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Question-réponse

Une condamnation peut-elle ĂȘtre effacĂ©e du casier judiciaire ?

Vérifié le 20/10/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

AprĂšs plusieurs annĂ©es, une condamnation est automatiquement effacĂ©e du casier judiciaire. Entre temps, le condamnĂ© peut solliciter la non-inscription et/ou l’effacement d’une mention de condamnation figurant au B2 et au B3 de son casier. Dans certaines circonstances, il peut aussi demander le retrait de cette mention du bulletin n°1. S’il veut que toutes les mentions soient supprimĂ©es de son casier, il peut faire une demande de rĂ©habilitation judiciaire aprĂšs avoir attendu un certain dĂ©lai.

Au bout d'un certain temps, les mentions de condamnations sont automatiquement effacées des bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire. C'est ce qu'on appelle la réhabilitation légale.

Passé un certain délai, elles sont également supprimées du bulletin n°1 du casier judiciaire.

À partir de quand une condamnation ne figure plus sur le B2 et le B3 du casier ?

La réhabilitation légale concerne toute personne condamnée à une peine criminelle, correctionnelle ou contraventionnelle qui a été exécutée.

La personne condamnĂ©e n’a pas de dĂ©marche Ă  faire pour ĂȘtre rĂ©habilitĂ©e. La rĂ©habilitation lĂ©gale s’opĂšre automatiquement aprĂšs un dĂ©lai qui varie selon la peine prononcĂ©e :

  • Pour les condamnations Ă  une peine d’amende ou de jours-amende, 3 ans Ă  compter du paiement de l’amende ou du montant global des jours-amende
  • Pour les condamnations Ă  une peine d’emprisonnement infĂ©rieure Ă  1 an, 5 ans Ă  compter de la fin de la peine
  • Pour une condamnation Ă  une peine d’emprisonnement infĂ©rieure Ă  10 ans ou en cas de condamnations multiples dont le montant total est infĂ©rieur Ă  5 ans, le dĂ©lai est de 10 ans Ă  compter de l’expiration de la peine.
  • Pour les condamnations Ă  une peine de sursis, ces 3 dĂ©lais courent Ă  compter du jour oĂč la condamnation est non avenue. Par exemple, l'auteur d'un dĂ©lit peut ĂȘtre condamnĂ© Ă  une peine d'emprisonnement assortie d'un sursis de 2 ans. S'il ne commet pas de nouvelle infraction pendant 2 ans, son sursis prend fin. Ainsi, il n'effectue pas de peine de prison et la condamnation est effacĂ©e du B2 de son casier judiciaire, aprĂšs le dĂ©lai de rĂ©habilitation lĂ©gale.

  À savoir

Ces délais sont doublés en cas de récidive.

Pour que la rĂ©habilitation soit automatique, il est nĂ©cessaire que la personne condamnĂ©e n’ait pas commis de nouvelle infraction criminelle ou dĂ©lictuelle durant ces dĂ©lais.

À partir de quand une condamnation ne figure plus sur le B1 du casier ?

Toutes les condamnations sont effacées du B1 aprÚs une période qui varie en fonction de l'infraction commise ou de la peine prononcée. Il s'agit notamment :

  • Des peines criminelles et dĂ©lictuelles prononcĂ©es depuis plus de 40 ans, si elles n'ont pas Ă©tĂ© suivies d'une nouvelle condamnation correctionnelle ou criminelle
  • Des peines contraventionnelles prononcĂ©es depuis plus de 3 ans
  • Des compositions pĂ©nales prononcĂ©es depuis plus de 3 ans, sauf en cas de nouvelle condamnation ou de nouvelle composition pĂ©nale pendant ce dĂ©lai
  • Des dĂ©clarations de culpabilitĂ© avec dispense de peine.

Il est possible de demander la non-inscription et/ou l’effacement d’une mention de condamnation des bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire.

Par ailleurs, les personnes condamnées entre 18 et 21 ans peuvent solliciter le retrait de la mention de condamnation du bulletin n°1 de leur casier.

Comment demander la non-inscription ou l’effacement d’une mention figurant au B2 et au B3 ?

Lors de l’audience, l’auteur d’une infraction peut demander que sa condamnation ne soit pas inscrite sur les bulletins n°2 et n°3 de son casier judiciaire.

