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Fiche pratique

Castration chimique des auteurs d’infractions sexuelles

Vérifié le 05/12/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Quel traitement peut ĂȘtre mis en place pour Ă©viter la rĂ©cidive d’un dĂ©linquant sexuel ? La castration chimique, Ă©galement appelĂ©e traitement inhibiteur de libido, est un traitement mĂ©dical destinĂ© Ă  rĂ©duire la libido d’un dĂ©linquant sexuel. Ce traitement n’entraĂźne pas de mutilation du corps humain. La castration chimique n'est pas irrĂ©versible : ses effets cessent lorsque le condamnĂ© arrĂȘte son traitement. Voici les informations Ă  connaĂźtre.

La castration chimique est un traitement mĂ©dical qui vise Ă  rĂ©duire la production de testostĂ©rone par la prise de mĂ©dicaments. Le traitement a pour but de rĂ©duire les pulsions sexuelles de l'individu. Il n'empĂȘche pas les rapports sexuels, mais les rend beaucoup moins frĂ©quents.

Les effets des mĂ©dicaments durent tant que le traitement est suivi. Lorsque le traitement est arrĂȘtĂ©, les effets cessent Ă©galement.

 Ă€ noter

En France, il n'existe pas de mesure de castration physique à l'encontre des délinquants sexuels.

La castration chimique concerne les auteurs d'infractions sexuelles, telles que le viol ou les agressions sexuelles sur majeur et sur mineur.

Elle peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e dans le cadre d'un suivi socio-judiciaire, d'une libĂ©ration conditionnelle, d'une surveillance judiciaire ou d'une surveillance de sĂ»retĂ©.

Pour que la castration chimique ait lieu, il est nécessaire que le délinquant sexuel ait fait l'objet d'une expertise médicale et que les juges aient prononcé une injonction de soins à son encontre.

 Ă€ noter

Un suivi socio-judiciaire accompagnĂ© d’une injonction de soins peut notamment ĂȘtre prononcĂ© dans le cadre d’un sursis probatoire.

Qui peut prescrire une castration chimique ?

La castration chimique n'est pas une mesure judiciaire. Il s'agit d'un traitement mĂ©dical. Ainsi, la castration chimique (traitement inhibiteur de libido) est dĂ©cidĂ©e par le mĂ©decin traitant de la personne condamnĂ©e Ă  une injonction de soins. Ce traitement ne peut pas ĂȘtre ordonnĂ© par la juridiction pĂ©nale qui a prononcĂ© l’injonction de soins.

  À savoir

Le mĂ©decin ne peut pas prescrire une castration chimique s’il constate que la personne condamnĂ©e est atteinte d’une maladie mentale (exemple :  schizophrĂ©nie).

Le délinquant sexuel doit-il consentir à la castration chimique ?

La mise en place d'une castration chimique nécessite le consentement de la personne condamnée. Néanmoins, si elle refuse de suivre ce traitement, elle encourt des sanctions pénales.

Dans le pire des cas, ces sanctions peuvent prendre la forme d’une peine d’emprisonnement de :

À quel moment dĂ©bute la castration chimique ?

L'auteur d'une infraction sexuelle commence son traitement dÚs lors qu'il se trouve en dehors d'un établissement pénitentiaire.

Cependant, le traitement peut dĂ©buter alors qu’il est encore dĂ©tenu. Dans ce cas, le dĂ©linquant sexuel est incarcĂ©rĂ© dans un Ă©tablissement spĂ©cialisĂ© permettant d'assurer un suivi mĂ©dical et psychologique adaptĂ©.

Comment le délinquant sexuel qui suit un traitement inhibiteur de libido est-il accompagné ?

L'auteur d'une infraction sexuelle est suivi par son médecin traitant. S'il n'en n'a pas, il doit en choisir un.

Le médecin traitant délivre des attestations de suivi du traitement à intervalles réguliers. Cela permet au condamné de justifier de l'accomplissement du traitement inhibiteur de libido.

Une fois par an, un médecin coordonnateur, désigné par le juge de l'application des peines, rencontre la personne condamnée pour faire un bilan de sa situation (évolution de l'état de la personne, propositions sur la poursuite des soins, etc.). Le médecin coordonnateur transmet ce bilan aux autorités judiciaires.

À quel moment la castration chimique prend-elle fin ?

Le traitement inhibiteur de libido s'arrĂȘte lorsque cesse l'injonction de soins. La durĂ©e de cette mesure est fixĂ©e par le juge qui la prononce. Elle varie entre 1 et 20 ans.

  À savoir

En principe, l’injonction de soins ne peut pas ĂȘtre plus longue que la mesure dans le cadre de laquelle elle a Ă©tĂ© mise en place. NĂ©anmoins, Ă  la fin d’un suivi socio-judiciaire ou lors d’une libĂ©ration conditionnelle, le mĂ©decin coordonnateur informe la personne condamnĂ©e (par le biais de son mĂ©decin traitant) qu’elle peut continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier d’un traitement. Si la personne dĂ©cide de continuer son traitement, le mĂ©decin coordonnateur lui indique la maniĂšre dont il devra ĂȘtre pris et la durĂ©e qu’il estime nĂ©cessaire pour que ce traitement fasse effet.

Le médecin traitant peut choisir d'interrompre le traitement s'il justifie d'un motif (par exemple, l'auteur de l'infraction ne supporte pas le traitement). Dans ce cas, il en informe le juge de l'applications des peines et le médecin coordonnateur.

Si le dĂ©linquant sexuel arrĂȘte son traitement contre l'avis de son mĂ©decin traitant, il peut ĂȘtre sanctionnĂ© pour avoir violĂ© les obligations de son injonction de soins.

Exemple

Parmi les sanctions qui peuvent ĂȘtre prononcĂ©es, il y a :

  • La rĂ©vocation du sursis probatoire
  • Une peine de prison de 3 ans en cas de dĂ©lit
  • Une peine de 7 ans de prison pour un crime.