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Fiche pratique

Exécution d'une décision du juge pénal

Vérifié le 11/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

Vous souhaitez savoir comment une décision de condamnation prononcée par un juge pénal est mise à exécution ? Nous vous présentons les informations à connaßtre.

Le moment à partir duquel la décision de condamnation est mise à exécution dépend de la peine prononcée par les juridictions pénales.

En principe, le ministĂšre public dispose d'un dĂ©lai d'environ 15 jours Ă  compter du moment oĂč la dĂ©cision est devenue dĂ©finitive pour faire exĂ©cuter la condamnation pĂ©nale.

Mais il existe des exceptions. En effet, une sanction pénale peut s'appliquer avant que la décision soit devenue définitive dÚs lors qu'est prononcé :

  • Un maintien en prison alors que le condamnĂ© Ă©tait dĂ©jĂ  dĂ©tenu (par exemple, en cas de dĂ©tention provisoire). Cette rĂšgle est valable pour les mineurs de plus de 16 ans Ă  condition que la cour d’assises des mineurs prĂ©voit, dans sa dĂ©cision de condamnation, que le maintien en dĂ©tention est nĂ©cessaire et adaptĂ© Ă  la situation du condamnĂ©
  • Un mandat de dĂ©pĂŽt ou un mandat d'arrĂȘt
  • Une sanction contre un mineur, autre qu'une peine d'emprisonnement.

Les juridictions pénales peuvent également ordonner que la décision de condamnation soit mise à exécution juste aprÚs l'audience, notamment lorsqu'elles prononcent :

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La peine d'amende peut ĂȘtre exĂ©cutĂ©e dĂšs le prononcĂ© du jugement ou lorsque la dĂ©cision est signifiĂ©e Ă  la personne condamnĂ©e.

Le Trésor Public doit s'organiser pour que le paiement de l'amende soit effectué dans les meilleurs délais.

Lorsque la peine d'amende a été prononcé par le tribunal de police, le tribunal correctionnel ou le tribunal pour enfants, la personne condamnée a 1 mois à compter du prononcé du jugement pour procéder au rÚglement.

 Ă€ noter

Si la personne n'était pas présente à l'audience, le délai d'un mois court à compter de la signification du jugement.

Si l'amende est rĂ©glĂ©e dans ce dĂ©lai, son montant est diminuĂ© de 20 % dans la limite de 1 500 €.

Il en est de mĂȘme si la personne condamnĂ©e a commencĂ© Ă  rĂ©gler l'amende, mais qu'elle a prĂ©vu un Ă©chelonnement avec le TrĂ©sor Public.

Exemple

Une personne est condamnĂ©e Ă  une amende de 3 750 €. Si elle procĂšde au rĂšglement dĂšs le prononcĂ© du jugement, son amende peut ĂȘtre rĂ©duite de 20 %. Elle passe donc de 3 750 € Ă  3 000 €.

La mĂȘme personne est condamnĂ©e Ă  une amende de 10 000 €. Si elle commence Ă  rĂ©gler dĂšs le prononcĂ© du jugement et qu'elle a prĂ©vu un Ă©chelonnement, elle peut bĂ©nĂ©ficier d'une rĂ©duction de 1 500 €. L'amende s'Ă©lĂšve donc Ă  8 500 €.

L'autorité compétente pour faire exécuter une décision pénale dépend de la peine prononcée et de la juridiction qui a jugé la personne condamnée :

Pour que la décision soit mise à exécution, le ministÚre public doit vérifier l'identité du condamné, puis contrÎler que la peine est exécutable.

La peine est exécutable lorsque les 3 conditions suivantes sont réunies :

En fonction de la peine prononcée, l'autorité compétente (ministÚre public ou Trésor Public) doit prendre des mesures supplémentaires pour que la décision soit appliquée.

  • Le TrĂ©sor Public doit toujours rechercher le paiement de l'amende.

    Le mode de paiement de l'amende est prĂ©cisĂ© dans la dĂ©cision de justice. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, l'amende doit ĂȘtre payĂ©e auprĂšs d'un centre des finances publiques dont les coordonnĂ©es sont mentionnĂ©es dans la dĂ©cision.

    Si la personne ne rĂšgle pas tout ou partie de l'amende, elle peut ĂȘtre incarcĂ©rĂ©e.

