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Question-réponse

Que risque-t-on en cas de faux et d'usage de faux ?

Vérifié le 21/10/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Fabriquer et utiliser un faux document (faux diplĂŽme, fausse fiche de paie, imitation de signature...) est un dĂ©lit qualifiĂ© par la loi de faux et d’usage de faux. La dĂ©tention d’un faux document administratif (par exemple, faux passeport) et la rĂ©daction d’une fausse attestation sont Ă©galement des dĂ©lits punis par la loi. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

  • Faux

    Le délit de faux correspond à l'un des faits suivants :

    • Fabriquer un document entiĂšrement faux (une fausse fiche de paye, un faux diplĂŽme, un faux passeport, un faux arrĂȘt maladie, un faux CV, un faux testament olographe...).
    • Modifier intentionnellement un document (par exemple, augmenter son salaire sur sa fiche de paie ou le nombre de jours sur l'arrĂȘt maladie). Le document n'est pas un faux Ă  l'origine, mais des modifications contraires Ă  la vĂ©ritĂ© y ont Ă©tĂ© apportĂ©es.
    • Faire une fausse signature ou imiter une signature.

    Le faux peut ĂȘtre commis sur un Ă©crit ou un autre support (modification d'une photo, d'un enregistrement audio ou vidĂ©o...).

    L'auteur des faits doit avoir conscience de la fausseté du document et du préjudice qu'il peut en résulter.

    Le document doit avoir pour but d'obtenir un droit ou de prouver un fait ayant des conséquences juridiques.

    Usage de faux

    Il y a dĂ©lit d'usage de faux lorsqu’un faux document est utilisĂ© pour obtenir un droit ou pour prouver un fait. Par exemple, produire en justice une fausse attestation obtenue par une personne qui n’était pas prĂ©sente le jour des faits ou prĂ©senter Ă  la signature une fausse promesse de vente Ă©tablie par montage par photocopie d'un autre acte.

    L'usage de faux est puni mĂȘme si l'auteur des faits n'a pas fabriquĂ© les faux en question.

    Une mĂȘme personne peut commettre ces 2 infractions Ă  la suite : on parle alors de faux et d'usage de faux.

    Sanctions

    Le dĂ©lit de faux ou d'usage de faux est puni de 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende.

    Si le faux document est un document dĂ©livrĂ© habituellement par une administration (carte d'identitĂ©, passeport, carte Vitale...), les peines sont de 5 ans de prison et de 75 000 € d'amende.

    Le faux ou l’usage de faux est puni de 7 ans de prison et 100 000 € d’amende s’il est accompagnĂ© de l’une des circonstances aggravantes suivantes :

    • Il est commis par une personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique (maire d’une commune) ou chargĂ© d’une mission de service public agissant dans le cadre de ses fonctions (fonctionnaire)
    • Il est commis de maniĂšre habituelle
    • Il est commis dans le but de faciliter la commission d’un crime ou de procurer l’impunitĂ© Ă  son auteur

    La personne qui fabrique et utilise des faux documents (faux et usage de faux) encoure les mĂȘmes peines.

    L'auteur des faits peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  des sanctions complĂ©mentaires et au paiement de dommages-intĂ©rĂȘts (remboursement des prestations...).

    La tentative de faux et d'usage de faux est punie des mĂȘmes peines.

  • Le support du faux document est un acte authentique ou une Ă©criture publique (notaire, officier d'Ă©tat civil, jugement, par exemple).

    On parle de faux en écriture publique lorsque le document altéré est un acte authentique ou une écriture publique comme par exemple :

    • Écritures judiciaires (dĂ©cisions de justice, procĂšs verbal, rapport d'expertise...)
    • Écritures fiscales (registres de perception, timbres fiscaux...)
    • Actes d'Ă©tat civil
    • Actes dressĂ©s (procĂšs-verbal de constat, acte de vente...) par les officiers publics (notaires, commissaires de justice...).

    L'auteur des faits sait parfaitement que le document est un faux. Par exemple, il a fabriqué un document entiÚrement faux, apposé faussement sa signature ou de fausses mentions sur un document.

    Le document doit avoir pour but d'obtenir un droit ou de prouver certains faits ayant des conséquences juridiques (recevoir une somme d'argent, hériter d'une succession...).

    Le dĂ©lit de faux ou d'usage de faux est puni de 10 ans de prison et de 150 000 € d'amende.

    L'auteur des faits peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ© Ă  des sanctions complĂ©mentaires et au paiement de dommages et intĂ©rĂȘts.

    Les peines sont portĂ©es Ă  15 ans de prison et Ă  225 000 € d’amende si l'auteur du faux est une personne dĂ©positaire de l'autoritĂ© publique ou chargĂ©e d'une mission de service public.

    La tentative de faux et d'usage de faux est Ă©galement punie des mĂȘmes peines.

  • La simple dĂ©tention de faux documents d'une administration publique sans en faire usage pour une dĂ©marche est un dĂ©lit. Par exemple dĂ©tenir un faux passeport, un faux certificat de nationalitĂ© française, un faux permis de chasse, une fausse carte grise.

    La dĂ©tention d'un faux document est punie de 2 ans de prison et de 30 000 € d'amende.

    La dĂ©tention de plusieurs faux documents est punie de 5 ans de prison et de 75 000 € d'amende.

    L'auteur des faits risque également des sanctions complémentaires.

  • Le dĂ©lit de fausse attestation est le fait d'affirmer par Ă©crit de faits que l'on sait inexacts. C'est le cas, par exemple, lorsqu'on atteste hĂ©berger quelqu'un pour lui fournir un faux justificatif de domicile alors qu'il habite ailleurs.

    La fausse attestation doit ĂȘtre faite pour un tiers bĂ©nĂ©ficiaire. Faire une fausse attestation pour soi-mĂȘme, comme une dĂ©claration sur l'honneur, n'est pas considĂ©rĂ© comme un dĂ©lit de faux mais plutĂŽt comme un cas d'escroquerie ou de fraude fiscale.

    Le fait de falsifier une attestation ou d'en faire usage est également puni.

    Utiliser ou Ă©tablir une fausse attestation est puni d'1 an de prison et de 15 000 € d’amende.

    Si la fausse attestation porte prĂ©judice au patrimoine d'autrui ou au TrĂ©sor public (hors cas de fraude fiscale), les peines maximales sont portĂ©es Ă  3 ans de prison et Ă  45 000 € d'amende.

    Les peines maximales sont portĂ©es Ă  3 ans de prison et 45 000 € d’amende, si la fausse attestation est Ă©tablie en vue :