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Fiche pratique

Rétention de sûreté

Vérifié le 07/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

Un dĂ©tenu est-il systĂ©matiquement libĂ©rĂ© Ă  la fin de sa peine ? Non, s'il fait l'objet d'une rĂ©tention de sĂ»retĂ©. Cette mesure consiste Ă  placer un criminel considĂ©rĂ© comme trĂšs dangereux dans un centre de soins dĂšs la fin de la peine privative de libertĂ©. La rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e pour certains criminels mais aussi dans le cadre de la lutte contre la rĂ©cidive terroriste. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

La rétention de sûreté est une mesure réservée aux criminels dont le profil laisse à penser qu'ils peuvent récidiver.

Ce dispositif permet de placer une personne condamnée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté à la fin de la peine privative de liberté.

Le placement en centre de soins entraßne une prise en charge médicale, sociale et/ou psychologique ayant pour but de réduire l'état de dangerosité de la personne condamnée.

Ainsi, le condamnĂ© reste privĂ© de libertĂ© jusqu'au moment oĂč il ne reprĂ©sente plus un danger pour la sociĂ©tĂ©.

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la cour d’assises prĂ©voit dans sa dĂ©cision de condamnation que la situation du condamnĂ© sera rĂ©examinĂ©e Ă  la fin de sa peine. La cour doit prĂ©ciser que cet examen peut mener Ă  un placement en rĂ©tention de sĂ»retĂ©.

Cette mesure est aussi envisageable au cours d’une surveillance de sĂ»retĂ©.

Les conditions qui permettent de dĂ©cider d’une rĂ©tention de sĂ»retĂ© dĂ©pendent du contexte dans lequel elle est envisagĂ©e : lors de la condamnation ou pendant une surveillance de sĂ»retĂ©.

Conditions pour fixer une rétention de sûreté lors de la condamnation

Lorsque la cour d’assises prĂ©voit qu’une rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e, toutes les conditions suivantes doivent ĂȘtre remplies pour qu’elle soit fixĂ©e :

1. Conditions liées au crime commis et à la peine prononcée

Le type de crime qui peut entraßner un placement en rétention de sûreté dépend de l'ùge de la personne sur laquelle cette infraction a été commise (victime majeure ou victime mineure).

Dans tous les cas, cette mesure peut ĂȘtre envisagĂ©e uniquement si le criminel a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  une peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15 ans de rĂ©clusion criminelle.

  • La personne doit avoir Ă©tĂ© condamnĂ©e pour avoir commis l'un des crimes suivants :

    • Viol aggravĂ© (par exemple, un viol commis par plusieurs personnes ou accompagnĂ© d'actes de torture)
    • Meurtre aggravĂ© (le meurtre qui suit un viol, par exemple)
    • Assassinat
    • Torture et actes de barbarie aggravĂ©s (par exemple, lorsque la victime est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  la suite de ses blessures)
    • EnlĂšvement ou sĂ©questration aggravĂ©s (par exemple, enlĂšvement commis en bande organisĂ©e).

      À savoir

    Cette mesure peut Ă©galement ĂȘtre mise en place lorsqu'un meurtre, des actes de torture et de barbarie, un viol, un enlĂšvement ou une sĂ©questration ont Ă©tĂ© commis en rĂ©cidive.

  • La personne doit avoir Ă©tĂ© condamnĂ©e pour avoir commis l'un des crimes suivants :

    • Viol
    • Meurtre ou assassinat
    • Torture et actes de barbarie
    • EnlĂšvement ou sĂ©questration.
2. Conditions liées à la personnalité du criminel

La rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e pour un criminel qui prĂ©sente une grande dangerositĂ© caractĂ©risĂ©e par un risque trĂšs Ă©levĂ© de rĂ©cidive, car il souffre d'un trouble grave de la personnalitĂ©.

3. Conditions liées à l'exécution de la peine

Pendant l'exécution de la peine, le condamné doit avoir bénéficié de soins adaptés au trouble de la personnalité dont il souffre.

Si ces soins n'ont pas permis de remĂ©dier Ă  son Ă©tat de dangerositĂ©, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e.

