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Fiche pratique

Caméras de surveillance sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public

Vérifié le 06/01/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de l'intérieur

Vous avez été filmé sur la voie publique et vous vous demandez si c'est légal ? Oui, certaines personnes peuvent mettre en place un dispositif de vidéosurveillance lorsque cela est justifié. Vous avez la possibilité de consulter ces images et de demander qu'elles soient effacées. Vous pouvez également dénoncer un usage anormal des caméras de vidéosurveillance. Nous vous présentons les informations à connaßtre.

Autorité publique

Toute autorité publique (exemple : un maire) peut mettre en place un systÚme de vidéoprotection sur la voie publique dÚs lors qu'elle est chargée :

  • De la protection des bĂątiments et installations publics et leurs abords
  • De la sauvegarde des installations utiles Ă  la dĂ©fense nationale
  • De la rĂ©gulation des flux de transport
  • De la constatation des infractions aux rĂšgles de la circulation
  • De la prĂ©vention des atteintes Ă  la sĂ©curitĂ© des personnes et des biens dans les lieux particuliĂšrement exposĂ©s Ă  des risques d'agression, de vol ou de trafic de drogues
  • De la prĂ©vention d'actes de terrorisme
  • De la prĂ©vention des risques naturels ou technologiques
  • Du secours aux personnes et la dĂ©fense contre l'incendie
  • De la sĂ©curitĂ© des installations accueillant du public dans les parcs d'attraction
  • Du respect de l'obligation d'avoir une assurance responsabilitĂ© civile pour conduire un vĂ©hicule (voiture, moto, scooter, etc.)
  • De la prĂ©vention et constatation d'une infraction liĂ©e Ă  l'abandon d'ordures, de dĂ©chets, de matĂ©riaux ou d'autres objets

Les autorités publiques peuvent également filmer un lieu ou un établissement ouvert au public pour protéger les abords immédiats des commerces dans les lieux exposés à des risques d'agression ou de vol.

Les caméras ne doivent pas permettre de visualiser l'entrée et l'intérieur des immeubles d'habitation.

  À savoir

Les caméras ne doivent pas permettre de visualiser l'entrée et l'intérieur des immeubles d'habitation.

Pour implanter une camĂ©ra de surveillance sur la voie publique, dans un lieu ou dans un Ă©tablissement ouvert au public, l'autoritĂ© publique doit faire une demande d'autorisation Ă  la prĂ©fecture du lieu dans lequel ce dispositif sera mis en place (ou Ă  la prĂ©fecture de police si la camĂ©ra doit ĂȘtre fixĂ©e Ă  Paris ou dans les Bouches-du-RhĂŽne).

Si nécessaire, elle doit également faire une analyse d'impact sur la protection des données.

Entreprise et établissement public

Une entreprise ou un établissement public (banque, hÎpital, etc.) peut filmer les abords immédiats de ses bùtiments et installations dans les lieux exposés à des actes de terrorisme.

Pour implanter une camĂ©ra de surveillance sur la voie publique, l'entreprise ou l'Ă©tablissement public doit faire une demande d'autorisation Ă  la prĂ©fecture du lieu dans lequel ce dispositif sera mis en place (ou Ă  la prĂ©fecture de police si la camĂ©ra doit ĂȘtre fixĂ©e Ă  Paris ou dans les Bouches-du-RhĂŽne).

Si nécessaire, il doit également faire une analyse d'impact sur la protection des données.

  À savoir

Le préfet (ou le préfet de police) peut ordonner la fermeture provisoire d'un établissement ouvert au public dans lequel a été mis en place un systÚme de vidéoprotection non autorisé.

Commerçant

Un commerçant peut filmer la voie publique pour assurer la protection des abords immédiats de ses bùtiments et installations, dans les lieux exposés à des risques d'agression, de vol ou à des actes de terrorisme.

Pour implanter une caméra de surveillance sur la voie publique, le commerçant doit :

  • Faire une demande d'autorisation Ă  la prĂ©fecture du lieu dans lequel ce dispositif sera mis en place (ou Ă  la prĂ©fecture de police si la camĂ©ra doit ĂȘtre fixĂ©e Ă  Paris ou dans les Bouches-du-RhĂŽne)
  • Informer le maire de la commune dans laquelle il souhaite installer ce systĂšme.