  • Pour que la dĂ©cision soit exĂ©cutĂ©e, le procureur de la RĂ©publique doit simplement la notifier au condamnĂ© et en fournir une copie au juge de l'application des peines.

  • Les mesures que prend le ministĂšre public pour faire exĂ©cuter la dĂ©cision ne sont pas les mĂȘmes si le condamnĂ© est libre ou s'il est dĂ©jĂ  en prison :

    • Lorsque le condamnĂ© n'est pas encore dĂ©tenu, le Parquet lui demande de se prĂ©senter dans un Ă©tablissement pĂ©nitentiaire dĂ©terminĂ© et dans un dĂ©lai qu'il fixe.

        À savoir

      S'il existe un risque de fuite ou si la personne ne se prĂ©sente pas, le ministĂšre public peut faire appel aux forces de l'ordre pour l'arrĂȘter.

      Puis le ministÚre public transmet un extrait de la décision de condamnation au greffe de l'établissement pénitentiaire dont dépend le condamné.

      Si la personne a été condamnée à une peine de plus de 3 mois de prison, le Parquet doit également fournir une notice dans laquelle sont précisés les éléments suivants :

      • L'Ă©tat civil du condamnĂ©
      • Sa situation professionnelle
      • Sa situation familiale (mariĂ©, pacsĂ©, cĂ©libataire, etc.)
      • Son comportement habituel
      • Ses antĂ©cĂ©dents judiciaires.

      DÚs réception de ces documents, la peine est mise à exécution.

    • Le Parquet doit transmettre un extrait de la dĂ©cision de condamnation au greffe de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire dont elle dĂ©pend.

      Si la personne a été condamnée à une peine de plus de 3 mois, le ministÚre public doit également fournir une notice dans laquelle sont précisés les informations suivantes :

      • L'Ă©tat civil du condamnĂ©
      • Sa situation professionnelle
      • Sa situation familiale (mariĂ©, pacsĂ©, cĂ©libataire, etc.)
      • Son comportement habituel
      • Ses antĂ©cĂ©dents judiciaires.

      DÚs réception de tous ces documents, la situation carcérale de la personne est actualisée.

Droit d'information de la victime

Une fois la dĂ©cision devenue dĂ©finitive, la victime peut demander Ă  ĂȘtre informĂ©e (ou Ă  ne pas ĂȘtre informĂ©e) de la mise Ă  exĂ©cution de la condamnation pĂ©nale et de la libĂ©ration de l'auteur des faits.

Pour cela, elle doit remplir un formulaire :

Formulaire
Recueil de la volontĂ© de la victime d'ĂȘtre ou de ne pas ĂȘtre informĂ©e sur l'exĂ©cution de la peine

Cerfa n° 13633*03

AccĂ©der au formulaire  

MinistÚre chargé de la justice

Elle doit joindre à sa demande une photocopie de sa piÚce d'identité (par exemple, carte d'identité, titre de séjour en cours de validité).

Ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre transmis au greffe du procureur de la RĂ©publique ou du procureur gĂ©nĂ©ral de la juridiction qui a prononcĂ© la peine.

Le procureur de la RĂ©publique transmet la demande au juge de l’application des peines compĂ©tent (ou au juge des enfants si le dĂ©linquant est mineur) pour suivre le condamnĂ©.

Si la victime demande Ă  ĂȘtre informĂ©e, elle reçoit des renseignements sur les dĂ©cisions prises quant au mode d’exĂ©cution de la peine de prison prononcĂ©e contre l’auteur des faits. Ces informations sont transmises par courrier postal.

Si la victime change d’avis et ne souhaite plus ĂȘtre informĂ©e, elle doit adresser un courrier par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (LRAR) au procureur de la RĂ©publique ou au procureur gĂ©nĂ©ral du tribunal ayant prononcĂ© la peine.

Droit d'indemnisation de la victime

La juridiction pénale peut condamner l'auteur des faits à verser une indemnisation à la victime.

Dans ce cas, le versement des dommages et intĂ©rĂȘts a lieu dans des conditions qui dĂ©pendent de la peine prononcĂ©e en plus de l'indemnisation de la victime.

  À savoir

Sous certaines conditions, la victime peut demander une indemnisation au Fonds de garantie des victimes (FGTI) par la biais de la Civi.