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Fiche pratique

Troubles de voisinage : bruits d'activité professionnelle (bar, restaurant, chantier...)

Vérifié le 26/05/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Vous ĂȘtes incommodĂ© par des bruits d'activitĂ© professionnelle (bruits liĂ©s Ă  un chantier, Ă  l'activitĂ© d'un bar, d'une discothĂšque, d'une salle de sport diffusant de la musique...) ? Ces bruits peuvent ĂȘtre sanctionnĂ©s. Nous faisons le point sur la rĂ©glementation.

Les obligations varient en fonction de l’activitĂ© exercĂ©e par les Ă©tablissements et de la diffusion de musique de maniĂšre amplifiĂ©e.

Obligations des restaurants et des bars

Les restaurants, bars et brasseries doivent respecter les obligations suivantes :

  • Respecter la tranquillitĂ© du voisinage en Ă©vitant tout bruit qui dĂ©passerait les inconvĂ©nients ordinaires de son activitĂ© en raison de sa durĂ©e, sa rĂ©pĂ©tition, ou de son intensitĂ©
  • Veiller Ă  ce que les bruits d’activitĂ© professionnelle (Ă©quipements, vaisselle, ventilation, livraisons) ne gĂ©nĂšrent pas une émergence sonore excessive chez les voisins
  • ContrĂŽler les bruits de comportement (cris, rires, Ă©clats des voix) de la clientĂšle, notamment en terrasse ou Ă  la sortie de l’établissement. Les responsables doivent notamment organiser les flux de clientĂšle (sorties, files d’attente, zones fumeurs) pour limiter les nuisances sonores sur la voie publique.
  • Intervenir pour prĂ©venir ou faire cesser le tapage nocturne provoquĂ© par ses clients
  • Respecter les arrĂȘtĂ©s municipaux ou prĂ©fectoraux (horaires de fermeture, conditions d’exploitation des terrasses, fermeture des portes, limitation de la musique en extĂ©rieur etc.)

  À savoir

Les infractions à ces rÚgles peuvent donner lieu à des sanctions pénales (notamment une contravention de bruits de voisinage ou de tapage injurieux ou nocturne) et des sanctions administratives (mises en demeure, fermeture administrative en cas de troubles graves et répétés).

Obligations des discothĂšques

Les discothĂšques et, plus largement, tous les Ă©tablissements recevant du public et diffusant Ă  titre habituel de la musique amplifiĂ©e (bars, cafĂ©s, restaurants, salles polyvalents ou salle des fĂȘtes) doivent respecter plusieurs obligations, dont les limites de niveaux sonores, l’étude d’impact des nuisances sonores et isolation.

Ces obligations sont soumises à des contrÎles et des inspections qui peuvent intervenir dans les situations suivantes :

  • Lors de l’ouverture d’un nouvel Ă©tablissement
  • Lors d’une demande initiale ou de renouvellement d’autorisation de fermeture tardive
  • Lors de l’instruction d’une sanction administrative de fermeture temporaire
  • Dans le cadre d’un plan de santĂ© publique ou d’un programme d’inspection
  • À la suite de plaintes de riverains ou d’un signal sanitaire d’un usager.

Les obligations à respecter sont les suivantes :

Limites de niveaux sonores

Les discothÚques et autres établissements diffusant de la musique doivent respecter plusieurs limites de niveaux sonores.

Protection du voisinage

Tout d’abord, le bruit gĂ©nĂ©rĂ© par l'Ă©tablissement ne doit pas ressortir de maniĂšre excessive par rapport au bruit habituel du lieu. L'Ă©cart entre le bruit mesurĂ© avec l'activitĂ© et le bruit habituel sans elle (appelĂ© Ă©mergence sonore) ne doit pas dĂ©passer +5 dB(A) le jour (entre 7h et 22h) et +3 dB(A) la nuit (entre 22h Ă  7h).