S’il souhaite attendre (exemple : pour rĂ©unir des preuves) ou si sa demande a Ă©tĂ© rejetĂ©e lors de l’audience, il peut faire une demande d’effacement de la mention inscrite sur les B2 et B3 de son casier, aprĂšs l’audience.

  • Durant l’audience, la personne poursuivie peut demander, avant l’annonce de la peine par le juge, que la condamnation ne soit pas inscrite sur les bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire. Il s'agit d'une demande de dispense d'inscription sur le casier judiciaire.

    Le juge prend sa décision en fonction des faits concernés et de la situation de la personne poursuivie. Si la demande est acceptée, la mention de condamnation n'est pas inscrite sur les bulletins n°2 et n°3. Toutefois, elle figure sur le bulletin n°1 du casier judiciaire.

    Pour certaines infractions, la dispense d'inscription ne peut pas ĂȘtre demandĂ©e. Il s'agit notamment :

    • Du meurtre ou de l'assassinat
    • Du proxĂ©nĂ©tisme Ă  l'Ă©gard d'un mineur
    • Du recours Ă  la prostitution d'un mineur
    • Des agressions sexuelles ou du viol (sur un majeur ou sur un mineur).
  • Une personne peut demander l’effacement d’une mention figurant sur le bulletin n°2 de son casier judiciaire, sauf s’il s’agit d’une condamnation pour un crime violent (exemple : meurtre) ou pour une infraction sexuelle (viol, proxĂ©nĂ©tisme, etc.).

    La demande prend la forme d’une requĂȘte argumentĂ©e. Effectivement, la personne doit prouver que l’effacement qu’elle demande est vĂ©ritablement nĂ©cessaire Ă  sa rĂ©insertion dans la sociĂ©tĂ© (par exemple, elle peut dĂ©montrer que la mention sur son casier judiciaire l’empĂȘche d’obtenir un travail). Elle doit Ă©galement prouver qu’elle a indemnisĂ© la victime.

    La requĂȘte doit ĂȘtre transmise au procureur de la RĂ©publique du lieu oĂč se trouve la juridiction qui l’a condamnĂ©e.

    Le procureur de la République transmet la demande au tribunal correctionnel dont il dépend.

    Le tribunal rend sa décision aprÚs avoir entendu le procureur de la République, la personne qui fait la demande ou son avocat.

    Si la juridiction accorde l’effacement d’une mention figurant sur le bulletin n°2, cette mention est Ă©galement supprimĂ©e du bulletin n°3 du casier judiciaire.

    Si elle rejette la demande, l’auteur de l’infraction peut faire appel de la dĂ©cision devant la chambre des appels correctionnels.

    OĂč s’adresser ?

    Il a également la possibilité de solliciter un nouvel effacement, aprÚs un délai de 6 mois suivant le refus de sa demande.

      À savoir

    Un Français condamnĂ© Ă  l’étranger peut Ă©galement demander l’effacement de la mention inscrite sur les B2 et B3 de son casier judiciaire. La requĂȘte doit ĂȘtre transmise au tribunal correctionnel de son domicile (ou de Paris s’il habite encore Ă  l’étranger)

Comment demander la non-inscription ou l’effacement d’une mention figurant au B1 ?

Lorsqu'elle a commis une infraction alors qu'elle avait entre 18 à 21 ans, la personne condamnée pour cet acte peut demander le retrait de la mention inscrite sur le bulletin n°1 de son casier judiciaire.

Pour cela, toutes les conditions suivantes doivent ĂȘtre respectĂ©es :

  • Un dĂ©lai de 3 ans doit s’ĂȘtre Ă©coulĂ© depuis la condamnation de la personne
  • La personne doit avoir exĂ©cutĂ© la peine principale et les peines complĂ©mentaires qui ont Ă©ventuellement Ă©tĂ© prononcĂ©es contre elle
  • Si elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  une peine d'amende, la personne doit justifier de son paiement
  • La personne doit dĂ©montrer les Ă©volutions positives de sa situation depuis le moment de l'infraction.

La demande doit ĂȘtre transmise au prĂ©sident du tribunal qui a rendu la dĂ©cision de condamnation ou de la chambre de l'instruction si la condamnation a Ă©tĂ© prononcĂ©e par une cour d'assises.

