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Fiche pratique

Mesure d'accompagnement social personnalisé (Masp) ou judiciaire (Maj)

Vérifié le 27/04/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Les mesures d'accompagnement permettent une prise en charge globale de majeurs qui ne sont pas atteints d’une altĂ©ration de leurs facultĂ©s mentales ou corporelles. Ces personnes doivent percevoir des prestations sociales (par exemple, le RSA), mais ne pas rĂ©ussir Ă  les utiliser correctement. Ces mesures concernent des personnes qui ont besoin d’ĂȘtre aidĂ©es, mais qui n’ont pas besoin d’ĂȘtre assistĂ©es ou reprĂ©sentĂ©es. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

La Masp est une mesure d’accompagnement administratif. Elle est mise en oeuvre par les services sociaux du dĂ©partement.

Elle permet d’aider une personne majeure ayant des difficultĂ©s Ă  gĂ©rer ses prestations sociales (par exemple, endettement, difficultĂ©s pour les dĂ©marches administratives).

La Masp vise des personnes menacées dans leur santé et leur sécurité ne pouvant plus vivre dans des conditions décentes (par exemple : risque de perte du logement, manque de soins, incapacité à gérer).

La Masp fait l’objet d’un contrat d’accompagnement social personnalisĂ© (Casp).

Elle peut ĂȘtre mise en place seule ou venir Ă  la suite d’une mesure d’accompagnement judiciaire (Maj).

Les personnes ayant une ou des prestations sociales peuvent demander l’ouverture d’une Masp.

 Attention :

Les personnes qui ont des revenus autres que les allocations ne sont pas concernées par ce dispositif.

29 prestations sociales sont concernées par la MASP :

Engagements réciproques

La mesure prend la forme d'un contrat d'accompagnement social personnalisé (Casp) entre les services du département et la personne concernée.

Le Casp prévoit des actions en faveur de l'insertion sociale de la personne.

Il a également pour but que la personne concernée par la mesure parvienne à nouveau à gérer ses prestations sociales seule.

Le bĂ©nĂ©ficiaire du Casp peut autoriser les services du dĂ©partement Ă  percevoir et Ă  gĂ©rer, pour lui, tout ou partie des prestations sociales qu'il perçoit. Ces prestations pourront ĂȘtre affectĂ©es en prioritĂ© au paiement du loyer et des charges locatives en cours.

La MASP peut aussi ĂȘtre dĂ©lĂ©guĂ©e par convention Ă  des services sociaux (exemple : Ă  la Caf).

Refus de signer ou non-respect du contrat

Si le majeur refuse de signer le contrat ou ne le respecte pas, les services du département peuvent, s'il n'a pas payé son loyer depuis 2 mois, proposer une procédure de paiement direct de son loyer.

Les services du dĂ©partement saisissent par requĂȘte le juge de l’exĂ©cution du tribunal judiciaire (JEX) du lieu de domicile du bĂ©nĂ©ficiaire des prestations.

La requĂȘte contient l’énoncĂ© des motifs de la demande et l’indication des prestations de l’intĂ©ressĂ©.

Les services du dĂ©partement envoient un double de la requĂȘte Ă  la personne et une copie de toutes les piĂšces justificatives en courrier recommandĂ© avec accusĂ© de rĂ©ception ou par une autre voie (acte de commissaire de justice ou remise en main propre).

Le JEX peut décider que les prestations sociales seront directement versées chaque mois au bailleur (à hauteur du montant du loyer et des charges locatives dus). Dans ce cas, un prélÚvement automatique est mis en place.

Les services du dĂ©partement peuvent aussi saisir le procureur de la RĂ©publique. Il lui adresse un rapport circonstanciĂ© d’évaluation.

Le procureur peut enfin dĂ©cider de saisir le juge des tutelles pour faire ouvrir une mesure d’accompagnement judiciaire (Maj) ou une mesure de protection judiciaire (curatelle, tutelle ou habilitation familiale).

Durée du prélÚvement

Ce prĂ©lĂšvement peut ĂȘtre mis en place pour 4 ans maximum.

