Fiche pratique
Droits des personnes expropriées
Vérifié le 28/11/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Vous ĂȘtes concernĂ© par une procĂ©dure dâexpropriation ? Voici les droits dont peuvent bĂ©nĂ©ficier les personnes expropriĂ©es, quâelles soient propriĂ©taires ou locataires dâun bien expropriĂ©.
- Propriétaire
- Locataire
Le propriĂ©taire dâun bien faisant lâobjet dâune expropriation conserve plusieurs droits quâil peut exercer pendant (droit au relogement, droit Ă des indemnitĂ©s, droit dâinformation et de recours, droit au maintien dans les lieux) ou aprĂšs la procĂ©dure (droit de rĂ©trocession et droit de prioritĂ© pour le rachat du bien).
Lorsquâun propriĂ©taire est expropriĂ© de sa rĂ©sidence principale, il bĂ©nĂ©ficie dâun droit au relogement. Ce droit a pour objectif dâĂ©viter une perte de logement ou une prĂ©caritĂ© soudaine de la personne expropriĂ©e.
Lâexpropriant doit donc proposer un logement de remplacement avant de contraindre le propriĂ©taire Ă quitter les lieux.
Ce logement doit ĂȘtre dĂ©cent, câest-Ă -dire quâil respect les exigences de salubritĂ©, de sĂ©curitĂ©, de confort et de performance Ă©nergĂ©tique.
De mĂȘme, il doit correspondre aux besoins du propriĂ©taire expropriĂ©. Le relogement doit notamment ĂȘtre :
- Compatible avec la composition du foyer (taille du logement et nombre suffisant de piÚces pour éviter la suroccupation)
- Adapté aux ressources du ménage (proportionné aux revenus).
Lâexpropriant doit adresser au moins 2 propositions de relogement au propriĂ©taire expropriĂ©, au moins 6 mois avant quâil ne soit obligĂ© de quitter les lieux. Il a alors un dĂ©lai de 2 mois pour accepter ou refuser lâoffre de relogement. Le silence vaut acceptation.
Attention :
Lâoffre de relogement et son acceptation doivent intervenir avant la fixation des indemnitĂ©s dâexpropriation.
Les propriĂ©taires expropriĂ©s dont les ressources ne dĂ©passent pas les plafonds fixĂ©s pour lâattribution dâhabitation Ă loyer modĂ©rĂ© (HLM) sont prioritaires pour :
- ĂȘtre relogĂ©s dans un logement social (HLM) ou Ă©quivalent,
- ou accéder à la propriété dans le cadre des dispositifs prévus par la législation sur le logement social.
Les autres propriĂ©taires, dont les revenus dĂ©passent ces plafonds, disposent quant Ă eux dâun droit de prĂ©fĂ©rence pour :
- acheter les logements ou locaux mis en vente dans les pĂ©rimĂštres de rĂ©novation (zones urbaines rĂ©amĂ©nagĂ©es Ă la suite de lâexpropriation),
- ou ĂȘtre relogĂ©s comme locataires dans ces mĂȘmes secteurs.
Ă savoir
Une opĂ©ration dĂ©clarĂ©e dâintĂ©rĂȘt public peut nĂ©cessiter le dĂ©part temporaire des occupants dâun logement (3 ans maximum) afin de permettre la rĂ©alisation de travaux dâamĂ©nagement. Dans ce cas, lâexpropriant doit assurer leur relogement provisoire dans des conditions adaptĂ©es Ă leurs besoins et Ă leurs ressources.
Le propriĂ©taire a le droit Ă des indemnitĂ©s qui ont pour objet de couvrir lâintĂ©gralitĂ© du prĂ©judice causĂ© par la perte du bien expropriĂ©. En effet, lâexpropriation ne doit ni enrichir, ni appauvrir la personne concernĂ©e.
Câest pourquoi le propriĂ©taire expropriĂ© reçoit une indemnitĂ© principale qui correspond Ă la valeur vĂ©nale de son bien. Cette somme doit permettre de replacer lâexpropriĂ© dans une situation Ă©quivalente Ă celle quâil occupait avant lâexpropriation.
Des indemnitĂ©s accessoires complĂ©mentaires peuvent sâajouter Ă lâindemnitĂ© principale lorsque lâexpropriation entraĂźne dâautres prĂ©judices distincts. Câest le cas, par exemple, des indemnitĂ©s suivantes :
- IndemnitĂ© de remploi destinĂ©e Ă compenser les frais liĂ©s Ă lâachat dâun bien de remplacement de mĂȘme nature que celui expropriĂ© (frais de notaire, droits dâenregistrement, garanties, etc.). Son montant est calculĂ© en pourcentage de lâindemnitĂ© principale.
- IndemnitĂ© de dĂ©mĂ©nagement si le propriĂ©taire a rĂ©ellement dĂ©mĂ©nagĂ© aprĂšs la dĂ©cision dâexpropriation. Son montant est fixĂ© soit sur la base des frais rĂ©els justifiĂ©s (factures), soit selon un barĂšme forfaitaire.
