Fiche pratique
Ăcoutes tĂ©lĂ©phoniques
Vérifié le 13/03/2026 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Dans quelles situations des conversations tĂ©lĂ©phoniques peuvent ĂȘtre Ă©coutĂ©es ? Les Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques sont souvent mises en place dans le cadre dâune procĂ©dure judiciaire, mais elles peuvent aussi ĂȘtre dĂ©cidĂ©es par lâadministration. Ces Ă©coutes permettent de capter et dâenregistrer des Ă©changes Ă distance. Si elles sont dĂ©cidĂ©es de maniĂšre illĂ©gale, la personne Ă©coutĂ©e peut faire un recours. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
- Ăcoutes judiciaires
- Ăcoutes administratives
Les Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques judiciaires peuvent ĂȘtre mises en place lors dâune enquĂȘte sur une infraction relevant du terrorisme, de la criminalitĂ© ou de la dĂ©linquance organisĂ©e, dâune enquĂȘte de recherche dâune personne en fuite ou lors dâune information judiciaire.
Les conditions de mise en Ćuvre de ces Ă©coutes et leur durĂ©e diffĂšrent en fonction du cadre dans lequel elles interviennent :
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Dans le cadre dâune enquĂȘte (prĂ©liminaire ou de flagrance) sur une infraction relevant du terrorisme, de la criminalitĂ© ou de la dĂ©linquance organisĂ©e, le juge de la libertĂ© et de la dĂ©tention (JLD) peut, sur demande du procureur de la RĂ©publique, autoriser des Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques.
Ă savoir
Lorsque la personne est placĂ©e sur Ă©coute, elle nâen nâest pas informĂ©e.
Dans sa décision, le JLD doit indiquer les informations suivantes :
- Les raisons pour lesquelles il estime que les écoutes sont nécessaires
- Lâinfraction pour laquelle les Ă©coutes sont autorisĂ©es
- La (ou les) ligne tĂ©lĂ©phonique Ă intercepter (ligne de la personne mise en cause, ligne dâun proche de la personne suspectĂ©e, etc.)
- La durée des écoutes téléphoniques.
Lâautorisation du JLD est valable pour 1 mois, renouvelable 1 fois pour la mĂȘme durĂ©e.
Ă noter
Il existe des rĂšgles particuliĂšres pour les interceptions de correspondance des avocats.
En savoir plus sur les écoutes téléphoniques des avocats
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Ă lâoccasion dâune information judiciaire portant sur un crime ou un dĂ©lit puni dâune peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă 3 ans de prison, le juge dâinstruction peut autoriser des Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques.
Cette dĂ©cision est valable pour une durĂ©e de 4 mois, renouvelable dans la limite dâ1 an.
Ă savoir
Si lâinformation judiciaire porte sur une infraction relevant du terrorisme, de la criminalitĂ© ou de la dĂ©linquance organisĂ©e, la dĂ©cision est valable pour une durĂ©e de 4 mois, renouvelable dans la limite de 2 ans.
Le juge dâinstruction peut aussi ordonner une Ă©coute dans le cadre dâune information judiciaire ouverte pour rechercher les causes de la mort ou de la disparition inquiĂ©tante d'une personne. La dĂ©cision est prise pour une durĂ©e de 2 mois renouvelable.
Dans sa dĂ©cision, le juge dâinstruction doit indiquer les informations suivantes :
- Les raisons pour lesquelles il estime que les écoutes sont nécessaires
- Lâinfraction pour laquelle les Ă©coutes sont autorisĂ©es
- La (ou les) ligne tĂ©lĂ©phonique Ă intercepter (ligne de la personne mise en cause, ligne dâun proche de la personne suspectĂ©e, etc.)
- La durée des écoutes téléphoniques.
En principe, la personne placĂ©e sur Ă©coute nâen est pas tenue informĂ©e. NĂ©anmoins, elle peut lâĂȘtre sâil sâagit dâune victime qui demande Ă ce que sa ligne tĂ©lĂ©phonique soit Ă©coutĂ©e.
En effet, la victime dâun dĂ©lit puni dâemprisonnement et commis depuis une ligne tĂ©lĂ©phonique (exemple : harcĂšlement tĂ©lĂ©phonique) peut demander lâinstallation dâun dispositif dâĂ©coute sur cette ligne. Cette demande doit ĂȘtre faite par Ă©crit au juge dâinstruction en charge de lâaffaire.
