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Question-réponse

Qu'est-ce que la non-assistance à personne en danger ?

Vérifié le 05/06/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

La non-assistance à personne en danger est le fait de ne pas venir en aide à une personne qui court un danger grave et imminent. Lorsque les conditions sont réunies, la victime de ce délit peut déposer plainte contre la personne qui ne l'a pas secourue. Elle peut également lui demander une indemnisation. Voici les informations à connaßtre.

Pour que la non-assistance Ă  personne en danger soit punissable, plusieurs Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre rĂ©unis :

  • Une personne court un danger imminent qui menace son intĂ©gritĂ© corporelle ou morale (par exemple, personne en grande dĂ©tresse psychologique). Ce danger peut ĂȘtre dĂ» Ă  l'attitude d'un tiers, du tĂ©moin lui-mĂȘme ou de la personne en danger.
  • Le tĂ©moin a conscience de ce danger
  • L'assistance apportĂ©e Ă  la victime n'expose pas le tĂ©moin ou un tiers Ă  un pĂ©ril
  • Le tĂ©moin s'abstient volontairement de porter assistance Ă  une personne en dĂ©tresse, d'intervenir pour empĂȘcher un crime ou qu'un dĂ©lit contre l'intĂ©gritĂ© corporelle de la victime, et/ou d'alerter les secours.

Voici 2 exemples :

  • Dans le mĂ©tro, un homme effectue des frottements rĂ©pĂ©titifs contre le bassin d'une femme qu'il ne connait pas. Une personne est tĂ©moin de cette infraction. Elle s'abstient d'intervenir et ne prĂ©vient pas le personnel de la RATP. Cette personne (tĂ©moin) peut ĂȘtre poursuivie pour non-assistance Ă  personne en danger.
  • Une femme est coincĂ©e dans sa voiture, tombĂ©e dans une riviĂšre aprĂšs un accident. Le courant est fort, l’eau monte rapidement. Le conducteur du vĂ©hicule avec lequel cette femme a eu une collision prĂ©vient les secours, mais ne peut rien faire de plus. Le tĂ©moin ne peut pas ĂȘtre poursuivi pour non-assistance Ă  personne en danger car s'il vient en aide Ă  la victime, il s'expose lui-mĂȘme Ă  un pĂ©ril.

La victime peut porter déposer plainte contre la personne qui ne lui a pas porté secours alors qu'elle était dans une situation de danger imminent.

 Attention :

Si elle veut obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts, elle peut se constituer partie civile lors du dĂ©pĂŽt de plainte (ou tout au long de la procĂ©dure, jusqu'au jour de l'audience).

La victime peut déposer plainte dans un commissariat de police ou dans une brigade de gendarmerie. Il est également possible d'adresser un courrier au procureur de la République.

Le dépÎt de plainte doit avoir lieu dans un délai de 6 ans suivant la commission de l'infraction.

 Ă€ noter

Pour l'aider dans ses dĂ©marches, la victime a la possibilitĂ© d'ĂȘtre assistĂ©e par un avocat. Si elle n'a pas les ressources financiĂšres suffisantes pour faire appel Ă  ce professionnel, elle peut demander l'aide juridictionnelle.

La victime peut porter plainte en se déplaçant au commissariat de police ou à la bridage de gendarmerie de son choix.

La plainte est transmise au procureur de la République par la police ou la gendarmerie.

Pour porter plainte auprÚs du procureur de la République, la victime doit envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

Dans son courrier, la victime doit préciser les éléments suivants :

  • Son Ă©tat civil et ses coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
  • RĂ©cit dĂ©taillĂ© des faits, date et lieu de l'infraction
  • Nom de l'auteur supposĂ© si elle le connaĂźt (sinon, la plainte sera dĂ©posĂ©e contre X)
  • Description et estimation provisoire ou dĂ©finitive du prĂ©judice
  • Documents de preuve (certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, vidĂ©os, factures, etc.).

La victime peut utiliser un modÚle de courrier :

ModĂšle de document
Porter plainte auprÚs du procureur de la République

AccĂ©der au modĂšle de document  

Direction de l'information légale et administrative (Dila) - Premier ministre

Ce courrier peut ĂȘtre envoyĂ©e par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (de prĂ©fĂ©rence), par lettre simple ou par lettre suivie.