Ces seuils s'appliquent uniquement lorsque le niveau sonore ambiant dépasse 25 dB(A) à l'intérieur d'un logement voisin (ou 30 dB(A) dans les autres cas).

Il existe néanmoins une certaine tolérance. Une marge supplémentaire s'ajoute ainsi aux seuils ci-dessus en fonction de la durée pendant laquelle le bruit est audible :

Marge supplémentaire en fonction de la durée cumulée du bruit

Durée cumulée du bruit

Marge supplémentaire

Moins de 1 minute

+6 dB(A)

De 1 Ă  5 minutes

+5 dB(A)

De 5 Ă  20 minutes

+4 dB(A)

De 20 minutes Ă  2 heures

+3 dB(A)

De 2 Ă  4 heures

+2 dB(A)

De 4 Ă  8 heures

+1 dB(A)

Protection du public Ă  l’intĂ©rieur de l’établissement

Ensuite, l’ensemble des bruits auxquels le public est exposĂ© (sons amplifiĂ©s, bruit du public, climatisation, etc.) ne doit jamais dĂ©passer les niveaux de pression acoustique continus Ă©quivalents à :

  • 102 dĂ©cibels pondĂ©rĂ©s A (mesure le son tel que l'oreille humaine le perçoit) sur 15 minutes
  • Et 118 dĂ©cibels pondĂ©rĂ©s C (mesure aussi les basses frĂ©quences) sur 15 minutes.
Étude d’impact des nuisances sonores et isolation

L'exploitant de l'Ă©tablissement doit rĂ©aliser une étude d’impact des nuisances sonores, comportant notamment :

  • Une étude acoustique des niveaux de pression acoustique Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur du local
  • La dĂ©termination des travaux d’isolation nĂ©cessaires
  • La description des dispositions prises pour limiter le niveau sonore aux valeurs rĂ©glementaires.

Cette Ă©tude doit ĂȘtre mise Ă  jour en cas de modification des amĂ©nagements des locaux, de modification des activitĂ©s, ou de modification du systĂšme de diffusion sonore, s'ils ne sont pas prĂ©vus par l'Ă©tude initiale.

L'exploitant doit présenter l'étude en cas de contrÎle.

 Ă€ noter

L'exploitant peut ĂȘtre puni d'une amende de 1 500 € s'il n'est pas en mesure de prĂ©senter l'Ă©tude en cas de contrĂŽle. De mĂȘme, l'exploitant peut ĂȘtre puni d'une amende du mĂȘme montant s'il ne prĂ©sente pas une attestation de vĂ©rification du ou des limiteurs lorsque leur pose est exigĂ©e par l'Ă©tude.

L’exploitant de l’établissement doit Ă©galement respecter des prescriptions d’isolation des locaux, notamment lorsqu’ils sont situĂ©s dans des immeubles d’habitation, afin de ne pas dĂ©passer les valeurs maximales d’émergence fixĂ©es par la rĂ©glementation.

Limitateur de pression acoustique

Le limitateur de pression acoustique est un dispositif Ă©lectronique qui s'installe sur le systĂšme de sonorisation d'un Ă©tablissement. Il dĂ©tecte en temps rĂ©el le niveau sonore Ă©mis et bloque automatiquement toute diffusion qui dĂ©passerait un seuil prĂ©alablement fixĂ©, empĂȘchant ainsi toute surexposition sonore du public.

Ce dispositif est obligatoire dans tous les établissements recevant du public (ERP) qui diffusent de la musique amplifiée à titre habituel.

Il doit ĂȘtre installĂ© et rĂ©glĂ© par un professionnel agréé, de façon Ă  ne pas pouvoir ĂȘtre contournĂ© ou modifiĂ© par l'exploitant. Les paramĂštres de rĂ©glage doivent ĂȘtre consignĂ©s dans un document tenu Ă  la disposition des agents de contrĂŽle.

