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Fiche pratique

Visiteur accompagnant des personnes placées sous main de justice

Vérifié le 26/12/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Qui peut devenir visiteur accompagnant d’une personne placĂ©e sous main de justice ? Toute personne majeure dont le casier judiciaire est vierge peut devenir visiteur accompagnant si elle obtient un agrĂ©ment des services pĂ©nitentiaires. Ce bĂ©nĂ©vole contribue Ă  la rĂ©insertion d'une personne qui exĂ©cute une peine en milieu ouvert. Il l’accompagne notamment dans ses dĂ©marches administratives et lors d'activitĂ©s organisĂ©es en dehors de la prison. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

 Attention :

Il ne faut pas confondre visiteur accompagnant et visiteur de prison.

Le visiteur accompagnant est un bĂ©nĂ©vole de l'Association nationale des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP). Sa mission est d’accompagner et de soutenir une personne qui exĂ©cute sa peine (ou la fin de sa peine) en milieu ouvert.

Le visiteur accompagnant contribue à la réinsertion du condamné isolé ou dont l'entourage n'est pas suffisamment présent. Il intervient toujours en dehors de la prison.

ConcrÚtement, le visiteur accompagnant a pour missions :

  • D'organiser des temps d'Ă©change avec la personne placĂ©e sous main de justice (par exemple, ces Ă©changes peuvent avoir lieu dans un cafĂ©)
  • De faciliter l'accĂšs aux services publics. Il aide la personne placĂ©e sous main de justice Ă  faire ses dĂ©marches administratives, notamment, liĂ©es au logement, Ă  la santĂ© ou Ă  l'accĂšs aux droits. Par exemple, il peut aider le condamnĂ© Ă  remplir une demande d'aide au logement ou une demande d'aide juridictionnelle.
  • De soutenir la personne placĂ©e sous main de justice Ă  gĂ©rer son budget
  • De mettre en place des sĂ©ances de tutorat, en fonction de son expĂ©rience professionnelle
  • D'accompagner la personne sous main de justice lors de sorties culturelles ou associatives (par exemple, le visiteur accompagnant peut accompagner la personne au cinĂ©ma ou dans des groupes de paroles).

 Ă€ noter

La mission du visiteur accompagnant s'ajoute à la prise en charge assurée par les services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP).

Pour devenir visiteur accompagnant, il faut ĂȘtre majeur, avoir un casier judiciaire vierge et obtenir un agrĂ©ment des services pĂ©nitentiaires.

Comment demander l’agrĂ©ment pour devenir visiteur de prison ?

La demande d'agrément peut se faire en ligne ou par courrier postal.

 Ă€ noter

Avant toute demande d'agrément, il est conseillé au candidat d'adhérer à l'ANVP en réglant une cotisation.

  • La demande peut ĂȘtre directement effectuĂ©e sur le site de l'ANVP :

    Service en ligne
    Demande d’agrĂ©ment pour devenir visiteur accompagnant

    AccĂ©der au service en ligne  

    Association nationale des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP)

     Ă€ noter

    Si la personne souhaite adhérer à l'ANVP ou lui faire un don dÚs sa candidature, elle peut régler directement en ligne (en indiquant ses coordonnées bancaires).

  • La demande doit ĂȘtre adressĂ©e au directeur du SPIP dont dĂ©pend la personne dĂ©tenue.

    Le candidat doit indiquer les informations suivantes :

    • Nom, prĂ©nom, date et lieu de naissance
    • NationalitĂ©
    • Situation de famille (par exemple, cĂ©libataire, mariĂ©, etc.)
    • Profession
    • Adresse personnelle
    • Établissement(s) pĂ©nitentiaire(s) auprĂšs duquel il souhaite intervenir
    • Raisons pour lesquelles il souhaite devenir visiteur de prison ou visiteur accompagnant.

    Il doit également doit joindre les documents suivants :

    • Photocopie de la carte vitale
    • 2 photos d'identitĂ©.

Comment est traitée la candidature du visiteur accompagnant ?

L’examen de la demande comporte un entretien avec le responsable local du SPIP (directeur de l'antenne locale d'insertion et de probation).

Cet entretien permet au candidat de comprendre le rÎle des visiteurs accompagnants, et au SPIP d'évaluer l'aptitude du candidat à exercer le rÎle de visiteur accompagnant.