OĂč sâadresser ?
Ă savoir
Il existe des rÚgles dérogatoires pour les avocats, les magistrats, les députés et les sénateurs.
En savoir plus sur les conditions dâautorisation des Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques dâavocats, de magistrats, de dĂ©putĂ©s et de sĂ©nateurs
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Lorsquâune personne est en fuite, le juge de la libertĂ© et de la dĂ©tention, sur demande du procureur de la RĂ©publique, peut autoriser des Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques.
Chaque écoute autorisée doit concerner des personnes possiblement en contact avec la personne recherchée.
Lâautorisation de mise sur Ă©coute est valable pour une durĂ©e de 2 mois, renouvelable.
Ă noter
Si la personne en fuite est soupçonnĂ©e dâavoir commis un dĂ©lit, lâautorisation ne peut ĂȘtre renouvelĂ©e que 2 fois pour la mĂȘme durĂ©e (soit 6 mois au total).
Le juge compĂ©tent (ou un officier de police judiciaire) recourt aux agents qui gĂšre la plateforme plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ). Ces agents sont en lien direct avec les opĂ©rateurs de communications Ă©lectroniques qui installent les dispositifs dâinterception des communications.
Les communications sont captées en temps réel et enregistrées. Pour les infractions relevant de la criminalité ou de délinquance organisée, les enregistrements peuvent également concerner la messagerie vocale de la personne mise sur écoute.
Pour chaque enregistrement, lâautoritĂ© compĂ©tente (magistrat, OPJou APJ) rĂ©dige un procĂšs-verbal qui indique la date, les heures de dĂ©but et de fin de lâĂ©coute.
Le juge, l'OPJ ou l'APJ transcrivent Ies enregistrements nécessaires pour connaßtre la vérité et les ajoutent au dossier.
Ă noter
Si les conversations ont lieu en langue étrangÚre, un interprÚte transcrit les enregistrements en français.
Les enregistrements sont dĂ©truits Ă la fin du dĂ©lai pendant lequel lâinfraction peut ĂȘtre poursuivie. Ce dĂ©lai est de :
En principe, la dĂ©cision du juge de procĂ©der Ă des Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques ne peut pas ĂȘtre contestĂ©e.
Toutefois, si la personne concernĂ©e estime que sa mise sur Ă©coute a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e de façon irrĂ©guliĂšre, elle peut contester la validitĂ© de cette dĂ©cision devant la chambre de lâinstruction ou devant la juridiction saisie.
OĂč sâadresser ?
L'administration peut placer sur écoute une personne (et éventuellement son entourage) notamment dans les cas suivants :
- Défense de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et défense nationale
- PrĂ©servation des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques, industriels et scientifiques majeurs de la France
- Prévention du terrorisme
- Prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions
- Prévention des violences collectives portant gravement atteinte à la paix publique
- Prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
- Prévention de la prolifération des armes de destruction massive.
Ă savoir
Lâadministration pĂ©nitentiaire peut ĂȘtre autorisĂ©e Ă Ă©couter les conversations tĂ©lĂ©phoniques dâun dĂ©tenu pour empĂȘcher une Ă©vasion et/ou assurer la sĂ©curitĂ© en prison.
Pour quâune Ă©coute administrative soit autorisĂ©e, le ministre de la dĂ©fense, de lâintĂ©rieur, de la justice, de lâĂ©conomie, du budget ou des douanes doit adresser une proposition de mise sur Ă©coute tĂ©lĂ©phonique au Premier ministre.
Cette proposition doit ĂȘtre Ă©crite et justifiĂ©e.
Le Premier ministre autorise la mise sur écoute aprÚs avis de la Commission nationale de contrÎle des techniques de renseignement (CNCTR).
Une fois lâautorisation rendue, les services habilitĂ©s communiquent aux opĂ©rateurs tĂ©lĂ©phoniques, les coordonnĂ©es de la personne Ă mettre sur Ă©coute et la dĂ©cision du Premier ministre. Puis, ces opĂ©rateurs mettent en place un dispositif dâinterception des communications tĂ©lĂ©phoniques.
