AccĂšs directs

Consultation du solde de points de permis de conduire

Fiche pratique

Droit à l'image et respect de la vie privée

Vérifié le 06/05/2022 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Votre photo a été publiée sans votre autorisation et vous vous demandez quels sont vos droits en matiÚre d'image et de respect de la vie privée ? Nous vous indiquons dans quels cas votre autorisation est nécessaire et comment faire en cas de difficultés.

Vidéo - Points clés à connaßtre en cas de publication de votre photo sur internet

Le droit Ă  l'image permet d'autoriser ou de refuser la reproduction et la diffusion publique de votre image.

Par ailleurs le droit au respect de votre vie privée permet d'autoriser ou de refuser la divulgation d'informations concernant votre vie privée.

 Ă€ noter

vous avez aussi droit à la protection de votre image en tant que donnée personnelle. Dans ce cadre, vous pouvez demander la suppression d'une photo sur un site internet. C'est ce qu'on appelle le droit à l'effacement ou droit à l'oubli.

Le droit à l'image appartient à la personne concernée.

Toutefois, l'autorisation des parents est nécessaire pour un mineur.

  • Il est nĂ©cessaire d'avoir votre accord Ă©crit pour utiliser une image oĂč vous ĂȘtes reconnaissable (diffusion, publication, reproduction ou commercialisation).

    L'image peut ĂȘtre une photo ou une vidĂ©o.

    Dans le cas d'une image prise dans un lieu privĂ©, votre autorisation est nĂ©cessaire si vous ĂȘtes reconnaissable : vacances, Ă©vĂ©nement familial, manifestation sportive, culturelle...

    Dans le cas d'une image prise dans un lieu public, votre autorisation est nĂ©cessaire si vous ĂȘtes isolĂ© et reconnaissable.

    L'image peut ĂȘtre diffusĂ©e via la presse, la tĂ©lĂ©vision, un site internet, un rĂ©seau social...

    En pratique, le photographe/vidéaste doit obtenir votre accord écrit avant de diffuser votre image.

    Il ne peut pas se contenter de votre consentement Ă  ĂȘtre photographiĂ© ou filmĂ©.

    Votre accord doit ĂȘtre prĂ©cis : sur quel support est diffusĂ© l'image ? Dans quel objectif ? Pour quelle durĂ©e ?

    Votre accord est également nécessaire si votre image est réutilisée dans un but différent de la 1Úre diffusion.

    Toutefois le droit à l'image est limité par le droit à l'information, le droit à liberté d'expression et la liberté artistique et culturelle.

    Ainsi, votre accord n'est pas nécessaire pour diffuser certaines images à condition que votre dignité soit respectée et votre image ne soit pas utilisée dans un but commercial.

    Par exemple :

    • Image d'un groupe ou d'une scĂšne de rue dans un lieu public si aucune personne n'est individualisĂ©e et dans la limite du droit Ă  l'information.
    • Image d'un Ă©vĂ©nement d'actualitĂ© ou d'une manifestation publique dans la limite du droit Ă  l'information et Ă  la crĂ©ation artistique.
    • Image d'une personnalitĂ© publique dans l'exercice de ses fonctions si le but de l'image est d'informer (un Ă©lu par exemple).
    • Image illustrant un sujet historique.

      À savoir

    si l'état d'une personne protégée (curatelle ou tutelle) ne lui permet pas de prendre une décision éclairée, la personne chargée de sa protection doit saisir le juge ou le conseil de famille.

    • Si l’image est diffusĂ©e par un tiers, l'autorisation des parents (ou du responsable lĂ©gal) doit obligatoirement ĂȘtre obtenue par Ă©crit.

      Il n'y a pas d'exception, y compris pour le journal et l'intranet d'une école.

      Pour un groupe d'enfants, l'autorisation écrite des parents de chaque enfant est obligatoire.

      Par ailleurs, lorsque les parents souhaitent publier l’image de leur enfant et que ce dernier est en ñge de comprendre, ils doivent lui demander son accord.

        À savoir

      En cas de dĂ©saccord entre les parents, le juge aux affaires familiales peut interdire un parent de diffuser toute image de son enfant sans l’autorisation de l’autre parent.

    • Pour pouvoir engager un mineur de moins de 16 ans en tant que sujet principal de vidĂ©os publiĂ©es sur une plateforme en ligne, l’employeur doit faire une demande d’agrĂ©ment auprĂšs du prĂ©fet du siĂšge de l’entreprise.

      OĂč s’adresser ?

        À savoir

      Lorsque le siĂšge de l’entreprise se trouve Ă  l’étranger ou qu’il n’en n’existe pas, la demande doit ĂȘtre faite auprĂšs de la prĂ©fecture de Paris.

