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Fiche pratique

Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé

Vérifié le 26/06/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

La rupture conventionnelle permet Ă  l’employeur et au salariĂ© de rompre d’un commun accord un CDI. Une procĂ©dure spĂ©cifique doit ĂȘtre respectĂ©e : entretien(s), dĂ©lais de procĂ©dure, demande d'homologation par l'administration. La convention de rupture signĂ©e entre l'employeur et le salariĂ© prĂ©voit les conditions de rupture et l’indemnitĂ© spĂ©cifique. AprĂšs une rupture conventionnelle, le salariĂ© peut percevoir des indemnitĂ©s de France Travail (anciennement PĂŽle emploi). Nous faisons le point sur la rĂšglementation.

 Attention :

Une assistante maternelle ne peut pas conclure de rupture conventionnelle avec l'employeur pour rompre le contrat de travail.

La rupture conventionnelle est un mode de rupture particulier du contrat de travail d'un salarié en CDI. Ce n'est ni un licenciement, ni une démission.

L'employeur et le salarié conviennent d'un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail.

La rupture conventionnelle ne peut pas ĂȘtre imposĂ©e par l'une ou l'autre des parties.

Elle ne peut pas ĂȘtre conclue durant la pĂ©riode d'essai.

Le dispositif de la rupture conventionnelle ne s'applique pas aux salariés en CDD, en contrat de travail temporaire (intérim) ou en contrat d'apprentissage.

 Ă€ noter

Le particulier employeur et le salarié peuvent convenir d'une rupture conventionnelle.

Il n'existe aucun formalisme concernant la demande de rupture conventionnelle.

La demande peut s'effectuer oralement (entrevue, contact téléphonique) ou par écrit (courrier, mail, etc.).

Un modÚle de lettre est disponible pour permettre au salarié d'initier la procédure de rupture conventionnelle :

ModĂšle de document
Demande de rendez-vous en vue d'une rupture conventionnelle

AccĂ©der au modĂšle de document  

MinistÚre chargé du travail

Non. L'employeur ou le salarié n'ont pas l'obligation de répondre à une demande de rupture conventionnelle.

Par exemple, l'employeur n'a pas l'obligation de rĂ©pondre Ă  une demande du salariĂ©, mĂȘme si cette derniĂšre est faite plusieurs fois par lettre RAR.

Selon les situations, une rupture conventionnelle peut ĂȘtre conclue ou non.

Situations oĂč la rupture conventionnelle est possible

Il est possible de conclure une rupture conventionnelle dÚs lors que le consentement de chacun est libre et éclairé.

Par exemple, une rupture conventionnelle peut ĂȘtre conclue pendant les pĂ©riodes de suspension du contrat de travail suivantes :

  • Maladie
  • Accident du travail ou maladie professionnelle
  • CongĂ© de maternitĂ©
  • CongĂ© parental
  • CongĂ© sabbatique.

Il est Ă©galement possible de conclure une rupture conventionnelle lorsque l'entreprise rencontre des difficultĂ©s Ă©conomiques. Dans ce cas, la rupture conventionnelle ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e pour contourner la procĂ©dure de licenciement Ă©conomique (par exemple, absence de recherche de reclassement).

Situations oĂč la rupture conventionnelle n'est pas possible

L'employeur et le salarié ne peuvent pas convenir d'une rupture conventionnelle si elle est prise dans l'un des cas suivants :

  • Conclusion dans des conditions frauduleuses ou en l'absence d'accord conclu entre le salariĂ© et l'employeur (par exemple, si le salariĂ© a subi des pressions ou des menaces pour signer la rupture conventionnelle)
  • Proposition dans le cadre d'un accord collectif de gestion prĂ©visionnelle des emplois et des compĂ©tences (GPEC) ou d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE)
  • Proposition dans le cadre d'un accord collectif portant sur la rupture conventionnelle collective
  • ProcĂ©dure de rupture conventionnelle individuelle visant Ă  contourner les garanties prĂ©vues pour le salariĂ© en matiĂšre de licenciement Ă©conomique.

Oui. L'employeur et le salarié doivent se réunir à l'occasion d'au moins un entretien.

La convention peut ĂȘtre signĂ©e lors de cet entretien. Aucun dĂ©lai n'est imposĂ© entre l’entretien et la signature de la convention de rupture.

Le ou les entretiens permettent de définir les conditions de la rupture (date de fin de contrat, montant de l'indemnité versée par l'employeur).

Ces conditions sont indispensables pour la rédaction de la convention de rupture.