  À savoir

Le préfet (ou le préfet de police) peut ordonner la fermeture provisoire du commerce dans lequel a été mis en place un systÚme de vidéoprotection non autorisé.

Entreprise de transports en commun

Les entreprises de transports en commun (exemple : RATP, SNCF) sont autorisĂ©es Ă  installer des camĂ©ras Ă  l’avant des matĂ©riels roulant en circulation (mĂ©tro, train, etc.).

Les images enregistrĂ©es peuvent uniquement ĂȘtre utilisĂ©es pour analyser les circonstances d’un accident ou pour former les agents appartenant Ă  l’entreprise de transports en commun.

Une affiche ou une pancarte, comportant un pictogramme représentant une caméra, doit indiquer l'existence d'un systÚme de vidéoprotection permettant de filmer la voie publique ou un lieu ouvert au public.

L'affiche (ou la pancarte) doit ĂȘtre prĂ©sente en permanence dans le lieu concernĂ©.

Elle doit doit indiquer :

  • Le nom et le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone du responsable du systĂšme de vidĂ©oprotection
  • La raison pour laquelle une camĂ©ra de surveillance est installĂ©e
  • Les dĂ©marches que vous pouvez accomplir si vous avez Ă©tĂ© filmĂ© (exemple : demande d'accĂšs aux enregistrements).

Toutes ces mentions doivent ĂȘtre indiquĂ©es de maniĂšre comprĂ©hensible.

En principe, les enregistrements vidĂ©os peuvent ĂȘtre conservĂ©s pendant 1 mois, dans un endroit sĂ©curisĂ©. PassĂ© ce dĂ©lai, ils sont dĂ©truits.

Toutefois, ce dĂ©lai peut ĂȘtre plus Ă©levĂ© si les vidĂ©os servent dans le cadre d'une enquĂȘte de police ou d'une instruction judiciaire.

 Ă€ noter

L'autorisation prĂ©fectorale peut prĂ©ciser la durĂ©e minimale pendant laquelle les enregistrements doivent ĂȘtre sauvegardĂ©s.

Les personnes qui peuvent accéder aux images de caméras de surveillance sont les suivantes :

  • Agents et opĂ©rateurs qui dĂ©pendent du responsable du dispositif de vidĂ©osurveillance (exemple : agents de sĂ©curitĂ© de la RATP, responsable d'un magasin)
  • Agents de la police ou de la gendarmerie nationale dĂ©signĂ©s par le chef de service ou le chef d'unitĂ© sous l'autoritĂ© duquel ils se trouvent
  • Agents de la douane et des services d'incendie et de secours dĂ©signĂ©s par le chef de service ou le chef d'unitĂ© sous l'autoritĂ© duquel ils se trouvent.

Les images enregistrĂ©es au sein d'une commune peuvent ĂȘtre visionnĂ©es par :

  • Maire de la commune concernĂ©e
  • Agents de police municipale individuellement dĂ©signĂ©s par le maire de la commune.

Lorsque le préfet autorise la mise en place d'un dispositif de vidéosurveillance, il précise la (ou les) personne qui pourra visionner les images dans le cadre de sa mission.

Si vous avez été filmé sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public, vous avez la possibilité de demander une copie des enregistrements vidéos à l'autorité publique ou au professionnel qui a installé une caméra de surveillance.

Vous pouvez également demander de visionner ces enregistrements en contactant le responsable du systÚme de vidéoprotection.

  • Si vous avez Ă©tĂ© filmĂ©, vous pouvez demander Ă  l'organisme qui a installĂ© le systĂšme de vidĂ©oprotection de vous transmettre une copie des enregistrements.

    Vous pouvez faire cette demande par courrier postal, en utilisant le modÚle de lettre suivant :

    ModĂšle de document
    Demande d'accÚs aux enregistrements d'une caméra de surveillance

    AccĂ©der au modĂšle de document  

    Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)

    En principe, l'autorité publique ou le professionnel doit vous remettre la copie des vidéos que vous avez sollicitée.

    Toutefois, votre demande peut ĂȘtre rejetĂ©e si :

    • Elle n'est pas fondĂ©e ou excessive (exemple : si vous demandez, plusieurs fois et de maniĂšre rapprochĂ©e, des enregistrements qui vous ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fournis)
    • Les donnĂ©es ont Ă©tĂ© effacĂ©es.

