AccĂšs directs

Consultation du solde de points de permis de conduire

Fiche pratique

Pupille de l'État : placement d'un enfant

Vérifié le 12/05/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

La protection des enfants privĂ©s de leur famille relĂšve de la responsabilitĂ© de l’État et des dĂ©partements. Elle garantit leur prise en charge lorsqu’ils ne peuvent plus ĂȘtre Ă©levĂ©s par leur famille. Comment un enfant devient-il pupille de l’État et comment est-il pris en charge par l’aide sociale Ă  l’enfance (Ase) ? Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

  À savoir

Le statut de pupille de l’État est Ă  distinguer de celui d’un enfant confiĂ© Ă  l’ASE dans le cadre d’un placement classique (placement volontaire ou judiciaire). Dans ce dernier cas, les parents conservent en principe l’autoritĂ© parentale, alors que le pupille de l’État est placĂ© sous la tutelle de l’État en raison d’une absence durable de protection familiale.

Un pupille de l’État est un enfant mineur dont la protection familiale n’est plus assurĂ©e de maniĂšre stable et continue.

Le mineur est confiĂ© au service de l’aide sociale Ă  l’enfance (ASE) du dĂ©partement.

Selon son Ăąge et sa situation, il peut ĂȘtre accueilli :

  • en pouponniĂšre (pour les jeunes enfants, notamment les nourrissons). La pouponniĂšre est un lieu d’accueil collectif destinĂ© aux enfants de moins de 3 ans nĂ©cessitant une prise en charge continue.
  • ou en famille d’accueil
  • ou en Ă©tablissement.

Un pupille de l’État peut faire l’objet d’un projet d’adoption si cela est conforme Ă  son intĂ©rĂȘt.

La tutelle est une mesure de protection juridique qui s’applique lorsque l’enfant n’a plus de reprĂ©sentants lĂ©gaux.

Dans ce cadre :

  • Le prĂ©fet exerce les fonctions de tuteur.
  • Le conseil de famille des pupilles de l’État prend les dĂ©cisions importantes. Le conseil de famille est une instance collĂ©giale qui valide notamment les orientations de placement et les projets d’adoption.
  • L’Ase assure l’accueil et le suivi quotidien de l’enfant.

Un enfant peut devenir pupille de l’Etat dans les situations suivantes :

  • Enfant de parents inconnus (enfant trouvĂ© ou nĂ© sous X), recueilli par l'aide sociale Ă  l'enfance (l'Ase) depuis plus de 2 mois
  • Enfant dont le lien de parentĂ© (on parle de filiation) est Ă©tabli et connu, et qui est remis Ă  l'Ase par une personne responsable de lui autre que ses parents (par exemple, tuteur, curateur) depuis plus de 2 mois pour devenir pupille de l'État
  • Enfant orphelin, recueilli par l'Ase depuis plus de 2 mois, pour lequel aucun membre de la famille ne veut ou ne peut ĂȘtre le tuteur
  • Enfant confiĂ© Ă  l'Ase depuis plus de 6 mois, par l'un ou ses 2 parents, pour devenir pupille de l'État
  • Enfant confiĂ© Ă  l'Ase par ses parents qui ont fait l'objet d'un retrait total de leur autoritĂ© parentale
  • Enfant pour lequel une dĂ©cision de justice de dĂ©laissement parental a Ă©tĂ© prononcĂ©e (on parle souvent d'abandon). Le dĂ©laissement parental correspond Ă  une situation dans laquelle les parents n’entretiennent plus de relations avec l’enfant depuis une durĂ©e significative.

Lorsque l’enfant est remis au service de l’Ase, un procĂšs-verbal est Ă©tabli.

Ce document précise notamment :

  • les circonstances de la remise de l’enfant,
  • les informations connues sur sa santĂ© et ses origines,
  • l’accord Ă©ventuel pour une adoption future.

Cet accord peut ĂȘtre donnĂ© par les parents, un tuteur ou un membre de la famille responsable de l’enfant.