Il sert également à évaluer les relations humaines, l'équilibre psychologique, la disponibilité du candidat.

Le directeur du SPIP rédige un rapport et sollicite l'avis du préfet du département du domicile du candidat.

Le dossier est ensuite transmis au directeur interrégional des services pénitentiaires (le supérieur du directeur du SPIP), qui prend la décision finale. Il peut accepter ou refuser la candidature.

Pour faire part de sa rĂ©ponse au candidat, l’ANVP le contacte dans un dĂ©lai de 3 semaines.

 Ă€ noter

Si le candidat n’a pas obtenu de rĂ©ponse dans ce dĂ©lai, il peut directement contacter l’ANVP.

  • DĂšs rĂ©ception de son agrĂ©ment, le visiteur accompagnant peut rencontrer la personne sous main de justice, dĂ©signĂ©e par le SPIP.

      À savoir

    En gĂ©nĂ©ral, le visiteur accompagnant suit uniquement une personne. Toutefois, en fonction des besoins de l’établissement pĂ©nitentiaire et de la disponibilitĂ© du visiteur accompagnant, il peut lui ĂȘtre proposĂ© d'en suivre plusieurs.

  • S’il refuse l’agrĂ©ment, le directeur interrĂ©gional des services pĂ©nitentiaires doit argumenter sa dĂ©cision. Le refus peut notamment ĂȘtre fondĂ© sur l’absence de besoin dans l’établissement pĂ©nitentiaire ou sur l’avis dĂ©favorable du prĂ©fet.

    Il n’existe pas de recours en cas de refus de l’agrĂ©ment. Le candidat peut uniquement avoir accĂšs Ă  son dossier.

    Cependant, si le directeur interrĂ©gional n’a pas rĂ©pondu au candidat dans un dĂ©lai de 2 mois suivant rĂ©ception de son dossier complet, le candidat peut saisir le tribunal administratif.

    OĂč s’adresser ?

Avant de commencer son activité bénévole, le visiteur accompagnant signe une charte dans laquelle figure toutes ses obligations. Cette charte est également signée par le SPIP dont dépend la personne placée sous main de justice.

Le visiteur accompagnant s'engage à :

  • Suivre plusieurs formations organisĂ©es par le SPIP et l'ANVP. Ces formations doivent avoir lieu au fur et Ă  mesure de l'accompagnement.
  • DĂ©dier du temps Ă  l'activitĂ© bĂ©nĂ©vole, sans que cela n'empiĂšte sur ses activitĂ©s professionnelles et personnelles
  • Accompagner la personne placĂ©e sous main de justice sans en tirer de bĂ©nĂ©fices (par exemple, il ne peut pas accepter une somme d'argent ou un cadeau de la part de la personne condamnĂ©e)
  • Accompagner la personne placĂ©e sous main de justice tout en respectant les missions du SPIP
  • Se rĂ©fĂ©rer au conseiller pĂ©nitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) de la personne condamnĂ©e avant de prendre toute dĂ©cision qui la concerne. Le visiteur accompagnant doit communiquer avec le CPIP de la personne condamnĂ©e. Il lui rapporte toute information utile au suivi de la personne condamnĂ©e et au bon dĂ©roulement de l'accompagnement.
  • Ne pas juger la situation de la personne placĂ©e sous main de justice (qu’il s’agisse de sa vie privĂ©e ou de son parcours pĂ©nal)
  • Être impartial dans sa relation avec les diffĂ©rentes personnes accompagnĂ©es. Il peut uniquement proposer des solutions qui entrent dans le cadre de son activitĂ© bĂ©nĂ©vole (par exemple, il lui est interdit de proposer un hĂ©bergement Ă  la personne placĂ©e sous main de justice).

Le visiteur accompagnant s'engage au minimum pour 1 an. Durant cette année, le temps dédié à l'accompagnement est fixé en fonction des besoins de la personne placée sous main de justice et du temps que peut réserver le visiteur accompagnant à son activité bénévole.

Pour remplir sa mission, le visiteur accompagnant peut rencontrer la personne placée sous main de justice à plusieurs reprises. Il a également la possibilité de communiquer avec elle.

  À savoir

La durĂ©e de l'accompagnement est fixĂ©e selon les besoins de la personne placĂ©e sous main de justice. Il prend fin en mĂȘme temps que la prise en charge par le SPIP.

