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Fiche pratique

Retenue ou garde Ă  vue d'un mineur

Vérifié le 11/09/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Que se passe-t-il si un mineur est suspectĂ© d’avoir commis une infraction punie d’une peine de prison ? Selon son Ăąge, il peut ĂȘtre placĂ© en retenue ou en garde Ă  vue. Le mineur est donc temporairement enfermĂ© dans un local des forces de l’ordre. Si le mineur fait l’objet d’une telle mesure, ses reprĂ©sentants lĂ©gaux ou le service auquel il est confiĂ© sont normalement informĂ©s. Au cours de ces mesures, le mineur dispose de droits et doit ĂȘtre assistĂ© d’un avocat. Voici les informations Ă  connaĂźtre.

La retenue est une mesure privative de libertĂ© qui peut ĂȘtre prise en cours d’une enquĂȘte ou d’une instruction.

Elle permet aux forces de l’ordre de maintenir un mineur Ă  leur disposition sans pour autant le mettre en garde Ă  vue. Le mineur est placĂ© dans un local adaptĂ©, distinct de celui des personnes majeures.

 Ă€ noter

Le mineur de 10 à 13 ans ne peut pas faire l’objet d’une garde à vue.

La retenue du mineur peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e par un officier de police judiciaire, avec l'accord prĂ©alable et sous le contrĂŽle du procureur de la RĂ©publique ou d’un juge d'instruction.

La mesure de retenue doit ĂȘtre dĂ©cidĂ©e de maniĂšre exceptionnelle.

Elle est envisageable uniquement si le mineur est soupçonné d'avoir commis ou tenté de commettre un délit ou crime puni d'au moins 5 ans de prison.

Il faut également que cette mesure soit l'unique moyen de parvenir à l'un au moins des objectifs suivants :

  • Poursuivre l’enquĂȘte impliquant le mineur
  • Garantir la prĂ©sentation du mineur devant la justice
  • EmpĂȘcher la destruction d'indices
  • EmpĂȘcher une concertation avec des complices
  • EmpĂȘcher tout pression sur les tĂ©moins ou la victime
  • Faire cesser une infraction en cours.

DĂšs le dĂ©but de la retenue, le mineur doit ĂȘtre informĂ© qu’il dispose des droits suivants :

  • Droit de connaĂźtre la qualification, la date et le lieu de l’infraction qui lui est reprochĂ©e
  • Droit, lors de ses auditions et interrogatoires, de faire des dĂ©clarations, de rĂ©pondre aux questions qui lui sont posĂ©es ou de se taire
  • Droit d’informer ses reprĂ©sentants lĂ©gaux ou tout adulte responsable
  • Droit d’ĂȘtre assistĂ© par un interprĂšte si le mineur ne parle pas français
  • Droit d’accĂ©der aux Ă©lĂ©ments du dossier (procĂšs verbal constatant la retenue, certificat mĂ©dical Ă©tabli par le mĂ©decin, procĂšs verbaux d’audition)
  • Droit Ă  la protection de sa vie privĂ©e garanti par l’interdiction de diffuser les enregistrements de ses auditions
  • Droit d’ĂȘtre dĂ©tenu sĂ©parĂ©ment de personnes majeures
  • Droit Ă  la prĂ©servation de sa santĂ© et au respect de sa libertĂ© de religion
  • Droit de connaĂźtre la maniĂšre dont il peut contester son arrestation et de demander sa remise en libertĂ©.

Par ailleurs, le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux (ou le service auquel il est confiĂ©) sont informĂ©s que l’assistance d’un avocat est obligatoire. Les reprĂ©sentants lĂ©gaux peuvent dĂ©signer un avocat ou demander l’assistance d’un avocat commis d’office.

Enfin, le mineur placĂ© en retenue doit obligatoirement ĂȘtre examinĂ© par un mĂ©decin dĂšs le dĂ©but de la mesure.

Lorsqu’un mineur est placĂ© en retenue, plusieurs informations sont fournies Ă  ses reprĂ©sentants lĂ©gaux ou au service auquel il est confiĂ©.

Dans certains cas (exemple : lorsque l’intĂ©rĂȘt du mineur l’exige), les reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur (ou un adulte appropriĂ©) sont convoquĂ©s aux auditions et interrogatoires du mineur.

