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Question-réponse

Que faire quand le locataire abandonne le logement (départ à la cloche de bois) ?

Vérifié le 05/12/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Si vous ĂȘtes propriĂ©taire d'un logement mis en location avec un bail d’habitation vide et que vous avez l'impression que le locataire est dĂ©finitivement parti, sans vous en avoir averti (par exemple, parce qu’il ne paie plus le loyer et qu’il ne retire plus le courrier de sa boĂźte aux lettres), vous ne pouvez reprendre possession de ce logement qu’aprĂšs avoir respectĂ© certaines rĂšgles. Nous vous expliquons comment faire.

Si vous supposez que le locataire a abandonnĂ© le logement dont vous ĂȘtes le propriĂ©taire, vous devez charger un commissaire de justice de dĂ©livrer au locataire une mise en demeure de justifier qu'il occupe bien le logement.

  À savoir

En cas d'impayĂ©s de la part du locataire, le commissaire de justice peut intĂ©grer la mise en demeure Ă  un commandement de payer ou un commandement de justifier d’une assurance locative.

AprÚs la signification de la mise en demeure par le commissaire de justice, le locataire a 1 mois pour répondre.

Sans réponse du locataire dans ce délai, le commissaire de justice peut constater l'état d'abandon du logement.

Pour cela, il doit entrer dans le logement en présence de 2 témoins :

  • Le maire de la commune, ou un conseiller municipal, ou un agent municipal habilitĂ© et une autoritĂ© de police ou de gendarmerie
  • Ou, en dernier recours, 2 personnes majeures, sans lien avec le commissaire de justice ou avec vous-mĂȘme

Si le logement paraßt abandonné, le commissaire de justice dresse un procÚs verbal d'abandon. Si des biens (par exemple, des meubles) ont été laissés sur place, il en fait l'inventaire et indique leur valeur marchande.

Démarche

Vous devez saisir le juge des contentieux de la protection sur requĂȘte remise ou adressĂ©e au greffe du tribunal du lieu oĂč se trouve le logement louĂ©.

La requĂȘte doit comporter les informations suivantes :

  • Objet de la demande (demande de rĂ©siliation du bail en vue de la reprise du local abandonnĂ©)
  • IdentitĂ© du locataire et adresse de son domicile
  • IdentitĂ©, profession, adresse, nationalitĂ©, date et lieu de naissance du propriĂ©taire (si le propriĂ©taire du logement est une personne physique), ou forme, dĂ©nomination, siĂšge social et nom de son reprĂ©sentant lĂ©gal (si le propriĂ©taire du logement est une personne morale)
  • Indication des justificatifs sur lesquels se fonde la demande
  • Indication de la juridiction devant laquelle la demande est faite

La requĂȘte doit ĂȘtre datĂ©e, signĂ©e et accompagnĂ©e de tous les documents justificatifs (bail...), dont le procĂšs-verbal d'abandon rĂ©digĂ© par le commissaire de justice.

  À savoir

Par la mĂȘme requĂȘte, vous pouvez Ă©galement demander la condamnation du locataire au paiement des impayĂ©s liĂ©s au bail.

Décision du juge

  • Le juge rend sa dĂ©cision par ordonnance. Il constate la rĂ©siliation du bail et ordonne la reprise des lieux.

    En cas d'impayés, il peut également statuer sur la demande de paiement.

    Lorsque le logement contient encore des biens, le juge tranche sur leur devenir. En se fondant sur l'inventaire fait par le commissaire de justice, il peut autoriser la vente aux enchÚres publiques de certains biens et déclarer les autres abandonnés, aprÚs un délai d'un mois accordé au locataire pour les retirer du logement.

  • Le juge rend sa dĂ©cision par ordonnance.

    Vous ne pouvez pas contester la décision du juge.

    Mais vous pouvez engager une procédure pour faire résilier le bail (notamment pour impayés) et demander l'expulsion.

Lorsque le juge reconnaĂźt le bien-fondĂ© de votre requĂȘte, vous avez 2 mois pour charger un commissaire de justice de signifier l'ordonnance au locataire.