Enregistrement, affichage, protections auditives, zones de repos

L’exploitant de l’établissement doit Ă©galement :

  • Enregistrer en continu les niveaux sonores en dB(A) et dB(C) auxquels le public est exposĂ© et conserver ces enregistrements
  • Afficher en continu, Ă  proximitĂ© du systĂšme de contrĂŽle de la sonorisation, les niveaux sonores en dB(A) et dB(C) 
  • Informer le public sur les risques auditifs (messages du type : s’éloigner des enceintes, faire des pauses, porter des protections auditives)
  • Mettre gratuitement Ă  disposition du public des protections auditives individuelles adaptĂ©es (bouchons, casques)
  • CrĂ©er des zones de repos auditif ou organiser des pĂ©riodes de repos auditif oĂč le niveau sonore est significativement rĂ©duit.

Il est possible d’engager plusieurs dĂ©marches Ă  l’encontre de l’exploitant de l’établissement afin de faire cesser les nuisances sonores lorsque l’une des conditions suivantes est remplie :

  • L’activitĂ© Ă  l’origine des nuisances n’existait pas avant l’installation de la victime des nuisances. Cette situation peut notamment ĂȘtre Ă©tablie par la production d’un acte de vente, d’un bail ou de tout acte confĂ©rant la jouissance du bien.
  • La lĂ©gislation ou la rĂ©glementation en vigueur n’est pas respectĂ©e, notamment en matiĂšre de bruit, d’horaires d’exploitation, d’isolement acoustique ou de diffusion de sons amplifiĂ©s
  • L’activitĂ©, bien qu’antĂ©rieure Ă  l’installation de la victime, se poursuit dans des conditions diffĂ©rentes ou nouvelles ayant entraĂźnĂ© une aggravation des nuisances, par exemple en raison d’une augmentation du volume sonore, d’une extension des horaires, d’une modification des Ă©quipements ou d’une intensification de l’activitĂ©.

À l’inverse, lorsque l’activitĂ© est antĂ©rieure Ă  l’installation de la victime, qu’elle est exercĂ©e conformĂ©ment Ă  la rĂ©glementation en vigueur et qu’elle se poursuit dans les mĂȘmes conditions sans aggravation du trouble, la responsabilitĂ© de l’exploitant ne peut pas ĂȘtre engagĂ©e.

Engager des démarches amiables

Aller voir l’exploitant/le gĂ©rant de l’établissement

Tout d’abord, il est nĂ©cessaire d’aller voir l'exploitant de l'Ă©tablissement d'oĂč proviennent les bruits pour lui faire part de la gĂȘne et lui demander de faire cesser les nuisances.

Si les nuisances persistent, envoyer un courrier simple

Si l’exploitant n'agit pas, il est conseiller d’envoyer un courrier simple.

Ce courrier doit rappeler :

  • Les nuisances (jours, horaires, nature des bruits)
  • La gĂȘne occasionnĂ©e par ce bruit dans la vie quotidienne (notamment l’atteinte Ă  la tranquilitĂ© ou Ă  la santĂ©)
  • Si le logement est en copropriĂ©tĂ©, les Ă©ventuelles clauses du rĂšglement de copropriĂ©tĂ© notamment celles liĂ©es Ă  l'interdiction de troubler la tranquillitĂ© des occupants par tout bruit, de quelque nature qu'il soit
  • La nĂ©cessitĂ© de faire cesser les troubles de voisinage.

 Ă€ noter

Il est recommandĂ© de rĂ©unir un maximum de preuves Ă  l'appui de votre courrier. Il peut s’agir d’un journal de bord des nuisances (dates, heures, description), des tĂ©moignages d’autres voisins, un constat Ă©tabli par un commissaire de justice, des enregistrements sonores ou des copies des plaintes ou mains courantes dĂ©jĂ  dĂ©posĂ©es.

Si les nuisances continuent, envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception

En cas d'inaction de l'exploitant, un courrier recommandĂ© avec accusĂ© de rĂ©ception le mettant en demeure de faire cesser la gĂȘne occasionnĂ©e par le bruit doit lui ĂȘtre envoyĂ©.

