Fiche pratique
Rétention de sûreté
Vérifié le 07/08/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice
Un dĂ©tenu est-il systĂ©matiquement libĂ©rĂ© Ă la fin de sa peine ? Non, s'il fait l'objet d'une rĂ©tention de sĂ»retĂ©. Cette mesure consiste Ă placer un criminel considĂ©rĂ© comme trĂšs dangereux dans un centre de soins dĂšs la fin de la peine privative de libertĂ©. La rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e pour certains criminels mais aussi dans le cadre de la lutte contre la rĂ©cidive terroriste. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
- Rétention de sûreté
- Rétention de sûreté terroriste
La rétention de sûreté est une mesure réservée aux criminels dont le profil laisse à penser qu'ils peuvent récidiver.
Ce dispositif permet de placer une personne condamnée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté à la fin de la peine privative de liberté.
Le placement en centre de soins entraßne une prise en charge médicale, sociale et/ou psychologique ayant pour but de réduire l'état de dangerosité de la personne condamnée.
Ainsi, le condamnĂ© reste privĂ© de libertĂ© jusqu'au moment oĂč il ne reprĂ©sente plus un danger pour la sociĂ©tĂ©.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la cour dâassises prĂ©voit dans sa dĂ©cision de condamnation que la situation du condamnĂ© sera rĂ©examinĂ©e Ă la fin de sa peine. La cour doit prĂ©ciser que cet examen peut mener Ă un placement en rĂ©tention de sĂ»retĂ©.
Cette mesure est aussi envisageable au cours dâune surveillance de sĂ»retĂ©.
Les conditions qui permettent de dĂ©cider dâune rĂ©tention de sĂ»retĂ© dĂ©pendent du contexte dans lequel elle est envisagĂ©e : lors de la condamnation ou pendant une surveillance de sĂ»retĂ©.
Conditions pour fixer une rétention de sûreté lors de la condamnation
Lorsque la cour dâassises prĂ©voit quâune rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e, toutes les conditions suivantes doivent ĂȘtre remplies pour quâelle soit fixĂ©e :
Le type de crime qui peut entraßner un placement en rétention de sûreté dépend de l'ùge de la personne sur laquelle cette infraction a été commise (victime majeure ou victime mineure).
Dans tous les cas, cette mesure peut ĂȘtre envisagĂ©e uniquement si le criminel a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă une peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă 15 ans de rĂ©clusion criminelle.
-
La personne doit avoir été condamnée pour avoir commis l'un des crimes suivants :
- Viol aggravé (par exemple, un viol commis par plusieurs personnes ou accompagné d'actes de torture)
- Meurtre aggravé (le meurtre qui suit un viol, par exemple)
- Assassinat
- Torture et actes de barbarie aggravés (par exemple, lorsque la victime est décédée à la suite de ses blessures)
- EnlÚvement ou séquestration aggravés (par exemple, enlÚvement commis en bande organisée).
Ă savoir
Cette mesure peut Ă©galement ĂȘtre mise en place lorsqu'un meurtre, des actes de torture et de barbarie, un viol, un enlĂšvement ou une sĂ©questration ont Ă©tĂ© commis en rĂ©cidive.
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La personne doit avoir été condamnée pour avoir commis l'un des crimes suivants :
- Viol
- Meurtre ou assassinat
- Torture et actes de barbarie
- EnlÚvement ou séquestration.
La rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e pour un criminel qui prĂ©sente une grande dangerositĂ© caractĂ©risĂ©e par un risque trĂšs Ă©levĂ© de rĂ©cidive, car il souffre d'un trouble grave de la personnalitĂ©.
Pendant l'exécution de la peine, le condamné doit avoir bénéficié de soins adaptés au trouble de la personnalité dont il souffre.
Si ces soins n'ont pas permis de remĂ©dier Ă son Ă©tat de dangerositĂ©, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e.