Quelles informations sont données aux majeurs responsables du mineur en retenue ?

L'officier de police judiciaire (OPJ) doit informer immédiatement les parents ou les adultes responsables du mineur de son placement en retenue.

  À savoir

De maniĂšre exceptionnelle, le juge chargĂ© de l’affaire peut dĂ©cider de ne pas prĂ©venir immĂ©diatement les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou les adultes responsables du mineur. Cette exception peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e pour permettre la conservation des preuves de l’infraction ou pour prĂ©venir une atteinte grave Ă  la vie ou Ă  l’intĂ©gritĂ© physique d’une personne (exemple : risque de violences Ă  l’encontre de la victime). AprĂšs un dĂ©lai de 12 heures, les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou les adultes responsables du mineur doivent ĂȘtre prĂ©venus.

Les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou les adultes responsables du mineur doivent Ă©galement ĂȘtre informĂ©s des Ă©lĂ©ments suivants :

  • Qualification, date et lieu de l’infraction dont le mineur est soupçonnĂ©
  • Motifs justifiant la retenue (par exemple, empĂȘcher que le mineur ne fasse pression sur la victime ou sur des tĂ©moins)
  • Droit du mineur d’ĂȘtre assistĂ© d’un avocat. L’OPJ prĂ©vient les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou les adultes responsables du mineur qu’ils peuvent dĂ©signer un avocat ou demander l’assistance d’un avocat commis d’office.

Dans certains cas (parents inconnus, protection de l'enfant et bon dĂ©roulement de l'enquĂȘte), le mineur peut dĂ©signer un adulte pour l'accompagner et recevoir ces informations. Il s'agit de l'adulte appropriĂ©. S'il n'en choisit aucun, le magistrat doit lui en dĂ©signer un.

Par quel adulte le mineur en retenue peut-il ĂȘtre accompagnĂ© lors d’une audition ?

Les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou l’adulte appropriĂ© sont convoquĂ©s aux auditions et interrogatoires du mineur si les 2 conditions suivantes sont rĂ©unies :

  • Il est de l’intĂ©rĂȘt du mineur qu’il soit accompagnĂ© par un adulte
  • L’accompagnement du mineur dĂ©linquant ne nuit pas au dĂ©roulement de la procĂ©dure pĂ©nale.

  À savoir

En cas de convocation, les reprĂ©sentants lĂ©gaux sont obligĂ©s de se prĂ©senter Ă  l’audition ou Ă  l’interrogatoire du mineur. S’ils ne se prĂ©sentent pas, ils risquent des sanctions pĂ©nales.

Lors de l’audition ou de l’interrogatoire, l’adulte qui accompagne le mineur n’a pas le droit de poser des questions ou de formuler des observations. Toutefois, les enquĂȘteurs peuvent l’y inviter.

Tout interrogatoire d’un mineur fait l'objet d'un enregistrement audiovisuel.

  À savoir

Lorsqu’un problĂšme technique empĂȘche de procĂ©der Ă  un enregistrement audiovisuel, il en est fait mention dans le procĂšs-verbal d'interrogatoire. Le procĂšs-verbal prĂ©cise la raison de cette impossibilitĂ©. Le procureur de la RĂ©publique ou le juge d'instruction en est immĂ©diatement avisĂ©.

En l’absence d'enregistrement, il ne peut pas y avoir de condamnation prononcĂ©e uniquement sur la base des dĂ©clarations du mineur, dĂšs lors qu’il les conteste.

L'original est conservé dans un lieu sécurisé au tribunal chargé de l'affaire. Une copie est versée au dossier.

L'enregistrement est visionné uniquement en cas de contestation du contenu du procÚs verbal d'interrogatoire.

Par principe, la durée de la retenue du mineur ne peut pas dépasser 12 heures.

De maniĂšre exceptionnelle, la retenue du mineur peut ĂȘtre prolongĂ©e pour une nouvelle durĂ©e de 12 heures. AprĂšs avoir reçu le mineur, le procureur de la RĂ©publique ou le juge d’instruction peut prendre une dĂ©cision argumentĂ©e pour allonger la durĂ©e de la retenue.