Conditions pour fixer une rétention de sûreté pendant une surveillance de sûreté

Pendant une surveillance de sĂ»retĂ©, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e uniquement si les 3 conditions suivantes sont rĂ©unies :

  • La personne a violĂ© les obligations liĂ©es Ă  la surveillance de sĂ»retĂ© (exemple : le condamnĂ© ne veut plus suivre un traitement prescrit par un mĂ©decin dans le cadre d'une injonction de soins) ou a refusĂ© de porter un bracelet Ă©lectronique
  • La personne prĂ©sente, de nouveau, une particuliĂšre dangerositĂ© qui se traduit par une probabilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e de rĂ©cidive
  • Le renforcement des obligations de la surveillance de sĂ»retĂ© est insuffisant pour prĂ©venir la commission d'une nouvelle infraction.

La procĂ©dure par laquelle une rĂ©tention de sĂ»retĂ© est dĂ©cidĂ©e dĂ©pend de l’occasion Ă  laquelle cette mesure a Ă©tĂ© envisagĂ©e :

Procédure pour mettre en place une rétention de sûreté

Au moins 1 an avant la fin de la peine, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés choisit un service spécialisé dans lequel le condamné sera placé pendant 6 semaines.

Ce service a pour mission d'évaluer la dangerosité de la personne condamnée. Elle fait également l'objet d'une expertise médicale.

Si la CPMS conclut que cette personne est particuliÚrement dangereuse, elle rend un avis argumenté au procureur général dont elle dépend.

Si les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur général saisit la juridiction régionale de la rétention de sûreté pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.

 Ă€ noter

Si la CPMS estime que les conditions de la rétention de sûreté ne sont pas réunies mais que la personne reste dangereuse, elle renvoie le dossier au juge de l'application des peines. Ce juge peut éventuellement prononcer un placement sous surveillance judiciaire.

La juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une décision motivée aprÚs avoir entendu le procureur général, le condamné et son avocat au cours d'un débat contradictoire.

La décision est notifiée au condamné par l'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouve.

Si la juridiction régionale de la rétention de sûreté décide d'un placement en rétention, le condamné est conduit dans un centre de soins dÚs la fin de sa peine.

  À savoir

Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si la personne condamnée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.

OĂč s’adresser ?

Contestation de la décision de placement en rétention de sûreté

La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).

Cette juridiction se trouve Ă  la Cour de cassation.

OĂč s’adresser ?

Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă  partir de la notification de la dĂ©cision.

Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.

La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.

Décision de placement en rétention de sûreté

Pendant une surveillance de sĂ»retĂ©, le placement peut ĂȘtre ordonnĂ© en urgence par le prĂ©sident de la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.

Ce placement provisoire doit ĂȘtre confirmĂ© au plus tard dans les 3 mois suivant le dĂ©but de la mesure de rĂ©tention, par la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.

Si ce délai n'est pas respecté, la rétention de sûreté prend automatiquement fin.

La JRRS peut confirmer le placement en rétention aprÚs avoir obtenu l'avis favorable de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés.

Elle doit également avoir entendu, le procureur général, le condamné et son avocat au cours d'un débat contradictoire.

Cette décision est notifiée à la personne condamnée par :

  • L'intermĂ©diaire du directeur de l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire dans lequel il se trouve
  • L'intermĂ©diaire du directeur du centre mĂ©dico-socio-judiciaire de sĂ»retĂ© si le condamnĂ© est dĂ©jĂ  retenu
  • Lettre RAR, si le condamnĂ© est libre.

  À savoir

Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, il peut demander l'aide juridictionnelle.

Contestation de la décision de placement en rétention de sûreté

La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).

Cette juridiction se trouve Ă  la Cour de cassation.

OĂč s’adresser ?

Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă  partir de la notification de la dĂ©cision.

Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.

La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.

La personne qui fait l'objet d'une rétention de sûreté est placée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté.

Elle est suivie par des agents des services pénitentiaires et le personnel d'établissements publics de santé (médecins, psychologues, infirmiers, etc.).

Ces professionnels assurent une prise en charge médicale, sociale et psychologique du condamné (exemple : séances de thérapie).

Cette prise en charge a pour but de faire diminuer la dangerosité de la personne retenue afin que la rétention de sûreté puisse prendre fin.

  À savoir

La prise en charge médicale peut donner lieu à la prescription d'un traitement inhibiteur de libido.