- IndemnitĂ© de privation de jouissance si le propriĂ©taire doit quitter temporairement son logement pendant des travaux dâamĂ©nagement liĂ©s Ă une opĂ©ration dâintĂ©rĂȘt public
- Indemnité de réinstallation si le propriétaire doit faire des travaux (peinture, branchements, finitions) pour rendre habitable son nouveau logement.
Le propriĂ©taire expropriĂ© bĂ©nĂ©ficie de garanties dâinformation et de recours, destinĂ©es Ă assurer la rĂ©gularitĂ© et la transparence de la procĂ©dure dâexpropriation.
Il est informĂ© Ă chaque Ă©tape de la procĂ©dure dâexpropriation, soit collectivement (par affichage en mairie ou publication dans la presse), soit individuellement par notification. Cette information lui permet de suivre le dĂ©roulement de la procĂ©dure. De mĂȘme, cette obligation dâinformation garantit le caractĂšre contradictoire de la procĂ©dure, en offrant au propriĂ©taire la possibilitĂ© de consulter le dossier et de prĂ©senter ses observations ou remarques.
Le propriĂ©taire dispose Ă©galement dâun droit de recours. Il peut contester la dĂ©claration dâutilitĂ© publique, lâarrĂȘtĂ© de cessibilitĂ© ou lâordonnance dâexpropriation sâil estime que la procĂ©dure est irrĂ©guliĂšre ou que ses droits nâont pas Ă©tĂ© respectĂ©s.
Le propriĂ©taire expropriĂ© conserve la jouissance du bien, câest-Ă -dire le droit de se maintenir dans le logement, jusquâau paiement ou la consignation des indemnitĂ©s dues par lâexpropriant.
La rĂ©trocession permet au propriĂ©taire expropriĂ© ou Ă ses ayants droit (hĂ©ritiers) de rĂ©cupĂ©rer le bien lorsque celui-ci n'a pas Ă©tĂ© utilisĂ© pour le projet dâutilitĂ© publique prĂ©vu.
Le droit de rĂ©trocession concerne uniquement les biens expropriĂ©s (appartement, immeuble, maison, terrain etc). Il ne sâapplique pas aux droits rĂ©els immobiliers.
Les conditions suivantes doivent toutes ĂȘtre remplies pour exercer le droit de rĂ©trocession :
- Le bien nâa pas reçu la destination prĂ©vue par la dĂ©claration dâutilitĂ© publique (DUP) dans un dĂ©lai de 5 ans Ă partir de la date de l'ordonnance d'expropriation ou de l'acquisition amiable. Cela signifie que le bien expropriĂ© nâa pas Ă©tĂ© utilisĂ©, dans ce dĂ©lai, pour le projet dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral qui avait justifiĂ© son expropriation. Câest le cas, par exemple, de terrains expropriĂ©s pour construire un hĂŽpital, mais restĂ©s Ă lâabandon.
- La demande de rĂ©trocession doit intervenir dans un dĂ©lai de 30 ans Ă partir de lâordonnance dâexpropriation.
- Le bien expropriĂ© ne doit pas faire lâobjet dâune nouvelle dĂ©claration dâutilitĂ© publique. Celle-ci peut avoir un objet (projet) diffĂ©rent de la 1Ăšre DUP.
- Le bien exproprié ne doit pas avoir été revendu à un tiers.
Ă noter
La demande de rĂ©trocession se fait par une demande Ă©crite Ă lâexpropriant (mail, lettre etc).
Lâexpropriant et le propriĂ©taire expropriĂ© ou ses hĂ©ritiers doivent ensuite sâaccorder sur un prix de rachat du bien. En effet, la rĂ©trocession ne consiste pas Ă restituer lâindemnitĂ© dâexpropriation perçue, mais Ă fixer une nouvelle valeur de rachat du bien concernĂ©.
En lâabsence dâaccord amiable, le prix sera fixĂ© par le tribunal judiciaire. Il tiendra notamment compte des caractĂ©ristiques de la parcelle Ă rĂ©trocĂ©der (nature, surface etc) et des termes de comparaison les mieux appropriĂ©s.
Attention :
Le tribunal doit ĂȘtre saisi dans un dĂ©lai de 2 mois Ă compter de la rĂ©ception de la notification de la dĂ©cision de rejet par lâexpropriant de la demande de rĂ©trocession.
Le contrat de rachat doit ĂȘtre signĂ© et le prix payĂ© dans le mois de la fixation du prix soit Ă lâamiable, soit par dĂ©cision de justice. Sinon, le droit de rĂ©trocession ne pourra plus sâappliquer.
Si le bien expropriĂ© nâest pas utilisĂ©, dans un dĂ©lai de 5 ans, pour le projet dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ayant justifiĂ© son expropriation, lâexpropriant peut dĂ©cider de le vendre.
Dans ce cas, il doit en informer lâancien propriĂ©taire ou ses hĂ©ritiers par courrier recommandĂ© avec avis de rĂ©ception.
