AccĂšs directs

Consultation du solde de points de permis de conduire

Fiche pratique

Tutelle d'un mineur

Vérifié le 22/04/2025 - Service Public / Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

La tutelle d'un mineur est une mesure de protection juridique par laquelle une autre personne l'aide Ă  protĂ©ger ses intĂ©rĂȘts. Vous souhaitez savoir dans quels cas un mineur peut ĂȘtre mis sous tutelle, connaĂźtre les conditions d'ouverture et de fin de cette mesure ? Nous vous prĂ©sentons les informations Ă  connaĂźtre.

La tutelle d'un mineur est une mesure de protection juridique prononcée par le juge aux affaires familiales (et non par le juge des contentieux de la protection, qui n'est compétent que pour les majeurs). Elle permet de protéger un enfant mineur et/ou ses biens.

La fonction de juge des tutelles est assurée par le juge aux affaires familiales.

Un tuteur l'assiste et le représente dans la gestion de ses affaires et de ses biens (par exemple : gestion de ses comptes, de son patrimoine).

Cependant, le mineur peut agir seul dans certains actes de la vie courante (par exemple, acheter des articles de faible valeur, prendre les transports en commun,)

La tutelle est ouverte lorsque les parents ne peuvent plus exercer leurs droits et devoirs (autorité parentale) vis-à-vis de leur enfant.

Ainsi, un enfant mineur peut ĂȘtre placĂ© sous tutelle dans les situations suivantes :

  • DĂ©cĂšs de ses 2 parents
  • Retrait de l'autoritĂ© parentale Ă  ses 2 parents (par exemple, Ă  la suite d'une condamnation pĂ©nale ou civile ou d'un placement sous tutelle des parents)
  • Absence de pĂšre ou de mĂšre.

La tutelle est Ă©galement ouverte lorsque la gestion lĂ©gale des biens du mineur n'est pas assurĂ©e de maniĂšre adĂ©quate ou appropriĂ©e par ses parents, mettant en danger les intĂ©rĂȘts de l'enfant.

La tutelle est ouverte par le juge des tutelles, mais la demande peut émaner :

 Ă€ noter

Le juge des tutelles peut également se saisir d'office.

Les personnes qui peuvent ĂȘtre nommĂ©es tuteur d'un mineur Ă  protĂ©ger sont les suivantes :

  • Parents s'ils sont vivants et exercent l’autoritĂ© parentale. Ils sont naturellement les tuteurs de leur enfant (c'est la tutelle lĂ©gale).
  • Personne dĂ©signĂ©e par les parents dans un testament ou une dĂ©claration devant notaire. Cette tutelle prend effet au dĂ©cĂšs des parents ou en cas de retrait de l’autoritĂ© parentale.
  • Membre de la famille ou un proche choisi par le juge des tutelles, en prioritĂ© dans l'entourage du mineur. Le juge choisit en fonction de l’intĂ©rĂȘt de l’enfant.
  • Professionnel ou association tutĂ©laire si aucun proche ne peut ou ne veut exercer la tutelle. Le juge nomme alors un tiers (personne physique ou morale qualifiĂ©e).

La demande peut ĂȘtre faite sur papier libre ou Ă  l'aide du formulaire cerfa n°15457 :

Formulaire
Demande d'ouverture d'une mesure de tutelle pour un mineur : requĂȘte au juge des tutelles

Cerfa n° 15457*03

AccĂ©der au formulaire (pdf - 96.7 KB)  

MinistÚre chargé de la justice

Pour vous aider Ă  remplir le formulaire :

La formulaire comprend une notice explicative.

Pour ĂȘtre recevable, la demande doit faire apparaĂźtre les informations suivantes :

  • IdentitĂ© et domicile de la personne qui fait la demande
  • Nom, prĂ©noms, date et lieu de naissance, date et lieu de dĂ©cĂšs si c'est le cas, dernier domicile des pĂšre et mĂšre du mineur
  • Nom, prĂ©noms, date et lieu de naissance, domicile du/des mineurs Ă  protĂ©ger
  • IdentitĂ©, domicile et degrĂ© de parentĂ© ou lien d'attachement avec le mineur de 4 personnes au moins en vue de la composition du conseil de famille.

La demande doit ĂȘtre datĂ©e et signĂ©e.

Elle doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e ou envoyĂ©e par lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception, au greffe du juge aux affaires familiales exerçant les fonctions du juge des tutelles du tribunal judiciaire dont dĂ©pend le lieu de rĂ©sidence de l'enfant Ă  protĂ©ger.

