AccĂšs directs

Consultation du solde de points de permis de conduire

Fiche pratique

Mesures de lutte contre la commission ou la rĂ©cidive d’actes terroristes

Vérifié le 07/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Quelles mesures permettent de lutter contre la commission ou la rĂ©cidive d’un acte terroriste ? Deux mesures judiciaires de lutte anti-terrorisme permettent la prise en charge d’un condamnĂ© aprĂšs sa sortie de prison. La 1Ăšre s’applique aux auteurs d’actes terroristes dont la situation laisse penser qu’ils vont rĂ©cidiver. La 2nde concerne les condamnĂ©s Ă  une peine d’au moins 10 ans de prison, qui semblent s’ĂȘtre radicalisĂ©s et qui, de ce fait, peuvent commettre un acte terroriste. Nous vous les prĂ©sentons.

La mesure judiciaire de prĂ©vention de la rĂ©cidive terroriste et de rĂ©insertion permet d’éviter que l’auteur d’un acte terroriste commette une nouvelle infraction Ă  caractĂšre terroriste, aprĂšs sa sortie de prison.

Cette mesure vise à la prise en charge sanitaire, sociale, éducative, psychologique ou psychiatrique du condamné concerné.

Ainsi, le condamné peut effectuer cette mesure à l'extérieur de la prison, notamment dans un établissement d'accueil spécialisé.

L'objectif est d'aider la personne concernĂ©e Ă  se rĂ©insĂ©rer pour qu’elle ne reprĂ©sente plus un danger pour la sociĂ©tĂ©.

Le condamné qui fait l'objet d'une telle mesure doit respecter des obligations et interdictions fixées par la juridiction compétente.

Une personne peut faire l'objet d'une mesure de prévention de la récidive terroriste et de réinsertion si toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • Elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e pour avoir commis une infraction Ă  caractĂšre terroriste (par exemple, attaque terroriste, financement d'un acte de terrorisme) autre que les dĂ©lits de provocation ou d’apologie du terrorisme
  • Elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  une peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  5 ans de prison ferme (ou Ă  3 ans de prison ferme, en cas de rĂ©cidive)
  • Elle prĂ©sente un niveau Ă©levĂ© de dangerositĂ© (risque de rĂ©cidive trĂšs probable)
  • Elle adhĂšre Ă  une idĂ©ologie qui pourrait entraĂźner la commission d'une nouvelle infraction Ă  caractĂšre terroriste
  • Au cours de sa dĂ©tention, elle a bĂ©nĂ©ficiĂ© de mesures ayant pour but de favoriser sa rĂ©insertion.

Comment la mesure de prévention de la récidive terroriste est-elle mise en place ?

Lorsqu'il estime que la situation du condamné justifie le prononcé d'une mesure de prévention contre la récidive terroriste et de réinsertion, le procureur de la République antiterroriste saisit :

Il leur communique tous les Ă©lĂ©ments concernant les mesures qui pourraient ĂȘtre mises en place pour favoriser la rĂ©insertion du condamnĂ©.

La commission pluridisciplinaire des mesures de sĂ»retĂ© examine l'Ă©tat de dangerositĂ© du condamnĂ© et sa capacitĂ© Ă  se rĂ©insĂ©rer. L’auteur de l’infraction est placĂ© dans un service spĂ©cialisĂ© chargĂ© de l'observation des personnes dĂ©tenues pour une durĂ©e de 6 semaines.

Puis un débat contradictoire est organisé devant le Tap de Paris.

Lors de cette audience, le condamnĂ© doit ĂȘtre prĂ©sent et ĂȘtre assistĂ© d'un avocat. Ils peuvent faire des observations.

  À savoir

Si la personne concernée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.

S'il l'estime nécessaire, le Tap de Paris ordonne la mesure de prévention de la récidive terroriste.

Une fois la décision prise, elle est notifiée au condamné.

Peut-on contester la décision fixant une mesure de prévention de la récidive terroriste ?

La personne qui fait l'objet d'une mesure judiciaire de prévention de la récidive terroriste peut faire appel de la décision qui a fixé cette mesure.

Le recours doit ĂȘtre fait auprĂšs de la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris, dans un dĂ©lai de 10 jours suivant la notification de la dĂ©cision.

 Ă€ noter

Devant la chambre de l'application des peines, il est nĂ©cessaire d'ĂȘtre assistĂ© d'un avocat.

Le suivi de la mesure de prévention de la récidive terroriste et de réinsertion est confié au juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de Paris.

Le juge s’assure que la personne concernĂ©e respecte les obligations et/ou interdictions qui lui ont Ă©tĂ© imposĂ©es.