Aucune forme particuliÚre n'est imposée concernant la convocation du salarié à cet entretien (ou ces entretiens). Il est préférable de faire un écrit afin d'avoir une preuve de l'invitation à négocier la rupture conventionnelle.

Au cours de cet entretien (ou de ces entretiens), le salarié peut se faire assister.

Si le salariĂ© choisit de se faire assister, l'employeur peut alors lui-mĂȘme se faire assister.

  • La rĂ©glementation varie en fonction de la prĂ©sence ou non de reprĂ©sentants du personnel :

    • La convocation doit indiquer que le salariĂ© peut se faire assister lors de l'entretien :

      • Soit par un autre salariĂ© appartenant Ă  l'entreprise
      • Soit par un conseiller extĂ©rieur appelĂ© conseiller du salariĂ©.

      La lettre prĂ©cise les coordonnĂ©es de la mairie et de l'inspection du travail compĂ©tente pour l'entreprise oĂč le salariĂ© peut trouver la liste des conseillers du salariĂ©.

       Attention :

      L'adresse de la mairie est celle du domicile du salariĂ© s'il rĂ©side dans le mĂȘme dĂ©partement que celui oĂč est situĂ©e l'entreprise, sinon c'est celle de la mairie du lieu de travail.

      Le salarié qui choisit se faire assister doit en informer l'employeur avant la date prévue pour l'entretien (ou les entretiens).

       Ă€ noter

      Les nom, prĂ©nom et statut de l'assistant doivent ĂȘtre indiquĂ©s dans le formulaire.

    • La convocation doit prĂ©ciser qu'il peut se faire assister lors de l'entretien par un salariĂ© appartenant Ă  l'entreprise (reprĂ©sentant du personnel ou non).

      Le salarié qui choisit se faire assister doit en informer l'employeur avant la date prévue pour l'entretien (ou les entretiens).

       Ă€ noter

      Les nom, prĂ©nom et statut de l'assistant doivent ĂȘtre indiquĂ©s dans le formulaire.

  • La rĂ©glementation varie selon que le salariĂ© se fait assister ou non :

    • La rĂ©glementation varie en fonction de l'effectif de l'entreprise :

      • Lors de chaque entretien, si le salariĂ© se fait assister, l'employeur peut se faire accompagner par l'une des personnes suivantes :

        • Personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise
        • Membre de son organisation syndicale d'employeurs
        • Autre employeur relevant de la mĂȘme branche.

        Si l'employeur décide de se faire assister durant un entretien, il doit en informer le salarié avant l'entretien (par écrit ou oralement).

      • Lors de chaque entretien, si le salariĂ© se fait assister, l'employeur peut se faire accompagner par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise.

        Si l'employeur décide de se faire assister durant un entretien, il doit en informer le salarié avant l'entretien (par écrit ou oralement).

    • L'employeur ne peut pas ĂȘtre assistĂ© si le salariĂ© est seul lors de l'entretien.

 Ă€ noter

Le salariĂ© du particulier employeur ne peut pas ĂȘtre assistĂ©. Le particulier employeur ne peut Ă©galement pas se faire assister.

La procédure est différente selon que le salarié est protégé ou non :

L’employeur ou le salariĂ© remplit le formulaire sur le tĂ©lĂ©service, il peut le tĂ©lĂ©charger et l’imprimer mĂȘme s’il n’est pas entiĂšrement complĂ©tĂ©.

Le formulaire peut servir lors du ou des entretiens.

AprĂšs avoir complĂ©tĂ© les renseignements demandĂ©s, il doit ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©, imprimĂ© en 3 exemplaires puis signĂ© et datĂ© de maniĂšre manuscrite par l’employeur et le salariĂ©.

Service en ligne
Saisir en ligne une demande d'homologation de rupture conventionnelle individuelle (TéléRC)

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé du travail

Si l'employeur ou le salariĂ© n'est pas en mesure d'utiliser le tĂ©lĂ©service, il en informe la DDETSPP. Il peut alors ensuite renseigner le formulaire cerfa n°14598 de rupture conventionnelle d’un CDI et formulaire de demande d’homologation.

Dans les 2 cas, le formulaire doit préciser les conditions de la rupture :

  • Date de la fin du dĂ©lai de rĂ©tractation (droit de changer d'avis sur sa dĂ©cision)
  • Date de rupture du contrat de travail, fixĂ©e au plus tĂŽt au lendemain du jour de l'homologation de la DDETSPP
  • Montant de l'indemnitĂ© spĂ©cifique de rupture conventionnelle.

