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Question-réponse

Comment régler un litige avec un huissier de justice (à présent appelé commissaire de justice) ?

Vérifié le 15/07/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Le commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire) exerce de nombreuses activitĂ©s. Sa pratique est encadrĂ©e par des rĂšgles dĂ©ontologiques qu’il doit respecter. Un dĂ©saccord peut nĂ©anmoins apparaitre entre le commissaire de justice et son client. Si vous avez un litige avec un commissaire de justice, la procĂ©dure de contestation varie selon l'objet du conflit : la contestation d’un acte, la contestation des frais ou un autre litige.

  • Les actes effectuĂ©s par un commissaire de justice sont variĂ©s. Ils comprennent notamment :

    • La signification, c’est-Ă -dire la remise officielle de documents (par exemple, assignations, jugements)
    • L’exĂ©cution forcĂ©e de dĂ©cisions de justice (par exemple, saisies mobiliĂšres ou immobiliĂšres, saisies de crĂ©ances, expulsions)
    • Le constat
    • La sommation (mise en demeure officielle de payer ou de faire cesser un trouble)
    • Le commandement de payer, de quitter les lieux, de faire, etc.

    Ces actes peuvent ĂȘtre contestĂ©s s’ils prĂ©sentent des irrĂ©gularitĂ©s (erreurs) qui affectent leur validitĂ©. On distingue 2 types d’erreur :

    • Le vice de forme concerne une erreur formelle dans la rĂ©daction de l'acte telle que l’absence de date, d’indication de la mention du nom ou prĂ©nom du commissaire de justice ou encore l’oubli de sa signature. Ces vices sont sanctionnĂ©s s’ils causent un grief (prĂ©judice).
    • Les vices de fond concernent l’incompĂ©tence, l’absence de pouvoir, d’impartialitĂ© ou d’indĂ©pendance du commissaire de justice.

    Toute contestation d’un acte de commissaire de justice doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e devant le juge de l’exĂ©cution, qui est seul compĂ©tent pour trancher les litiges portant sur la validitĂ© des actes concernĂ©s. Il est recommandĂ© d’ĂȘtre accompagnĂ© par un avocat pour cette procĂ©dure.

  • Les prestations d’un commissaire de justice sont, en majoritĂ©, soumises Ă  un tarif rĂšglementĂ©. On parle d’émoluments. Leurs montants sont consultables sur le site LĂ©gifrance.

    La procédure à suivre dépend de la situation :

    • Au cours d’un procĂšs, le commissaire de justice accomplit certains actes prĂ©vus par la procĂ©dure ou demandĂ©s par le juge. Ces interventions gĂ©nĂšrent des frais, appelĂ©s dĂ©pens, qui incluent par exemple les frais liĂ©s Ă  la signification de l’assignation Ă  la partie adverse.

      Si vous rencontrez une difficultĂ© ou si vous contestez les frais appliquĂ©s par un commissaire de justice, vous pouvez demander au greffier du tribunal saisi de votre affaire (procĂšs) de vĂ©rifier le montant des dĂ©pens. Cette demande peut ĂȘtre faite par tout moyen. Il est conseillĂ© d’y joindre un dĂ©compte prĂ©cis des sommes que vous avez versĂ©es pour les diffĂ©rents actes accomplis par le commissaire de justice.

      Le greffier procÚde alors à la vérification des frais perçus. Si une différence est constatée entre les tarifs appliqués et les tarifs réglementés, il effectue les ajustements nécessaires pour que le montant corresponde à ce que prévoit la réglementation. Un certificat de vérification vous est ensuite remis soit en main propre, soit par lettre simple.

      Vous devez ensuite notifier le compte vérifié au commissaire de justice.

      À compter de cette notification, le commissaire de justice a un dĂ©lai de 1 mois pour contester le certificat :

      • En l’absence de contestation dans ce dĂ©lai, vous pouvez demander au greffe d’ajouter cette mention (non-contestation) sur le certificat de vĂ©rification. Cette mention rend alors le certificat de vĂ©rification exĂ©cutoire. Cela signifie que ce document aura la mĂȘme valeur qu’une dĂ©cision de justice et qu’il pourra ĂȘtre utilisĂ© pour obtenir le remboursement d’un trop-perçu ou faire valoir vos droits sans avoir Ă  passer par un procĂšs supplĂ©mentaire.
      • Si le commissaire de justice conteste dans le mois, le prĂ©sident du tribunal chargĂ© de l’affaire tranchera le litige.