Quoi qu’il en soit, le mineur ne peut ĂȘtre retenu que pour le temps nĂ©cessaire Ă  son audition, Ă  sa prĂ©sentation devant le juge chargĂ© de l’affaire ou sa remise Ă  ses reprĂ©sentants lĂ©gaux ou au service auquel il a Ă©tĂ© confiĂ©.

La retenue du mineur peut avoir 2 issues :

  • Le mineur peut ĂȘtre remis en libertĂ© et confiĂ© Ă  ses reprĂ©sentants lĂ©gaux ou au service auquel il est confiĂ©. Il peut nĂ©anmoins ĂȘtre convoquĂ© ultĂ©rieurement devant le juge des enfants, si le procureur de la RĂ©publique dĂ©cide de le poursuivre.
  • Ou le mineur peut ĂȘtre directement prĂ©sentĂ© au procureur de la RĂ©publique qui dĂ©cidera des suites Ă  donner (une audience devant le juge des enfants par exemple).

La garde Ă  vue du mineur ĂągĂ© de 13 Ă  16 ans se dĂ©roule dans les mĂȘmes conditions que celle des majeurs. Toutefois, des rĂšgles spĂ©cifiques s’appliquent uniquement aux mineurs.

La garde Ă  vue est une mesure privative de libertĂ© qui peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e dans le cadre d'une enquĂȘte ou d’une instruction.

Elle entraĂźne le maintien obligatoire du mineur dans les locaux de la police ou de la gendarmerie pour ĂȘtre interrogĂ©. Le mineur est donc placĂ© dans une cellule sĂ©parĂ©e des gardĂ©s Ă  vue majeurs.

Cette mesure est dĂ©cidĂ©e par un officier de police judiciaire (OPJ) qui doit en informer immĂ©diatement les reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur, le procureur de la RĂ©publique ou le juge d’instruction.

La garde à vue du mineur est envisageable uniquement lorsqu'il est soupçonné d'avoir commis ou tenté de commettre un délit ou un crime puni d'une peine de prison.

Pour placer un mineur en garde à vue, il faut également que cette mesure soit l'unique moyen de parvenir à l'un au moins des objectifs suivants :

  • Poursuivre l’enquĂȘte impliquant la prĂ©sence du mineur concernĂ©
  • Garantir la prĂ©sentation du mineur au procureur de la RĂ©publique pour qu’il puisse apprĂ©cier les suites Ă  donner Ă  l’affaire
  • EmpĂȘcher la destruction de preuves ou d'indices
  • EmpĂȘcher une concertation avec des co-auteurs ou complices
  • EmpĂȘcher toute pression sur les tĂ©moins ou la victime
  • Faire cesser le crime ou le dĂ©lit en cours.

L'officier de police judiciaire (OPJ) doit informer les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou le service auquel il est confiĂ© de son placement en garde Ă  vue. En principe, ils disposent d’un dĂ©lai de 3 heures pour le faire.

 Ă€ noter

Pour assurer le bon dĂ©roulement de l'enquĂȘte ou pour Ă©viter une atteinte Ă  la vie ou Ă  l’intĂ©gritĂ© physique d’une personne, le juge compĂ©tent peut dĂ©cider d'informer les reprĂ©sentants lĂ©gaux 12 heures aprĂšs le dĂ©but de la garde Ă  vue (ou 24 heures aprĂšs si cette mesure est prolongĂ©e).

Par ailleurs, l’OPJ informe le mineur des Ă©lĂ©ments suivants :

  • DĂ©but de la garde Ă  vue, durĂ©e et possible de prolongation de la mesure
  • Infraction dont iI est suspectĂ©, date et lieu prĂ©sumĂ©s des faits
  • Objectifs visĂ©s par la garde Ă  vue (par exemple, empĂȘcher toute pression sur la victime
  • Ensemble des droits (assistance d’un avocat, droit de se taire, etc.).

  À savoir

Les reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur sont Ă©galement informĂ©s du fait que le mineur doit ĂȘtre assistĂ© d’un avocat. S’il n’en n’a pas, ils peuvent en dĂ©signer un ou demander l’assistance d’un avocat commis d’office.

Un écrit reprenant l'ensemble de ces informations est remis au mineur gardé à vue. Il peut le conserver pendant toute la durée de la mesure.

