mineur maintient son opposition, le mĂ©decin ou la sage-femme peut mettre en Ɠuvre l'action de prĂ©vention, le dĂ©pistage, le diagnostic, le traitement ou l'intervention. Dans ce cas, le mineur se fait accompagner d'une personne majeure de son choix.

En cas de diagnostic ou de pronostic grave, votre famille, vos proches ou votre personne de confiance peuvent ĂȘtre informĂ©s de votre Ă©tat de santĂ© pour vous soutenir.

Toutefois, vous pouvez vous y opposer.

Le questionnaire de santĂ© simplifiĂ©, renseignĂ© par vous, permet Ă  l’assureur d’évaluer votre Ă©tat de santĂ© pour dĂ©terminer :

  • Le risque Ă  couvrir
  • Le niveau des garanties
  • Et la tarification proposĂ©e.

L’assureur ne peut pas exiger que ce soit votre mĂ©decin traitant qui remplisse ce questionnaire de santĂ© simplifiĂ©. Cependant, votre mĂ©decin peut vous assister pour le renseigner.

Ainsi, il n’appartient pas au mĂ©decin de remplir, signer, apposer son cachet ou contresigner ce questionnaire de santĂ© simplifiĂ©.

L'employeur ne peut pas exiger de vous des informations sur votre état de santé.

Un médecin du travail ne doit pas communiquer à un employeur les informations qu'il recueille au cours d'une visite médicale.

Votre dossier mĂ©dical est Ă©galement couvert par le secret mĂ©dical et ne doit pas ĂȘtre communiquĂ© Ă  votre employeur.

En cas de décÚs, le conjoint et les ayants-droits peuvent obtenir des informations médicales pour connaßtre les causes de la mort du défunt, défendre sa mémoire ou faire reconnaßtre ses droits.

De plus, le secret médical ne fait pas obstacle à ce que les informations concernant un défunt nécessaires à la prise en charge d'une personne susceptible de faire l'objet d'un examen des caractéristiques génétiques soient délivrées au médecin.

Toutefois, le dĂ©funt ne doit pas s'y ĂȘtre opposĂ© de son vivant.

 Ă€ noter

En cas de décÚs de votre enfant mineur, vous avez accÚs à toutes les informations le concernant. Toutefois, vous n'avez pas accÚs aux décisions médicales pour lesquelles votre enfant a refusé de vous consulter.

Vous pouvez porter plainte si vous estimez qu'un professionnel a violé son obligation de secret médical.

Vous pouvez vous adresser Ă  un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie de votre choix.

La plainte est transmise au procureur de la République par la police ou la gendarmerie.

Vous pouvez déposer plainte auprÚs du procureur de la République.

Pour cela, vous devez envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

Votre courrier doit préciser les éléments suivants :

  • Votre Ă©tat civil et vos coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
  • RĂ©cit dĂ©taillĂ© des faits, date et lieu de l'infraction
  • Nom de l'auteur supposĂ© si vous le connaissez (sinon, la plainte sera dĂ©posĂ©e contre X)
  • Nom et adresse des Ă©ventuels tĂ©moins de l'infraction
  • Description et estimation provisoire ou dĂ©finitive du prĂ©judice
  • Vos documents de preuve : certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, vidĂ©os, factures diverses, constats...

Vous pouvez utiliser le modÚle de courrier suivant :

ModĂšle de document
Porter plainte auprÚs du procureur de la République

AccĂ©der au modĂšle de document  

Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

Vous pouvez envoyer votre plainte par courrier ou la déposer directement à l'accueil du tribunal.

Si vous portez plainte, une enquĂȘte sera menĂ©e. Si l'auteur des faits est identifiĂ©, il pourra ĂȘtre poursuivi et condamnĂ© par une juridiction pĂ©nale.

 Ă€ noter

En cas de poursuites de l’auteur prĂ©sumĂ© des faits, vous pouvez vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts. Si la plainte est classĂ©e sans suite ou si vous n'avez pas de nouvelle des services de police, de gendarmerie ou du procureur de la RĂ©publique depuis plus de 3 mois suivant votre plainte, vous pouvez dĂ©poser une plainte avec constitution de partie civile.

La présence d'un avocat n'est pas obligatoire pour le dépÎt de plainte et pendant toute la durée de la procédure jusqu'au procÚs devant le tribunal. Toutefois, vous pouvez obtenir l'assistance d'un avocat si vous le souhaitez.

OĂč s’adresser ?

  À savoir

Si vous n'avez pas les ressources financiÚres suffisantes pour régler ce professionnel, vous pouvez éventuellement obtenir l'aide juridictionnelle.

Vous pouvez aussi envoyer un courrier au conseil départemental de l'ordre des médecins.

Votre lettre doit préciser que vous formulez une plainte.

Pour obtenir la réparation du préjudice subi, vous pouvez assigner le professionnel de santé devant la justice civile.

La violation du secret mĂ©dical, sauf dans les cas autorisĂ©s, est sanctionnĂ©e par une peine maximale d'1 an de prison et de 15 000 € d'amende.

Pour en savoir plus