La demande doit ĂȘtre accompagnĂ©e de tous les documents demandĂ©s dans la notice, Ă  savoir :

  • Copie recto-verso (les 2 cĂŽtĂ©s) de la piĂšce d'identitĂ© du mineur
  • Copie intĂ©grale datant de moins de 3 mois de l'acte de naissance du mineur
  • Copie du livret de famille du mineur (et Ă©ventuellement la copie du jugement de divorce)
  • Copie intĂ©grale de l'acte de dĂ©cĂšs des parents en original
  • Justificatif de domicile du mineur ou attestation d'hĂ©bergement du demandeur
  • Inventaire du patrimoine sous seing privĂ© (fait par la personne) ou notariĂ©, justifiant le passif et l'actif
  • Justificatif de l'organisme versant le capital (Ă©ventuellement)
  • Copie de l'ouverture d'un compte bloquĂ© pour l'enfant mineur
  • Raison(s) qui vous amĂšne Ă  faire la demande
  • ElĂ©ments utiles dont vous avez connaissance sur la situation du mineur.

Une fois la demande adressĂ©e au juge, celui-ci ordonne une enquĂȘte sociale pour Ă©valuer :

  • la situation et les besoins du mineur,
  • et la situation des personnes qui se proposent pour ĂȘtre tuteur.

Si besoin, le juge peut les auditionner.

En fonction des éléments recueillis, le juge rend sa décision. Il peut nommer un tuteur et, si besoin un subrogé tuteur pour contrÎler l'action du tuteur.

Par organe de la tutelle, on entend toutes les personnes (tuteur, subrogĂ© tuteur, conseil de famille) et institutions (État) impliquĂ©es dans la tutelle.

RĂŽle du juge et du conseil de famille

Nomination des membres du conseil de famille

Dans le cadre d'une tutelle familiale, le juge constitue un conseil de famille d'au moins 4 membres, choisis en fonction de l'intĂ©rĂȘt de l'enfant, en veillant si possible Ă  ce que les 2 branches (paternelle et maternelle) soient reprĂ©sentĂ©es.

Le juge décide de réunir le conseil de famille et le préside.

Pouvoir du conseil de famille

Le conseil de famille nomme un tuteur et un subrogé tuteur.

Le conseil de famille est chargé de régler les conditions générales de l'entretien et de l'éducation du mineur, en respectant la volonté que les pÚre et mÚre ont pu exprimer. Il délibÚre par vote à la majorité.

Convocation

Le tuteur peut également saisir le juge des tutelles pour qu'il convoque le conseil de famille. Le juge pourra ainsi lui demander de délibérer, entre autres, sur l'entretien et l'éducation du mineur et la gestion de ses biens.

Pour ce faire, le tuteur doit faire sa demande à l'aide d'un formulaire :

Formulaire
RequĂȘte au fins de convocation du conseil de famille d'un mineur

Cerfa n° 16231*01

AccĂ©der au formulaire (pdf - 818.8 KB)  

MinistÚre chargé de la justice

Le tuteur doit déposer ou envoyer la demande au greffe du juge des tutelles du tribunal dont dépend le lieu de résidence de l'enfant à protéger.

Choix et rĂŽle du tuteur

Nomination du tuteur

Le tuteur peut avoir été désigné par le dernier parent vivant, par testament ou déclaration devant notaire.

Si ce n'est pas le cas, le conseil de famille désigne parmi ses membres un ou plusieurs tuteurs.

S'il n'y a pas d'ascendant ou personne de l'entourage de l'enfant, il choisit un membre éloigné de la famille.

Dans le conseil de famille, le tuteur ne vote pas.

  À savoir

Si personne ne peut assurer la tutelle, celle-ci est confiée aux services du département. La tutelle est alors exercée sans conseil de famille, ni subrogé tuteur.

Pouvoir du tuteur

Le tuteur est chargé d'assurer la protection du mineur (il exerce l'autorité parentale sur l'enfant lorsque les parents ne sont plus en mesure de le faire, le représente dans l'exercice de ses droits civils) ou de veiller sur ses biens (gérer son argent) ou assure les 2 missions.

Le tuteur doit établir un inventaire détaillé des biens du mineur dans les mois qui suivent l'ouverture de la tutelle. Il doit également rendre compte annuellement de sa gestion des biens du mineur au directeur des services de greffe judiciaire.

Il peut y avoir plusieurs tuteurs.

Le tuteur doit obtenir l'accord du subrogé tuteur et du conseil de famille pour les actes de disposition (par exemple : vente d'un bien immobilier).

