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Fiche pratique

Procédures pénales devant le juge des enfants

Vérifié le 12/12/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Un mineur soupçonnĂ© d’une infraction est le plus souvent jugĂ© par le juge des enfants, en chambre du conseil. En matiĂšre pĂ©nale, il existe 2 types de procĂ©dure devant le juge des enfants. En principe, le mineur est jugĂ© lors de 2 audiences diffĂ©rentes entre lesquelles s’applique une pĂ©riode de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative. On parle d’une procĂ©dure de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative. Exceptionnellement, le mineur est jugĂ© lors d’une audience unique. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaitre.

Dans le cadre d’une procĂ©dure de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative, les audiences se dĂ©roulent devant le juge des enfants, quelle que soit l’infraction commise par le mineur.

NĂ©anmoins, lorsque le mineur est ĂągĂ© de plus de 13 ans, que sa personnalitĂ©, la gravitĂ© ou la complexitĂ© des faits qu’il a commis le justifient, l’affaire peut ĂȘtre renvoyĂ©e devant le tribunal pour enfants.

Dans le cadre d’une procĂ©dure de mise Ă  l’épreuve, le jugement du mineur se fait en 2 temps. Entre les 2 audiences, le mineur est soumis Ă  une pĂ©riode de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative.

  À savoir

Durant les 2 audiences, le juge des enfants se prononce en chambre du conseil.

Qu’est-ce que l’audience d’examen sur la culpabilitĂ© devant le juge des enfants ?

L’audience d’examen sur la culpabilitĂ© est la 1Ăšre phase de jugement du mineur.

Lors de cette audience, la juridiction pour mineur (juge des enfants ou TPE) se prononce sur la culpabilitĂ© du mineur et Ă©ventuellement sur les dommages et intĂ©rĂȘts qui doivent ĂȘtre versĂ©s Ă  la victime.

Avant de prendre sa décision, la juridiction entend les personnes suivantes :

 Ă€ noter

Si elle le souhaite, la juridiction peut également interroger les coauteurs ou complices majeurs du mineur.

À l’issue de l’audience, la juridiction peut dĂ©clarer le mineur coupable ou non coupable :

  • Lorsque la juridiction considĂšre que le mineur n’est pas coupable de l’infraction qui lui Ă©tait reprochĂ©e, elle prononce une relaxe. Ainsi, le mineur ne peut pas faire l’objet d’une sanction pĂ©nale.

  • Lorsque la juridiction dĂ©clare le mineur coupable de l’infraction qui lui est reprochĂ©e, il ordonne une pĂ©riode de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative. Elle fixe Ă©galement les mesures que le mineur devra suivre au cours de cette pĂ©riode.

    Le jugement est signifiĂ© au mineur (Ă©ventuellement, par le biais de son avocat). Cette dĂ©cision prĂ©cise la date de l’audience sur le prononcĂ© de la sanction.

      À savoir

    Les mesures qui doivent ĂȘtre mises en place durant la pĂ©riode de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative sont communiquĂ©es oralement au mineur Ă  la fin de l’audience.

Que se passe-t-il entre les 2 audiences devant le juge des enfants ?

Entre les 2 audiences, une pĂ©riode de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative s’ouvre pendant un temps compris entre 6 et 9 mois.

Au cours de cette pĂ©riode, le mineur reconnu coupable peut faire l’objet de l’une des mesures suivantes :

Durant cette pĂ©riode, le juge des enfants suit le mineur. Il peut y mettre fin d’office, Ă  la demande du mineur, de son avocat ou du procureur de la RĂ©publique.

Qu’est-ce que l’audience sur le prononcĂ© de la sanction devant le juge des enfants ?

L’audience sur le prononcĂ© de la sanction est le moment oĂč la juridiction pour mineur se prononce sur la sanction applicable au dĂ©linquant.

  À savoir

Si la question de l’indemnisation de la victime n’a pas Ă©tĂ© tranchĂ©e lors de l’audience sur l’examen de la culpabilitĂ©, la juridiction se prononce sur ce point. Elle peut demander aux reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur ou Ă  la personne Ă  laquelle il Ă©tait confiĂ©e au moment des faits, de verser des dommages et intĂ©rĂȘts Ă  la victime.

Avant de prendre sa dĂ©cision sur la sanction applicable et sur l’indemnisation Ă  verser, la juridiction entend l’ensemble des parties ainsi que les tĂ©moins de l’infraction.

À l’issue de l’audience, la juridiction peut prononcer une sanction Ă  l’encontre du mineur. NĂ©anmoins, si le mineur a donnĂ© satisfaction lors de sa mise Ă  l'Ă©preuve Ă©ducative, elle a la possibilitĂ© d’ordonner une dispense de mesure Ă©ducative, une dispense de peine ou une dĂ©claration de rĂ©ussite Ă©ducative.