À la demande des parents, le procĂšs-verbal peut Ă©galement mentionner des informations complĂ©mentaires concernant leur situation, les origines de l’enfant et les raisons de la remise.

À compter de l’établissement du procĂšs-verbal, l’enfant n’a plus de lien juridique avec ses parents et est dĂ©clarĂ© pupille de l’État Ă  titre provisoire.

Une tutelle est alors organisĂ©e par le prĂ©fet et le conseil de famille des pupilles de l’État.

Pendant la pĂ©riode oĂč l’enfant est pupille de l’État Ă  titre provisoire, il est pris en charge par le service de l’Ase dans un cadre transitoire.

Il peut ĂȘtre accueilli en pouponniĂšre (lorsqu’il est en bas Ăąge), en famille d’accueil agréée ou en Ă©tablissement spĂ©cialisĂ©.

Cette phase permet d’assurer la protection immĂ©diate de l’enfant et d’adapter son lieu de vie Ă  ses besoins.

L’enfant bĂ©nĂ©ficie d’une prise en charge globale.

Il a droit notamment à :

  • une protection matĂ©rielle et affective,
  • une scolarisation adaptĂ©e,
  • un suivi mĂ©dical,
  • un accompagnement Ă©ducatif et social.

Un projet pour l’enfant (PPE) est Ă©tabli. Le PPE organise le parcours de l’enfant et adapte les dĂ©cisions Ă  son Ă©volution.

À la date du procĂšs-verbal de la dĂ©claration de l'enfant en tant que pupille Ă  titre provisoire, les parents qui ont remis leur enfant Ă  l'Ase ont la possibilitĂ© d'aller le rechercher dans un dĂ©lai de 2 mois, sans aucune formalitĂ©.

Lorsque ce n'est pas les parents de l'enfant qui l'ont remis au service de l'Ase, le délai pour aller le rechercher est de 6 mois. C'est le cas, par exemple, lorsqu'une décision judiciaire d'abandon est intervenue.

Au-delĂ  de ces dĂ©lais, l'enfant est restituĂ© aux parents uniquement si le tuteur (c'est-Ă -dire le prĂ©fet) ou le conseil de famille des pupilles de l’État l'accepte. En cas de refus du tuteur ou du conseil de famille des pupilles de l'État, les parents peuvent exercer un recours auprĂšs du tribunal judiciaire du lieu oĂč l'enfant a Ă©tĂ© placĂ©.

  À savoir

En cas de récupération de l'enfant, les services du département proposent un accompagnement médical, psychologique, éducatif et social du parent et de l'enfant pendant les 3 années suivant cette récupération.

Si l'enfant n'a pas Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© et que les dĂ©lais de 2 et 6 mois sont dĂ©passĂ©s, l'enfant obtient le statut de pupille de l'État par un arrĂȘtĂ© pris par le prĂ©sident du conseil dĂ©partemental.

Cet arrĂȘtĂ© peut ĂȘtre contestĂ© devant le juge administratif par les personnes ayant un intĂ©rĂȘt Ă  agir. Il peut s’agir par exemple des parents de l’enfant, d’un membre de sa famille ou de la personne qui en assumait la charge avant son admission comme pupille de l’État.

Le maintien des relations avec la famille d’origine dĂ©pend de la situation de l’enfant et des dĂ©cisions prises par l’autoritĂ© compĂ©tente.

Ces liens peuvent ĂȘtre maintenus lorsqu’ils sont compatibles avec l’intĂ©rĂȘt de l’enfant. Par exemple, un droit de visite encadrĂ© peut ĂȘtre organisĂ© dans certaines situations, notamment lorsque le lien familial n’est pas totalement rompu juridiquement.

L'enfant qui a le statut de pupille de l'État peut faire l'objet d'un projet d'adoption simple ou plĂ©niĂšre.

Ce projet est dĂ©fini par le tuteur (prĂ©fet) avec l'accord du conseil de famille des pupilles de l'État.