  À savoir

Ce formulaire peut ĂȘtre complĂ©tĂ© par des annexes, par exemple en ce qui concerne la clause de non-concurrence.

La convention de rupture conventionnelle concernant un salarié protégé est soumise non pas à homologation, mais à autorisation de l'inspecteur du travail.

Le tĂ©lĂ©service TĂ©lĂ©RC ne peut pas ĂȘtre utilisĂ©.

Le CSE doit ĂȘtre consultĂ© pour les salariĂ©s protĂ©gĂ©s suivants :

  • Membres Ă©lus du CSE
  • ReprĂ©sentants syndicaux au CSE
  • ReprĂ©sentants de proximitĂ©
  • SalariĂ©s investis de certains mandats particuliers.

Une fois l'avis du CSE (favorable ou défavorable) obtenu, l'employeur et le salarié en CDI peuvent signer le formulaire de demande d'autorisation de rupture conventionnelle d'un salarié protégé.

Formulaire
Demande d'autorisation d'une rupture conventionnelle d'un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) d'un salarié protégé

Cerfa n° 14599*01

AccĂ©der au formulaire  

MinistÚre chargé du travail

  À savoir

Le formulaire peut ĂȘtre complĂ©tĂ© par des annexes par exemple en ce qui concerne la clause de non-concurrence.

Oui. Lors de la conclusion de la convention de rupture, l'employeur doit remettre 1 exemplaire de la convention de rupture conventionnelle datĂ©e et signĂ©e au salariĂ©. Les dates et signatures doivent ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©es des mentions « lu et approuvé ».

  À savoir

Le non-respect de ces obligations peut permettre au salarié d'obtenir l'annulation de la rupture conventionnelle et le versement des indemnités de licenciement injustifié (sans cause réelle et sérieuse). Le salarié doit saisir le conseil de prud'hommes.

Oui. L'employeur et le salarié bénéficient d'un droit de rétractation (droit de changer d'avis sur sa décision) de 15 jours calendaires.

La partie qui se rétracte informe l'autre partie par lettre RAR ou par lettre remise en main propre contre décharge. Elle n'est pas obligée de donner un motif de rétractation.

Le délai de rétractation débute le lendemain de la date de signature de la convention.

Lorsque le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou chÎmé, il est prolongé jusqu'au 1erjour ouvrable suivant.

Un simulateur permet de déterminer la date de fin du délai de rétractation :

Simulateur
Calculer les délais de rétractation et d'homologation à respecter pour une rupture conventionnelle

AccĂ©der au simulateur  

MinistÚre chargé du travail

 Ă€ noter

La date de fin du délai de rétractation est inscrite sur la convention de rupture.

Non. Aucun préavis n'est prévu dans le cadre de la rupture conventionnelle.

L'employeur et le salarié doivent convenir d'une date de rupture du contrat dans le respect du délai de rétractation et du délai d'instruction de la demande d'homologation de rupture conventionnelle.

Le simulateur qui permet de déterminer la date de rétractation permet également de calculer la date minimale de fin de contrat :

Simulateur
Calculer les délais de rétractation et d'homologation à respecter pour une rupture conventionnelle

AccĂ©der au simulateur  

MinistÚre chargé du travail

 Ă€ noter

La date de fin du contrat est inscrite dans la convention de rupture conventionnelle.

En l'absence de rĂ©tractation dans le dĂ©lai prĂ©vu, la convention de rupture doit ĂȘtre adressĂ©e Ă  la DDETSPP pour obtenir son homologation.

La procédure d'homologation de la convention varie selon que le salarié est protégé ou non :

L'employeur ou le salarié adresse la demande d'homologation de la convention de rupture en utilisant le téléservice TéléRC.

Cette demande peut ĂȘtre adressĂ©e Ă  partir du lendemain de la fin du dĂ©lai de rĂ©tractation.

Service en ligne
Saisir en ligne une demande d'homologation de rupture conventionnelle individuelle (TéléRC)

AccĂ©der au service en ligne  

MinistÚre chargé du travail

Lorsque l'employeur ou le salariĂ© n'a pas Ă©tĂ© en mesure d'utiliser le tĂ©lĂ©service, il en informe la DDETSPP. La demande d'homologation de rupture conventionnelle peut alors ĂȘtre effectuĂ©e exceptionnellement par le dĂ©pĂŽt du formulaire cerfa n°14598 qui a Ă©tĂ© renseignĂ©. Ce formulaire est adressĂ©, de prĂ©fĂ©rence, par lettre RAR ou par lettre remise en main propre contre dĂ©charge Ă  la DDETSPP.