Le jugement est signifié au mineur (éventuellement, par le biais de son avocat).

Lorsqu’il juge un mineur en chambre du conseil, le juge des enfants peut prononcer des mesures Ă©ducatives et, sous certaines conditions, des peines.

  À savoir

Certaines mesures Ă©ducatives peuvent s’additionner aux peines prononcĂ©es contre le mineur (par exemple, la mesure Ă©ducative judiciaire peut ĂȘtre cumulĂ©e Ă  un travail d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral).

Quelles mesures Ă©ducatives peuvent ĂȘtre prononcĂ©es par le juge des enfants ?

Le juge des enfants peut prononcer les mesures éducatives suivantes :

Si le mineur est rĂ©insĂ©rĂ© dans la sociĂ©tĂ©, que le dommage causĂ© Ă  la victime est rĂ©parĂ© et que le trouble causĂ© par l’infraction a cessĂ©, le juge des enfants peut prononcer une dispense de mesure Ă©ducative.

Par ailleurs, lorsque le mineur a respectĂ© les obligations durant la pĂ©riode de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative, le juge prononce une dĂ©claration de rĂ©ussite Ă©ducative.

Quelles peines peuvent ĂȘtre fixĂ©es par le juge des enfants ?

Les peines qui peuvent ĂȘtre prononcĂ©es par le juge des enfants sont les suivantes :

  • Confiscation de l’objet qui a servi Ă  commettre l’infraction
  • Peine de stage (par exemple, un stage de sensibilisation aux dangers sur l’usage de drogues). Cette peine ne peut pas durer plus de 6 mois. La durĂ©e journaliĂšre de stage doit ĂȘtre infĂ©rieure Ă  6 heures.
  • Travail d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, si le mineur est ĂągĂ© d’au moins 16 ans au moment du jugement.

Toutefois, ces peines peuvent ĂȘtre prononcĂ©es uniquement si les 3 conditions suivantes sont remplies :

  • Le mineur est ĂągĂ© d’au moins 13 ans
  • Les circonstances de l’infraction et la personnalitĂ© du mineur justifient le prononcĂ© d’une peine
  • Le procureur de la RĂ©publique a requis une peine Ă  l’encontre du mineur.

Il est toujours possible de contester les décisions rendues par le juge des enfants.

Les moyens de contestation diffÚrent en fonction de la décision rendue par le juge :

  • Les dĂ©cisions des juridictions pour mineur (juge des enfants, TPE) peuvent ĂȘtre contestĂ©es devant la chambre spĂ©ciale des mineurs de la cour d’appel.

    Le recours se fait par dĂ©claration d’appel transmis au greffe de la juridiction qui a rendu la dĂ©cision contestĂ©e. Le mineur (ou ses reprĂ©sentants lĂ©gaux) dispose d’un dĂ©lai de 10 jours suivant le prononcĂ© du jugement ou sa signification, pour faire appel.

      À savoir

    Si le mineur est dĂ©tenu, la dĂ©claration d’appel doit ĂȘtre remise au surveillant-chef de l’établissement dans lequel il se trouve.

    La chambre spéciale des mineurs peut confirmer les décisions rendues par la juridiction pour mineur ou les annuler.

     Ă€ noter

    Lorsqu’elle confirme une dĂ©cision de condamnation et que l’appel a Ă©tĂ© formulĂ© par le mineur, ses reprĂ©sentants lĂ©gaux, la partie civile ou leurs assureurs, la chambre spĂ©ciale des mineurs ne peut pas prononcer une peine plus sĂ©vĂšre que celle dĂ©cidĂ©e par la juridiction de 1Ăšre instance.

  • Les mesures de sĂ»retĂ© prononcĂ©es par le juge des enfants peuvent ĂȘtre contestĂ©es devant la chambre spĂ©ciale des mineurs.

    La contestation se fait par dĂ©claration d’appel transmise au greffe de la juridiction qui a prononcĂ© la mesure de sĂ»retĂ©. Le mineur (ou ses reprĂ©sentants lĂ©gaux) dispose d’un dĂ©lai de 10 jours suivant le prononcĂ© du jugement ou sa signification pour faire appel.

      À savoir

    Si le mineur est dĂ©tenu, la dĂ©claration d’appel doit ĂȘtre remise au surveillant-chef de l’établissement dans lequel il se trouve. Ce dernier la transmettra au greffe du juge des enfants.

Lorsqu’elle examine la culpabilitĂ© du mineur (dans le cadre d’une procĂ©dure de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative), la juridiction pour mineur (juge des enfants, TPE) peut aussi dĂ©cider de se prononcer directement sur la sanction qui lui est applicable.