  À savoir

Si l’OPJ n’informe pas le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux, la garde Ă  vue et les actes de procĂ©dure qui s’en suivent peuvent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s nuls. Le mineur peut donc ĂȘtre remis en libertĂ©.

  À savoir

Si l’OPJ n’informe pas le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux, la garde Ă  vue et les actes de procĂ©dure qui s’en suivent peuvent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s nuls. Le mineur est donc remis en libertĂ©.

DĂšs le dĂ©but de la garde Ă  vue, le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux sont informĂ©s que l’assistance d’un avocat est obligatoire.

  À savoir

Lorsque le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux n’ont pas choisi d’avocat, le procureur de la RĂ©publique, le juge d’instruction ou l’officier de police judiciaire (OPJ) doit en informer le bĂątonnier pour qu’il dĂ©signe un avocat commis d’office.

L’officier de police judiciaire doit Ă©galement lui indiquer qu’il dispose des droits suivants :

  • Droit d’ĂȘtre assistĂ© par un interprĂšte s’il est atteint de surditĂ©, qu’il ne sait pas lire ou Ă©crire ou qu’il ne comprend pas le français
  • Droit de consulter les Ă©lĂ©ments du dossier (procĂšs verbal de placement en garde Ă  vue, certificat mĂ©dical Ă©tabli par un mĂ©decin et procĂšs-verbaux d’audition), dans les meilleurs dĂ©lais et avant une Ă©ventuelle prolongation de la mesure
  • Droit de prĂ©senter ses observations au juge compĂ©tent si une prolongation de la garde Ă  vue est envisagĂ©e
  • Droit, lors des auditions et aprĂšs avoir renseignĂ© son identitĂ©, de faire des dĂ©clarations, de rĂ©pondre aux questions qui lui sont posĂ©es ou de se taire
  • Droit d’ĂȘtre informĂ© des possibles suites de la garde Ă  vue
  • Droit de demander au magistrat chargĂ© de l’affaire que la garde Ă  vue ne soit pas prolongĂ©e
  • Droit Ă  la protection de sa vie privĂ©e garanti par l’interdiction de diffuser les enregistrements de ses auditions
  • Droit d’ĂȘtre dĂ©tenu sĂ©parĂ©ment de personnes majeures
  • Droit Ă  la prĂ©servation de sa santĂ© et au respect de sa libertĂ© de religion.

Enfin, le mineur doit obligatoirement ĂȘtre examinĂ© par un mĂ©decin dĂšs le dĂ©but de la garde Ă  vue.

Les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou l’adulte appropriĂ© sont convoquĂ©s aux auditions et interrogatoires du mineur si les 2 conditions suivantes sont rĂ©unies :

  • Il est de l’intĂ©rĂȘt du mineur qu’il soit accompagnĂ© par un adulte
  • L’accompagnement du mineur dĂ©linquant ne nuit pas au dĂ©roulement de la procĂ©dure pĂ©nale.

  À savoir

En cas de convocation, les reprĂ©sentants lĂ©gaux sont obligĂ©s de se prĂ©senter Ă  l’audition ou Ă  l’interrogatoire du mineur. S’ils ne se prĂ©sentent pas, ils risquent des sanctions pĂ©nales.

Lors de l’audition ou de l’interrogatoire, l’adulte qui accompagne le mineur n’a pas le droit de poser des questions ou de formuler des observations. Toutefois, les enquĂȘteurs peuvent l’y inviter.

Tout interrogatoire d’un mineur fait l'objet d'un enregistrement audiovisuel.

  À savoir

Lorsqu’un problĂšme technique empĂȘche de procĂ©der Ă  un enregistrement audiovisuel, il en est fait mention dans le procĂšs-verbal d'interrogatoire. Le procĂšs-verbal prĂ©cise la raison de cette impossibilitĂ©. Le procureur de la RĂ©publique ou le juge d'instruction en est immĂ©diatement avisĂ©.

En l’absence d'enregistrement, il ne peut pas y avoir de condamnation prononcĂ©e uniquement sur la base des dĂ©clarations du mineur, dĂšs lors qu’il les conteste.

L'original est conservé dans un lieu sécurisé au tribunal chargé de l'affaire. Une copie est versée au dossier.