L'enfant peut ĂȘtre adoptĂ© par les personnes suivantes :

  • Famille d'accueil Ă  laquelle il a Ă©tĂ© confiĂ©e
  • Personne agréée par le responsable du service de l'Ase.

L'enfant n'est pas adoptable lorsque le tuteur (prĂ©fet) dĂ©montre que la mesure d'adoption n'est pas favorable Ă  l'enfant. C'est le cas, par exemple, lorsque le tuteur dĂ©cide du maintien des liens avec la famille d'origine, dans l'intĂ©rĂȘt de l'enfant.

  À savoir

Tant qu'il n'est pas adoptĂ©, l'enfant conserve le statut de pupille de l'État. En cas d'adoption, il perd ce statut.

À sa majoritĂ©, le jeune perd le statut de pupille de l’État.

Il peut bĂ©nĂ©ficier d’un accompagnement dans le cadre d’un contrat jeune majeur jusqu’à 21 ans.

Cet accompagnement peut comprendre les dispositifs suivants :

  • Aide financiĂšre mensuelle : prise en charge des besoins essentiels (logement, alimentation, transport) selon la situation du jeune
  • Aide au logement : prise en charge d’un hĂ©bergement, accĂšs Ă  un logement autonome ou foyer de jeunes travailleurs
  • Accompagnement Ă©ducatif : suivi par un travailleur social (insertion scolaire ou professionnelle, dĂ©marches administratives)
  • AccĂšs Ă  la santé : accompagnement pour les soins et droits sociaux (CPAM, mutuelle).

Le contrat jeune majeur est proposĂ© par le dĂ©partement et signĂ© entre le jeune et l’ASE. Il fixe les objectifs d’autonomie.

Plusieurs recours peuvent ĂȘtre exercĂ©s selon la nature de la dĂ©cision contestĂ©e.

Recours contre une décision de placement ou de statut

Selon la dĂ©cision contestĂ©e, la juridiction compĂ©tente peut ĂȘtre le tribunal judiciaire ou le tribunal administratif.

La personne qui souhaite contester la dĂ©cision doit rĂ©diger un recours motivĂ© (argumentĂ©) exposant les raisons de sa contestation. Ce recours doit ĂȘtre dĂ©posĂ© auprĂšs de la juridiction compĂ©tente, soit au greffe du tribunal, soit par voie de tĂ©lĂ©service lorsque cela est possible.

Le dossier doit ĂȘtre accompagnĂ© de l’ensemble des piĂšces justificatives utiles, notamment la dĂ©cision contestĂ©e, le procĂšs-verbal et les Ă©changes avec l’administration. Le juge procĂšde ensuite Ă  l’examen du dossier et peut, si nĂ©cessaire, organiser une audience avant de rendre sa dĂ©cision.

Recours contre l’arrĂȘtĂ© d’admission comme pupille de l’État

L’arrĂȘtĂ© d’admission comme pupille de l’État peut ĂȘtre contestĂ© devant le tribunal administratif.

Le recours doit ĂȘtre introduit dans un dĂ©lai de 2 mois Ă  compter de la notification de la dĂ©cision. Il s’agit d’un recours pour excĂšs de pouvoir dans lequel la personne doit exposer les arguments juridiques justifiant la contestation, par exemple une erreur de droit, une erreur d’apprĂ©ciation ou une irrĂ©gularitĂ© de procĂ©dure.

Le tribunal administratif instruit ensuite le dossier avant de rendre sa décision.

Recours concernant la restitution de l’enfant

Les dĂ©cisions relatives Ă  la restitution de l’enfant relĂšvent du tribunal judiciaire.

La personne concernĂ©e doit adresser une demande Ă©crite au juge afin de contester la situation ou de solliciter la restitution de l’enfant. Le juge examine alors la situation familiale ainsi que l’intĂ©rĂȘt de l’enfant.

Une audience peut ĂȘtre organisĂ©e en prĂ©sence des parties avant que le tribunal ne rende sa dĂ©cision sur la restitution ou non de l’enfant.