Il ne doit pas avoir pour effet de priver la personne de ses ressources pour vivre et de celles des personnes qu'elle a Ă  sa charge.

Les services du département peuvent à tout moment demander au juge de faire cesser cette mesure.

Oui, une participation financiĂšre peut ĂȘtre demandĂ©e Ă  la personne qui a signĂ© un contrat.

Son montant est fixé en fonction de ses ressources et de ses charges, dans la limite d'un plafond.

Les revenus pris en compte sont ceux perçus au cours de l'année précédant la mise en place de la mesure.

Le prélÚvement s'effectue par tranche comme pour l'impÎt sur le revenu.

Participation de la personne protégée

Tranche de revenu annuel

Pourcentage prélevé

Montant maximum dans la tranche

Montant maximum cumulé annuel

Entre 0 € et 12 499 €

0

0 €

0 €

Entre 12 499 € et 22 404,20 €

10 %

991 €

991 €

Entre 22 404,20 € et 56 010,50 €

23 %

7 729 €

8 720 €

Entre 56 010,50 € et 134 425,20 €

3 %

2 352 €

11 072 €

Si un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (Mjpm) a été nommé, une participation est également demandée en fonction des revenus et des charges de la personne concernée. Dans ce cas, la participation est mensuelle.

La durée du contrat varie de 6 mois à 2 ans.

Il est renouvelable aprĂšs Ă©valuation prĂ©alable. Le contrat peut ĂȘtre modifiĂ© par avenant.

La durée maximale du contrat ne peut pas dépasser 4 ans.

La mesure prend fin au terme du contrat si les objectifs fixés ont été atteints et que le majeur a repris une autonomie complÚte.

Les services du département informent le procureur de la République de la situation sociale, financiÚre, médicale de la personne, et du bilan des actions menées auprÚs d'elle.

En cas d’échec de la mesure, le procureur peut saisir le juge des tutelles pour ouvrir une mesure plus contraignante (mesure d'accompagnement judiciaire, sauvegarde de justice, curatelle, tutelle).

La Maj est une mesure prononcĂ©e par le juge. Celui-ci nomme un mandataire judiciaire Ă  la protection des majeurs (MJPM) pour percevoir et gĂ©rer, tout ou partie, les prestations sociales d'une personne en difficultĂ©. Le but de la mesure est de lui permettre d’ĂȘtre Ă  nouveau autonome dans la gestion de ses ressources.

La Maj est contraignante, c'est-à-dire qu'elle s'impose à la personne concernée.

Les personnes suivantes peuvent ĂȘtre concernĂ©es par la Maj :

  • Majeur qui a fait l'objet d'une mesure d'accompagnement social personnalisĂ© (Masp) n'ayant pas permis d'atteindre les objectifs envisagĂ©s et de le rendre autonome dans la gestion de ses ressources
  • Majeur qui ne fait pas l'objet d'une mesure de tutelle, de curatelle ou de sauvegarde de justice
  • Majeur pour lequel toute action moins contraignante (par exemple : application des rĂšgles concernant les droits et devoirs des Ă©poux) s'avĂšre insuffisante.

La Maj ne concerne pas les personnes mariées (le régime matrimonial comprend des mécanismes évitant de recourir à des mandataires professionnels).

 Attention :

Ces personnes ne doivent pas rencontrer une altération de leurs facultés mentales et/ou corporelles.

La Maj est mise en oeuvre en cas d’échec de la Masp et lorsque la santĂ© et la sĂ©curitĂ© du majeur sont compromises. Par exemple en cas de refus de conclure le contrat de la Masp, d’irrespect des engagements prĂ©vus ou d’existence persistante de difficultĂ©s malgrĂ© la mise en oeuvre de la Masp.

RÎle du procureur de la République

Le procureur de la République est informé, par un rapport des services sociaux, lorsqu'une Masp a échoué. Il est alors le seul à pouvoir saisir le juge des tutelles pour qu'une Maj soit prise. Il doit en informer les services du département.

RĂŽle du juge des tutelles

Le juge prend sa décision aprÚs avoir eu l'avis du procureur de la République et entendu ou appelé la personne concernée.