L'enregistrement est visionné uniquement en cas de contestation du contenu du procÚs verbal d'interrogatoire.

La garde à vue a une durée initiale de 24 heures.

Elle peut ĂȘtre prolongĂ©e de 24 heures supplĂ©mentaire maximum uniquement si l'infraction dont il est soupçonnĂ©e est punie d'au moins 5 ans de prison et que cette mesure est l’unique moyen de :

  • Poursuivre l’enquĂȘte impliquant la prĂ©sence du mineur concernĂ©
  • Garantir la prĂ©sentation du mineur au procureur de la RĂ©publique pour qu’il puisse apprĂ©cier les suites Ă  donner Ă  l’affaire
  • EmpĂȘcher la destruction de preuves ou d'indices
  • EmpĂȘcher une concertation avec des co-auteurs ou complices
  • EmpĂȘcher toute pression sur les tĂ©moins ou la victime
  • Faire cesser le crime ou le dĂ©lit en cours.

Cette prolongation se fait sur autorisation du procureur de la RĂ©publique ou du juge d’instruction.

Le mineur gardĂ© Ă  vue doit nĂ©cessairement rencontrer le magistrat compĂ©tent avant que la prolongation soit dĂ©cidĂ©e. Cette prĂ©sentation peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par visio-confĂ©rence.

La garde à vue du mineur peut avoir 2 issues :

  • Le mineur peut ĂȘtre remis en libertĂ©. Dans ce cas, le magistrat chargĂ© de l’affaire doit s’assurer que le mineur est pris en charge par ses reprĂ©sentants lĂ©gaux ou par le service qui en est responsable, lors de sa sortie. Le mineur peut nĂ©anmoins ĂȘtre convoquĂ© ultĂ©rieurement devant le juge des enfants ou le tribunal pour enfants, si le procureur de la RĂ©publique dĂ©cide de le poursuivre
  • Ou le mineur peut ĂȘtre dĂ©fĂ©rĂ©. Ainsi, le magistrat compĂ©tent dĂ©cidera des suites Ă  donner Ă  l’affaire (un procĂšs devant le tribunal des enfants, par exemple).

La garde Ă  vue est une mesure privative de libertĂ© qui peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e dans le cadre d'une enquĂȘte ou d’une instruction.

Elle entraĂźne le maintien obligatoire du mineur dans les locaux de la police ou de la gendarmerie pour ĂȘtre interrogĂ©. Le mineur est donc placĂ© dans une cellule sĂ©parĂ©e des gardĂ©s Ă  vue majeurs.

Cette mesure est dĂ©cidĂ©e par un officier de police judiciaire (OPJ) qui doit en informer immĂ©diatement les reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur, le procureur de la RĂ©publique ou le juge d’instruction.

La garde Ă  vue d’un mineur est envisageable s’il est soupçonnĂ© d’avoir commis ou tentĂ© de commettre un dĂ©lit ou un crime puni d’une peine de prison.

Pour placer un mineur en garde à vue, il faut également que cette mesure soit l'unique moyen de parvenir à l'un au moins des objectifs suivants :

  • Poursuivre l’enquĂȘte impliquant la prĂ©sence du mineur concernĂ©
  • Garantir la prĂ©sentation du mineur au procureur de la RĂ©publique pour qu’il puisse apprĂ©cier les suites Ă  donner Ă  l’affaire
  • EmpĂȘcher la destruction de preuves ou d'indices
  • EmpĂȘcher une concertation avec des co-auteurs ou complices
  • EmpĂȘcher toute pression sur les tĂ©moins ou la victime
  • Faire cesser le crime ou le dĂ©lit en cours.

L'officier de police judiciaire (OPJ) doit informer les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou le service auquel il est confiĂ© de son placement en garde Ă  vue. En principe, ils disposent d’un dĂ©lai de 3 heures pour le faire.

 Ă€ noter

Pour assurer le bon dĂ©roulement de l'enquĂȘte ou pour Ă©viter une atteinte Ă  la vie ou Ă  l’intĂ©gritĂ© physique d’une personne, le juge compĂ©tent peut dĂ©cider d'informer les reprĂ©sentants lĂ©gaux 12 heures aprĂšs le dĂ©but de la garde Ă  vue (ou 24 heures aprĂšs si cette mesure est prolongĂ©e).