Conditions pour fixer une rétention de sûreté pendant une surveillance de sûreté
Pendant une surveillance de sĂ»retĂ©, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e uniquement si les 3 conditions suivantes sont rĂ©unies :
- La personne a violé les obligations liées à la surveillance de sûreté (exemple : le condamné ne veut plus suivre un traitement prescrit par un médecin dans le cadre d'une injonction de soins) ou a refusé de porter un bracelet électronique
- La personne présente, de nouveau, une particuliÚre dangerosité qui se traduit par une probabilité trÚs élevée de récidive
- Le renforcement des obligations de la surveillance de sûreté est insuffisant pour prévenir la commission d'une nouvelle infraction.
La procĂ©dure par laquelle une rĂ©tention de sĂ»retĂ© est dĂ©cidĂ©e dĂ©pend de lâoccasion Ă laquelle cette mesure a Ă©tĂ© envisagĂ©e :
- Lors de la condamnation
- Pendant la surveillance de sûreté
Au moins 1 an avant la fin de la peine, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés choisit un service spécialisé dans lequel le condamné sera placé pendant 6 semaines.
Ce service a pour mission d'évaluer la dangerosité de la personne condamnée. Elle fait également l'objet d'une expertise médicale.
Si la CPMS conclut que cette personne est particuliÚrement dangereuse, elle rend un avis argumenté au procureur général dont elle dépend.
Si les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur général saisit la juridiction régionale de la rétention de sûreté pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.
Ă noter
Si la CPMS estime que les conditions de la rétention de sûreté ne sont pas réunies mais que la personne reste dangereuse, elle renvoie le dossier au juge de l'application des peines. Ce juge peut éventuellement prononcer un placement sous surveillance judiciaire.
La juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une décision motivée aprÚs avoir entendu le procureur général, le condamné et son avocat au cours d'un débat contradictoire.
La décision est notifiée au condamné par l'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouve.
Si la juridiction régionale de la rétention de sûreté décide d'un placement en rétention, le condamné est conduit dans un centre de soins dÚs la fin de sa peine.
Ă savoir
Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si la personne condamnée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.
OĂč sâadresser ?
La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).
Cette juridiction se trouve Ă la Cour de cassation.
OĂč sâadresser ?
Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă partir de la notification de la dĂ©cision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.
Pendant une surveillance de sĂ»retĂ©, le placement peut ĂȘtre ordonnĂ© en urgence par le prĂ©sident de la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.
Ce placement provisoire doit ĂȘtre confirmĂ© au plus tard dans les 3 mois suivant le dĂ©but de la mesure de rĂ©tention, par la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.
Si ce délai n'est pas respecté, la rétention de sûreté prend automatiquement fin.
La JRRS peut confirmer le placement en rétention aprÚs avoir obtenu l'avis favorable de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés.
Elle doit également avoir entendu, le procureur général, le condamné et son avocat au cours d'un débat contradictoire.
Cette décision est notifiée à la personne condamnée par :
- L'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouve
- L'intermédiaire du directeur du centre médico-socio-judiciaire de sûreté si le condamné est déjà retenu
- Lettre RAR, si le condamné est libre.
Ă savoir
Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, il peut demander l'aide juridictionnelle.
La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).
Cette juridiction se trouve Ă la Cour de cassation.
OĂč sâadresser ?
Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă partir de la notification de la dĂ©cision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.
La personne qui fait l'objet d'une rétention de sûreté est placée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté.
Elle est suivie par des agents des services pénitentiaires et le personnel d'établissements publics de santé (médecins, psychologues, infirmiers, etc.).
Ces professionnels assurent une prise en charge médicale, sociale et psychologique du condamné (exemple : séances de thérapie).
Cette prise en charge a pour but de faire diminuer la dangerosité de la personne retenue afin que la rétention de sûreté puisse prendre fin.
Ă savoir
La prise en charge médicale peut donner lieu à la prescription d'un traitement inhibiteur de libido.
DÚs le début de la rétention de sûreté, la personne retenue est informée de ses droits.
Durant la rétention, la personne retenue a le droit :
- De participer à des activités éducatives ou de formation, au sein du centre de soins ou par correspondance
- D'exercer un emploi compatible avec sa présence au centre
- De pratiquer des activitĂ©s culturelles, sportives ou de loisir dont une partie sâeffectue obligatoirement Ă lâextĂ©rieur
- De pratiquer des activités religieuses ou philosophiques
- D'émettre ou de recevoir des courriers
- De recevoir des visites et de téléphoner chaque jour (à ses frais ou aux frais de son correspondant).