La DDETSPP a un délai de 15 jours ouvrables à partir du lendemain de la réception de la demande, pour vérifier la validité de la convention.

Si le dernier jour de ce délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chÎmé, il est prolongé jusqu'au 1er jour ouvrable suivant.

Si la DDETSPP n'a pas répondu dans le délai de 15 jours, la convention est homologuée.

La DDETSPP doit indiquer les raisons du refus de l'homologation (par exemple, non-respect d'une étape de la procédure ou non-respect du montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle).

La demande d'autorisation de rupture conventionnelle est adressée à l'inspecteur du travail dÚs le lendemain de la fin du délai de rétractation.

Le procÚs-verbal de la réunion du CSE est adressé à l'inspecteur du travail avec cette demande.

L'inspecteur du travail doit s'assurer de la liberté de consentement des parties et de l'absence de lien entre la rupture conventionnelle et le mandat du salarié protégé.

En l'absence de réponse de l'inspecteur du travail dans un délai de 2 mois, la demande d'autorisation est considérée comme rejetée.

La rupture du contrat de travail ne peut intervenir que le lendemain du jour de l’autorisation donnĂ©e par l’inspecteur du travail.

  À savoir

Tout recours doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© dans les 2 mois suivant la dĂ©cision de l'inspecteur du travail devant le ministre chargĂ© du travail. Le recours ne se fait pas au conseil de prud'hommes.

Durant le délai d'homologation, le salarié continue à travailler normalement.

La date de fin de contrat n'est pas repoussĂ©e en cas de suspension du contrat de travail (par exemple : congĂ©s payĂ©s, arrĂȘt maladie ou congĂ© pour dĂ©cĂšs d'un proche).

Indemnité spécifique de rupture conventionnelle

Quelle que soit son ancienneté, le salarié dont la rupture conventionnelle est homologuée par la DDETSPP perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle.

L'indemnitĂ© ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă  l'indemnitĂ© lĂ©gale de licenciement ou conventionnelle.

Le calcul de l'indemnité spécifique varie en fonction de l'ancienneté et de la rémunération du salarié.

Le montant de l'indemnitĂ© peut ĂȘtre estimĂ© en utilisant le simulateur de calcul de l'indemnitĂ© spĂ©cifique de rupture conventionnelle :

Simulateur
Calculer le montant de l'indemnité de rupture conventionnelle

AccĂ©der au simulateur  

MinistÚre chargé du travail

 Ă€ noter

Il est possible de négocier un montant supérieur au montant de l'indemnité légale ou conventionnelle.

Autres indemnités

Le salarié a droit à l'ensemble des éléments de rémunération dus par l'employeur à la date de rupture du contrat de travail (salaire, primes, etc...).

Il perçoit une indemnité compensatrice de congés payés, s'il n'a pas pris tous les congés acquis à la date de rupture du contrat.

L'employeur remet les documents suivants au salarié :

 Ă€ noter

Lorsqu'un dispositif d'épargne salariale est mis en place dans l'entreprise, l'employeur remet au salarié, à la fin du contrat de travail, un état récapitulatif des sommes épargnées.

Le salarié qui remplit les conditions, notamment d'une période minimale de travail, peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dans des conditions particuliÚres.

Tout recours concernant la convention, l’homologation ou le refus d'homologation de la rupture conventionnelle d'un salariĂ© doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© devant le conseil de prud'hommes.

Le recours doit avoir lieu dans les 12 mois à compter de la date d'homologation ou du refus d'homologation de la convention de rupture.

Le recours peut ĂȘtre prĂ©sentĂ© par l'employeur ou le salariĂ©.

La rupture conventionnelle peut ĂȘtre annulĂ©e par le conseil de prud'hommes si le salariĂ© Ă©tablit qu'elle a Ă©tĂ© signĂ©e alors que son consentement n'Ă©tait pas libre. Par exemple :

  • Rupture conventionnelle signĂ©e dans un contexte de harcĂšlement moral
  • Employeur ayant exercĂ© des pressions pour inciter le salariĂ© Ă  choisir une rupture conventionnelle.

Lorsque la rupture conventionnelle est annulée par le conseil de prud'hommes, le salarié peut percevoir des indemnités prévues en cas de licenciement injustifié (sans cause réelle et sérieuse).

 Attention :

Les recours concernant les salariés protégés relÚvent de la compétence du ministre du travail.

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