 Attention :

Si l'ordonnance n'est pas signifiĂ©e dans ce dĂ©lai, elle n’est plus valable.

La signification doit obligatoirement indiquer au locataire les informations suivantes :

  • Date de l’acte du commissaire de justice
  • Nom, prĂ©noms, profession, adresse, nationalitĂ©, date et lieu de naissance du propriĂ©taire (si le propriĂ©taire du logement est une personne physique), ou forme, dĂ©nomination, siĂšge social et nom du reprĂ©sentant lĂ©gal (si le propriĂ©taire du logement est une personne morale)
  • Nom, prĂ©noms, adresse et signature du commissaire de justice
  • Nom et adresse du destinataire de la signification
  • Comment contester l'ordonnance du juge (dĂ©lai, tribunal compĂ©tent, forme de la contestation)
  • Comment prendre connaissance des documents sur lesquels se fonde la demande du propriĂ©taire
  • ImpossibilitĂ© de contester l'ordonnance aprĂšs le dĂ©lai lĂ©gal et droit consĂ©cutif du propriĂ©taire Ă  reprendre possession de son logement
  • Si l’ordonnance prend en compte les meubles laissĂ©s sur place, possibilitĂ© de les retirer du logement dans un dĂ©lai d'un mois, indication que sans contestation de l’ordonnance dans le dĂ©lai lĂ©gal les meubles seront vendus ou Ă©vacuĂ©s, et rappel des 2e et 3e alinĂ©as de l’article R433-5 et de l’article R433-6 du code des procĂ©dures civiles d’exĂ©cution.

Si le commissaire de justice remet au locataire la signification en mains propres, il doit également l'informer verbalement de ses droits.

 Attention :

Le locataire peut contester l'ordonnance dans le mois qui suit sa signification, en envoyant ou en dĂ©posant une dĂ©claration au greffe du tribunal. Le locataire et vous ĂȘtes alors convoquĂ©s Ă  l'audience par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Le jugement rendu remplace l'ordonnance du juge. Si le tribunal constate que votre demande initiale Ă©tait abusive, vous pouvez ĂȘtre condamnĂ© Ă  une amende civile allant jusqu'Ă  10 000 €.

Lorsque le locataire ne conteste pas l'ordonnance dans le mois qui suit sa signification, vous devez par la suite charger un commissaire de justice de la reprise des lieux.

Pour cela, le commissaire de justice se rend dans le logement. Il y dresse un procÚs-verbal de reprise des lieux, qui doit contenir les informations suivantes :

  • Les opĂ©rations faites par le commissaire de justice, l'identitĂ© du serrurier et des tĂ©moins
  • La dĂ©signation du tribunal compĂ©tent pour contester l'expulsion.

Ce procĂšs-verbal doit ĂȘtre remis en main propre ou signifiĂ© au locataire expulsĂ©.

  À savoir

Les papiers et documents personnels du locataire sont placés sous enveloppe scellée et conservés par le commissaire de justice pendant 2 ans. Les biens ayant une valeur marchande seront vendus aux enchÚres. Le produit de la vente, aprÚs déduction des frais et des sommes qui vous sont dues, est remis à la personne expulsée par l'intermédiaire de la Caisse des dépÎts et consignations.

Dans le cas d’un logement louĂ© avec un bail d’habitation meublĂ© ou avec un bail mobilitĂ©, vous devez faire appel au juge pour obtenir la rĂ©siliation du bail et l’expulsion du locataire (sur le motif de loyers impayĂ©s de loyer, par exemple).

Le juge compétent est le juge des contentieux de la protection dont dépend le logement loué.

La dĂ©marche est diffĂ©rente selon que le logement a Ă©tĂ© louĂ© vide (c’est-Ă -dire avec un bail d'habitation vide) ou louĂ© meublĂ© (c’est-Ă -dire avec un bail d'habitation meublĂ© ou avec un bail mobilitĂ©) :