Par ailleurs, l’OPJ informe le mineur des Ă©lĂ©ments suivants :

  • DĂ©but de la garde Ă  vue, durĂ©e et possible de prolongation de la mesure
  • Infraction dont iI est suspectĂ©, date et lieu prĂ©sumĂ©s des faits
  • Objectifs visĂ©s par la garde Ă  vue (par exemple, empĂȘcher toute pression sur la victime
  • Ensemble des droits (assistance d’un avocat, droit de se taire, etc.).

  À savoir

Les reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur sont Ă©galement informĂ©s du fait que le mineur doit ĂȘtre assistĂ© d’un avocat. S’il n’en n’a pas, ils peuvent en dĂ©signer un ou demander l’assistance d’un avocat commis d’office.

Un écrit reprenant l'ensemble de ces informations est remis au mineur gardé à vue. Il peut le conserver pendant toute la durée de la mesure.

  À savoir

Si l’OPJ n’informe pas le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux, la garde Ă  vue et les actes de procĂ©dure qui s’en suivent peuvent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s nuls. Le mineur peut donc ĂȘtre remis en libertĂ©.

DĂšs le dĂ©but de la garde Ă  vue, le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux sont informĂ©s que l’assistance d’un avocat est obligatoire.

  À savoir

Lorsque le mineur et ses reprĂ©sentants lĂ©gaux n’ont pas choisi d’avocat, le procureur de la RĂ©publique, le juge d’instruction ou l’officier de police judiciaire (OPJ) doit en informer le bĂątonnier pour qu’il dĂ©signe un avocat commis d’office.

L’officier de police judiciaire doit Ă©galement lui indiquer qu’il dispose des droits suivants :

  • Droit d’ĂȘtre assistĂ© par un interprĂšte s’il est atteint de surditĂ©, qu’il ne sait pas lire ou Ă©crire ou qu’il ne comprend pas le français
  • Droit de consulter les Ă©lĂ©ments du dossier (procĂšs verbal de placement en garde Ă  vue, certificat mĂ©dical Ă©tabli par un mĂ©decin et procĂšs-verbaux d’audition), dans les meilleurs dĂ©lais et avant une Ă©ventuelle prolongation de la mesure
  • Droit de prĂ©senter ses observations au juge compĂ©tent si une prolongation de la garde Ă  vue est envisagĂ©e
  • Droit, lors des auditions et aprĂšs avoir renseignĂ© son identitĂ©, de faire des dĂ©clarations, de rĂ©pondre aux questions qui lui sont posĂ©es ou de se taire
  • Droit d’ĂȘtre informĂ© des possibles suites de la garde Ă  vue
  • Droit de demander au magistrat chargĂ© de l’affaire que la garde Ă  vue ne soit pas prolongĂ©e
  • Droit Ă  la protection de sa vie privĂ©e garanti par l’interdiction de diffuser les enregistrements de ses auditions
  • Droit d’ĂȘtre dĂ©tenu sĂ©parĂ©ment de personnes majeures
  • Droit Ă  la prĂ©servation de sa santĂ© et au respect de sa libertĂ© de religion.

Enfin, le mineur a le droit de demander Ă  ĂȘtre examinĂ© par un mĂ©decin. S’il ne l’a pas fait, ses reprĂ©sentants lĂ©gaux peuvent faire cette demande en son nom.

Les reprĂ©sentants lĂ©gaux ou l’adulte appropriĂ© sont convoquĂ©s aux auditions et interrogatoires du mineur si les 2 conditions suivantes sont rĂ©unies :

  • Il est de l’intĂ©rĂȘt du mineur qu’il soit accompagnĂ© par un adulte
  • L’accompagnement du mineur dĂ©linquant ne nuit pas au dĂ©roulement de la procĂ©dure pĂ©nale.

  À savoir

En cas de convocation, les reprĂ©sentants lĂ©gaux sont obligĂ©s de se prĂ©senter Ă  l’audition ou Ă  l’interrogatoire du mineur. S’ils ne se prĂ©sentent pas, ils risquent des sanctions pĂ©nales.