Le juge peut charger le SPIP du lieu de résidence de la personne de veiller au respect des obligations.

Si la personne condamnée ne respecte pas ses obligations, le SPIP doit en informer le juge.

  À savoir

La personne condamnĂ©e peut Ă©galement ĂȘtre inscrite au ficher des auteurs d'infractions terroristes (Fijait).

Au cours de la mesure, le condamnĂ© peut ĂȘtre contraint aux obligations et interdictions suivantes :

  • Obligation d'exercer une activitĂ© professionnelle ou de suivre une formation professionnelle
  • Interdiction d'exercer l'activitĂ© Ă  l'occasion de laquelle l'infraction a Ă©tĂ© commise
  • Obligation de fournir les Ă©lĂ©ments qui permettent de contrĂŽler le respect des obligations auxquelles il est soumis
  • Obligation de rĂ©pondre aux convocations du juge de l’application des peines
  • Obligation de rĂ©sider dans un lieu dĂ©terminĂ©
  • Placement dans un Ă©tablissement d'accueil spĂ©cialisĂ©.

Les obligations et interdictions auxquelles le condamné est soumis sont précisées dans la décision fixant la mesure de prévention de la récidive terroriste.

Au cours de la mesure de prévention de la récidive terroriste et de réinsertion, le Jap du tribunal judiciaire de Paris peut adapter les obligations et interdictions auxquelles le condamné est soumis.

  À savoir

Si la personne concernée entre en détention pour un autre motif au cours de la période d'application de la mesure, les obligations et interdictions sont suspendues.

Si cette dĂ©tention dĂ©passe 6 mois, la reprise des obligations et interdictions doit ĂȘtre confirmĂ©e par le Tap de Paris dans un dĂ©lai de de 3 mois Ă  compter de la libĂ©ration. Sinon, la mesure de prĂ©vention de la rĂ©cidive terroriste prend dĂ©finitivement fin.

Si le condamnĂ© ne respecte pas les obligations et interdictions auxquelles il est soumis dans le cadre d’une mesure de prĂ©vention de la rĂ©cidive terroriste et de rĂ©insertion, il encourt une peine de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende.

Si la personne concernée estime que les conditions d'application de la mesure ne sont plus justifiées, elle peut demander qu'il soit mis fin à la mesure.

Cette demande peut ĂȘtre faite aprĂšs un dĂ©lai de 3 mois Ă  compter de la date de la dĂ©cision qui l'a ordonnĂ©e.

Elle doit ĂȘtre effectuĂ©e par requĂȘte dĂ©posĂ©e au greffe du Tap de Paris ou envoyĂ©e par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.

En l'absence de réponse du tribunal dans un délai de 3 mois, la mesure prend automatiquement fin.

En cas de rejet de la demande, aucune autre demande ne peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e avant l'expiration d'un dĂ©lai de 3 mois.

  À savoir

La mĂȘme procĂ©dure s’applique si la personne condamnĂ©e souhaite que la mesure soit modifiĂ©e (exemple : modification des obligations et interdictions).

La mesure judiciaire de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes permet d’éviter qu’un condamnĂ© qui semble s’ĂȘtre radicalisĂ©, commette un acte terroriste aprĂšs sa sortie de prison.

Cette mesure vise Ă  la prise en charge sanitaire, sociale, Ă©ducative, psychologique ou psychiatrique du condamnĂ© concernĂ©, aprĂšs l’exĂ©cution d’une peine privative de libertĂ©.

Ainsi, le condamné peut effectuer cette mesure à l'extérieur de la prison, notamment dans un établissement d'accueil spécialisé.

L'objectif est d'aider la personne concernĂ©e Ă  se rĂ©insĂ©rer pour qu’elle ne reprĂ©sente plus un danger pour la sociĂ©tĂ©.

Le condamnĂ© qui fait l'objet d'une telle mesure doit respecter des obligations fixĂ©es par le tribunal de l’application des peines.

Une personne peut faire l'objet d'une mesure de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes si toutes les conditions suivantes sont rĂ©unies :

  • Elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  une peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  10 ans de prison pour avoir commis une infraction (hors acte de terrorisme)
  • Elle prĂ©sente un niveau Ă©levĂ© de dangerositĂ©
  • Elle adhĂšre Ă  une idĂ©ologie qui pourrait entraĂźner la commission d'une infraction Ă  caractĂšre terroriste
  • Au cours de sa dĂ©tention, elle a bĂ©nĂ©ficiĂ© de mesures ayant pour but de favoriser sa rĂ©insertion.

Comment la mesure visant Ă  Ă©viter la commission d’un acte terroriste est-elle dĂ©cidĂ©e ?