DÚs le début de la rétention de sûreté, la personne retenue est informée de ses droits.

Durant la rétention, la personne retenue a le droit :

  • De participer Ă  des activitĂ©s Ă©ducatives ou de formation, au sein du centre de soins ou par correspondance
  • D'exercer un emploi compatible avec sa prĂ©sence au centre
  • De pratiquer des activitĂ©s culturelles, sportives ou de loisir dont une partie s’effectue obligatoirement Ă  l’extĂ©rieur
  • De pratiquer des activitĂ©s religieuses ou philosophiques
  • D'Ă©mettre ou de recevoir des courriers
  • De recevoir des visites et de tĂ©lĂ©phoner chaque jour (Ă  ses frais ou aux frais de son correspondant).

  À savoir

Le directeur des services pĂ©nitentiaires peut restreindre ces droits (exemple : suspension d’activitĂ©s) si le maintien de l’ordre ou de la sĂ©curitĂ© dans le centre le justifie. Il peut aussi dĂ©cider de cette restriction si la personne retenue n’a pas obĂ©i aux obligations auxquelles elle est soumise.

Dans des circonstances particuliĂšres, la personne retenue peut ĂȘtre autorisĂ©e Ă  sortir du centre de soins. Il s’agit des 2 situations suivantes :

  • En cas d'Ă©vĂšnement familial grave (exemple : enterrement d'un parent). Dans ce cas, la sortie aura lieu sous escorte policiĂšre
  • Pour maintenir des liens familiaux ou pour prĂ©parer la fin de la rĂ©tention. Dans cette hypothĂšse, la sortie peut ĂȘtre accordĂ©e pour plusieurs jours mais la personne devra porter un bracelet Ă©lectronique.

La permission est accordée ou refusée par le juge de l'application des peines.

Cette dĂ©cision peut ĂȘtre contestĂ©e devant la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© dans les 5 jours suivant sa notification.

La décision de placement en rétention de sûreté est valable pour une durée d'1 an.

Elle peut ĂȘtre renouvelĂ©e pour la mĂȘme durĂ©e, de maniĂšre illimitĂ©e.

Ainsi, d'annĂ©e en annĂ©e, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre renouvelĂ©e sur dĂ©cision de la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©, aprĂšs avis du Jap et de la CPMS.

Néanmoins, le renouvellement a lieu uniquement si les conditions qui ont justifié sa mise en place sont réunies.

En principe, la rétention de sûreté prend fin lorsque la personne retenue ne présente plus les risques de dangerosité qui ont motivé le recours à cette mesure.

Toutefois, la rétention de sûreté peut se terminer avant l'expiration du délai prévu si la personne retenue fait une demande de mise en liberté et que :

  • La juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© accepte la demande
  • Ou que cette juridiction n'a pas rĂ©pondu Ă  la demande dans un dĂ©lai de 3 mois.

La demande de mise en libertĂ© doit ĂȘtre faite par requĂȘte transmise Ă  la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.

Elle peut uniquement ĂȘtre effectuĂ©e aprĂšs un dĂ©lai de 3 mois suivant la dĂ©cision dĂ©finitive de placement en rĂ©tention de sĂ»retĂ©. Si elle est rejetĂ©e, la personne retenue doit respecter un nouveau dĂ©lai de 3 mois pour faire une autre demande.

Rappel

OĂč s’adresser ?

Rappel

Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, il peut demander l'aide juridictionnelle.

La rétention de sûreté terroriste est une mesure réservée aux personnes condamnées pour avoir commis un crime de terrorisme (exemple : attentat) et dont le profil laisse à penser qu'ils peuvent récidiver.

Ce dispositif permet de placer la personne condamnée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté à la fin de la peine privative de liberté.

Le placement en centre de soins entraßne une prise en charge médicale, sociale et/ou psychologique ayant pour but de réduire l'état de dangerosité de la personne condamnée.

Ainsi, le condamnĂ© reste privĂ© de libertĂ© jusqu'au moment oĂč il ne reprĂ©sente plus un danger pour la sociĂ©tĂ©.

La rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste peut ĂȘtre envisagĂ©e dans la dĂ©cision de condamnation rendue par la cour d’assises. Dans le cas contraire, elle peut ĂȘtre prĂ©vue par le procureur de la RĂ©publique antiterroriste, pendant l’exĂ©cution de la peine.