La tutelle est mise en place et contrÎlée par le juge des tutelles des mineurs.

Choix et rÎle du subrogé tuteur

Nomination du subrogé tuteur

Le conseil de famille doit choisir un subrogé tuteur. Si le tuteur a été choisi parmi les membres d'une des branches de la famille du mineur, le subrogé tuteur est si possible choisi dans l'autre branche.

Missions du subrogé tuteur

Il est chargĂ© de surveiller la gestion du tuteur et de reprĂ©senter le mineur si ses intĂ©rĂȘts sont en opposition avec ceux du tuteur.

Le subrogé tuteur vérifie et signe l'inventaire détaillé des biens du mineur et les comptes de gestion, qui ont été établis par le tuteur.

Pouvoir du subrogé tuteur

S'il constate des fautes dans la gestion du tuteur, il doit en informer immédiatement le juge des tutelles des mineurs.

Responsabilité des organes de la tutelle

Si les organes de la tutelle commettent une faute dans l'exercice de leurs fonctions (nĂ©gligence, mauvaise gestion, abus de pouvoir,...) qui cause un dommage au mineur ou Ă  son patrimoine, ils peuvent ĂȘtre tenus responsables.

Dommage(s) causé(s) au mineur

Le dommage peut ĂȘtre de nature financiĂšre (perte d'argent, mauvaise gestion des biens) ou personnelle (dĂ©cisions affectant nĂ©gativement le bien-ĂȘtre du mineur).

Un mineur sous tutelle peut passer seul certains actes de la vie courante tels que vendre des objets de faible valeur lui appartenant, acheter de la nourriture, des habits, utiliser son argent de poche,...

Sur simple demande au juge, le mineur peut obtenir une réunion du conseil de famille. Par exemple : pour exprimer son avis sur des décisions qui le concernent.

La demande doit ĂȘtre faite par courrier simple.

Le mineur peut assister aux rĂ©unions du conseil Ă  titre consultatif, sauf si le juge estime sa prĂ©sence contraire Ă  son intĂ©rĂȘt.

À sa demande et s'il est capable de discernement (capacitĂ© Ă  comprendre une situation), et sauf avis contraire motivĂ© du juge, le mineur peut obtenir une rĂ©union du conseil de famille. Par exemple : pour exprimer son avis sur des dĂ©cisions qui le concernent.

Le mineur peut assister aux rĂ©unions du conseil Ă  titre consultatif, sauf si le juge estime sa prĂ©sence contraire Ă  son intĂ©rĂȘt.

La dĂ©cision de mise sous tutelle d'un mineur peut faire l’objet d’un recours, notamment lorsque le choix du tuteur est contestĂ© ou que des Ă©lĂ©ments nouveaux surviennent.

Personne pouvant contester la mise sous tutelle d'un mineur

Les personnes suivantes peuvent contester la mise en place de la tutelle d'un mineur :

  • Membre de la famille (grand-parent, oncle, tante,...)
  • Mineur lui-mĂȘme si le juge estime que son avis doit ĂȘtre pris en compte
  • Personne extĂ©rieure Ă  la famille mais proche de l’enfant (parrain, marraine, ancien tuteur,
) si elle dĂ©montre un lien affectif ou Ă©ducatif fort avec le mineur.

Motifs de contestation

Un recours peut ĂȘtre envisagĂ© pour l'un des motifs suivants :

  • DĂ©saccord avec la personne nommĂ©e comme tuteur (par exemple, si elle n’a pas de lien rĂ©el avec l’enfant ou si elle est en conflit avec la famille)
  • Suspicion de mauvaise gestion ou de conflit d’intĂ©rĂȘt (lorsqu’on craint que les biens ou les intĂ©rĂȘts du mineur ne soient pas correctement protĂ©gĂ©s)
  • Non-respect de la volontĂ© des parents (si ceux-ci avaient dĂ©signĂ© un tuteur par testament ou devant notaire, et que ce choix n’a pas Ă©tĂ© respectĂ© sans justification valable)
  • ÉvĂ©nement nouveau (par exemple, dĂ©mĂ©nagement du tuteur, changement dans les capacitĂ©s d’un autre membre de la famille).

Délai pour agir

Le délai pour faire appel d'une décision du juge est de 15 jours à compter de sa notification, pour les personnes directement concernées.

Si aucune notification n’a Ă©tĂ© faite, le dĂ©lai court Ă  partir du moment oĂč la personne a eu connaissance de la dĂ©cision.

Démarche

Le recours doit ĂȘtre adressĂ© Ă  la cour d'appel dont dĂ©pend le tribunal judiciaire qui a rendu la dĂ©cision initiale de mise sous tutelle.