Lorsqu'il estime que la situation du condamnĂ© justifie le prononcĂ© d'une mesure judiciaire de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes, le procureur de la RĂ©publique antiterroriste saisit :

Il leur communique tous les Ă©lĂ©ments concernant les mesures qui pourraient ĂȘtre mises en place pour favoriser la rĂ©insertion du condamnĂ©.

La commission pluridisciplinaire des mesures de sĂ»retĂ© examine l'Ă©tat de dangerositĂ© du condamnĂ© et sa capacitĂ© Ă  se rĂ©insĂ©rer. L’auteur de l’infraction est placĂ© dans un service spĂ©cialisĂ© chargĂ© de l'observation des personnes dĂ©tenues pour une durĂ©e de 6 semaines.

Puis un débat contradictoire est organisé devant le Tap de Paris.

Lors de cette audience, le condamnĂ© doit ĂȘtre prĂ©sent et ĂȘtre assistĂ© d'un avocat. Ils peuvent faire des observations.

OĂč s’adresser ?

  À savoir

Si la personne concernée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.

S'il l'estime nĂ©cessaire, le Tap de Paris ordonne la mesure judiciaire de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes.

Une fois la décision prise, elle est notifiée au condamné.

Peut-on contester la dĂ©cision fixant une mesure de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes ?

La personne qui fait l'objet d'une mesure judiciaire de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes peut faire appel de la dĂ©cision qui a fixĂ© cette mesure.

Le recours doit ĂȘtre fait auprĂšs de la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris, dans un dĂ©lai de 10 jours suivant la notification de la dĂ©cision.

 Ă€ noter

Devant la chambre de l'application des peines, il est nĂ©cessaire d'ĂȘtre assistĂ© d'un avocat.

Durant la mesure de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes, la personne concernĂ©e bĂ©nĂ©ficie d’une prise en charge sanitaire, sociale, Ă©ducative, psychologique ou psychiatrique destinĂ©e Ă  permettre sa rĂ©insertion.

Par ailleurs, elle peut ĂȘtre contrainte aux obligations suivantes :

  • Obligation d'exercer une activitĂ© professionnelle ou de suivre une formation professionnelle
  • Obligation de fournir les Ă©lĂ©ments qui permettent de contrĂŽler le respect des obligations auxquelles il est soumis
  • Obligation de rĂ©pondre aux convocations du juge de l’application des peines
  • Obligation de rĂ©sider dans un lieu dĂ©terminĂ©
  • Placement dans un Ă©tablissement d'accueil spĂ©cialisĂ©.

  À savoir

Les obligations et interdictions auxquelles la personne condamnĂ©e est soumise sont prĂ©cisĂ©es dans la dĂ©cision fixant la mesure de prĂ©vention de la commission d’actes terroristes.

Le juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de Paris s’assure que la personne concernĂ©e respecte les obligations et/ou interdictions qui lui ont Ă©tĂ© imposĂ©es. Pour cela, il est assistĂ© du service pĂ©nitentiaire d’insertion et de probation du lieu de rĂ©sidence de cette personne.

Si le condamnĂ© ne respecte pas les obligations auxquelles il est soumis, il encourt une peine de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende.

 Ă€ noter

Si la personne concernée entre en détention pour un autre motif au cours de la période d'application de la mesure, les obligations et interdictions sont suspendues.

Si cette dĂ©tention dĂ©passe 6 mois, la reprise des obligations et interdictions doit ĂȘtre confirmĂ©e par le Tap de Paris dans un dĂ©lai de de 3 mois Ă  compter de la libĂ©ration. Sinon, la mesure de prĂ©vention de la rĂ©cidive terroriste prend dĂ©finitivement fin.

Si la personne concernée estime que les conditions d'application de la mesure ne sont plus justifiées, elle peut demander qu'il soit mis fin à la mesure.

Cette demande peut ĂȘtre faite aprĂšs un dĂ©lai de 3 mois Ă  compter de la date de la dĂ©cision qui l'a ordonnĂ©e.

Elle doit ĂȘtre effectuĂ©e par requĂȘte dĂ©posĂ©e au greffe du Tap de Paris ou envoyĂ©e par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.

En l'absence de réponse du tribunal dans un délai de 3 mois, la mesure prend automatiquement fin.

En cas de rejet de la demande, aucune autre demande ne peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e avant l'expiration d'un dĂ©lai de 3 mois.

  À savoir

La mĂȘme procĂ©dure s’applique si la personne condamnĂ©e souhaite que la mesure soit modifiĂ©e (exemple : modification des obligations et interdictions).