        À savoir

      Si les actes accomplis par le commissaire de justice sont jugĂ©s excessifs (nombre d’actes disproportionnĂ©s) ou inutiles, le juge peut dĂ©cider que tout ou partie des frais restera Ă  la charge du commissaire.

    • Le commissaire de justice peut intervenir en dehors de toute procĂ©dure judiciaire. C’est le cas, par exemple, lorsqu’il Ă©tablit un constat.

      En cas d’une contestation sur le montant des frais facturĂ©s par le commissaire de justice, vous devez saisir le greffier du tribunal judiciaire dans le ressort duquel le commissaire de justice exerce ses fonctions. Par exemple, le commissaire de justice qui a son Ă©tude situĂ©e Ă  Paris dĂ©pendra du tribunal judiciaire de Paris.

      Cette demande doit ĂȘtre faite par Ă©crit. Il est conseillĂ© d’y joindre un dĂ©compte prĂ©cis des sommes que vous avez versĂ©es pour les diffĂ©rents actes accomplis par le commissaire de justice.

      Le greffier procéde alors à la vérification des frais perçus. Si une différence est constatée entre les tarifs appliqués et les tarifs réglementés, il effectue les ajustements nécessaires pour que le montant corresponde à ce que prévoit la réglementation. Un certificat de vérification vous est ensuite remis soit en main propre, soit par lettre simple.

      Vous devez ensuite notifier le compte vérifié au commissaire de justice.

      À compter de cette notification, le commissaire de justice dispose d’un dĂ©lai de 1 mois pour contester le certificat :

      • En l’absence de contestation dans ce dĂ©lai, vous pouvez demander au greffe d’ajouter cette mention (non-contestation) sur le certificat de vĂ©rification. Cette mention rend alors le certificat de vĂ©rification exĂ©cutoire. Cela signifie que ce document aura la mĂȘme valeur qu’une dĂ©cision de justice et qu’il pourra ĂȘtre utilisĂ© pour obtenir le remboursement d’un trop-perçu ou faire valoir vos droits sans avoir Ă  passer par un procĂšs supplĂ©mentaire.
      • Si le commissaire de justice conteste dans le mois, le prĂ©sident du tribunal chargĂ© de l’affaire, tranchera le litige.
    • Certaines interventions du commissaire de justice ne sont pas encadrĂ©es par un tarif rĂ©glementĂ©. Dans ce cas, il fixe librement le montant de ses honoraires pour les actes concernĂ©s.

      Le commissaire de justice doit avertir préalablement son client du caractÚre payant de la prestation et du montant estimé ou du mode de calcul de la rémunération à prévoir. Si le commissaire de justice ne respecte pas cette obligation, il conserve un droit à honoraires, mais le juge doit tenir compte de ce manquement dans la fixation du montant de ses honoraires.

      Ainsi, en cas de contestation, le président du tribunal judiciaire dans le ressort duquel le commissaire de justice exerce ses fonctions est compétent pour statuer sur le litige.

      Exemple

      Si le commissaire de justice exerce ses fonctions sur Paris, c’est le prĂ©sident du tribunal judiciaire de Paris qui sera compĂ©tent.

      Pour évaluer le montant des honoraires, le juge prend en compte :

      • La nature et l’importance des activitĂ©s accomplies
      • Les difficultĂ©s rencontrĂ©es
      • Les responsabilitĂ©s encourues
      • Le respect de l’obligation d’information prĂ©alable de sa tarification par le commissaire de justice.
  • Vous pouvez ĂȘtre en conflit avec un commissaire de justice en raison de nĂ©gligences ou de fautes dans l’exĂ©cution de ses missions. C’est le cas, par exemple, du non-respect d’un dĂ©lai, de l’oubli d’une formalitĂ© ou d’une mention obligatoire sur un acte. Il peut Ă©galement s’agir de saisies abusives (saisie d’un bien non concernĂ© par la dĂ©cision de justice ou saisie disproportionnĂ©e par rapport Ă  la dette) ou d’un abus de pouvoir qui se manifeste par des menaces et intimidations de la part du commissaire de justice.