Il désigne un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) parmi ceux inscrits sur une liste dressée et tenue à jour par le préfet.

Le juge dĂ©cide des prestations sociales concernĂ©es par la mesure. Il peut mĂȘme les Ă©tendre aux prestations familiales.

  À savoir

Un membre de la famille de la personne ne peut ĂȘtre dĂ©signĂ© mandataire comme dans les mesures de protection juridiques ouvertes par le juge des tutelles (tutelle, curatelle, habilitation familiale, sauvegarde de justice).

RĂŽle du mandataire judiciaire Ă  la protection des majeurs (MJPM)

Le MJPM perçoit les prestations incluses dans la Maj et les fait verser sur un compte ouvert au nom de la personne. Elle ne peut plus les recevoir directement.

Ce compte est rattaché auprÚs d'un établissement habilité à recevoir des fonds du public.

Le MJPM doit les gĂ©rer dans l'intĂ©rĂȘt de la personne, en tenant compte de son avis et de sa situation familiale. Il doit exercer une action Ă©ducative sur elle pour lui permettre, Ă  terme, de gĂ©rer seule ses prestations. Le MJPM lui apprend par exemple Ă  prioriser le paiement de ses factures, Ă  suivre ses comptes.

La conséquence principale de la Maj est que la personne concernée ne gÚre plus ses prestations sociales ou familiales.

Toutefois, la Maj le laisse procéder à tous les actes de la vie civile. Par exemple, effectuer ses courses, gérer son salaire, vendre des biens lui appartenant, hériter.

Le juge procÚde au suivi des mesures mises en place et peut ainsi les adapter si nécessaire.

Oui, la personne doit participer au financement de la mesure en fonction de ses revenus et de ses charges. Cette participation est mensuelle.

Les revenus pris en compte sont ceux perçus au cours de l'année précédant la mise en place de la mesure.

Le prélÚvement s'effectue par tranche comme pour l'impÎt sur le revenu.

Participation de la personne protégée

Tranche de revenu annuel

Pourcentage prélevé

Montant maximum dans la tranche

Montant maximum cumulé annuel

Entre 0 € et 12 499 €

0

0 €

0 €

Entre 12 499 € et 22 404,20 €

10 %

991 €

991 €

Entre 22 404,20 € et 56 010,50 €

23 %

7 729 €

8 720 €

Entre 56 010,50 € et 134 425,20 €

3 %

2 352 €

11 072 €

Les services du département financent également la Maj en fonction des prestations sociales qui font l'objet de la mesure.

La durée est fixée par le juge.

Elle est de 2 ans maximum, renouvelable 1 fois pour 2 ans, sans excĂ©der 4 ans au total. Toutefois, si le juge prononce un renouvellement, sa dĂ©cision doit ĂȘtre argumentĂ©e.

Le renouvellement peut ĂȘtre demandĂ©e par les personnes suivantes :

  • Personne protĂ©gĂ©e
  • Mandataire judiciaire Ă  la protection des majeurs (Mjpm)
  • Procureur de la RĂ©publique.

Il en est de mĂȘme pour mettre fin ou modifier l'Ă©tendue de la mesure : le juge peut le faire Ă  tout moment, d'office ou Ă  la demande d'une des personnes citĂ©es ci-dessus, aprĂšs l'avoir entendue.

La mesure prend fin automatiquement si une mesure de sauvegarde de justice, de tutelle ou du curatelle est ouverte.

  À savoir

À l’issue de la MAJ, une MASP peut Ă  nouveau ĂȘtre conclue si les conditions prĂ©vues pour cette mesure sont Ă  nouveau remplies.

 Attention :

Mesure aprĂšs mesure, l’accompagnement peut au total se poursuivre sous ses diffĂ©rentes formes pendant 8 ans.

Il existe 2 types de mesures : la mesure d'accompagnement social personnalisé (Masp), confiée aux services du conseil départemental et mise en place en accord avec la personne en difficulté, et la mesure d'accompagnement judiciaire (Maj), qui est imposée par le juge.

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