      Le dossier de demande doit comprendre les éléments suivants :

      • Extrait d'acte de naissance de l'employeur ou de ses dirigeants, associĂ©s et gĂ©rants lorsqu'il s'agit d'une sociĂ©tĂ©
      • Attestation de versement des cotisations aux organismes de sĂ©curitĂ© sociale pour les employeurs en activitĂ© au moment du dĂ©pĂŽt de la demande d'agrĂ©ment
      • Attestation par laquelle l'employeur s'engage Ă  faire passer, Ă  ses frais, Ă  l'enfant qu'il emploie un examen mĂ©dical
      • Document Ă©tablissant l’état civil de l’enfant (par exemple, un acte de naissance)
      • Autorisation Ă©crite de ses parents accompagnĂ©e de la liste des emplois prĂ©cĂ©demment ou actuellement occupĂ©s par l'enfant
      • Tous documents permettant de connaĂźtre les difficultĂ©s et la moralitĂ© de l’activitĂ© pour laquelle la demande est faite
      • Tous documents permettant d'apprĂ©cier les difficultĂ©s et la moralitĂ© du rĂŽle que l'enfant est doit jouer
      • Tout Ă©lĂ©ment sur les conditions d'emploi du mineur, sur sa rĂ©munĂ©ration et sur les dispositions prises pour assurer sa frĂ©quentation scolaire

      Le dossier est instruit par la Direction dĂ©partemental chargĂ© de l'Ă©conomie, de l'emploi, du travail et des solidaritĂ©s (DDETS) qui peut accorder l’autorisation ou la refuser.

        À savoir

      Si le mineur est engagĂ©, la rĂ©munĂ©ration versĂ©e en contrepartie des vidĂ©os ne revient pas en totalitĂ© Ă  ses parents. Une partie de la rĂ©munĂ©ration doit ĂȘtre remise Ă  la Caisse des dĂ©pĂŽts et consignations, qui reversera cet argent au mineur lorsqu’il aura atteint la majoritĂ©.

  • Le proche d'une personne dĂ©cĂ©dĂ©e peut contester la reproduction de son image si cette image lui cause un prĂ©judice.

    Par exemple, atteinte à la mémoire du défunt.

Si votre image a été diffusée sans votre autorisation, vous pouvez contacter l'auteur de sa diffusion : photographe, vidéaste, organisme (spot publicitaire, clip musical...).

En cas de refus de retirer votre image, vous pouvez vous adresser au juge, y compris en urgence, pour obtenir le retrait de l'image.

Vous pouvez aussi demander des dommages-intĂ©rĂȘts et le remboursement des frais d'avocat.

Vous pouvez porter plainte si vous avez été photographié ou filmé dans un lieu privé sans avoir donné votre accord.

Vous pouvez aussi porter plainte si cette photographie ou ce film est publié sans votre accord et que cette publication porte atteinte à votre vie privée.

Vous pouvez vous adresser Ă  un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie de votre choix.

La plainte est transmise au procureur de la République par la police ou la gendarmerie.

Vous pouvez déposer plainte auprÚs du procureur de la République.

Pour cela, vous devez envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

Votre courrier doit préciser les éléments suivants :

  • Votre Ă©tat civil et vos coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
  • RĂ©cit dĂ©taillĂ© des faits, date et lieu de l'infraction
  • Nom de l'auteur supposĂ© si vous le connaissez (sinon, la plainte sera dĂ©posĂ©e contre X)
  • Nom et adresse des Ă©ventuels tĂ©moins de l'infraction
  • Description et estimation provisoire ou dĂ©finitive du prĂ©judice
  • Vos documents de preuve : certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, vidĂ©os, factures diverses, constats...

Vous pouvez utiliser le modÚle de courrier suivant :

ModĂšle de document
Porter plainte auprÚs du procureur de la République

AccĂ©der au modĂšle de document  

Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

Vous pouvez envoyer votre plainte par courrier ou la déposer directement à l'accueil du tribunal.

Si vous portez plainte, une enquĂȘte sera menĂ©e. Si l'auteur des faits est identifiĂ©, il pourra ĂȘtre poursuivi et condamnĂ© par une juridiction pĂ©nale.

 Ă€ noter

En cas de poursuites de l’auteur prĂ©sumĂ© des faits, vous pouvez vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts. Si la plainte est classĂ©e sans suite ou si vous n'avez pas de nouvelle des services de police, de gendarmerie ou du procureur de la RĂ©publique depuis plus de 3 mois suivant votre plainte, vous pouvez dĂ©poser une plainte avec constitution de partie civile.

La présence d'un avocat n'est pas obligatoire pour le dépÎt de plainte et pendant toute la durée de la procédure jusqu'au procÚs devant le tribunal. Toutefois, vous pouvez obtenir l'assistance d'un avocat si vous le souhaitez.

OĂč s’adresser ?

  À savoir

Si vous n'avez pas les ressources financiÚres suffisantes pour régler ce professionnel, vous pouvez éventuellement obtenir l'aide juridictionnelle.

  • Photographier ou filmer une personne dans un lieu privĂ© ou transmettre son image, sans son accord, est sanctionnĂ© d'un an d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende.

    Publier la photo ou la vidĂ©o sans l'accord de la personne est sanctionnĂ© d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.

  • Photographier ou filmer une personne ou transmettre son image, sans son accord, lorsque l'image a un caractĂšre sexuel, est sanctionnĂ© de 2 ans d'emprisonnement et de 60 000 € d'amende.

    Diffuser cette photo ou cette vidĂ©o, mĂȘme si elle a Ă©tĂ© obtenue avec l'accord de la personne, est Ă©galement sanctionnĂ©. C'est la pratique du revenge porn. La sanction est de 2 ans d'emprisonnement et de 60 000 € d'amende.