Cette lettre reprend les informations contenues dans le précédent courrier.

  À savoir

Si l'établissement est situé dans un immeuble en copropriété, vous devez avertir le syndic de copropriété par tous moyens (mail, lettre, etc) des nuisances subies. Il doit, en effet, effectuer toutes les démarches utiles pour préserver la tranquillité des occupants de l'immeuble.

Si les démarches amiables sont infructueuses, saisir le maire

Si les dĂ©marches amiables sont infructueuses, il est nĂ©cessaire d’adresser un courrier recommandĂ© au maire de la commune du lieu de situation de l’établissement.

OĂč s’adresser ?

Ce courrier doit dĂ©crire les troubles subis (dates, heures, nature des nuisances) et demander l’usage des pouvoirs de police pour les faire cesser. Cette demande doit ĂȘtre accompagnĂ©e des preuves de l’existence des nuisances (journal de bord des nuisances, tĂ©moignages d’autres voisins, constat Ă©tabli par un commissaire de justice, enregistrements sonores ou des copies des plaintes ou mains courantes dĂ©jĂ  dĂ©posĂ©es).

Le maire peut :

  • Faire intervenir la police municipale ou nationale pour constater les infractions
  • Verbaliser (infliger des amendes)
  • Prendre des arrĂȘtĂ©s limitant les horaires ou imposant certaines mesures Ă  l’exploitant.

  À savoir

Le prĂ©fet peut, en complĂ©ment, prendre un arrĂȘtĂ© de fermeture administrative de l’établissement si les troubles Ă  la tranquillitĂ© publique sont Ă©tablis.

Éventuellement, dĂ©poser plainte

En complément des démarches amiables et de la lettre au maire, il est possible de faire appel à la police ou la gendarmerie.

Les policier et les gendarmes peuvent se déplacer. Dans ce cas, leur intervention consiste à procéder à un constat du bruit ainsi qu'à une verbalisation de l'auteur si les nuisances sonores sont avérées.

En effet, une amende forfaitaire peut ĂȘtre infligĂ©e Ă  l'exploitant pour un montant de :

  • 68 € s'il rĂšgle l'amende immĂ©diatement ou dans les 45 jours suivant le constat d'infraction (ou l'envoi de l'avis d'infraction s'il existe),
  • 180 € aprĂšs ce dĂ©lai.

Vous pouvez également déposer une main courante ou une plainte.

 Attention :

Une personne victime de menaces ou insultes pour de faux motifs de nuisances sonores peut Ă©galement dĂ©poser plainte pour harcĂšlement. En outre, une personne qui prĂ©vient Ă  tort la police ou la gendarmerie risque une condamnation pour dĂ©nonciation calomnieuse. La peine maximale est de 5 ans de prison et 45 000 € d'amende. La personne visĂ©e par la fausse dĂ©nonciation peut porter plainte au pĂ©nal contre l'auteur des faits. Ce dernier peut aussi ĂȘtre poursuivi par le procureur de la RĂ©publique.

Si les nuisances persistent, faire une tentative de rĂšglement amiable

Pour trouver une solution amiable avec l'exploitant si les nuisances persistent, il est possible de recourir à :

OĂč s’adresser ?

 Attention :

Cette démarche est obligatoire pour pouvoir faire, par la suite, un recours auprÚs du tribunal.

Envisager un recours au juge en cas d'échec du rÚglement amiable

Si toutes les prĂ©cĂ©dentes dĂ©marches n’ont pas abouti, il est possible de faire un recours auprĂšs du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'Ă©tablissement pour :

  • Faire reconnaĂźtre le trouble anormal de voisinage
  • Obtenir des mesures de cessation ou de rĂ©duction des nuisances (par exemple travaux d’isolation, dĂ©placement d’équipements, limitation d’horaires etc), Ă©ventuellement sous astreinte
  • Solliciter des dommages et intĂ©rĂȘts pour rĂ©parer ou compenser le trouble subi (trouble de jouissance, dĂ©prĂ©ciation du bien immobilier, prĂ©judice moral).