Ă savoir
Le directeur des services pĂ©nitentiaires peut restreindre ces droits (exemple : suspension dâactivitĂ©s) si le maintien de lâordre ou de la sĂ©curitĂ© dans le centre le justifie. Il peut aussi dĂ©cider de cette restriction si la personne retenue nâa pas obĂ©i aux obligations auxquelles elle est soumise.
Dans des circonstances particuliĂšres, la personne retenue peut ĂȘtre autorisĂ©e Ă sortir du centre de soins. Il sâagit des 2 situations suivantes :
- En cas d'évÚnement familial grave (exemple : enterrement d'un parent). Dans ce cas, la sortie aura lieu sous escorte policiÚre
- Pour maintenir des liens familiaux ou pour prĂ©parer la fin de la rĂ©tention. Dans cette hypothĂšse, la sortie peut ĂȘtre accordĂ©e pour plusieurs jours mais la personne devra porter un bracelet Ă©lectronique.
La permission est accordée ou refusée par le juge de l'application des peines.
Cette dĂ©cision peut ĂȘtre contestĂ©e devant la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© dans les 5 jours suivant sa notification.
La décision de placement en rétention de sûreté est valable pour une durée d'1 an.
Elle peut ĂȘtre renouvelĂ©e pour la mĂȘme durĂ©e, de maniĂšre illimitĂ©e.
Ainsi, d'annĂ©e en annĂ©e, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre renouvelĂ©e sur dĂ©cision de la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©, aprĂšs avis du Jap et de la CPMS.
Néanmoins, le renouvellement a lieu uniquement si les conditions qui ont justifié sa mise en place sont réunies.
En principe, la rétention de sûreté prend fin lorsque la personne retenue ne présente plus les risques de dangerosité qui ont motivé le recours à cette mesure.
Toutefois, la rétention de sûreté peut se terminer avant l'expiration du délai prévu si la personne retenue fait une demande de mise en liberté et que :
- La juridiction régionale de la rétention de sûreté accepte la demande
- Ou que cette juridiction n'a pas répondu à la demande dans un délai de 3 mois.
La demande de mise en libertĂ© doit ĂȘtre faite par requĂȘte transmise Ă la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.
Elle peut uniquement ĂȘtre effectuĂ©e aprĂšs un dĂ©lai de 3 mois suivant la dĂ©cision dĂ©finitive de placement en rĂ©tention de sĂ»retĂ©. Si elle est rejetĂ©e, la personne retenue doit respecter un nouveau dĂ©lai de 3 mois pour faire une autre demande.
Rappel
OĂč sâadresser ?
Rappel
Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, il peut demander l'aide juridictionnelle.
La rétention de sûreté terroriste est une mesure réservée aux personnes condamnées pour avoir commis un crime de terrorisme (exemple : attentat) et dont le profil laisse à penser qu'ils peuvent récidiver.
Ce dispositif permet de placer la personne condamnée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté à la fin de la peine privative de liberté.
Le placement en centre de soins entraßne une prise en charge médicale, sociale et/ou psychologique ayant pour but de réduire l'état de dangerosité de la personne condamnée.
Ainsi, le condamnĂ© reste privĂ© de libertĂ© jusqu'au moment oĂč il ne reprĂ©sente plus un danger pour la sociĂ©tĂ©.
La rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste peut ĂȘtre envisagĂ©e dans la dĂ©cision de condamnation rendue par la cour dâassises. Dans le cas contraire, elle peut ĂȘtre prĂ©vue par le procureur de la RĂ©publique antiterroriste, pendant lâexĂ©cution de la peine.