Comment se déroulent les rencontres avec le visiteur accompagnant ?

La 1Úre rencontre entre le visiteur accompagnant et la personne sous main de justice a lieu dans les locaux du SPIP. Le conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) de la personne placée sous main de justice participe également à cet entretien.

Lors de cette rencontre, les 3 parties fixent les objectifs et les conditions de l'accompagnement. Pour cela, ils tiennent compte des besoins de la personne qui exécute sa peine en milieu ouvert.

Les autres rendez-vous ne peuvent pas ĂȘtre organisĂ©s dans les locaux du SPIP. Le lieu des rencontres est dĂ©terminĂ© par le SPIP et l'ANVP. En fonction de la personnalitĂ© de la personne placĂ©e sous main de justice et de l'existence ou non d'interdictions judiciaires, certains lieux publics peuvent ĂȘtre envisagĂ©s (par exemple, une bibliothĂšque, un musĂ©e ou un cafĂ©).

 Attention :

Les rendez-vous ne peuvent jamais avoir lieu au domicile du visiteur accompagnant ou de la personne placée sous main de justice.

Comment sont rĂ©glĂ©s les frais dus lors d’une sortie avec un visiteur accompagnant ?

Une partie des frais occasionnĂ©s par l'accompagnement peuvent ĂȘtre pris en charge par l'administration pĂ©nitentiaire. Le reste sera Ă  la charge de la personne placĂ©e sous main de justice.

Les rÚgles propres au remboursement de ces frais sont prévues dans un document signé par l'ANPV et l'administration pénitentiaire. Par exemple, si le visiteur accompagnant paye les entrées au musée, il peut demander un remboursement à l'administration pénitentiaire.

Comment le visiteur accompagnant et la personne sous main de justice échangent-t-ils ?

Le visiteur accompagnant et la personne placée sous main de justice peuvent s'appeler, communiquer par textos ou par mails.

Le visiteur accompagnant ne doit pas donner son numéro privé à la personne qu'elle accompagne.

Par mesure de sécurité, l'administration pénitentiaire met un téléphone portable à la disposition de chaque visiteur accompagnant. De plus, le CPIP fixe les limites de communication entre le visiteur accompagnant et la personne placée sous main de justice.

Quelle est la durĂ©e initiale de l’agrĂ©ment du visiteur accompagnant ?

L’agrĂ©ment du visiteur accompagnant est valable 2 ans. Il peut ĂȘtre renouvelĂ© sur demande Ă©crite du visiteur accompagnant au directeur interrĂ©gional des services pĂ©nitentiaires.

Le visiteur et la personne qu'il suit sont libres de mettre fin Ă  l'accompagnement Ă  tout moment. Ainsi, le visiteur accompagnant pourra accompagner une autre personne.

L’agrĂ©ment du visiteur accompagnant peut-il lui ĂȘtre retiré ?

L'agrĂ©ment peut ĂȘtre retirĂ© de 2 maniĂšres :

 Attention :

En cas d’urgence et pour des motifs graves, l'agrĂ©ment peut Ă©galement ĂȘtre suspendu par le directeur du SPIP qui suit la personne dĂ©tenue. Dans ce cas, le directeur interrĂ©gional des services pĂ©nitentiaires est immĂ©diatement informĂ© de la situation qui a entraĂźnĂ© cette demande de suspension.

En dehors du cas oĂč le retrait est ordonnĂ© par les autoritĂ©s judiciaires, le visiteur est informĂ© des raisons pour lesquelles l'administration pĂ©nitentiaire souhaite suspendre ou lui retirer son agrĂ©ment. Par exemple, le non-respect d'une obligation fixĂ©e dans la charte d'engagement peut entraĂźner la suspension ou le retrait de l'agrĂ©ment.

Le visiteur est Ă©galement informĂ© des conditions pour contester cette dĂ©cision. S'il en fait la demande, le visiteur peut prĂ©senter des observations Ă©crites et se dĂ©fendre oralement devant l'administration pĂ©nitentiaire. Au cours de cet entretien, il peut ĂȘtre assistĂ© d'un avocat.

 Ă€ noter

Au cours de cet entretien, il peut ĂȘtre assistĂ© d'un avocat.

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