Ces demandes doivent ĂȘtre accompagnĂ©es des piĂšces justificatives pour dĂ©montrer la rĂ©alitĂ© des nuisances (par exemple, constat du commissaire de justice ou procĂšs-verbal Ă©tabli par la police ou la gendarmerie, courriers Ă©changĂ©s avec l’exploitant, tĂ©moignages, pĂ©titions etc.) et l’existence d’un prĂ©judice (par exemple, certificat mĂ©dical si votre Ă©tat de santĂ© s'est dĂ©gradĂ© en raison de ces nuisances).

Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat pour cette procédure.

Rappel

Rappel

Il est obligatoire d'avoir recours à un conciliateur de justice ou à un médiateur ou à une procédure participative pour pouvoir, par la suite, faire un recours auprÚs du tribunal.

L'exploitant peut engager sa responsabilité pour trouble anormal de voisinage.

Le juge peut ordonner les mesures suivantes :

  • Obligation de rĂ©aliser des travaux d'insonorisation de l'Ă©tablissement ou encore la fermeture provisoire de l'Ă©tablissement Ă  titre de sanction
  • Versement de dommages et intĂ©rĂȘts
  • Paiement d'une amende d'au maximum 1 500 € (3 000 € en cas de rĂ©cidive)
  • Confiscation du matĂ©riel ayant servi Ă  commettre le bruit (par exemple, matĂ©riel de sonorisation).

Les chantiers concernés par les obligations spécifiques en matiÚres de bruits sont les suivants :

  • Les chantiers de travaux publics ou privĂ©s soumis Ă  autorisation ou Ă  dĂ©claration (permis de construire ou dĂ©claration de travaux). C’est le cas, par exemple, de la construction d’une maison individuelle ou d’un immeuble, de l’extension d’un pavillon, de la crĂ©ation d’un parking, du ravalement d’une façade ou de l’installation de panneaux photovoltaĂŻques visibles
  • Les travaux intĂ©ressant les bĂątiments et les Ă©quipements soumis Ă  autorisation ou Ă  dĂ©claration. C’est le cas, par exemple, de travaux de rĂ©habilitation d’un immeuble ou de dĂ©molition partielle, de travaux de surĂ©lĂ©vation, d’une rĂ©fection complĂšte des rĂ©seaux Ă©lectriques ou de plomberie, de travaux sur une chaufferie collective ou d’une station de pompage.

  À savoir

Les chantiers non soumis à autorisation ou déclaration ne doivent néanmoins pas provoquer de nuisances sonores excessives par leur durée, leur répétition ou leur intensité, de nature à porter atteinte à la tranquilité du voisinage ou à la santé des personnes.

La personne ou l’entreprise en charge du chantier doit :

  • Respecter les conditions d'utilisation ou d'exploitation des matĂ©riels et Ă©quipements (conformitĂ©, homologation, mode d’utilisation et entretien des engins utilisĂ©s...)
  • Prendre toutes les prĂ©cautions pour limiter le bruit (positionnement des engins, organisation du chantier, mise en place d’écrans antibruit, limitation des engins les plus bruyants aux heures de jour, arrĂȘt des moteurs hors usage...)
  • Respecter les horaires de chantier fixĂ©s par arrĂȘtĂ© municipal ou prĂ©fectoral, propre Ă  chaque commune ou dĂ©partement. En pratique, les travaux sont gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©s durant les jours ouvrables de 8h00 Ă  20h00 (ou de 7h30 Ă  19h30) pour limiter les nuisances sonores pour les riverains. Des dĂ©rogations par arrĂȘtĂ© peuvent cependant ĂȘtre dĂ©livrĂ©es concernant les horaires des travaux, mais aussi les plages horaires d'utilisation de certains engins particuliĂšrement bruyants
  • Éviter tout comportement ou dĂ©cision gĂ©nĂ©rant un bruit excessif ou Ă©vitable. C’est le cas, par exemple, du fonctionnement continu d’engins sans nĂ©cessitĂ© technique dĂ©montrĂ©e ou de manƓuvres manifestement inutiles
  • Informer le public qu’un chantier est en cours. Cette information est faite par un affichage visible sur les lieux. Cet affichage indique la durĂ©e des travaux, les horaires et les coordonnĂ©es du responsable. Les riverains doivent ĂȘtre informĂ©s des phases du chantier les plus bruyantes et des raisons pour lesquelles elles le sont.