Les conditions qui permettent de dĂ©cider dâune rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste dĂ©pendent du contexte dans lequel elle est envisagĂ©e :
-
Lorsque la cour dâassises prĂ©voit quâune rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e, les 2 conditions suivantes doivent ĂȘtre remplies pour quâelle soit mise en place :
- La personne doit avoir été condamnée à une peine supérieure ou égale à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir commis un crime terroriste
- à la fin de sa peine, la personne doit présenter une particuliÚre dangerosité caractérisée par une probabilité trÚs élevée de récidive car elle adhÚre à une idéologie ou à des thÚses incitant à la commission d'actes de terrorisme. La personne doit également souffrir de troubles mentaux.
-
Le procureur de la République peut envisager une rétention de sûreté terroriste si les 3 conditions suivantes sont réunies :
- La personne doit avoir été condamnée à une peine supérieure ou égale à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir commis un crime terroriste
- La personne présente une particuliÚre dangerosité caractérisée par une probabilité trÚs élevée de récidive car elle adhÚre à une idéologie ou à des thÚses incitant à la commission d'actes de terrorisme. La personne doit également souffrir de troubles mentaux
- La personne a déjà exécuté au moins la moitié de sa peine.
La procédure par laquelle une rétention de sûreté terroriste est fixée dépend du contexte dans lequel elle a été envisagée :
-
Au moins 1 an avant la fin de la peine, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés (CPMS) choisit un service spécialisé dans lequel le condamné sera placé pendant 6 semaines.
Ce service a pour mission d'évaluer la dangerosité de la personne condamnée. Elle fait également l'objet d'une expertise médicale.
Si la CPMS conclut que cette personne est particuliĂšrement dangereuse, elle peut proposer quâelle fasse lâobjet dâune rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste.
NĂ©anmoins, il faut que cette mesure soit lâunique moyen de prĂ©venir la commission dâun nouvel acte de terrorisme (les autres mesures telles que la mesure judiciaire de prĂ©vention de la rĂ©cidive terroriste et de rĂ©insertion Ă©tant insuffisantes).
Si les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur de la République antiterroriste saisit la juridiction régionale de la rétention de sûreté pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.
Ă noter
Si la CPMS estime que les conditions de la rétention de sûreté ne sont pas réunies mais que la personne reste dangereuse, elle renvoie le dossier au juge de l'application des peines. Ce juge peut éventuellement prononcer un placement sous surveillance judiciaire.
AprÚs un débat contradictoire, la juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une décision motivée.
La décision est notifiée au condamné par l'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouve.
Ă savoir
Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si la personne condamnée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.
La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).
Cette juridiction se trouve Ă la Cour de cassation.
OĂč sâadresser ?
Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă partir de la notification de la dĂ©cision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.
-
Si la cour dâassises nâa pas prĂ©vu une rĂ©tention de sĂ»retĂ© terroriste, cette mesure peut ĂȘtre envisagĂ©e par le procureur de la RĂ©publique antiterroriste.
Lorsque la personne condamnée a exécuté la moitié de sa peine, le procureur de la République antiterroriste peut saisir la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS).
Ă noter
Si la personne est condamnĂ©e Ă la perpĂ©tuitĂ©, le procureur doit attendre quâelle ait accompli 18 annĂ©es de prison (22 en cas de rĂ©cidive) pour saisir la CPMS.
Cette commission examine le condamné. Puis, elle rend un rapport dans lequel elle indique si la situation du condamné doit mener à une rétention de sûreté terroriste.
Si la CPMS estime que les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur de la République antiterroriste saisit la juridiction régionale de la rétention de sûreté pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.
AprÚs un débat contradictoire, la juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une décision motivée.
La décision est notifiée au condamné par l'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouve.
Ă savoir
Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si la personne condamnée n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.
La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).
Cette juridiction se trouve Ă la Cour de cassation.
OĂč sâadresser ?
Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă partir de la notification de la dĂ©cision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.
La personne qui fait l'objet d'une rétention de sûreté antiterroriste est placée dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté.
Elle est suivie par des agents des services pénitentiaires et le personnel d'établissements publics de santé (médecins, psychologues, infirmiers, etc.).
Ces professionnels assurent une prise en charge médicale, sociale et psychologique du condamné (exemple : séances de thérapie).
Cette prise en charge a pour but de faire diminuer la dangerosité de la personne retenue afin que la rétention de sûreté puisse prendre fin.