Le recours doit ĂȘtre rĂ©digĂ© par Ă©crit, de maniĂšre claire et argumentĂ©e.

Il est vivement recommandé de se faire assister d'un avocat, surtout si la situation familiale est complexe

Annulation d'une délibération du conseil de famille

Une dĂ©libĂ©ration du conseil de famille peut ĂȘtre contestĂ©e par le tuteur, le subrogĂ© tuteur ou les membres du conseil de famille dans les 2 ans qui suivent :

  • La dĂ©libĂ©ration
  • Ou la dĂ©couverte des agissements frauduleux qui ont permis cette dĂ©libĂ©ration.

Une dĂ©cision du conseil de famille peut ĂȘtre annulĂ©e dans certains cas. Notamment :

  • Si la dĂ©cision a Ă©tĂ© obtenue par tromperie ou mensonge (on parle alors de dol ou de fraude). Par exemple, un membre du conseil cache volontairement une information importante pour influencer la dĂ©cision.
  • Si une rĂšgle importante n’a pas Ă©tĂ© respectĂ©e pendant la procĂ©dure. Par exemple, le conseil a dĂ©libĂ©rĂ© sans avoir convoquĂ© tous les membres, ou sans respecter un dĂ©lai obligatoire.

La contestation peut ĂȘtre exercĂ©e par le tuteur, le subrogĂ© tuteur, les membres du conseil de famille ou le procureur de la RĂ©publique, dans un dĂ©lai de 2 ans Ă  compter ;

  • de la date de la dĂ©libĂ©ration,
  • ou de la dĂ©couverte du dol ou de la fraude, si celle-ci est postĂ©rieure (c'est-Ă -dire des agissements frauduleux qui ont permis cette dĂ©libĂ©ration).

Le mineur devenu majeur ou émancipé peut également introduire une action en nullité dans les 2 années suivant sa majorité ou son émancipation.

En cas de nullitĂ©, les actes accomplis sur la base de cette dĂ©libĂ©ration sont Ă©galement annulables, mais le dĂ©lai de prescription court alors Ă  partir de la date de l’acte, et non de la dĂ©libĂ©ration.

Si une dĂ©libĂ©ration du conseil de famille est irrĂ©guliĂšre (prise sans respecter les rĂšgles), elle peut ĂȘtre annulĂ©e.

Le majeur placé sous tutelle pendant sa minorité peut engager une action en justice contre les organes de la tutelle (juge, greffier, tuteur, conseil de famille) dans les 5 ans suivant sa majorité.

Cette action est possible s'il les juge responsables du dommage résultant d'une faute commise dans l'exercice de leur fonction (par exemple : mauvaise gestion des biens, absence de décision importante, non-respect des obligations de représentation).

Le majeur devra alors démontrer :

  • L’existence d’une faute commise pendant sa minoritĂ©
  • L’existence d’un prĂ©judice (moral, matĂ©riel ou autre)
  • Un lien de causalitĂ© direct entre la faute et le dommage.

Le majeur doit rassembler un ensemble de documents tels que les décisions du juge des tutelles, les délibérations du conseil de famille, les comptes de gestions, des témoignages,...

Si le majeur souhaite engager une action en justice Ă  l'encontre du tuteur ou du conseil de famille, il doit adresser son dossier auprĂšs du tribunal judiciaire du lieu de son domicile ou de l'ancienne tutelle.

S'il souhaite engager la responsabilitĂ© du juge ou du greffier, il devra d’abord adresser une demande d’indemnisation au ministĂšre de la Justice (Garde des Sceaux) par courrier recommandĂ© pour dysfonctionnement du service public. En cas de refus ou d’absence de rĂ©ponse dans un dĂ©lai de 4 mois, l’action peut ĂȘtre portĂ©e devant le tribunal judiciaire de Paris, seul compĂ©tent pour ce type de litige.

OĂč s’adresser ?

La tutelle d'un mineur prend fin :

  • Soit Ă  sa majoritĂ©,
  • Soit au jour de son Ă©mancipation,
  • Soit en cas de jugement mettant fin Ă  la mesure de tutelle
  • Soit Ă  son dĂ©cĂšs.

 Ă€ noter

La mort du tuteur ne met pas fin Ă  la tutelle d'un mineur. Lorsque le tuteur dĂ©cĂšde, la tutelle continue, mais un nouveau tuteur doit ĂȘtre nommĂ© pour remplacer le tuteur dĂ©cĂ©dĂ©.