Vérifier le cadre rÚglementaire

Tout d’abord, il est important de dĂ©terminer si :

  • Le chantier est soumis Ă  une autorisation ou une dĂ©claration de travaux
  • Il existe un arrĂȘtĂ© municipal ou prĂ©fectoral fixant les horaires et les prescriptions du chantier.

Ces éléments sont consultables auprÚs des services de la mairie de la commune sur laquelle sont réalisés les travaux :

OĂč s’adresser ?

Engager des démarches amiables

Ensuite, il est recommandĂ© de contacter l’entreprise intervenante ou le maĂźtre d’ouvrage (mairie, promoteur, syndic etc.) pour signaler les nuisances sonores et demander de prendre toutes les prĂ©cautions nĂ©cessaires pour limiter le bruit.

Il peut s’agir, par exemple, de respect des horaires fixĂ©s par arrĂȘtĂ© municipal ou prĂ©fectoral ou de mettre en place des mesures de rĂ©duction du bruit (par exemple, Ă©crans, type d’engins, organisation du chantier).

Cette demande peut ĂȘtre faite Ă  l’oral mais il est conseillĂ© de la faire par Ă©crit (courriel, courrier simple ou courrier recommandĂ©).

  À savoir

Il est nĂ©cessaire de conserver des preuves des nuisances sonores telles que des photographies ou des vidĂ©os, un relevĂ© des troubles avec les dates, heures et type de bruits, les tĂ©moignages des voisins, un constat d’un commissaire de justice, les Ă©changes (courriers/mails) avec l’entreprise ou le maĂźtre d’ouvrage et, si possible, la copie des arrĂȘtĂ©s municipaux ou prĂ©fectoraux fixant les horaires et prescriptions de chantier. Ces Ă©lĂ©ments seront utiles en cas de plainte ou d’action en justice.

Saisir le maire

Le maire dispose d’un pouvoir de police gĂ©nĂ©rale pour assurer la tranquillitĂ© publique des habitants et rĂ©primer les bruits et troubles de voisinage.

Il doit ĂȘtre saisi par Ă©crit. Un modĂšle de courrier est consultable.

ModĂšle de document
Demander au maire de faire cesser un bruit de voisinage

AccĂ©der au modĂšle de document  

Centre d'information et de documentation sur le bruit (CIDB)

Le maire peut notamment :

  • Faire contrĂŽler et sanctionner le non-respect des arrĂȘtĂ©s municipaux (contravention, verbalisation par un agent de l’Etat spĂ©cialement habilitĂ© et assermentĂ©)
  • Mettre en demeure l'entreprise de respecter les conditions de rĂ©alisation du chantier et les horaires autorisĂ©s
  • Imposer des mesures correctrices (modification des horaires, dispositifs anti‑bruit supplĂ©mentaires, etc.)
  • Suspendre les activitĂ©s jusqu’à exĂ©cution des mesures prescrites par l’arrĂȘtĂ©, ce qui peut conduire Ă  un arrĂȘt temporaire du chantier.

  À savoir

En cas d’inaction du maire, il est possible de saisir le prĂ©fet par courrier recommandĂ© avec accusĂ© de rĂ©ception.

OĂč s’adresser ?