Les conditions qui permettent de dĂ©cider d’une rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste dĂ©pendent du contexte dans lequel elle est envisagĂ©e :

  • Lorsque la cour d’assises prĂ©voit qu’une rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e, les 2 conditions suivantes doivent ĂȘtre remplies pour qu’elle soit mise en place :

    • La personne doit avoir Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  une peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15 ans de rĂ©clusion criminelle pour avoir commis un crime terroriste
    • À la fin de sa peine, la personne doit prĂ©senter une particuliĂšre dangerositĂ© caractĂ©risĂ©e par une probabilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e de rĂ©cidive car elle adhĂšre Ă  une idĂ©ologie ou Ă  des thĂšses incitant Ă  la commission d'actes de terrorisme. La personne doit Ă©galement souffrir de troubles mentaux.
  • Le procureur de la RĂ©publique peut envisager une rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste si les 3 conditions suivantes sont rĂ©unies :

    • La personne doit avoir Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  une peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15 ans de rĂ©clusion criminelle pour avoir commis un crime terroriste
    • La personne prĂ©sente une particuliĂšre dangerositĂ© caractĂ©risĂ©e par une probabilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e de rĂ©cidive car elle adhĂšre Ă  une idĂ©ologie ou Ă  des thĂšses incitant Ă  la commission d'actes de terrorisme. La personne doit Ă©galement souffrir de troubles mentaux
    • La personne a dĂ©jĂ  exĂ©cutĂ© au moins la moitiĂ© de sa peine.

La procédure par laquelle une rétention de sûreté terroriste est fixée dépend du contexte dans lequel elle a été envisagée :

  • Au moins 1 an avant la fin de la peine, la commission pluridisciplinaire des mesures de sĂ»retĂ©s (CPMS) choisit un service spĂ©cialisĂ© dans lequel le condamnĂ© sera placé pendant 6 semaines.

    Ce service a pour mission d'évaluer la dangerosité de la personne condamnée. Elle fait également l'objet d'une expertise médicale.

    Si la CPMS conclut que cette personne est particuliĂšrement dangereuse, elle peut proposer qu’elle fasse l’objet d’une rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste.

    NĂ©anmoins, il faut que cette mesure soit l’unique moyen de prĂ©venir la commission d’un nouvel acte de terrorisme (les autres mesures telles que la mesure judiciaire de prĂ©vention de la rĂ©cidive terroriste et de rĂ©insertion Ă©tant insuffisantes).

    Si les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur de la République antiterroriste saisit la juridiction régionale de la rétention de sûreté pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.

     Ă€ noter

    Si la CPMS estime que les conditions de la rétention de sûreté ne sont pas réunies mais que la personne reste dangereuse, elle renvoie le dossier au juge de l'application des peines. Ce juge peut éventuellement prononcer un placement sous surveillance judiciaire.

    AprÚs un débat contradictoire, la juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une décision motivée.

    La décision est notifiée au condamné par l'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouve.

      À savoir

    Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si la personne condamnée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.

    La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).

    Cette juridiction se trouve Ă  la Cour de cassation.

    OĂč s’adresser ?

    Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă  partir de la notification de la dĂ©cision.

    Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.

    La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.

  • Si la cour d’assises n’a pas prĂ©vu une rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste, cette mesure peut ĂȘtre envisagĂ©e par le procureur de la RĂ©publique antiterroriste.

    Lorsque la personne condamnée a exécuté la moitié de sa peine, le procureur de la République antiterroriste peut saisir la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS).

     Ă€ noter

    Si la personne est condamnĂ©e Ă  la perpĂ©tuitĂ©, le procureur doit attendre qu’elle ait accompli 18 annĂ©es de prison (22 en cas de rĂ©cidive) pour saisir la CPMS.

    Cette commission examine le condamné. Puis, elle rend un rapport dans lequel elle indique si la situation du condamné doit mener à une rétention de sûreté terroriste.

    Si la CPMS estime que les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur de la République antiterroriste saisit la juridiction régionale de la rétention de sûreté pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.

    AprÚs un débat contradictoire, la juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une décision motivée.

    La décision est notifiée au condamné par l'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouve.

      À savoir

    Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si la personne condamnée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.