Cette dĂ©cision peut ĂȘtre prise si les 3 conditions suivantes sont rĂ©unies :

  • La juridiction a prĂ©alablement entendu les parties et leurs avocats
  • Elle considĂšre qu’elle est suffisamment informĂ©e sur la personnalitĂ© du mineur (par exemple, elle dispose de plusieurs rapports de la protection judiciaire de la jeunesse)
  • La juridiction estime qu’il n’est pas nĂ©cessaire de mettre en place une pĂ©riode de mise Ă  l’épreuve Ă©ducative du fait de l’infraction commise et de la situation du mineur. C’est par exemple le cas si le mineur a commis une infraction de faible gravitĂ© et que sa personnalitĂ© ne nĂ©cessite pas un accompagnement soutenu de la part de la protection judiciaire de la jeunesse.

  À savoir

À la fin d’une instruction, le mineur soupçonnĂ© d’un dĂ©lit ou d’une contravention de 5e classe est obligatoirement jugĂ© lors d’une audience unique.

Lors de l’audience unique, le juge des enfants entend les personnes suivantes :

AprĂšs avoir entendu toutes les parties, le juge des enfants se prononce sur la culpabilitĂ© du mineur et sur les sanctions qui doivent lui ĂȘtre appliquĂ©es.

Il peut Ă©galement accorder des dommages et intĂ©rĂȘts Ă  la victime qui s’est constituĂ©e partie civile.

La dĂ©cision du juge des enfants est oralement notifiĂ©e au mineur. Toutefois, s’il Ă©tait absent Ă  l’audience ou si la juridiction ne rend pas immĂ©diatement son jugement, la dĂ©cision lui est signifiĂ©e (Ă©ventuellement, par le biais de son avocat).

Le juge des enfants peut prononcer une mesure Ă©ducative Ă  l’encontre du mineur.

Par ailleurs, le juge peut lui infliger une peine s’il a dĂ©jĂ  fait l’objet d'une mesure Ă©ducative, d'une mesure judiciaire d'investigation Ă©ducative, d'une mesure de sĂ»retĂ©, d'une dĂ©claration de culpabilitĂ© ou d'une peine prononcĂ©e dans le cadre d'une autre procĂ©dure et ayant donnĂ© lieu Ă  un rapport Ă©ducatif datant de moins d'1 an.

  À savoir

Certaines mesures Ă©ducatives peuvent s’additionner aux peines prononcĂ©es contre le mineur (par exemple, la mesure Ă©ducative judiciaire peut ĂȘtre cumulĂ©e Ă  un travail d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral).

Quelles mesures Ă©ducatives peuvent ĂȘtre fixĂ©es par le juge des enfants ?

La juridiction pour mineur (juge des enfants ou TPE) peut prononcer un avertissement judiciaire ou une mesure Ă©ducative judiciaire Ă  l’encontre du mineur.

Si le mineur est rĂ©insĂ©rĂ© dans la sociĂ©tĂ©, que le dommage causĂ© Ă  la victime est rĂ©parĂ© et que le trouble entraĂźnĂ© par l’infraction a cessĂ©, il peut prononcer une dispense de mesure Ă©ducative.

Quelles peines peuvent ĂȘtre prononcĂ©es par le juge des enfants ?

Les peines qui peuvent ĂȘtre prononcĂ©es par le juge des enfants sont les suivantes :

  • Confiscation de l’objet qui a servi Ă  commettre l’infraction
  • Peine de stage (par exemple, un stage de sensibilisation aux dangers sur l’usage de drogues). Cette peine ne peut pas durer plus de 6 mois. La durĂ©e journaliĂšre de stage doit ĂȘtre infĂ©rieure Ă  6 heures.
  • Travail d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, si le mineur est ĂągĂ© d’au moins 16 ans au moment du jugement.

Les dĂ©cisions des juridictions pour mineur (juge des enfants, TPE) peuvent ĂȘtre contestĂ©es devant la chambre spĂ©ciale des mineurs de la cour d’appel.

Le recours se fait par dĂ©claration d’appel transmis au greffe de la juridiction qui a rendu la dĂ©cision contestĂ©e. Le mineur (ou ses reprĂ©sentants lĂ©gaux) dispose d’un dĂ©lai de 10 jours suivant le prononcĂ© du jugement ou sa signification, pour faire appel.

  À savoir

Si le mineur est dĂ©tenu, la dĂ©claration d’appel doit ĂȘtre remise au surveillant-chef de l’établissement dans lequel il se trouve.

La chambre spéciale des mineurs peut confirmer les décisions rendues par la juridiction pour mineur ou les annuler.

 Ă€ noter

Lorsqu’elle confirme une dĂ©cision de condamnation et que l’appel a Ă©tĂ© formulĂ© par le mineur, ses reprĂ©sentants lĂ©gaux, la partie civile ou leurs assureurs, la chambre spĂ©ciale des mineurs ne peut pas prononcer une peine plus sĂ©vĂšre que celle dĂ©cidĂ©e par la juridiction de 1Ăšre instance.