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Fiche pratique

Surveillance de sûreté d'un criminel

Vérifié le 29/04/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Un condamnĂ© est-il surveillĂ© aprĂšs sa sortie de prison ? La justice peut placer le condamnĂ© sous surveillance de sĂ»retĂ© lorsqu'il prĂ©sente un risque Ă©levĂ© de rĂ©cidive. Cette surveillance peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e Ă  la suite d'une autre mesure pĂ©nale (exemple : surveillance judiciaire). Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

 Attention :

Des rĂšgles spĂ©cifiques s’appliquent pour les auteurs d’infractions Ă  caractĂšre terroriste (exemple : attentats).

La surveillance de sûreté est une mesure judiciaire qui vise à surveiller une personne qui a purgé une lourde peine de prison pour avoir commis un crime grave (exemple : assassinat, infractions à caractÚre sexuel sur mineur).

La personne concernĂ©e est soumise Ă  des obligations et reste surveillĂ©e mĂȘme aprĂšs sa sortie de prison.

L'objectif est de garantir que la personne condamnée ne représente plus un risque pour la société, notamment en évitant tout acte de récidive.

Afin d'ordonner un placement sous surveillance de sûreté, la juridiction compétente doit constater que le condamné répond aux conditions de mise en place de cette mesure.

Il existe 2 types de conditions : celui liĂ© Ă  l’infraction commise et celui liĂ© Ă  la mesure Ă  laquelle la personne condamnĂ©e Ă©tait prĂ©alablement soumise.

Pour quel type d’infractions la surveillance de sĂ»retĂ© peut-elle ĂȘtre envisagĂ©e ?

Le type de crimes qui peut entraßner un placement sous surveillance de sûreté dépend de l'ùge de la personne sur laquelle cette infraction a été commise (victime majeure ou victime mineure).

  • La personne doit avoir Ă©tĂ© condamnĂ©e pour avoir commis l'un des crimes suivants :

    • Viol aggravĂ© (par exemple, un viol commis par plusieurs personnes ou accompagnĂ© d'actes de torture)
    • Meurtre aggravĂ© (le meurtre qui suit un viol, par exemple)
    • Assassinat
    • Torture et actes de barbarie aggravĂ©s (par exemple, lorsque la victime est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  la suite de ses blessures)
    • EnlĂšvement ou sĂ©questration aggravĂ©s (par exemple, enlĂšvement commis en bande organisĂ©e).

      À savoir

    Cette mesure peut Ă©galement ĂȘtre mise en place lorsqu'un meurtre, des actes de torture et de barbarie, un viol, un enlĂšvement ou une sĂ©questration ont Ă©tĂ© commis en rĂ©cidive.

  • La personne doit avoir Ă©tĂ© condamnĂ©e pour avoir commis l'un des crimes suivants :

    • Viol
    • Meurtre ou assassinat
    • Torture et actes de barbarie
    • EnlĂšvement ou sĂ©questration.

AprÚs quelles mesures peut-on envisager une surveillance de sûreté ?

Pour que la surveillance de sûreté soit envisagée, il faut que le condamné ait déjà fait l'objet de l'une des mesures suivantes :

  • La surveillance de sĂ»retĂ© peut venir en remplacement d'une rĂ©tention de sĂ»retĂ© qui a pris fin sur dĂ©cision de la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©.

    La surveillance de sûreté est envisagée uniquement si le condamné présente encore des risques de commettre l'une des infractions qui a justifié la mise en place d'une rétention de sûreté (exemple : assassinat, torture et acte de barbarie).

  • La surveillance de sĂ»retĂ© peut venir en remplacement d'un suivi socio-judiciaire qui a pris fin en raison de l'Ă©coulement du temps.

    Pour que cette mesure soit envisagĂ©e, plusieurs conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies :

    • Le condamnĂ© prĂ©sente toujours une dangerositĂ© trĂšs Ă©levĂ©e (risque de rĂ©cidive trĂšs probable)
    • Le condamnĂ© a commis un crime puni d'au moins 15 ans de rĂ©clusion criminelle
    • L'inscription du condamnĂ© au Fijais est insuffisante
    • La surveillance de sĂ»retĂ© est l'unique moyen de prĂ©venir la commission d'une nouvelle infraction similaire Ă  celle pour laquelle la personne a Ă©tĂ© condamnĂ©e.
  • Une surveillance de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre mise en place Ă  la suite d'une surveillance judiciaire qui a pris fin en raison de l'Ă©coulement du temps.

    Une surveillance de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e si toutes les conditions suivantes sont rĂ©unies :

    • L'inscription du condamnĂ© au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais) est insuffisante
    • La surveillance de sĂ»retĂ© est l'unique moyen de prĂ©venir la commission d'une nouvelle infraction similaire Ă  celle pour laquelle la personne a Ă©tĂ© condamnĂ©e
    • Une expertise mĂ©dicale a prĂ©alablement constatĂ© que le maintien de l'injonction de soins est indispensable.
  • Une surveillance de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e en remplacement d'une libĂ©ration conditionnelle assortie d'une injonction de soins.

    La surveillance de sĂ»retĂ© peut ĂȘtre envisagĂ©e si toutes les conditions suivantes sont rĂ©unies :

    • La personne condamnĂ©e prĂ©sente toujours une dangerositĂ© trĂšs Ă©levĂ©e (risque de rĂ©cidive trĂšs probable)
    • Cette personne a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  la rĂ©clusion criminelle Ă  perpĂ©tuitĂ©
    • L'inscription du condamnĂ© au Fijais est insuffisante
    • La surveillance de sĂ»retĂ© est l'unique moyen de prĂ©venir la commission d'une nouvelle infraction similaire Ă  celle pour laquelle la personne a Ă©tĂ© condamnĂ©e
    • Une expertise mĂ©dicale a prĂ©alablement constatĂ© que le maintien de l'injonction de soins est indispensable.