    La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).

    Cette juridiction se trouve Ă  la Cour de cassation.

    OĂč s’adresser ?

    Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă  partir de la notification de la dĂ©cision.

    Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.

    La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.

La personne qui fait l'objet d'une rétention de sûreté antiterroriste est placée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté.

Elle est suivie par des agents des services pénitentiaires et le personnel d'établissements publics de santé (médecins, psychologues, infirmiers, etc.).

Ces professionnels assurent une prise en charge médicale, sociale et psychologique du condamné (exemple : séances de thérapie).

Cette prise en charge a pour but de faire diminuer la dangerosité de la personne retenue afin que la rétention de sûreté puisse prendre fin.

DÚs le début de la rétention de sûreté, la personne retenue est informée de ses droits.

Durant la rétention, la personne retenue a le droit :

  • De participer Ă  des activitĂ©s Ă©ducatives ou de formation, au sein du centre de soins ou par correspondance
  • D'exercer un emploi compatible avec sa prĂ©sence au centre
  • De pratiquer des activitĂ©s culturelles, sportives ou de loisir dont une partie s’effectue obligatoirement Ă  l’extĂ©rieur
  • De pratiquer des activitĂ©s religieuses ou philosophiques
  • D'Ă©mettre ou de recevoir des courriers
  • De recevoir des visites et de tĂ©lĂ©phoner chaque jour (Ă  ses frais ou aux frais de son correspondant).

  À savoir

Le directeur des services pĂ©nitentiaires peut restreindre ces droits (exemple : suspension d’activitĂ©s) si le maintien de l’ordre ou de la sĂ©curitĂ© dans le centre le justifie. Il peut aussi dĂ©cider de cette restriction si la personne retenue n’a pas obĂ©i aux obligations auxquelles elle est soumise.

Dans des circonstances particuliĂšres, la personne retenue peut ĂȘtre autorisĂ©e Ă  sortir du centre de soins. Il s’agit des 2 situations suivantes :

  • En cas d'Ă©vĂšnement familial grave (exemple : enterrement d'un parent). Dans ce cas, la sortie aura lieu sous escorte policiĂšre
  • Pour maintenir des liens familiaux ou pour prĂ©parer la fin de la rĂ©tention. Dans cette hypothĂšse, la sortie peut ĂȘtre accordĂ©e pour plusieurs jours mais la personne devra porter un bracelet Ă©lectronique.

La permission est accordée ou refusée par le juge de l'application des peines.

Cette dĂ©cision peut ĂȘtre contestĂ©e devant la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© dans les 5 jours suivant sa notification.

La décision de placement en rétention de sûreté est valable pour une durée d'1 an.

Elle peut ĂȘtre renouvelĂ©e pour la mĂȘme durĂ©e, de maniĂšre illimitĂ©e.

Ainsi, d'annĂ©e en annĂ©e, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre renouvelĂ©e sur dĂ©cision de la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©, aprĂšs avis du Jap et de la CPMS.

Néanmoins, le renouvellement a lieu uniquement si les conditions qui ont justifié sa mise en place sont réunies.

En principe, la rétention de sûreté prend fin lorsque la personne retenue ne présente plus les risques de dangerosité qui ont motivé le recours à cette mesure.

Toutefois, la rétention de sûreté peut se terminer avant l'expiration du délai prévu si la personne retenue fait une demande de mise en liberté et que :

  • La juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© accepte la demande
  • Ou que cette juridiction n'a pas rĂ©pondu Ă  la demande dans un dĂ©lai de 3 mois.

La demande de mise en libertĂ© doit ĂȘtre faite par requĂȘte transmise Ă  la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.

Elle peut uniquement ĂȘtre effectuĂ©e aprĂšs un dĂ©lai de 3 mois suivant la dĂ©cision dĂ©finitive de placement en rĂ©tention de sĂ»retĂ©. Si elle est rejetĂ©e, la personne retenue doit respecter un nouveau dĂ©lai de 3 mois pour faire une autre demande.

Rappel

OĂč s’adresser ?

Rappel

Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, il peut demander l'aide juridictionnelle.

Les rÚgles applicables aux criminels en rétention de sûreté diffÚrent de celles qui concernent les auteurs d'actes terroristes en rétention de sûreté terroriste.