Ă partir de la rĂ©ception de ce courrier, les anciens propriĂ©taires ou leurs hĂ©ritiers disposent dâun dĂ©lai de 2 mois pour :
- Faire connaĂźtre leur souhait de racheter le bien et indiquer le prix dâacquisition quâils proposent
- Ou informer lâexpropriant quâils renoncent Ă ce rachat.
La vente du bien est ainsi proposĂ©e en prioritĂ© Ă lâancien propriĂ©taire ou Ă ses hĂ©ritiers.
En cas de refus exprĂšs (lorsque le propriĂ©taire ou ses hĂ©ritiers indiquent formellement ne pas vouloir racheter le bien) ou de refus tacite (lorsquâils ne rĂ©pondent pas dans le dĂ©lai de 2 mois), lâexpropriant est alors libre de proposer la vente du bien Ă des tiers.
Le locataire dâun bien expropriĂ© (maison, appartement) dispose de plusieurs droits.
Le locataire dâun bien expropriĂ© a le droit dâĂȘtre relogĂ©. Ce droit a pour objectif dâĂ©viter une perte de logement ou une prĂ©caritĂ© soudaine de la personne expropriĂ©e.
Lâexpropriant doit donc proposer un logement de remplacement avant de contraindre le locataire Ă quitter les lieux. Ce logement doit ĂȘtre dĂ©cent, câest-Ă -dire quâil respect les exigences de salubritĂ©, de sĂ©curitĂ©, de confort et de performance Ă©nergĂ©tique.
De mĂȘme, il doit correspondre aux besoins du locataire expropriĂ©. Le relogement doit notamment ĂȘtre :
- Compatible avec la composition du foyer (taille du logement et nombre suffisant de piÚces pour éviter la suroccupation)
- Adapté aux ressources du ménage (proportionné aux revenus).
Lâexpropriant doit adresser au moins 2 propositions de relogement au locataire expropriĂ©, au moins 6 mois avant quâil ne soit tenu de quitter les lieux. Il a alors un dĂ©lai de 2 mois pour accepter ou refuser lâoffre de relogement. Le silence vaut acceptation.
Lâexpulsion du locataire est suspendue tant quâune offre de relogement conforme nâa pas Ă©tĂ© faite.
Ă noter
Le droit au relogement ne sâapplique pas aux squatters, aux occupants ayant fait lâobjet dâun jugement dâexpulsion ou aux occupants qui ont pris possession des lieux aprĂšs lâordonnance dâexpropriation.
Lorsquâun locataire doit quitter temporairement son logement en raison de travaux dâamĂ©nagement rĂ©alisĂ©s dans le cadre dâune opĂ©ration dâintĂ©rĂȘt public, il bĂ©nĂ©ficie dâun droit Ă la rĂ©intĂ©gration une fois les travaux achevĂ©s.
Le bail est simplement suspendu pendant la durée des travaux, sauf si un accord a été conclu pour reloger définitivement le locataire dans un logement équivalent. à la fin des travaux, le bail reprend son cours et le locataire retourne dans le logement.
Ă la fin des travaux, le propriĂ©taire doit inviter le locataire Ă prĂ©ciser, dans un dĂ©lai dâ1 mois, sâil souhaite ou non rĂ©intĂ©grer son logement.
Le locataire dâun logement expropriĂ© peut recevoir plusieurs indemnitĂ©s :
- IndemnitĂ© de dĂ©mĂ©nagement si le locataire a rĂ©ellement dĂ©mĂ©nagĂ© aprĂšs la dĂ©cision dâexpropriation. Son montant est fixĂ© soit sur la base des frais rĂ©els justifiĂ©s (factures), soit selon un barĂšme forfaitaire.
- IndemnitĂ© de privation de jouissance si le locataire doit quitter temporairement son logement pendant des travaux dâamĂ©nagement liĂ©s Ă une opĂ©ration dâintĂ©rĂȘt public
- Indemnité de réinstallation si le locataire doit faire des travaux (peinture, branchements, finitions) pour rendre habitable son nouveau logement
- IndemnitĂ© pour travaux non amortis si le locataire avait rĂ©alisĂ© des amĂ©liorations (travaux dâamĂ©nagement ou de modernisation) dans le logement dont il nâa pas pu profiter Ă cause de lâexpropriation. Ces travaux sont estimĂ©s sur une durĂ©e dâamortissement (temps pendant lequel les travaux conservent leur valeur) de 5 ans.
- IndemnitĂ© dâĂ©viction pour compenser la rupture anticipĂ©e du bail ou de la perte du droit au renouvellement de son bail. L'indemnitĂ© doit lui permettre une rĂ©installation.
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Code de l'urbanisme : articles L314-1 à L314-9
Droit au relogement et droit à la réintégration
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Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : artcile L423-1 à L423-5
Droit au relogement
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Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : Articles L321-1 à L323-5
Droit à des indemnités (principe, fixation, montant)
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Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : articles L421-1 à L421-4
Droit de rétrocession
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Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : articles R421-1 à R421-8
Droit de priorité
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Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 6
Logement décent
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Code de lâexpropriation pour cause dâutilitĂ© publique : article R423-9
Fixation des indemnités aprÚs offre et acceptation de relogement