    • Si vous rencontrez des difficultĂ©s avec un commissaire de justice liĂ©es Ă  la violation d’une loi ou d’un rĂšglement ou le non-respect de rĂšgles dĂ©ontologiques, vous pouvez dĂ©poser une rĂ©clamation auprĂšs de la chambre rĂ©gionale des commissaires de justice.

      La chambre régionale compétente est celle du département dans lequel le commissaire de justice exerce ses missions.

      La réclamation est à adresser au président de la chambre régionale des commissaires de justice par lettre recommandée avec accusé de réception.

      Ce courrier, daté et signé, doit mentionner :

      • Vos informations personnelles (nom, prĂ©nom, profession, adresse du domicile, date et lieu de naissance et nationalitĂ©)
      • Les informations sur le commissaire de justice (nom, prĂ©nom, adresse professionnelle et nom de l’office)
      • Les faits motivant la rĂ©clamation, accompagnĂ©e de tous les documents utiles pour justifier sa demande.

      Dans un premier temps, la chambre régionale des commissaires de justice peut proposer une conciliation.

      En l’absence d’accord, le prĂ©sident rĂ©gional a la possibilitĂ© d’adresser au commissaire de justice un rappel Ă  l’ordre, une injonction de cesser le manquement constatĂ©, voire d’y assortir une astreinte.

      Si votre réclamation est jugée infondée, vous serez informé de son classement sans suite. Pour contester cette décision, vous pouvez saisir le procureur de la République. Si ce dernier considÚre votre demande comme fondée, il pourra la transmettre directement à la juridiction disciplinaire interrégionale.

    • Lorsque le commissaire de justice commet une faute qui vous cause un prĂ©judice, sa responsabilitĂ© civile professionnelle peut ĂȘtre engagĂ©e devant les juridictions civiles. Dans ce cas, il peut ĂȘtre condamnĂ© Ă  vous verser des dommages et intĂ©rĂȘts en rĂ©paration du dommage subi.

      Il est néanmoins nécessaire de respecter plusieurs étapes :

      • Identifier le manquement du commissaire de justice Ă  ses fonctions et/ou missions. De mĂȘme, il faut s'assurer que cette faute est Ă  l'origine du dommage subi. En d'autres termes, le prĂ©judice doit ĂȘtre une consĂ©quence de la faute reprochĂ©e.
      • Estimer le dommage subi (matĂ©riel, financier etc.) et le valoriser, c'est-Ă -dire en estimer le montant afin d'obtenir une rĂ©paration Ă©quitable.
      • Envoyer un courrier de mise en demeure au commissaire de justice qui contient un dĂ©tail des faits, des manquements/fautes reprochĂ©s et du ou des dommages subis, ainsi qu’une demande de compensation financiĂšre et/ou la rectification des agissements critiquĂ©s dans un dĂ©lai raisonnable. Ce courrier doit ĂȘtre envoyĂ© par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception. Il est possible d'envoyer une copie de la mise en demeure Ă  l'assureur responsabilitĂ© civile professionnelle du commissaire de justice.
      • Si le commissaire de justice ne rĂ©agit pas ou persiste dans ses fautes, intenter une action en justice. La procĂ©dure dĂ©pend du montant du litige :
      • Il faut saisir le tribunal judiciaire du domicile du dĂ©fendeur (siĂšge du commissaire de justice). Il est obligatoire de se faire reprĂ©senter par un avocat.

      • Il faut saisir le tribunal de proximitĂ© du domicile du dĂ©fendeur (siĂšge du commissaire de justice). Il est recommandĂ© de se faire accompagner par un avocat.

        Avant de saisir le tribunal, vous devez justifier d'une tentative de conciliation, de médiation ou de convention de procédure participative.

    • Si vous soupçonnez un commissaire de justice d’avoir dĂ©tournĂ© des sommes qu’il dĂ©tient pour les utiliser Ă  des fins personnelles, vous pouvez porter plainte auprĂšs d’un commissariat de police ou Ă  la gendarmerie.

    • Si le commissaire de justice a commis des actes graves comme une violation du domicile, du secret professionnel ou un faux en Ă©criture, vous pouvez saisir le procureur de la RĂ©publique.