DÚs le début de la rétention de sûreté, la personne retenue est informée de ses droits.
Durant la rétention, la personne retenue a le droit :
- De participer à des activités éducatives ou de formation, au sein du centre de soins ou par correspondance
- D'exercer un emploi compatible avec sa présence au centre
- De pratiquer des activitĂ©s culturelles, sportives ou de loisir dont une partie sâeffectue obligatoirement Ă lâextĂ©rieur
- De pratiquer des activités religieuses ou philosophiques
- D'émettre ou de recevoir des courriers
- De recevoir des visites et de téléphoner chaque jour (à ses frais ou aux frais de son correspondant).
Ă savoir
Le directeur des services pĂ©nitentiaires peut restreindre ces droits (exemple : suspension dâactivitĂ©s) si le maintien de lâordre ou de la sĂ©curitĂ© dans le centre le justifie. Il peut aussi dĂ©cider de cette restriction si la personne retenue nâa pas obĂ©i aux obligations auxquelles elle est soumise.
Dans des circonstances particuliĂšres, la personne retenue peut ĂȘtre autorisĂ©e Ă sortir du centre de soins. Il sâagit des 2 situations suivantes :
- En cas d'évÚnement familial grave (exemple : enterrement d'un parent). Dans ce cas, la sortie aura lieu sous escorte policiÚre
- Pour maintenir des liens familiaux ou pour prĂ©parer la fin de la rĂ©tention. Dans cette hypothĂšse, la sortie peut ĂȘtre accordĂ©e pour plusieurs jours mais la personne devra porter un bracelet Ă©lectronique.
La permission est accordée ou refusée par le juge de l'application des peines.
Cette dĂ©cision peut ĂȘtre contestĂ©e devant la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© dans les 5 jours suivant sa notification.
La décision de placement en rétention de sûreté est valable pour une durée d'1 an.
Elle peut ĂȘtre renouvelĂ©e pour la mĂȘme durĂ©e, de maniĂšre illimitĂ©e.
Ainsi, d'annĂ©e en annĂ©e, la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre renouvelĂ©e sur dĂ©cision de la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©, aprĂšs avis du Jap et de la CPMS.
Néanmoins, le renouvellement a lieu uniquement si les conditions qui ont justifié sa mise en place sont réunies.
En principe, la rétention de sûreté prend fin lorsque la personne retenue ne présente plus les risques de dangerosité qui ont motivé le recours à cette mesure.
Toutefois, la rétention de sûreté peut se terminer avant l'expiration du délai prévu si la personne retenue fait une demande de mise en liberté et que :
- La juridiction régionale de la rétention de sûreté accepte la demande
- Ou que cette juridiction n'a pas répondu à la demande dans un délai de 3 mois.
La demande de mise en libertĂ© doit ĂȘtre faite par requĂȘte transmise Ă la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.
Elle peut uniquement ĂȘtre effectuĂ©e aprĂšs un dĂ©lai de 3 mois suivant la dĂ©cision dĂ©finitive de placement en rĂ©tention de sĂ»retĂ©. Si elle est rejetĂ©e, la personne retenue doit respecter un nouveau dĂ©lai de 3 mois pour faire une autre demande.
Rappel
OĂč sâadresser ?
Rappel
Devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté, l'assistance d'un avocat est obligatoire. Si le détenu n'a pas les ressources financiÚres suffisantes pour faire appel à un avocat, il peut demander l'aide juridictionnelle.
Les rÚgles applicables aux criminels en rétention de sûreté diffÚrent de celles qui concernent les auteurs d'actes terroristes en rétention de sûreté terroriste.
-
Code de procédure pénale : articles 706-53-13 à 706-53-22
RÚgles propres à la rétention de sûreté
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Code de procédure pénale : articles 706-25-23 à 206-25-25
Rétention de sûreté terroriste
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Code de procédure pénale : article R53-8-53
Procédure de placement en rétention de sûreté
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Code pénitentiaire : articles R541-1 à R441-18
Accueil des personnes en centre socio-médico-judiciaire de sûreté