L'autorisation est valable au maximum 4 mois, renouvelable pour la mĂȘme durĂ©e et selon la mĂȘme procĂ©dure.
L'enregistrement d'une conversation téléphonique est détruit au plus tard 30 jours à partir du recueil des renseignements, sauf exceptions.
Seuls les renseignements en lien avec le motif de lâĂ©coute sont transcrits.
La transcription doit ĂȘtre dĂ©truite dĂšs que sa conservation n'est plus indispensable.
La personne qui pense avoir été mise sur écoute de maniÚre illégale peut faire une réclamation à la CNCTR.
La rĂ©clamation est faite par Ă©crit. Elle doit ĂȘtre accompagnĂ©e de la copie dâune piĂšce dâidentitĂ© et dâun justificatif des coordonnĂ©es de la ligne soi-disant Ă©coutĂ©e (exemple : une facture de tĂ©lĂ©phone).
Elle doit ĂȘtre transmise Ă la CNCTR par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception.
OĂč sâadresser ?
Attention :
La rĂ©clamation vaut uniquement pour la personne qui la transmet Ă la CNCTR. Si ses proches veulent Ă©galement savoir sâils ont Ă©tĂ© Ă©coutĂ©s irrĂ©guliĂšrement, ils doivent, eux aussi, saisir la CNCTR.
Une fois la demande reçue, la CNCTR vĂ©rifie quâaucune Ă©coute administrative nâa Ă©tĂ© mise en place illĂ©galement.
Par ailleurs, elle informe la personne qui a fait la demande que toutes les vérifications ont été demandées. Toutefois, elle ne lui précise pas si elle a été placée sur écoute ou non.
Si elle constate une irrĂ©gularitĂ©, elle ordonne lâinterruption des Ă©coutes et la destruction des enregistrements. En cas de refus du service habilitĂ©, elle saisit le Premier ministre et, si nĂ©cessaire, fait un recours devant le Conseil dâĂtat.
Ă savoir
AprĂšs avoir consultĂ© la CNCTR, la personne qui pense ĂȘtre mise sur Ă©coute peut Ă©galement saisir le Conseil dâĂtat. Elle dispose dâun dĂ©lai de 2 mois Ă compter de la rĂ©ponse de la CNCTR.
OĂč sâadresser ?
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Code de procédure pénale : articles 79 à 84-1
Ăcoutes judiciaires pour recherche des causes de la mort ou des causes d'une disparition
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Code de procédure pénale : article 74-2
Ăcoutes judiciaires pour recherche dâune personne en fuite
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Code de procédure pénale : articles 100 à 100-8
Ăcoutes judiciaires dans le cadre dâune instruction
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Code de procédure pénale : articles 706-95 à 706-95-3
Ăcoutes judiciaires en matiĂšre de criminalitĂ© ou de dĂ©linquance organisĂ©e : autorisation et mise en Ćuvre
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Code de procédure pénale : articles 706-73 à 706-74
Infractions relevant de la criminalité ou de la délinquance organisée (articles 706-73 et 706-73-1)
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Code de la sécurité intérieure : articles L811-1 à L811-4
Ăcoutes administratives : situations concernĂ©es (article L811-3)
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Code de la sécurité intérieure : articles L821-1 à L822-8
Ăcoutes administratives : autorisation et mise en Ćuvre
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Code de la sécurité intérieure : articles L822-1 à L822-4
Ăcoutes administratives : DurĂ©e de conservation et transcriptions (articles L822-2 et L822-3)
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Code de la sécurité intérieure : articles L831-1 à L831-2
Ăcoutes administratives : composition et fonctionnement de la CNCTR
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Code de la sécurité intérieure : articles L833-1 à L833-11
Ăcoutes administratives : rĂ©clamation auprĂšs de la CNCTR (article L833-4)
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Code de la sécurité intérieure : articles L852-1 à L852-2
Interceptions de sécurité
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Code de justice administrative : articles L773-1 à L773-8
Ăcoutes administratives : saisine du Conseil d'Ătat
Questions ? Réponses !
Et aussi
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Mesures contraignantes de l'administration
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Justice
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Information judiciaire (instruction préparatoire)
Justice