Lors de l’audition ou de l’interrogatoire, l’adulte qui accompagne le mineur n’a pas le droit de poser des questions ou de formuler des observations. Toutefois, les enquĂȘteurs peuvent l’y inviter.

Tout interrogatoire d’un mineur fait l'objet d'un enregistrement audiovisuel.

  À savoir

Lorsqu’un problĂšme technique empĂȘche de procĂ©der Ă  un enregistrement audiovisuel, il en est fait mention dans le procĂšs-verbal d'interrogatoire. Le procĂšs-verbal prĂ©cise la raison de cette impossibilitĂ©. Le procureur de la RĂ©publique ou le juge d'instruction en est immĂ©diatement avisĂ©.

En l’absence d'enregistrement, il ne peut pas y avoir de condamnation prononcĂ©e uniquement sur la base des dĂ©clarations du mineur, dĂšs lors qu’il les conteste.

L'original est conservé dans un lieu sécurisé au tribunal chargé de l'affaire. Une copie est versée au dossier.

L'enregistrement est visionné uniquement en cas de contestation du contenu du procÚs verbal d'interrogatoire.

La garde à vue d'un mineur de plus de 16 ans est ordonnée pour une durée initiale de 24 heures.

Elle peut ĂȘtre prolongĂ©e de 24 heures supplĂ©mentaires uniquement si l'infraction dont il est soupçonnĂ© est punie d'au moins 1 an de prison et que cette mesure est l’unique moyen de :

  • Poursuivre l’enquĂȘte impliquant la prĂ©sence du mineur concernĂ©
  • Garantir la prĂ©sentation du mineur au procureur de la RĂ©publique pour qu’il puisse apprĂ©cier les suites Ă  donner Ă  l’affaire
  • EmpĂȘcher la destruction de preuves ou d'indices
  • EmpĂȘcher une concertation avec des co-auteurs ou complices
  • EmpĂȘcher toute pression sur les tĂ©moins ou la victime
  • Faire cesser le crime ou le dĂ©lit en cours.

Cette prolongation se fait sur autorisation du procureur de la RĂ©publique ou du juge d’instruction.

Avant de prendre sa dĂ©cision, le magistrat chargĂ© de l’affaire doit avoir rencontrĂ© le mineur. Cette prĂ©sentation peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par visio-confĂ©rence.

  À savoir

Lorsque le mineur a commis certaines infractions (exemple : trafic de stupĂ©fiants, vol en bande organisĂ©e) en tant que co-auteur ou complice d’un majeur, la garde Ă  vue peut ĂȘtre prolongĂ©e 2 fois, dans la limite de 96 heures. Ces prolongations sont autorisĂ©es par le juge d’instruction ou le juge de la libertĂ© et de la dĂ©tention, sur demande du procureur de la RĂ©publique. Avant de prendre toute dĂ©cision, le juge chargĂ© de l’affaire doit avoir reçu le mineur.

La garde à vue du mineur peut avoir 2 issues :

  • Le mineur peut ĂȘtre remis en libertĂ©. Dans ce cas, le magistrat chargĂ© de l’affaire doit s’assurer que le mineur est pris en charge par ses reprĂ©sentants lĂ©gaux ou par le service qui en est responsable, lors de sa sortie. Le mineur peut nĂ©anmoins ĂȘtre convoquĂ© ultĂ©rieurement devant le juge des enfants ou le tribunal pour enfants, si le procureur de la RĂ©publique dĂ©cide de le poursuivre
  • Ou le mineur peut ĂȘtre dĂ©fĂ©rĂ©. Ainsi, le magistrat compĂ©tent dĂ©cidera des suites Ă  donner Ă  l’affaire (un procĂšs devant le tribunal des enfants, par exemple).

Quelle est votre situation ?

Les rĂšgles diffĂšrent en fonction de l'Ăąge ou de la situation du mineur.

Le mineur

A moins de 13 ans

Le mineur a moins de 13 ans

A entre 13 et 16 ans

Le mineur a entre 13 et 15 ans

A 16 ans ou plus

Le mineur a 16 ans ou plus

 Attention :

Une mesure de retenue ou de garde Ă  vue n'est pas possible pour un enfant ĂągĂ© de moins de 10 ans. Il peut uniquement faire l’objet d’une audition libre.