     Ă€ noter

    Votre demande peut ĂȘtre acceptĂ©e sans floutage des autres personnes figurant sur ces images, Ă  condition que cela ne nuise pas Ă  leur vie privĂ©e.

  • Si vous avez Ă©tĂ© filmĂ©, vous pouvez demander Ă  visionner les images, sauf si elles ont Ă©tĂ© dĂ©truites (dans ce cas, vous en serez informĂ©).

    Pour cela, vous devez adresser votre demande au responsable du systÚme de vidéoprotection.

    Son nom et son numéro de téléphone sont indiqués sur l'affiche signalant l'existence de caméras de surveillance.

    L'accĂšs aux images est un droit si vous avez Ă©tĂ© filmĂ©. Toutefois, de maniĂšre exceptionnelle, votre demande peut ĂȘtre refusĂ©e (exemple : pour un motif en lien avec la dĂ©fense nationale).

Vous pouvez demander l'effacement d'images de vidĂ©osurveillance si vous ĂȘtes dans l'un des cas suivants :

  • Les images sont utilisĂ©es Ă  des fins de publicitĂ©
  • Les images ne vous semblent plus rĂ©pondre Ă  l'objectif pour lequel elles ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es
  • Vous retirez votre consentement Ă  l'utilisation de votre image (dans l'Ă©ventualitĂ© oĂč il vous a Ă©tĂ© demandĂ©)
  • Les images font l'objet d'un traitement illĂ©gal (exemple : elles ont Ă©tĂ© piratĂ©es)
  • Vous vous opposez Ă  l'utilisation de votre image et le responsable du dispositif de vidĂ©osurveillance n'a pas de motif lĂ©gitime pour les conserver.

Pour obtenir l'effacement de ces images, vous devez contacter le responsable du dispositif de vidéosurveillance, par courrier RAR ou par mail avec accusé de réception. Son nom figure sur la pancarte annonçant la présence d'une caméra de surveillance.

Vous devez préciser les images dont vous souhaitez l'effacement et garder tout justificatif permettant de prouver que vous avez effectué une demande.

 Ă€ noter

Si le responsable du dispositif de vidéosurveillance a des doutes sur votre identité, il peut vous demander de fournir un justificatif d'identité (exemple : passeport ou carte nationale d'identité).

Le responsable du dispositif doit procĂ©der Ă  l’effacement dans les meilleurs dĂ©lais et au plus tard dans un dĂ©lai d’un mois (ou de 3 mois si votre demande est complexe).

En cas de rĂ©ponse insatisfaisante ou d’absence de rĂ©ponse sous un mois, vous pouvez saisir la Cnil.

OĂč s’adresser ?

Par courrier

3 Place de Fontenoy

TSA 80715

75334 Paris cedex 07

La CNIL ne reçoit pas le public et n'assure aucun renseignement sur place.

Par téléphone

+33 1 53 73 22 22

Accueil téléphonique ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 17h.

Renseignements juridiques ouverts les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 10h Ă  12h.

Par courriel

AccĂšs au formulaire de contact

Si vous estimez qu'une autorité publique ou qu'un professionnel a fait un usage anormal des caméras qu'il a installées, vous pouvez saisir une commission départementale de vidéoprotection.

OĂč s’adresser ?

Si elle constate un usage anormal, cette commission peut proposer la suppression du systÚme de vidéoprotection concerné.

L'usage anormal peut ĂȘtre, par exemple, retenu :

  • En cas d'atteinte Ă  la vie privĂ©e des personnes (par exemple, la camĂ©ra a filmĂ© l'entrĂ©e d'une habitation privĂ©e)
  • Lorsque le public n'est pas informĂ© de la prĂ©sence d'une camĂ©ra
  • Lorsque l'autoritĂ© publique ou le professionnel conserve les enregistrements au-delĂ  du dĂ©lai d'un mois
  • Lorsque l'autoritĂ© publique ou le professionnel utilise les images dans un autre but que celui pour lesquelles elles ont Ă©tĂ© filmĂ©es (par exemple, dans un but commercial).

Et aussi

Pour en savoir plus