Éventuellement, porter plainte

Si les nuisances persistent malgré les démarches amiables, il est possible de déposer une main courante ou porter plainte auprÚs des services de police ou de gendarmerie.

Engager une action en responsabilité pour trouble anormal de voisinage

La nature privée ou publique des ouvrages va déterminer le juge compétent pour intenter une action en justice sur le fondement du trouble anormal de voisinage.

Action devant le juge civil

Un riverain (voisin, occupant d’un immeuble, propriĂ©taire, locataire etc) peut saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble si les nuisances de chantier constituent un trouble anormal de voisinage.

OĂč s’adresser ?

Pour cela, il faut prouver les 3 éléments suivants :

  • L’existence d’un trouble anormal (bruit, poussiĂšres, difficultĂ©s d’accĂšs, etc.) excĂ©dant les inconvĂ©nients normaux du voisinage. Cette anormalitĂ© s’apprĂ©cie en prenant compte la gravite et la durĂ©e du trouble ainsi que l’environnement du chantier (quartier dĂ©jĂ  bruyant ou non, caractĂšre touristique ou non, etc.)
  • L’existence d’un prĂ©judice (gĂȘne de jouissance, perte de clientĂšle, dĂ©prĂ©ciation immobiliĂšre, fissure, dĂ©sordres causĂ©s Ă  l’immeuble nĂ©cessitant des travaux de rĂ©paration etc)
  • Et le lien de causalitĂ© direct entre le trouble et le prĂ©judice.

Cette action en indemnisation peut ĂȘtre dirigĂ©e Ă  l’encontre du maĂźtre d’ouvrage et/ou l’entrepreneur et/ou des sous-traitants. Il est recommandĂ© de se faire accompagner par un avocat.

Action devant le juge administratif

Lorsque les nuisances proviennent de travaux ou ouvrages publics (route, tramway, ouvrage public de transport, etc.), les voisins peuvent saisir le tribunal administratif de la commune sur laquelle les travaux sont effectués.

OĂč s’adresser ?

Il doit ĂȘtre dĂ©montrĂ© un trouble :

  • Anormal, c’est-Ă -dire que la gĂȘne dĂ©passe les contraintes que les riverains sont normalement tenus de supporter dans l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral
  • Et spĂ©cial en ce qu’il affecte un nombre limitĂ© de personnes ou prĂ©sente une intensitĂ© particuliĂšre.

Les prĂ©judices indemnisables peuvent ĂȘtre commerciaux (baisse de chiffre d’affaires liĂ©e au chantier), patrimoniaux (dĂ©prĂ©ciation de la valeur d’une propriĂ©tĂ©) ou des troubles de jouissance (bruits, poussiĂšres, difficultĂ©s d’accĂšs).

  À savoir

Si, malgrĂ© des signalements rĂ©pĂ©tĂ©s, le maire ou le prĂ©fet n’a pris aucune mesure alors que les nuisances sont manifestement excessives, une action en responsabilitĂ© de la commune ou de l’État pour carence peut ĂȘtre envisagĂ©e devant le juge administratif.

Les sanctions possibles pour la personne en charge du chantier sont les suivantes :

  • Paiement d'une amende d'au maximum 1 500 € (3 000 € en cas de rĂ©cidive)
  • Interruption du chantier en cas de non-respect des prescriptions de l’arrĂȘtĂ© municipal et prĂ©fectoral, aprĂšs injonction du maire
  • Versement de dommages et intĂ©rĂȘts en cas d’action judiciaire aux termes de laquelle le trouble est reconnu comme anormal.

Quelle est votre situation ?

Les bruits sont liés

À l'activitĂ© d'un restaurant, bar, discothĂšque ou autre Ă©tablissement

Les bruits sont liés à l'activité d'un restaurant, bar, discothÚque ou autre établissement

À un chantier de travaux publics ou privĂ©s

Les bruits sont liés à un chantier de travaux publics ou privés