Par quelle procédure la juridiction ordonne-t-elle une surveillance de sûreté ?

Le placement sous surveillance de sûreté est décidé par la juridiction régionale de la rétention de sûreté (JRSS).

Cette juridiction se saisit directement de l'affaire si elle s'est déjà prononcée sur une précédente mesure de rétention de sûreté.

Dans les autres cas, elle est saisie par le juge d'application des peines ou le procureur de la République, 6 mois avant la fin de la mesure précédente (suivi socio-judiciaire, etc.).

La juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une décision motivée aprÚs avoir entendu le représentant du Parquet, le condamné et son avocat au cours d'un débat contradictoire.

À la suite de l'audience, la dĂ©cision de la JRRS est notifiĂ©e Ă  la personne concernĂ©e.

  À savoir

La mĂȘme procĂ©dure s'applique lorsque le renouvellement de la surveillance de sĂ»retĂ© est envisagĂ©.

Comment contester la décision de placement sous surveillance de sûreté ?

La dĂ©cision de la JRRS peut ĂȘtre contestĂ©e par la personne condamnĂ©e devant la juridiction nationale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JNRS).

Cette juridiction se trouve Ă  la Cour de cassation.

OĂč s’adresser ?

Le recours doit ĂȘtre fait dans un dĂ©lai de 10 jours Ă  partir de la notification de la dĂ©cision.

Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.

La décision de la JNRS peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours suivant sa notification.

  À savoir

Devant les juridictions de la rĂ©tention de sĂ»retĂ©, l’avocat est obligatoire. Si la personne condamnĂ©e ne dispose pas des ressources financiĂšres suffisantes pour faire appel Ă  un avocat, elle peut demander l'aide juridictionnelle.

Comment se passe le suivi de la personne sous surveillance de sûreté ?

La personne sous surveillance de sûreté est suivie et contrÎlée par un service pénitentiaire d'insertion et de probation, sous la responsabilité du Jap.

  À savoir

Elle peut Ă©galement ĂȘtre inscrite au FIJAIS. Ce fichier permet notamment de suivre les auteurs de crimes ou de dĂ©lits sexuels et d'Ă©viter le renouvellement de telles infractions.

Quelles sont les obligations de la personne sous surveillance de sûreté ?

Dans la plupart des cas, la personne sous surveillance de sûreté fait l'objet d'une injonction de soins et d'un placement sous bracelet électronique.

Elle peut Ă©galement ĂȘtre soumise Ă  plusieurs autres obligations et interdictions, notamment les suivantes :

  • Obligation de choisir un domicile dĂ©terminĂ©
  • Obligation de dĂ©clarer ses changements d'emploi et de domicile
  • Assignation Ă  domicile
  • Interdiction de paraĂźtre en certains lieux (par exemple, devant un Ă©tablissement scolaire)
  • Interdiction de frĂ©quenter certaines personnes (par exemple, la victime ou un complice)
  • Interdiction d'exercer une activitĂ© impliquant un contact rĂ©gulier avec des mineurs.

Ces obligations peuvent ĂȘtre assouplies ou renforcĂ©es en fonction de l'Ă©volution des circonstances dans lesquelles se dĂ©roule la surveillance de sĂ»retĂ©.

Ces changements sont pris par ordonnance du président de la juridiction régionale de la rétention de sûreté.

Cette dĂ©cision peut faire l'objet d'un recours dans les mĂȘmes conditions que pour contester une dĂ©cision de placement sous surveillance de sĂ»retĂ©.

Lorsque la personne sous surveillance de sûreté ne remplit pas les obligations et interdictions auxquelles elle est normalement astreinte, la juridiction régionale de la rétention de sûreté (JRSS) peut la placer sous rétention de sûreté.

Cette sanction est applicable uniquement si les 2 conditions suivantes sont réunies :

  • La personne prĂ©sente, de nouveau, une particuliĂšre dangerositĂ© qui se traduit par une probabilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e de rĂ©cidive
  • Le renforcement des obligations de la surveillance de sĂ»retĂ© est insuffisant pour prĂ©venir la commission d'une nouvelle infraction.

La JRRS peut placer la personne en rétention de sûreté aprÚs avoir obtenu l'avis favorable de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté.

Quelle est la durée légale de la surveillance de sûreté ?

Le placement sous surveillance de sûreté est prononcé pour une durée de 2 ans.

 Ă€ noter

Cette mesure peut ĂȘtre suspendue si la personne condamnĂ©e est de nouveau placĂ©e en dĂ©tention (exemple : en cas de commission d'une nouvelle infraction).

La juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© peut prononcer le renouvellement de cette mesure, pour la mĂȘme durĂ©e, si les risques de rĂ©cidive persistent.

Peut-on mettre fin à la surveillance de sûreté avant la fin de la durée légale ?

Si la personne concernée estime que les conditions d'application de la mesure ne sont plus justifiées, elle peut demander qu'il soit mis fin à la mesure.

Cette demande peut ĂȘtre effectuĂ©e aprĂšs un dĂ©lai de 3 mois Ă  compter de la date de la dĂ©cision qui l'a ordonnĂ©e.

Elle doit ĂȘtre effectuĂ©e par requĂȘte dĂ©posĂ©e Ă  la juridiction rĂ©gionale de la rĂ©tention de sĂ»retĂ© (JRSS) gĂ©ographiquement compĂ©tente ou transmise par lettre RAR.

En l'absence de réponse de la JRRS dans un délai de 3 mois, la mesure prend automatiquement fin.

En cas de rejet de la demande, aucune autre demande ne peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e avant l'expiration d'un dĂ©lai de 3 mois.