Il est également possible de déposer la plainte à l'accueil du tribunal.

Dans tous les cas, un récépissé est transmis à la victime dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré sa plainte.

Par la suite, le procureur de la RĂ©publique a la possibilitĂ© d'ouvrir une enquĂȘte qui peut aboutir au jugement et Ă  la condamnation de l'auteur de la non-assistance Ă  personne en danger.

L'auteur du délit de non-assistance à personne en danger risque des sanctions pénales. Les peines encourues sont plus élevées lorsque la victime a moins de 16 ans.

  À savoir

Si la victime s'est constituĂ©e partie civile, la personne qui ne lui a pas portĂ© secours peut Ă©galement ĂȘtre condamnĂ©e Ă  lui verser des dommages et intĂ©rĂȘts.

La personne qui s'est rendue coupable de non-assistance Ă  personne en danger peut ĂȘtre condamnĂ©e Ă  une peine principale et Ă  des peines complĂ©mentaires.

Peine principale

L'auteur du dĂ©lit de non-assistance Ă  personne en danger encourt une peine de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

Peines complémentaires

La personne reconnue coupable de non-assistance Ă  personne en danger peut aussi ĂȘtre condamnĂ©e Ă  l'interdiction temporaire des droits suivants :

  • Droit de vote
  • Droit d'ĂȘtre Ă©lu
  • Droit d'exercer une fonction de juge, d'ĂȘtre expert devant une juridiction, de reprĂ©senter ou d'assister une personne devant la justice
  • Droit de tĂ©moigner en justice
  • Droit d'ĂȘtre tuteur ou curateur (sauf pour ses propres enfants, sur autorisation du juge des contentieux et de la protection et du conseil de famille).

L'interdiction de ces droits peut ĂȘtre prononcĂ©e pour une durĂ©e une durĂ©e maximale de 5 ans.

  À savoir

L'interdiction du droit de vote et du droit d'ĂȘtre Ă©lu empĂȘche la personne qui y a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  exercer une fonction publique (exemple : dĂ©putĂ©).

Peines principales

Si la victime est un mineur de moins de 16 ans, la personne poursuivie pour non-assistance à personne en danger encourt une peine de 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende.

Peines complémentaires

La personne reconnue coupable de non-assistance Ă  personne en danger peut aussi ĂȘtre condamnĂ©e Ă  l'interdiction temporaire des droits suivants :

  • Droit de vote
  • Droit d'ĂȘtre Ă©lu
  • Droit d'exercer une fonction de juge, d'ĂȘtre expert devant une juridiction, de reprĂ©senter ou d'assister une personne devant la justice
  • Droit de tĂ©moigner en justice
  • Droit d'ĂȘtre tuteur ou curateur (sauf pour ses propres enfants, sur autorisation du juge des contentieux et de la protection et du conseil de famille).

L'interdiction de ces droits peut ĂȘtre prononcĂ©e pour une durĂ©e une durĂ©e maximale de 5 ans.

  À savoir

L'interdiction du droit de vote et du droit d'ĂȘtre Ă©lu empĂȘche la personne qui y a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  exercer une fonction publique (exemple : dĂ©putĂ©).

L'obligation de porter secours Ă  une personne en danger prime sur le respect du secret professionnel : si le professionnel dĂ©cide de se taire alors qu’il a connaissance du danger que court une autre personne (exemple : un patient), il peut ĂȘtre poursuivi pour non-assistance Ă  personne en danger.

Ainsi, tout professionnel (avocat, enseignant, psychologue, etc.) qui a connaissance de faits de maltraitances physiques, psychologiques ou sexuelles doit en informer les autorités compétentes (exemple : la Crip ou le procureur de la République), dÚs lors que la victime a donné son accord.

Si la victime est mineure ou qu’elle est n’est pas en mesure de se dĂ©fendre (exemple : personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e), son accord n’est pas nĂ©cessaire pour prĂ©venir les autoritĂ©s.