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Fiche pratique

Mineur victime de vol ou d'extorsion (racket)

Vérifié le 26/08/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Un mineur victime de vol ou d'extorsion, couramment appelé racket, peut déposer une main courante ou faire une plainte simple. Ses parents peuvent porter plainte en son nom. Les auteurs de ces faits encourent des sanctions pénales proportionnelles à leur ùge (amende, prison). Nous vous présentons les informations à connaßtre.

Le vol est l'acte par lequel une personne prend un objet qui appartient à une autre personne, sans son accord ou son autorisation. Par exemple : prendre le portefeuille d'un passager dans le train sans qu'il ne s'en rende compte ou frapper un passant dans la rue et lui arracher son portable des mains.

Le vol peut se faire avec ou sans violences physiques.

Il s'agit d'une infraction, c'est-à dire d'un acte interdit par la loi et puni d'une peine spécifique.

L'extorsion, souvent appelée racket, est le fait d'obliger une personne à remettre un objet ou une somme d'argent, en la menaçant, elle ou ses proches, de lui faire subir des actes de violence.

La remise de la somme d'argent peut ne pas intervenir immédiatement. Par exemple, l'auteur des faits demande une somme à la victime et lui laisse un délai pour trouver l'argent.

L'extorsion est une infraction punie d'une peine plus importante que le vol.

Le mineur victime peut se rendre seul au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie pour déposer une main courante ou faire une plainte simple.

Il peut Ă©galement laisser ses parents porter plainte en son nom. Cependant, seuls ses parents pourront se porter partie civile et rĂ©clamer des dommages et intĂ©rĂȘts en son nom.

La simple tentative de vol ou de racket suffit pour rendre une plainte recevable.

Il y a tentative si l'auteur des faits a commencé à commettre son infraction, mais qu'elle a échoué à cause d'un élément indépendant de sa volonté. Exemple : il y a tentative de racket si l'auteur des faits a menacé sa victime dans un couloir, mais qu'il a été surpris par un enseignant.

Un mineur peut aussi ĂȘtre entendu librement par un policier ou un gendarme, mĂȘme sans la prĂ©sence de ses parents, dans le cadre de la plainte, mais un reprĂ©sentant lĂ©gal sera obligatoirement informĂ©.

En cas de crainte de représailles, le mineur et les témoins peuvent demander à ce que leur adresse personnelle et leur idendité n'apparaissent pas dans la procédure.

Un mineur victime de vol ou d'extorsion en milieu scolaire (faits commis par d'autres Ă©lĂšves) doit ĂȘtre soutenu par le personnel Ă©ducatif.

Et ce, mĂȘme si les faits n'ont pas eu lieu dans les bĂątiments mĂȘme de l'Ă©tablissement (sur le trottoir par exemple) ou s'il agit de menaces via internet.

Le mineur scolarisé peut ainsi se confier à un enseignant, à un conseiller principal d'éducation (CPE), un surveillant ou à tout autre personnel de l'établissement.

Ces personnes doivent l'aider et rapporter les faits au chef d'établissement.

Celui-ci doit prendre les mesures qui s'imposent en informant les services départementaux de l'éducation nationale.

Le chef d'établissement peut aussi prévenir le policier ou gendarme "référent sécurité-école" affecté à son établissement, si ce dispositif existe.

Un signalement peut Ă©galement ĂȘtre transmis au procureur de la RĂ©publique par le chef d’établissement, en cas de faits graves.

Le mineur victime de vol ou d'extorsion peut demander de l'aide à ses parents, à un enseignant, à un conseiller principal d'éducation (CPE), à un surveillant ou à tout autre membre du personnel éducatif de son établissement.

Il peut Ă©galement ĂȘtre accompagnĂ© par une association d'aide aux victimes.

En cas de harcÚlement ou de cyberharcÚlement, les victimes, les témoins, leurs parents ou les professionnels peuvent contacter le numéro national 3018.

OĂč s’adresser ?

Pour poser vos questions de façon anonyme et confidentielle sur le harcÚlement scolaire.

Par téléphone

3018

Ouvert 7 jours sur 7, de 9h Ă  23H

Appel gratuit et anonyme

Site internet

e-enfance.org

App Store et Google Play

L'application 3018 est également disponible depuis App Store et Google Play.

Les écoutants du 3018 assurent une écoute, délivrent des conseils et orientent les personnes concernées vers les interlocuteurs ou les dispositifs adaptés. Ils peuvent également accompagner les victimes dans les démarches visant à faire retirer rapidement des contenus préjudiciables diffusés sur internet.

Les peines encourues dépendent des faits concernés et de l'ùge de l'auteur des faits.

Les faits peuvent ĂȘtre requalifiĂ©s au cours de l'enquĂȘte, peu importe la qualification inscrite dans la plainte initiale.

  • Peines maximales encourues

    Situation

    Peines maximales encourues

    Vol simple

    3 ans de prison

    45 000 € d'amende

    Vol avec violences

    5 ans de prison

    75 000 € d'amende

    Extorsion avec violences

    10 ans de prison

    150 000 € d'amende

    La loi permet au juge, dans certaines circonstances, d'adapter la peine et de l'augmenter. Par exemple, en cas d'extorsion d'une personne dont la particuliĂšre vulnĂ©rabilitĂ© est apparente ou connue de son auteur. La vulnĂ©rabilitĂ© peut ĂȘtre due Ă  son Ăąge, Ă  une maladie, Ă  une infirmitĂ©, Ă  une dĂ©ficience physique ou psychique ou Ă  un Ă©tat de grossesse. Dans cette hypothĂšse, l'extorsion est punie de 10 ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende.

  • Pour un mineur de plus de 13 ans, la peine est gĂ©nĂ©ralement rĂ©duite de moitiĂ© par rapport Ă  celle d'un adulte, sauf si le juge en dĂ©cide autrement dans des cas exceptionnels. L'objectif est de privilĂ©gier des mesures Ă©ducatives plutĂŽt que des sanctions sĂ©vĂšres.

  • Les mineurs de moins de 13 ans sont prĂ©sumĂ©s ne pas ĂȘtre capables de discernement.

    Toutefois, cette prĂ©somption peut ĂȘtre Ă©cartĂ©e si le mineur a compris et voulu son acte et est apte Ă  comprendre le sens de la procĂ©dure pĂ©nale.

    Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent pas ĂȘtre condamnĂ©s Ă  des peines d'amende ou de prison.

    En cas de discernement Ă©tabli, des mesures Ă©ducatives peuvent ĂȘtre prononcĂ©es.

    Un mineur de moins de 13 ans peut ĂȘtre placĂ© en retenue (Ă©quivalent de la garde Ă  vue) pendant une durĂ©e maximale de 12 heures s'il est soupçonnĂ© d'avoir commis un crime ou un dĂ©lit puni d'au moins 5 ans d'emprisonnement, tel que le vol avec violence ou l'extorsion. ​

  À savoir

Si l'auteur est inconnu ou insolvable, le représentant légal du mineur peut obtenir une indemnisation auprÚs de la Commission d'indemnisation des victimReprésentant légal (mineur)es d'infractions (Civi).

Pour en savoir plus