  À savoir

Dans les mĂȘmes conditions, un mineur peut solliciter que les dĂ©cisions prononcĂ©es contre lui (exemple : dĂ©cision de culpabilitĂ© pour une infraction) soient supprimĂ©es du bulletin n°1 de son casier judiciaire. Toutefois, la demande doit ĂȘtre transmise au tribunal pour enfants du lieu oĂč le mineur a Ă©tĂ© condamnĂ©.

OĂč s’adresser ?

Si la requĂȘte est acceptĂ©e, la condamnation est retirĂ©e du bulletin n°1 du casier judiciaire.

Une personne condamnée pour un crime, un délit ou une contravention peut solliciter une réhabilitation judiciaire.

La réhabilitation judiciaire entraßne l'effacement des condamnations qui figurent aux bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire.

Les délais pour solliciter une réhabilitation judiciaire varient en fonction de la peine prononcée contre l'auteur des faits :

  • 1 an pour les peines contraventionnelles
  • 3 ans pour les peines correctionnelles
  • 5 ans pour les peines criminelles.

Ces délais courent à compter d'une date qui dépend de la peine prononcée :

  • Pour les condamnations Ă  une amende, le dĂ©lai court Ă  compter du jour oĂč la condamnation est devenue dĂ©finitive
  • Pour les peines de prison, le dĂ©lai court Ă  partir de la libĂ©ration dĂ©finitive ou de la libĂ©ration conditionnelle, si elle n'a pas Ă©tĂ© annulĂ©e
  • Pour les autres peines, le dĂ©lai commence Ă  courir au moment oĂč la sanction a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e.

  À savoir

L’auteur d’un dĂ©lit en Ă©tat de rĂ©cidive peut demander une rĂ©habilitation judiciaire uniquement aprĂšs un dĂ©lai de 6 ans Ă  compter de la prescription de la peine ou du moment oĂč il est libĂ©rĂ©. S’il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  une peine criminelle, ce dĂ©lai est portĂ© Ă  10 ans.

La demande doit prendre la forme d’une requĂȘte argumentĂ©e. La personne qui fait la demande doit notamment prouver qu'elle a eu un comportement irrĂ©prochable depuis sa condamnation. D'autre part, si elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  une amende, elle doit obligatoirement justifier de son paiement. Si elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  rĂ©gler des dommages et intĂ©rĂȘts Ă  la victime, elle doit prouver le versement de cette somme.

La requĂȘte doit porter sur l’ensemble des mentions de condamnations prononcĂ©es qui n’ont pas dĂ©jĂ  Ă©tĂ© effacĂ©es. Elle doit prĂ©ciser les dates de condamnation et les lieux oĂč le condamnĂ© a habitĂ© depuis sa libĂ©ration.

La requĂȘte doit ĂȘtre transmise au procureur de la RĂ©publique de rĂ©sidence actuelle de la personne condamnĂ©e (ou du lieu de sa derniĂšre rĂ©sidence en France si elle habite Ă  l’étranger).

  À savoir

Si la personne n’a pas de rĂ©sidence, la requĂȘte peut ĂȘtre transmise au procureur de la RĂ©publique du lieu oĂč elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e.

Le procureur de la RĂ©publique transmet la demande Ă  la chambre de l’instruction dont il dĂ©pend. Cette juridiction doit rendre sa dĂ©cision dans un dĂ©lai de 2 mois Ă  compter du moment oĂč elle a reçu la requĂȘte.

 Ă€ noter

En principe, la chambre de l’instruction doit se prononcer sur une demande de rĂ©habilitation lors d'une audience. En pratique, elle peut prendre sa dĂ©cision sans qu'une audience soit fixĂ©e. Pour cela, il est indispensable que la personne condamnĂ©e ait donnĂ© son accord.

Si le requĂȘte est acceptĂ©e, les mentions de condamnation sont supprimĂ©es des bulletins n°2 et n°3 du casier judiciaire. Si la chambre de l’instruction le dĂ©cide, elles peuvent Ă©galement ĂȘtre effacĂ©es du B1 du casier.

En cas de rejet de la demande, la personne condamnée peut former un pourvoi en cassation.